Profil de la bataille d’Angleterre : Norma Zelia Watts – Opératrice radio, WAAF

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Biographie / Le 12 septembre 2013

Par Dominique Boily

Norma Zelia Watts (née Tilley), originaire de Coventry, en Angleterre, a servi comme opératrice radio au sein du Corps auxiliaire féminin d’aéronautique de la Grande-Bretagne (WAAF).

Pendant la bataille d’Angleterre, elle assurait la liaison terrestre avec l’équipage qui combattait l’Aviation allemande (Luftwaffe) au-dessus de la Grande-Bretagne. Plus tard au cours de la guerre, elle a servi au sein du Commandement des avions de chasse (Fighter Command), et ensuite au sein de la Force de bombardement (Bomber Command) où elle a fait la rencontre de son mari, le capitaine d’aviation Jack Vincent Watts, un navigateur de l’Aviation royale du Canada.

Au cours de la bataille d’Angleterre, la Luftwaffe s’est attaquée à des champs aériens et à des stations radars le long de la côte sud-est de l’Angleterre.

« Au début, j’étais en poste à Biggin Hill, auprès du Commandement des avions de chasse, mais les Allemands nous bombardaient sans relâche… Après la mort de 30 membres du Corps auxiliaire féminin d’aéronautique, ils [nos chefs] ont décidé de nous transférer à l’extérieur de la base. » Le Corps auxiliaire féminin d’aéronautique s’est donc installé dans une belle demeure située à quelques miles de la base.

« C’était terrifiant; les avions passaient au-dessus de nos têtes et mitraillaient les Spitfires… c’était un spectacle horrible, mais nous ne pouvions rien faire. »

Les opératrices radio avaient pour principale tâche de maintenir le contact radio avec l’équipage, mais les membres du Corps auxiliaire féminin d’aéronautique participaient aussi à d’autres activités.

« Des officiers nous tiraient parfois du lit en criant : "Levez-vous! Il faut sortir et éteindre des bombes incendiaires!" Ils nous donnaient des pelles et nous envoyaient à l’extérieur pour repérer les flammes et les éteindre. »

La majeure partie de leur temps était toutefois consacrée à des tâches bien plus graves. La perte de camarades était particulièrement éprouvante.

« Nous espérions toujours recevoir de bonnes nouvelles… C’était un aspect difficile de notre fonction d’opératrice radio.

« Nous étions en communication directe avec l’équipage, leur transmettant des directives pour le décollage et l’atterrissage. Ils nous informaient de leur retour ou de leurs difficultés. Ils demandaient parfois qu’on leur envoie une ambulance; il y en avait bien sûr toujours une qui était prête à partir, car on ne savait jamais l’état dans lequel les aviateurs reviendraient. »

Au nombre des situations d’urgence figuraient la perte d’un moteur, les problèmes de pilotage et les blessures. « L’équipage au sol devait être informé. Il fallait donc attendre que les pilotes reviennent; parfois, ils nous faisaient signe; d’autres fois, c’était le silence complet. On savait qu’il y aurait des décès, c’était inévitable. Le matin venu, on consultait la liste pour voir quels noms avaient été rayés. »

Les membres du Corps auxiliaire féminin d’aéronautique prenaient leur travail très à cœur. Un soulagement généralisé suivait la réception d’un signal en vue de l’atterrissage. Si le signal ne venait pas, cela signifiait qu’un appareil manquait à l’appel. Tout le monde au sol partageait la même crainte. « Il fallait y faire face, c’était une situation dont l’issue était parfois fatale. »

« C’était la guerre, voilà tout, » conclut Mme Watts. « Les larmes sont venues par la suite. »

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