Affaires publiques de la 12e Escadre
SHEARWATER - Il est surprenant que Shearwater ne souffre pas d'une crise d'identité. En près d'un demi-siècle d'existence, la station aérienne a connu diverses appellations. Mais malgré cette évolution, une idée demeure : Shearwater constitue une base aérienne de premier ordre.
"La marine américaine a certes ouvert la station, mais ce sont les Canadiens qui en ont eu la charge depuis lors," affirme Christine Hines, conservatrice du Musée de l'Aviation de Shearwater.
Le 15 août 1918, la United States Naval Air Station à Shearwater ouvre ses portes. On était en période de guerre, et les Britanniques voulaient une station à partir de laquelle les Alliés pourraient entreprendre des patrouilles aériennes en Atlantique Nord afin de repérer les sous‑marins allemands, qu'on savait présents au large de la côte de la Nouvelle-Écosse.
Compte tenu du manque de ressources des Canadiens, il revint aux Américains de donner un coup de main. Quelques jours après sa mise en place, la U.S. Naval Air Station effectua sa première patrouille opérationnelle. Même si la Première Guerre mondiale tirait à sa fin, la U.S. Naval Air Station confirma rapidement son rôle important dans la protection des convois navals.
Quatre vingt dix ans plus tard, la base de Shearwater célèbre cet important anniversaire, en portant un regard rétrospectif sur la naissance et l'évolution de l'aviation maritime. Le vendredi 24 octobre a été retenu pour commémorer l'évènement. Diverses activités ont eu lieu, notamment un exposé d'histoire, un agréable jeu-questionnaire et un dîner en soirée.
L'historien du musée, le colonel (retraité) Ernie Cable, a permis aux participants - le personnel de la 12e Escadre et des dignitaires militaires et civils - d'en savoir davantage sur l'origine et l'évolution des noms de la station. Comment elle devint la Station de la commission de l'air Dartmouth du Canada, après la Première Guerre mondiale, puis, comment elle fut rebaptisée Station Dartmouth de l'ARC, de 1924 à 1948.
Chronologiquement, de 1948 à 1968, la base a connu deux appellations : le NCSM Shearwater et la Station aéronavale royale canadienne Shearwater. Durant cette période, en 1963, le premier des 41 hélicoptères fit son arrivée.
En 1968, lors de l'unification des Forces canadiennes (forces terrestres, aériennes et navales), la station est rebaptisée BFC Shearwater. Ce nom resta inchangé jusqu'en 1993, période de réduction des effectifs et de changements de l'après-guerre, où la station reçut son nom actuel: 12e Escadre Shearwater.
"La station a connu bien des uniformes et utilisé toutes sortes de technologies au cours des années, mais le travail, lui, a très peu changé," commente Hines. Pour elle, l'histoire de Shearwater est importante, car elle permet d'établir le lien entre les membres des FC et le grand public en décrivant ce que Shearwater représente, son passé et son présent.
"Nous sommes très fiers de ce que font nos militaires. Etnous voulons partager avec le public ce qui se passe vraiment ici," dit-elle.
Cela dit, elle jette un regard sur l'avenir, même en pleine célébration du 90e anniversaire. "Je me réjouis déjà du jour où nous exécuterons deux programmes d'hélicoptères en même temps," affirme Hines, faisant allusion aux hélicoptères Cyclone CH-148 qui arriveront bientôt. "Ils apporteront certes une nouvelle technologie, mais les Sea King ont encore leur place."
"Les Sea King seront remplacés progressivement, et j'en aurai alors un ici," dit-elle avec un large sourire, en indiquant un espace vide du musée. Hines est convaincue que la capacité du musée à raconter l'histoire s'améliorera lorsqu'un vrai Sea King sera enfin installé dans le hangar du musée. Parlant des 15 aéronefs exposés au musée, elle dit qu'ils datent surtout de la guerre froide. L'arrivée future d'un Sea King au musée ouvrira le dialogue sur les œuvres contemporaines à Shearwater, quelque chose d'actuel qui touchera également les membres des FC. Actuellement, dit-elle, "nous avons toute une génération qui n'est pas représentée ».
À la question de savoir si elle pense que le projet des hélicoptères maritimes modifiera profondément la base de Shearwater, elle répond qu'elle ne peut prédire cela. Ce qu'elle sait par contre, c'est qu'elle est heureuse de voir comment cela va conduire à la prochaine évolution, qui consiste à bâtir une identité forte, semblable à celle d'un pionnier de l'aviation maritime.



