La différence entre les engins télépilotés (UAV) et les aéronefs classiques ne se trouve pas seulement dans la façon dont on les pilote. Les données visuelles que reçoit l’opérateur sont aussi très limitées parce qu’il n’y a pas d’yeux humains à bord.
L’UAV CU170 Heron se fie à deux sources d’imagerie. Il y a d’abord une caméra vidéo posée du côté droit de la dérive et équipée d’un objectif œil de poisson à focale fixe, que l’on nomme la caméra panoramique. Même si son objectif permet d’obtenir un large champ de visée, son foyer fixe à très courte distance réduit en un minuscule point à l’horizon tout ce qui se trouve à plus de vingt ou trente pieds de l’engin.

La deuxième image vidéo est produite par un ensemble optique logé dans le nez de l’UAV; il comprend une caméra vidéo de jour classique et une caméra infrarouge pouvant capter la lumière infrarouge de basse et de moyenne fréquence. Les deux caméras sont équipées d’un objectif à distance focale variable ciblant essentiellement un point à de longues distances focales. À l’instar des pilotes décrivant des opérations effectuées à l’aide de lunettes de vision nocturne (NVG) comme du « pilotage en regardant dans deux tubes de carton », les opérateurs d’UAV comparent l’effet visuel obtenu lors de l’utilisation de ses caméras embarquées à « regarder le monde dans deux pailles pour soda ». De surcroît, le but ultime de l’UAV est de braquer cette paille pour soda sur le sol. Pour changer le point de vue afin de, par exemple, jeter un coup d’œil aux conditions météorologiques à l’horizon, il faut interrompre la mission, ce qui se fait donc rarement.
Pendant le vol, un pilote d’UAV est pour ainsi dire aveugle, c’est pourquoi, de jour comme de nuit, le lever et le coucher du soleil importent peu, tout comme les questions liées à la sécurité des vols dont on se préoccupe habituellement durant les heures d’obscurité, mais dont on ne tient pas compte durant le jour.

Il en va tout autrement pour les opérations au sol. La circulation au sol des UAV peut présenter tout un défi de jour, et celui-ci s’intensifie de nuit. La piste et la voie de circulation sont presque impossibles à repérer, tout comme l’axe des voies de circulation et les marques d’attente, à moins que l’UAV ne se trouve directement au-dessus d’elles. La caméra infrarouge du Heron, qui pourrait être bien utile, s’arrête automatiquement lorsque les commandes de vol de l’UAV se trouvent en mode de circulation au sol.
Voici quelques suggestions pouvant aider à prévenir qu’un UAV fasse l’objet d’un futur événement de la sécurité des vols durant sa circulation au sol de nuit :
- Une forme adaptée de circulation au sol IFR semble bien fonctionner. Il faut opérer une contre-vérification à l’aide de la vue grand angulaire de la caméra fixée à la dérive, de l’affichage cartographique dynamique et du compas. Ce procédé est particulièrement utile aux intersections et pendant les virages. Il faut agrandir l’affichage de la carte au maximum, reproduire toutes les pistes ou voies de circulation manquantes, puis les superposer à la carte.
- Utiliser les marques axiales de voie de circulation ainsi que les lignes d’entrée et de bout de pistes peintes en jaune, tout comme vous le feriez à bord d’un avion classique roulant par très mauvaise visibilité. Il faut trouver la marque et la suivre; cette ligne est probablement ce que vous verrez de plus utile par l’objectif de la caméra panoramique de nuit.
- Il est extrêmement utile de bien connaître l’endroit. Pour se familiariser avec les lieux, on peut mémoriser le nombre de feux de voie de circulation entre, par exemple, le virage d’alignement et la ligne de point d’attente de piste, utiliser des hangars bien éclairés qui se trouvent à une certaine distance comme indicateurs de cap relatifs et connaître les caps compas des diverses voies de circulation et voies de sortie rapide.
- Éviter toute tentative de virage à 180 degrés sur la piste ou les voies de circulation.
- Ne pas oublier que même si la caméra infrarouge du CU170 Heron ne peut pas être utilisée lorsque l’engin circule au sol, elle peut être utilisée lorsque le Heron est immobilisé et que ses freins sont serrés. Il s’agit toujours d’une option, le cas échéant.
- En cas de doute, ARRÊTEZ! Vérifier de nouveau tous les renseignements sur la position et l’orientation de l’engin. Demander des renseignements à l’ATC ou à une équipe au sol s’il le faut. Même si la fierté peut en prendre un coup lorsqu’on fait appel à une voiture de piste pour suivre l’UAV au sol, cela vaut tout de même mieux que de voir l’UAV quitter la voie aménagée.
