La cadence actuelle des opérations de la Force aérienne s'avère la plus élevée depuis la guerre de Corée. La Force aérienne a déployé une escadre aérienne en Afghanistan, intégré de nouvelles capacités tactiques aériennes dans le théâtre des opérations et renforcé sa collaboration pour ce qui est des engins télépilotés ainsi que du transport tactique et stratégique. La présence renouvelée du Canada dans le Nord se traduit par des opérations de chasse et de ravitaillement en vol intensifiées. En outre, les capacités maritimes de la Force permettent de contrer la piraterie qui sévit au large de la Corne de l'Afrique ou de procéder au relevé cartographique de l'Afghanistan à l'appui des troupes de l'OTAN. Entre-temps, l'entraînement militaire bénéficie du meilleur soutien qu'il a connu au pays depuis des décennies. Toutes ces activités se maintiendront fort probablement dans un avenir prévisible, et elles correspondent à une période d'attrition élevée engendrée par un déséquilibre de l'effectif au sein des Forces canadiennes. Bien que la campagne de recrutement énergique des Forces canadiennes porte fruit, elle engendre nombre de nouveaux défis en matière d'instruction au sein de nos unités opérationnelles, où le niveau d'expérience va en décroissant. Il est essentiel d'intégrer et de confirmer en temps opportun les compétences d'un plus grand nombre de membres de la Force aérienne, pour que celle-ci puisse maintenir sa puissance aérienne en cette période mouvementée.
L'acquisition d'aéronefs a non seulement apporté un avantage de taille, mais aussi son lot de complications. Ces nouveaux aéronefs sont synonymes de capacités nouvelles et améliorées, mais ils nécessitent de nouveaux équipages, un nouvel entraînement et de nouvelles procédures. Il faut davantage de personnel pour continuer d'exploiter l'ancienne flotte pendant que le personnel de la nouvelle flotte suit sa formation. Comme il est impossible de suspendre les opérations pour procéder à la mise en service de ces nouvelles flottes, la planification opérationnelle vise surtout à trouver des solutions qui permettront d'effectuer une transition sans heurt au sein de l'effectif des Forces canadiennes.
N'importe lequel de ces défis : le renforcement des opérations, l'intégration du personnel ou la transition vers de nouvelles flottes, comprend sa part de risques. Au cours des cinq prochaines années, notre tâche consistera à gérer les risques qui sont liés à ces trois défis. Le projet d'élaboration de la politique et de la planification en matière d'automatisation (EPPA) et la création d'un groupe chargé des normes de la Force aérienne au sein de la Division aérienne sont d'excellentes initiatives pour examiner, améliorer et officialiser nos procédures de vol dans un environnement technologique beaucoup plus évolué. Dans le cadre du projet EPPA, le fait d'avoir davantage recours à un entraînement par simulateurs devrait améliorer la qualité de la formation, et plus particulièrement d'une formation en équipage, réduire notre dépendance à l'égard de l'entraînement en vol et favoriser une utilisation maximale de toutes les ressources d'emploi de la Force.
La simulation et le projet EPPA sont les premières étapes pour atténuer les risques liés à des équipages aériens et au sol inexpérimentés. Je suis heureux de l'arrivée de nouvelles capacités, et j'accepte le manque d'expérience et le niveau de risque accru qui l'accompagne, mais, dans le contexte, notre Programme de la sécurité des vols est primordial pour assurer le maintien de la puissance aérienne, et il ne peut se permettre de rater sa cible. Je compte sur les superviseurs de premier échelon pour gérer le risque et agir judicieusement, conformément à notre culture de la sécurité des vols. Nos processus décisionnels ont toujours reposé sur le principe visant à fournir les meilleures capacités aériennes possibles tout en maintenant un niveau de risque acceptable. Une chose doit être claire : les divers niveaux de risque que je suis prêt à prendre en considération et à vous demander de gérer touchent la mission et son degré de difficulté, mais non le retour sain et sauf des membres et des appareils au sol. J'accepterai le fait de ne pas pouvoir accomplir autant qu'il m'était possible de le faire ou de ne pas obtenir le même taux de réussite que par le passé, mais je n'accepterai pas de mettre en péril la sécurité du personnel. J'ai fixé mes limites.
Malgré les défis, nous vivons des moments vraiment exaltants au sein de la Force aérienne. Nous sommes actuellement témoins de moments historiques. Nous sommes les bâtisseurs d'une force aérienne plus jeune, mieux équipée et beaucoup plus compétente. Assurons-nous de la bâtir sur une de nos plus solides assises, notre marque de notoriété partout dans le monde : notre Programme de la sécurité des vols
