L'histoire de la 14e Escadre Greenwood

La naissance de Greenwood peut être attribuée directement à la déclaration de guerre de la Grande-Bretagne contre l'Allemagne le 3 septembre 1939. Le Canada déclarait la guerre le 10 septembre  1939.

L'un des premiers et plus célèbres plans de guerre visant à développer toutes les forces aériennes du Commonwealth fut le Programme d'entraînement aérien du Commonwealth (BCATP). Ce programme devait changer le cours de l'histoire du petit hameau de Greenwood, au centre de la vallée de l'Annapolis en Nouvelle-Écosse.

L'entente formelle, signée le 17 décembre 1939, créait le plus grand système d'entraînement aérien jamais mis sur pied et mettait à la disposition des aviateurs britanniques, australiens, néo-zélandais et canadiens des installations au sol relativement sûres. Le BCATP avait comme objectif de produire 20 000 aviateurs diplômés par année dans les 74 unités d'entraînement établies à la grandeur du pays.

Greenwood fut choisie à cause de son climat non brumeux.

L'arrivée de la RAF

Les membres de la 36e (RAF) Unité d'entraînement opérationnel (OTU) commencèrent à quitter l'Écosse pour se rendre à Greenwood le 24 février 1942, le premier contingent arrivant le 9 mars 1942.

Dès le 25 mars 1942, six aéronefs Hudson MK III furent pris en livraison à l'OTU sœur de Debert. Cinq autres aéronefs arrivaient le 27 mars et neuf autres le lendemain. Au début d'avril, cinq aéronefs Anson venaient s'ajouter à la flotte en pleine expansion. Les aéronefs continuèrent d'arriver en avril et mai et la station fut bientôt dotée de l'effectif d'aéronefs requis.

Les Hudson et les Anson avaient été fournis par le ministère de l'Air du Royaume-Uni. À la fin de juillet, six aéronefs Lysander, utilisés pour le remorquage des cibles, s'ajoutaient à la flotte, de sorte qu'à la fin d'août 1942, la station comptait 36 aéronefs.

Les effectifs de la station, y compris 194 stagiaires, étaient de 1 474.

À la fin de novembre, le nombre de stagiaires avait doublé et la station comptait 80 aéronefs, à savoir : 64 Hudson, 11 Anson et 5 Lysander.

Entraînement en reconnaissance maritime

La station RAF Greenwood n'était pas seulement une unité d'entraînement. Elle se trouva très rapidement engagé dans des opérations de combat.

L'année 1942 fut probablement l'année où les sous-marins allemands remportèrent le plus de succès dans l'ouest de l'Atlantique.

À la fin de juillet 1942, des navires alliés avaient été coulés dans les eaux canadiennes et terre-neuviennes. Les étudiants de l'OTU étaient formés à la lutte anti-sous-marine par des instructeurs chevronnés dans ce domaine.

En période de guerre, l'OTU était pressée de produire le plus rapidement possible des équipages prêts au combat. En pareilles circonstances, les risques d'accident étaient très élevés, et il y en a eu beaucoup. Au cours de la guerre, des douzaines d'appareils furent détruits dans des accidents à Greenwood, mis tous ces accidents ne furent pas mortels (la liste de ceux qui ont péri est au Tableau d'honneur). On peut trouver 31 tombes d'aviateurs d'Angleterre, d'Australie et de Nouvelle-Zélande dans le cimetière Holy Trinity de Middleton et dans le cimetière catholique St. Lawrence (R.C.) tout près de Kingston (Nouvelle Écosse).

Le Mosquito sous OTU

À la fin de 1942, des changements se préparaient déjà pour Greenwood. Les priorités évoluaient en Europe.

Les Alliés passaient à l'offensive. Le nouveau rôle de l'OTU no 36 était d'entraîner des équipages pour le Mosquito. Le premier Mosquito (surnommé "Mossie") arriva à Greenwood le 26 mars 1943. Le 3 juillet 1943, Greenwood devenait officiellement une OTU pour Mosquito et les cours d'entraînement commencèrent deux jours plus tard. Le dernier Hudson quitta Greenwood le 3 octobre 1943.

Les avions de soutien à l'OTU du Mosquito étaient l'Airspeed Oxford et le Bristol Bolingbroke, utilisés comme bombardiers et remorqueurs de cible. À la fin de septembre 1943, il y avait 33 Mossies (10 doubles), huit Oxford MK V et deux Bolingbrokes. L'effectif de Mosquito devait atteindre éventuellement entre 50 et 60 appareils dont la majorité étaient de la version bombardier. Plus tard, quelques Harvard et un ou deux Ventura (semblables à l'Hudson) furent ajoutés à la flotte de la station.

Des ordres émis par les autorités supérieures convertissaient la station de la RAF à Greeenwood, le 1er juillet 1944, en station de la RCAF Greenwood - Les années de Guerre (1944-1945)

L'entraînement se poursuivit sans interruption durant le licenciement de l'OTU no 36 (RAF) et la formation de l'OTU no 8 (RCAF).

Pertes de vie

Les registres quotidiens de l'OTU no 36 et de l'OTU no 8 entre juin 1942 et avril 1945 font état d'un total de 57 aviateurs de Greenwood tués dans l'écrasement de 25 aéronefs (voir Tableau d'honneur). À elle seule, l'OTU no 8 a perdu 21 hommes et 11 appareils.

La 5e Troup spéciale mobile de phares de recherce anti-aérienne

L'histoire de Greenwood ne serait pas complète sans la mention d'une autre section qui faisait partie de la réalité politique du Canada à cette époque. Il s'agit de la batterie de phares de recherche qui arriva à l'OTU no 36 le 4 décembre 1942. Elle avait pour tâche de fournir un entraînement réaliste aux équipages - l'expérience terrifiante d'être pris en chasse par les phares de recherche des batteries d'artillerie anti-aérienne de l'ennemi.

La victoire en Europe

Le 31 mars 1945, le BCATP cessait d'exister. Puis vint le jour de la victoire, le 8 mai 1945, avec la capitulation de l'Allemagne. La guerre en Europe était finie.

Les changements qui devaient suivre à Greenwood furent profonds. Dès le mois d'avril, on avait commencé à transférer les Mosquito vers des hangars de remisage. À la fin de juillet, la plupart d'entre eux étaient partis et Greenwood avait cessé d'être une station d'entraînement. L'OTU no 8 fut licenciée le 1er août 1945.

Tiger Force

Trois groupes de bombardiers à très longue portée (VLR), comptant chacun 22 escadrons (un de la RAF, un de la RCAF et un troisième d'éléments mixtes du Commonwealth), furent créés et désignés par le nom de code « Tiger Force ».

Au printemps de 1945, « Tiger Force » fut ramené à deux groupes considérablement plus petits que ne le proposait le plan original.

Le 8 mai 1945, les unités de la RCAF devant être affectées à « Tiger Force » furent réaffectées aux bombardiers Lancaster (MK X) de fabrication canadienne et revinrent au Canada aux fins d'entraînement et de réorganisation. L'escadre 664 fut ainsi créée. Le plan prévoyait de commencer l'entraînement pour le théâtre du Pacifique en août, le premier contingent devant arriver dans le Pacifique en décembre.

L'arrivée de la nouvelle escadre de bombardiers chevauchait le retrait progressif de l'OTU no 8 (RCAF). L'ordre de licenciement de l'OTU devait entrer en vigueur le 31 juillet 1945. Le 1er août 1945, l'escadre no 664 (bombardiers lourds) et ses deux escadrons (no 405 et no 408) était formée officiellement. L'entraînement devait commencer le 24 août 1945.

L'escadron 405, le premier escadron canadien de bombardiers, avait été formé outre-mer en avril 1941. En avril 1943, il devenait la première et seule unité Pathfinder de la RCAF.

Suite au bombardement d'Hiroshima et de Nagasaki, et de la capitulation subséquente du Japon le 14 août 1945, l'escadre no 664 (et Tiger Force) devenait superflu. Le 5 septembre 1945, l'escadre no 664 était licencié officiellement de Tiger Force.

Après la guerre (1946-1949)

Le 31 mars 1946, l'OTU cessait d'exister. La station fut reléguée aux soins et à l'entretien à compter du 1er mai 1946.

On ferma les bâtiments un à un. À la fin de juin 1946, l'effectif de la station était réduit à 72 personnes. Pendant presque toute la période de soins et d'entretien, l'effectif fut d'environ trois douzaines de personnes. Entre juillet 1946 et février 1947, Greenwood dormit. Les quelques membres du personnel effectuant le minimum d'entretien préventif et les services de protection contre l'incendie.

La renaissance de Greenwood

Le premier indice que des changements se préparaient à Greenwood se produisit lors de la publication de l'ordonnance 854 d'organisation de QGFA, en date du 17 février 1947, qui réorganisait et réactivait Greenwood à compter du 1er avril 1947. La période de soins et d'entretien avait duré officiellement 11 mois.

103e Unité de sauvetage

À l'automne de 1947, Greenwood était enfin sortie du creux de vague de la période d'après-guerre bien qu'à un degré moindre que ce qu'on avait prédit en février 1947. Le 10e groupe RCAF, Halifax, annonçait à la mi-octobre 1947 que la 103e unité de sauvetage (RU) compléterait son déménagement de Dartmouth (maintenant Shearwater) à Greenwood avant la fin du mois.

La 103e RU avait été conçue en janvier 1947, principalement pour venir en aide aux aéronefs en détresse. Sa formation avait été amenée notamment par l'établissement du nouveau service commercial transatlantique.

La date cible du déménagement fut fixée au 29 octobre. Le déménagement touchait entre 100 et 150 hommes et officiers, deux avions amphibies Canso, un Norseman et un hélicoptère Sikorsky S-51 Dragonfly.

L'année 1948 fut marquée par le début de l'affiliation de Greenwood à la Marine. En septembre, la 103e RU déployait un Lancaster et un Canso à Goose Bay (Labrador), pour participer à un exercice dans le Nord de la MRC. Cette mission fut suivie, en octobre, de la participation aux manœuvres navales avec des unités de la MRC et de l'USN. Ces tâches devaient se maintenir jusqu'à la formation de deux escadrons maritimes quelques années plus tard.

La Guerre anti-sous-marine arrive à Greenwood

La clause de l'Accord de l'OTAN sur la sécurité de l'Atlantique nord devait avoir une incidence marquante sur la station RCAF Greenwood.

Le Canada s'inquiétait de plus en plus des activités communistes en Europe au cours de 1948. L'une des montées en puissance les plus inquiétantes était l'accroissement de la flotte de sous-marins russes.

L'unité d'entrainement opérationnel NO 2 Maritime (M)

Greenwood fut choisie comme site d'entraînement de l'unité de reconnaissance maritime et du premier escadron opérationnel. Dans le but de recueillir l'expertise nécessaire en guerre anti-sous-marine, 11 officiers de la RCAF se rendirent en Angleterre afin d'étudier les méthodes d'entraînement du commandement côtier.

Le 12 décembre 1949, le premier cours 2 (M) OTU fut entrepris et le 405e escadron fut réactivé. Des bombardiers modifiés Avro Lancaster MK X du temps de la guerre furent désignés avions MR.

L'OTU Maritime no 2 continua à produire des équipages pour garnir les rangs du 405e escadron jusqu'au 30 avril 1951. À cette date, les plus récents finissants de l'OTU no 2 formèrent le noyau du 404e escadron. L'unité avait été un escadron de patrouille côtière en Angleterre pendant la dernière partie de la guerre.

Logeant la 103e unité de sauvetage, deux escadrons opérationnels et l'OTU, RCAF Greenwood avait des problèmes de surpopulation qui taxaient toutes les installations de la station. On décida donc de déménager l'OTU no 2 à RCAF Summerside (IPE), à compter du 14 novembre 1953. L'unité quitta Greenwood après avoir tenu 18 cours d'entraînement de 70 équipages totalisant 450 aviateurs entre le 12 décembre 1949 et le 6 novembre 1953.

Le remplacement du Lancaster par le Neptune

Le P2V Neptune fut conçu pendant la guerre comme premier avion conçu spécifiquement pour la guerre anti-sous-marine. La version achetée par le Canada était le P2V5. Le premier des 25 appareils arriva à Greenwood le 30 mars 1955.

Le Neptune ne fut pas le seul nouvel aéronef accueilli par Greenwood en 1955. Le 17 janvier, la 103e unité de sauvetage recevait un hélicoptère Piasecki (surnommé la "banane volante"). L'ancien Lancaster, retiré du service à Greenwood en novembre 1955, continua de voler pour la RCAF pendant encore plusieurs années.

Les années de l'Argus

Dès 1952, la RCAF avait manifesté le besoin d'un nouvel avion de patrouille longue portée pour remplacer le Lancaster du temps de guerre.

Bien que l'Argus fut avant tout un patrouilleur de chasse anti-sous-marin à longue portée, il offrait une capacité de cargo secondaire et de passagers.

En 1958, moins de trois ans après le début du contrat, le premier gros chasseur de sous-marins prenait son envol. Le nom "Argus" a été emprunté à la mythologie grecque. Argus, "le gardien vigilant", était le géant aux 100 yeux, nom convenant parfaitement à un appareil ayant à son bord plus de détecteurs que tout autre avion de l'époque.

Ce n'est que le 1er mai 1958 que Greenwood accueillait son premier Argus de service.

On en fabriqua 33 en tout, le dernier étant le no 20742 (livré en 1961). Les 13 premiers, no 20710 - 20722, étaient des Mark I; les autres des Mark II. La différence la plus notoire entre le deux était que le MK I était doté d'un radôme de nez beaucoup plus grand pour le système radar APS 20. Le MK II utilisait le radar de recherche britannique ASV 21. Cette cellule plus neuve, plus grande et plus complexe exigeait plus d'espace et plus de personnel d'exploitation et d'entretien. On construisit donc d'autres hangars dont le dernier fut mis en chantier en 1958.

Au début de mars 1958, le détachement d'entraînement opérationnel (Maritime) no 2 (2 (M) OTU Det) était formé à Greenwood. Sa tâche initiale consistait à se familiariser avec l'aéronef et à préparer les plans de leçon pour les futurs étudiants.

La no 9 UITA était responsable de l'entraînement technique des équipages de vol et au sol de l'Argus.

À la fin de juillet 1958, le 405e escadron devenait la première unité opérationnelle à recevoir un Argus. Greenwood comptait déjà cinq de ces gros appareils.

Ce n'est que le 15 avril 1959 que le 404e escadron recevait aussi son premier CP-107 Argus, 20730. Le 1er mai 1961, le 415e escadron était réactivé à Summerside pour devenir la troisième unité opérationnelle à utiliser un Argus.

À partir de mai 1958, les Neptunes de Greenwood furent transférés au 407e escadron à Comox (C.-B.) pour y remplacer les derniers Lancaster maritimes. Ils devaient demeurer en service pendant dix ans à Comox avant d'être remplacés par des Argus.

L'unité de patrouille et d'évaluation maritime (MP&EU), auparavant escadrille de test, de développement et d'évaluation de vol assujettie au 404e escadron obtint son statut actuel le 11 juin 1959.

Au cours des 23 ans d'exploitation de l'Argus, on relève deux accidents ayant entraîné des pertes de vie et la perte de l'appareil. Le premier se produisit en 1965. Le 404e escadron était en déploiement à Porto Rico pour un exercice. Dans la nuit du 23 mars, l'Argus 20727 plongea dans l'océan à 60 milles au nord de l'île.

Tous les occupants périrent, y compris deux chercheurs scientifiques du gouvernement.

L'équipage du 404e escadron était composé de :

  • S/L J. A. Anderson, DSO, DFC, CD
  • Sgt P. Chapman, CD
  • F/O H.S. Cocks
  • F/O B.W.G. Cromlish
  • F/L J.E.K.A. (Kaye) Huet
  • F/O R.C. Johnson
  • Sgt M. Jones, CD
  • F/O F.A. Knights
  • F/O G.A. Maguire
  • F/O J.M. Peele
  • F/L J.E. Perron, CD
  • F/O J.A. Richardson
  • F/L C.M. Sorge
  • F/L J.W. Tetrault, CD
  • F/O R.G. Williams

Le second accident se produisit à Summerside (IPE) le 31 mars 1977 lorsque l'Argus 20737 du 415e escadron s'écrasa à l'atterrissage. Trois personnes furent tuées et six autres furent retenues au sol pour raisons médicales pour des périodes allant jusqu'à un an. Les victimes furent : Maj Ross Hawkes, Sgt Ralph Arsenault et MCpl Al Senez.

En 1968, dans un effort pour atténuer l'entassement à Greenwood, la 103e RU mit fin à son séjour de 21 ans à Greenwood et se réinstalla à Summerside.

En 1975, le 449e escadron fut licencié. Les Forces canadiennes entreprirent une réorganisation complète qui laissait deux escadrons à Greenwood : un escadron opérationnel (405e escadron) et un escadron d'entraînement (404e escadron).

Dès 1974, les FC entreprirent une série de coupures qui réduisirent considérablement les heures de vol de la force aérienne. Plusieurs autres unités des Forces canadiennes furent retirées du service actif.

L'impact sur Greenwood fut que six des 18 Argus furent remisés, réduisant l'effectif de la base de 18 à 12. Quelque 242  postes furent coupés immédiatement. Environ 140 LF se trouvaient soudainement inoccupés. La base affecta 142 hommes et officiers à l'appui des Olympiques de 1976 à Montréal de février à octobre.

En juillet 1976, une Escadrille de renfort de la Réserve aérienne (ARAF) fut établie. Cette unité devait jouer un rôle très important dans la transition aux avions Aurora. Bon nombre des techniciens de l'Argus qui arrivaient à la retraite furent transférés comme membres actifs de la Réserve où ils assurèrent le service et l'entretien des Argus alors que les membres réguliers des FC s'entraînaient sur le CP-140 Aurora.

En septembre 1978, MP&EU revenait à Greenwood en provenance de Summerside (IPE).

L'année 1979 fut la dernière " vrai année Argus " à Greenwood.

Le 415e escadron de BFC Summerside continua à exploiter l'Argus jusqu'à la fin de printemps de 1981, soit jusqu'à son transfert à Greenwood et sa conversion à l'Aurora.

L'aube de l'Aurora

Le premier Aurora (une variante du Lockheed P-3 Orion) sortit de la chaîne de montage le 25 janvier 1979 et effectua sa première envolée le 22 mars.

Les 18 premiers Aurora remplacèrent les 33 Argus, 14 étant stationnés à Greenwood et les quatre autres à Comox (C.-B.).  Le 415e escadron fut transféré de Summerside (IPE) à Greenwood afin de centraliser tous les aéronefs de patrouille longue portée de la côte est et de réduire considérablement le coût des installations de soutien de l'Aurora. Les effectifs augmentèrent de 10% à Greenwood en 1980 afin de satisfaire aux exigences du programme Aurora. Avec l'arrivée du 415e escadron l'année suivante, le personnel augmenta encore davantage.

La Base devait accepter le CP-140 à temps. Le 27 mai 1980, le premier Aurora, CP-140, arriva à BFC Greenwood. Des cérémonies eurent lieu le 29 mai pour inaugurer une ère nouvelle dans la guerre anti-sous-marine au Canada et à Greenwood.

Des aéronefs de guerre anti-sous-marine de Grande-Bretagne, des Pays-Bas, de Norvège, de France et des États-Unis étaient sur place pour souligner cet événement historique et le Gouverneur général et son épouse étaient les invités d'honneur. Le dernier Aurora, CP-140 118, arriva à Greenwood le 10 juillet 1981.

Le 27 juillet 1980, l'Aurora effectua sa première mission opérationnelle. Le premier NORPAT fut effectué au cours de la semaine du 1er septembre 1980.

Le 19 novembre, le journal de la Base, publié sous la bannière "The Aurora", était rebaptisé "The Aurora". Au cours des années 1950, le journal de la station avait porté le nom de "Wings Over Greenwood". Au cours des quatre années de guerre, la station avait eu plusieurs périodiques, en commençant par le journal " Overseas " de la RAF.

Les cérémonies d'accueil officiel de l'escadron " Swordfish ", tenues le 24 juillet, furent marquées par le dernier vol officiel de l'Argus. L'Argus 736 s'envola une dernière fois vers l'IPE pour sa mise au ferraillage à la BFC Summerside.

Le Concours FINCASTLE

Le concours Fincastle, lancé en 1961, est un concours annuel de bombardiers du Commonwealth auquel participent la RAF, la RAAF, la RNZAF et les escadrons canadiens de guerre anti-sous-marine. En 1970, on modifia la formule pour adopter la formule actuelle selon laquelle les équipages doivent faire une sortie de jour et une sortie de nuit contre un sous-marin et sont jugés en fonction de leur aptitude à détecter et à attaquer leur cible.

Normalement, le Canada envoie au concours Fincastle l'équipage gagnant du concours national O'Brien ASW.

Le 5 octobre 1981, le 405e escadron remportait le Fincastle en Australie.

Entre août et novembre 1983, BFC Greenwood apporta son appui à Air Canada. Au cours de cette période, on procédait à la réfection des pistes de l'aéroport international de Halifax, forçant le détournement de sept vols d'Air Canada vers Greenwood. Le personnel de la base aida le personnel d'Air Canada à coordonner le ravitaillement en carburant, les opérations au sol et le traitement de plus de 1 600 passagers.

En 1988, l'Aurora effectuait de plus en plus de tâches non militaires, y compris la surveillance des activités de pêche, la lutte de la GRC contre le trafic des stupéfiants et quelque chose de nouveau ... la recherche, pour le compte du ministère de l'Immigration, des navires engagés dans les opérations d'immigration clandestine.

La fermeture de BFC Summerside fut annoncée en mai 1989. Dès septembre, on annonçait officiellement que le 413e escadron de recherche et de sauvetage serait transféré à Greenwood en 1991. Donc, après 23 ans, Greenwood allait devenir encore une fois une base aérienne à avions multiples avec l'arrivée des hélicoptères Labrador et des avions Hercules du 413e escadron.

Le 10 juin 1991, le 413e escadron arriva officiellement à Greenwood. Au cours de l'été de 1995, le 434e escadron de soutien au combat, doté de 14 T-33 Silver Star et de huit Challenger se joignait à la 14e escadre Greenwood en provenance de la 12e escadre Shearwater. L'escadron appuie les éléments de la marine, de l'armée de terre et de l'aviation en s'acquittant des fonctions suivantes : entraînement à la guerre électronique, entraînement au contrôle aérien avancé, surveillance côtière et évacuations aériennes.

Pour plus d'information, contactez svp l'officier d'héritage 14 wing.

Historique du 434e Escadron de soutien au combat

Le 28 avril 2002, les couleurs de 434e Escadron de soutien au combat ont été entreposées dans la Cathédrale All Saints d'Halifax, l'escadron cessant officiellement ses activités le 15 juillet 2002.

Le dernier défilé aérien du 434e Escadron

Le 434e Escadron de bombardement voit le jour à Tholthorpe, en Angleterre, le 13 juin 1943, en tant qu'unité du Groupe de bombardement no 6.

Il commence ses opérations le 12 août 1943 et les poursuit à partir de Tholthorpe jusqu'au 11 décembre 1944, étant transféré le lendemain à Croft, d'où il poursuivra ses opérations jusqu'à son départ de l'Angleterre. Équipé à l'origine d'appareils Halifax V, l'escadron, qui sera connu plus tard sous le nom de Bluenosers, passe sur des appareils Halifax III en mai 1944.

L'escadron est adopté par le club Rotary d'Halifax et reçoit le surnom de " Bluenose " en référence au surnom attribué couramment aux Néo-Écossais, en raison des exploits qui font la renommée de la goélette " Bluenose ".

Le 434e Escadron de bombardement change à nouveau d'appareil et passe, en décembre 1944, sur des Lancaster X construits au Canada. Durant la guerre, il effectue environ 2 600 sorties de combat, lâche 10 575 tonnes de bombes et de mines et perd 68 de ses membres.

Outre les quelque 150 décorations, honneurs et récompenses reçues à titre individuel, les Bluenosers ont reçu les honneurs de guerre suivants :

  •  Manche
  • Mer du Nord 1943-1944
  • Baltique 1943-1944
  • Forteresse de l'Europe 1943-1944
  • France et Allemagne 1944-1945
  • Ports du golfe de Gascogne 1944
  • Ruhr 1943-1945
  • Berlin 1943-1944
  • Ports allemands 1944-1945
  • Normandie 1944
  • Rhin

Après l'arrêt des hostilités en Europe, l'escadron transporte, pendant une courte période, les prisonniers de guerre libérés entre le continent et le Royaume-Uni, avant de revenir au Canada au sein de la "Tiger Force ", la force de bombardement à très grand rayon d'action formée pour les opérations dans le Pacifique. À la fin de la guerre dans le Pacifique, l'escadron n'en est encore qu'aux premiers stades de sa formation. Il est dissout à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, le 5 septembre 1945.

Le 434e Escadron de chasse est formé à Uplands (Ottawa), en Ontario, le 1er juillet 1952, en tant qu'unité de chasse de jour équipée du North American F-86 Sabre fabriqué au Canada. En mars 1953, il rejoint l'Escadre de chasse no 3 à Zweibrucken, en Allemagne.

434e Escadron d'attaque (1963-67). Le rôle du 434e Escadron devient un rôle d'attaque tout-temps et de reconnaissance. Les Sabres sont alors remplacés par le Lockheed CF-104 Starfighter construit par Canadair. L'escadron cesse d'utiliser les Sabres en janvier 1963, lorsque les premiers pilotes de CF-104 arrivent à la 3e Escadre. L'escadron est à nouveau dissout en 1967.

Le 434e Escadron des "Bluenosers " sera remis sur pied, mais cette fois au Canada. L'escadron renaît en février 1968, équipé de CF-5 Freedom Fighters nouveaux appareils construits par Canadair.

Le rôle du 434e Escadron est alors un rôle d'appui tactique et d'entraînement opérationnel, consistant d'abord dans l'entraînement initial des équipages de CF-104. Ce rôle à multiples facettes comprend notamment l'appui aérien rapproché, l'interdiction, la reconnaissance photographique, la supériorité aérienne et l'entraînement connexe à tous ces domaines. En avril 1975, l'escadron est rebaptisé 434e Escadron d'appui tactique et devient un escadron d'intervention rapide, prêt à être déployé en Europe en cas d'hostilités.

En 1982, l'unité est transférée à Bagotville, au Québec, puis à Chatham, au Nouveau-Brunswick, en 1985. Elle est encore une fois dissoute en 1988, et les couleurs de l'escadron sont placées dans la cathédrale All Saints de Halifax, en Nouvelle-Écosse.

Le 434e Escadron mixte est remis sur pied à la BFC Shearwater, le 5 juillet 1992, à partir de la moitié du 414e Escadron qui a été divisé et dont les avions ont été envoyés aux deux extrémités du pays, et de l'escadron VU 32 qui a été dissout.

Il est transféré sous le nom de 434e Escadron d'appui au combat, à la 14e Escadre Greenwood, en août 1995.

Le 15 juillet 2002, le 434e Escadron d'appui au combat est à son tour dissout, et ses couleurs sont déposées dans la cathédrale All Saints de Halifax.

Le 434e Escadron a utilisé les appareils suivants : 

  • Handley Page Halifax
  • Avro Lancaster
  • Canadair (North American) F-86 Sabre
  • Canadair (Lockheed) CF-104 Starfighter
  • Canadair (Northrop) CF-5 Freedom Fighter
  • Canadair (Lockheed) CE/CT-33 Silver Star
  • Canadair CC/CP/CE-144 Challenger