Les missions de recherche et de sauvetage (SAR) menées par les Forces canadiennes se déroulent souvent dans les pires conditions météorologiques, dans l’obscurité, ou encore lorsqu’on a épuisé toutes les autres ressources ou qu’elles sont considérées comme trop dangereuses.
Les équipes SAR relèvent ces défis sans hésitation, avec l’aide des centres régionaux de coordination des opérations de recherche et de sauvetage, et s’appliquent à sauver des vies.
L’équipage d’un hélicoptère Cormorant, qui était en attente la nuit du 23 décembre 2010, a dû composer avec des complications liées à la météo et au terrain, dont des vents forts, une altitude élevée et une visibilité réduite. Ces facteurs ont fait en sorte que la « mission de sauvetage 907 » s’est démarquée des autres aux yeux des juges internationaux du Shephard Press Rescue Award, qui ont reconnu l’équipe du 442e Escadron, 19e Escadre Comox de l’Aviation royale canadienne, située en ColombieBritannique (C.-B.), pour son « excellence opérationnelle en matière de sauvetage » en mars 2012, à Dublin (Irlande).
Grâce aux efforts coordonnés par le Centre conjoint de coordination des opérations de sauvetage à Victoria, l’équipage a porté secours à un randonneur qui s’était égaré sur le mont Hat dans le Parc provincial Cypress (C.-B.). Des équipes de recherche et de sauvetage au sol de Lion’s Bay et de North Shore Rescue étaient positionnées sur une crête, où l’équipage du Cormorant pouvait les voir. Elles s’apprêtaient à effectuer la mission quand un prévisionniste d’avalanche expérimenté leur a conseillé de ne pas aller de l’avant en raison des risques d’avalanche de plus en plus élevés et des conditions météorologiques qui empiraient.
La mission audacieuse du Cormorant a été reconnue à l’échelle internationale. D’autres missions, moins remarquées, témoignent également de la bravoure de nos équipes de recherche et de sauvetage, qui affrontent de nombreux problèmes et prennent des risques pour sauver des vies.
La nuit du 28 août 2011, dans la région du lac Kootenay (C.-B.), l’équipage du Cormorant ayant réalisé la « mission de sauvetage 904 », également de Comox, a effectué une manœuvre difficile pour hisser un randonneur qui était tombé du haut d’une chute d’eau de 12 mètres (40 pieds) sur le glacier MacBeth, au nord de Kaslo.
La jambe du randonneur s’était prise entre des rochers, mais il était accompagné de son père médecin qui lui prodiguait les premiers soins quand l’hélicoptère est arrivé sur les lieux. Le Cormorant a tenté à plusieurs reprises de se positionner, mais les vents rendaient le vol stationnaire difficile. Le pilote a dû avertir les techniciens SAR que, s’ils n’arrivaient pas à extraire le blessé immédiatement, l’hélicoptère devrait quitter les lieux pour se réapprovisionner en carburant. Grâce à des fusées éclairantes larguées par un CC-115 Buffalo, les techniciens SAR ont pu préparer le randonneur et son père pour l’hélitreuillage, qui s’est déroulé en toute sécurité.
Le 13 octobre 2011, un hélicoptère Cormorant du 103e Escadron de recherche et sauvetage, à Gander (Terre-Neuve-et-Labrador), a participé à la « mission de sauvetage 915 » qui consistait à effectuer l’évacuation sanitaire aérienne d’un homme de 26 ans, passager à bord du navire porte-conteneurs OOCL BELGIUM, qui semblait souffrir d’une appendicite. Puisque le navire était situé dans l’océan Atlantique Nord à environ 450 milles marins au nord-est de Gander, l’équipe SAR a été obligée d’attendre que le navire soit à une distance franchissable permettant à l’aéronef d’effectuer la mission.
L’équipage de la « mission 915 » est arrivé à bord du navire au petit matin et a réussi un hélitreuillage difficile du haut de la timonerie. Un avion Hercules de la 14e Escadre Greenwood (Nouvelle-Écosse) a largué des fusées éclairantes pour illuminer la scène. Deux techniciens SAR ont été descendus jusqu’au navire pour préparer le patient qui a ensuite été hissé à bord du Cormorant au moyen d’une nacelle de sauvetage. L’équipage a transporté le patient à l’hôpital James Paton Memorial, à Gander, au terme d’un vol de 4,8 heures, la limite de vol d’un Cormorant étant de 5 heures.
Au début de la soirée du 22 mars 2012, le Centre conjoint de coordination des opérations de sauvetage à Halifax (Nouvelle-Écosse) a envoyé l’hélicoptère Cormorant qui a effectué la « mission de sauvetage 908 », du 413e Escadron de transport et de sauvetage de la 14e Escadre Greenwood, en réponse à une demande du bureau des mesures d’urgence du Nouveau-Brunswick. Ce dernier demandait de l’aide pour évacuer trois personnes de leur résidence à Middle River. Un embâcle avait causé l’inondation de la région environnante et la maison, entourée d’eau coulant à fort débit et montant rapidement, risquait d’être démolie par de gros blocs de glace. Quand le centre de coordination a reçu l’appel d’aide, la véranda avant avait déjà été arrachée.
Lorsque le Cormorant est arrivé sur les lieux, plusieurs membres du personnel d’intervention d’urgence se trouvaient sur les berges de la rivière, mais ils étaient incapables d’atteindre les occupants de la maison. Les techniciens SAR ont soulevé les trois occupants et leurs deux chiens de leur petite cour arrière jusqu’à l’hélicoptère qui était en vol stationnaire à 135 pieds au-dessus d’eux. C’était un sauvetage difficile, vu que l’équipage devait manœuvrer dans une zone exiguë. Les personnes rescapées ont été emportées à l’aéroport de Bathurst, où les services d’urgence locaux les attendaient.
L’organisation de recherche et de sauvetage des Forces canadiennes participe à la coordination d’interventions en réponse à environ 9 100 incidents aéronautiques ou maritimes chaque année, dont 1 100 requièrent l’utilisation d’aéronefs ou de navires militaires. Historiquement, ces mesures permettent chaque année d’aider plus de 20 000 personnes et de sauver plus de 1 200 vies, en moyenne.
Malheureusement, au cours des 25 dernières années, 34 membres d’équipages SAR, y compris des civils de l’Association civile de recherche et de sauvetage aériens, ou ACRSA, ont sacrifié leur vie pour sauver celles d’autrui. Nous sommes encore bien tristes à la suite du décès du Sergent Janick Gilbert, un technicien SAR du 424e Escadron de transport et de sauvetage de la 8e Escadre Trenton (Ontario), qui est mort le 27 octobre 2011 pendant le sauvetage d’un jeune homme et de son père, qui s’étaient perdus dans leur embarcation sur la banquise près de la collectivité arctique d’Igloolik.
Le Centre de coordination de sauvetage de Trenton a dirigé les ressources affectées à la mission, qui comprenaient des aéronefs SAR et leurs équipages de la 8e Escadre Trenton, la 9e Escadre Gander, la 14e Escadre Greenwood et la 17e Escadre Winnipeg. Au cours de cette mission, trois techniciens SAR ont sauté d’un avion Hercules en parachute et atterri dans les eaux arctiques glacées.
Un des techniciens SAR a nagé jusqu’à l’embarcation où il a pu aider les hommes jusqu’à ce qu’ils soient récupérés par un hélicoptère Cormorant, quatre heures plus tard. Le second technicien SAR a nagé jusqu’à ce qu’il se soit rendu compte qu’il n’arriverait pas à franchir la distance qui le séparait de l’embarcation. C’est alors qu’il a déployé son radeau individuel de sauvetage, arrimé son équipement et écopé son radeau jusqu’à l’arrivée de l’hélicoptère. Le Sgt Gilbert, chef de l’équipe pour le saut en parachute, a atterri le plus loin de l’embarcation et n’a pas survécu. Alors que nous pleurons encore la disparition de notre cher collègue, l’enquête sur la sécurité des vols se poursuit et vise à examiner à fond l’incident, afin que nous tirions toutes les leçons possibles du sacrifice du Sgt Gilbert.
Certains sauvetages sont applaudis sur la scène internationale tandis que d’autres ne sont remarqués que par les personnes très reconnaissantes qui ont été sauvées. Chaque jour et pendant chaque intervention, les membres des Forces canadiennes qui se dévouent aux activités de recherche et de sauvetage font des choix critiques et travaillent en équipe pour mettre en pratique leur devise : « sauver des vies ».
L’arrivée du beau temps pousse les Canadiens à s’aventurer en plein air pour y explorer la beauté de la nature, souvent dangereuse, qui constitue notre pays. Les équipes SAR encouragent vivement les voyageurs à être prudents et prendre les précautions nécessaires pour pouvoir ensuite rentrer chez eux sains et saufs. Avant de partir, ils devraient informer d’autres personnes de leur itinéraire, s’équiper de dispositifs récents de signalisation de détresse, et transporter du matériel de survie adéquat pour ainsi augmenter leurs chances d’être sauvés, au besoin.
Le programme national de recherche et de sauvetage du Canada est dirigé par le ministre de la Défense nationale et appuyé par le Secrétariat national de recherche et de sauvetage. Les opérations SAR du Canada constituent un service intégré auquel s’engagent les Forces canadiennes, la Garde côtière canadienne, la Gendarmerie royale du Canada et des organisations fédérales, provinciales, municipales et bénévoles. Les Forces canadiennes, sous l’autorité du Commandement Canada, sont les principaux responsables des services d’intervention en matière de recherche et de sauvetage aéronautiques et, avec l’aide de la Garde côtière canadienne, de services de recherche et de sauvetage maritimes. Les administrations provinciales et territoriales ont la responsabilité des activités de recherche et de sauvetage au sol, y compris les mesures d’intervention en cas de personnes disparues.
Le récit ci-dessus est le dernier article que le Sgt Eileen Redding a rédigé avant de prendre récemment sa retraite des Forces canadiennes.

