Vécus de la bataille d’Angleterre : le lieutenant-colonel d’aviation Arthur Hicklin Warner

Article de nouvelles / Le 17 septembre 2020

Cliquez sur la photo sous la rubrique « Galerie d'images » pour l'agrandir.

Il y a 80 ans, du début de juillet à la fin d’octobre 1940, une bataille d’apparence simple faisait rage dans le ciel au-dessus de l’Angleterre. Or, celle-ci allait façonner le reste de la Seconde Guerre mondiale pour les forces alliées en Europe et ailleurs dans le monde, mais aussi l’avenir de l’Aviation royale canadienne.

En 2020, les difficultés que pose la COVID-19 font en sorte qu’aucun grand rassemblement ni défilé n’aura lieu. Mais, puisqu’il ne reste presque plus de survivants de la Seconde Guerre mondiale parmi nous, nous devons prendre le temps de nous souvenir de ceux qui ont combattu pendant la bataille d’Angleterre.

Voici l’histoire du lieutenant-colonel d’aviation Arthur Hicklin Warner, membre du personnel de l’Aviation royale canadiennes, qui faisait partie des nombreux Canadiens qui ont participé à la bataille d’Angleterre.

Affaires publiques de l’Aviation royale canadienne

Arthur Hicklin Warner s’enrôle à temps partiel dans l’Aviation canadienne en 1920 à titre de mécanicien, amorçant ainsi une carrière remarquable qui le mènerait jusqu’à l’obtention du grade de lieutenant-colonel d’aviation.

En 1923, il s’enrôle à plein temps en tant qu’aviateur, et est l’un des premiers aviateurs à s’engager comme mécanicien au moment de la création de l’Aviation royale canadienne (ARC), le 1er avril 1924.

Sa première opération importante commence en janvier 1927, lorsque l’ARC lance un appel de volontaires pour l’expédition au détroit d’Hudson. Il est affecté à la base « C » de Wakeham Bay, Québec, (aujourd’hui Kangiqsujuaq), entretenant avec succès les moteurs de deux Fokker Universal, offrant un soutien aux opérations tout au long de l’hiver 1927-1928. Il sert ensuite comme mécanicien dans un détachement de photographie dans le nord de la Colombie-Britannique, où il est le seul mécanicien. Il met à profit son ingéniosité et son autonomie pour faire voler les deux Fairchild FC-2W dont dispose le détachement. 

En 1933, il est affecté à la station de l’ARC de Jericho Beach à Vancouver, en Colombie-Britannique, où il s’occupe de l’entretien des moteurs et a de nouveau l’occasion de participer à une mission de choix. En compagnie du capitaine d’aviation F. J. Mawdesley, il prend part à un vol dans le cadre d’une mission de ratissage qui consiste à examiner l’emplacement possible de bases d’hydravions et d’avions terrestres le long de la côte. Cette mission sert de base à la sélection des stations de l’ARC sur la côte ouest au début de la Seconde Guerre mondiale.

À la fin de 1938, Arthur Warner est affecté au 1er Escadron de chasse de l’ARC, qui s’apprête à adopter le Hawker Hurricane. À cette époque, il est un sergent de section hautement qualifié et respecté. Après avoir accédé au grade d’adjudant de 2e classe le 1er avril 1939, il part à l’étranger avec l’escadron, où il forme les nombreuses recrues auxiliaires et de guerre qui ont rejoint l’escadron avant de partir en mer. À son arrivée au Royaume-Uni, il obtient le grade d’adjudant de 1re classe. Ses capacités de supervision et sa connaissance des avions sont très populaires, et sont constamment mises à l’épreuve pendant la bataille d’Angleterre tout en entretenant les Hurricane du 1er Escadron de chasse. L’entretien des moteurs est un élément essentiel étant donné l’usure accélérée en raison du rythme opérationnel élevé de cette bataille aérienne historique. On souligne les compétences d’Arthur Warner le 24 mars 1941 lorsqu’il reçoit sa commission de lieutenant d’aviation.

En juillet 1942, le lieutenant d’aviation Warner quitte le 401e Escadron pour se joindre au 403e Escadron et, en novembre de la même année, il est affecté au 418e Escadron, où il exerce les fonctions d’officier ingénieur de l’escadron jusqu’en juin 1943. Il est rapatrié et occupe le poste de chef du génie, d’abord à la 15e École de pilotage militaire à Claresholm, en Alberta, puis à la 9e École de pilotage militaire à Vulcan, en Alberta. Il est finalement affecté au poste d’officier du génie du Commandement aérien du Nord‑Ouest à Edmonton, en Alberta. Il accède au grade de lieutenant-colonel d’aviation le 1er janvier 1945.

Les activités qu’il entreprend après la guerre sont tout aussi remarquables. Il exerce notamment les fonctions de conseiller technique pendant l’opération Investigator, dont le but consiste à trouver des endroits où pourraient se poser en sécurité les appareils de recherche et de sauvetage au cours d’opérations dans l’Arctique et dans le Nord. Or, c’est ainsi qu’il se retrouve, en tant que mécanicien, aux côtés du capitaine d’aviation C. W. Weir à bord de son appareil Norseman. Il frôle la mort lorsqu’un des flotteurs du Norseman subit des dommages cours d’un amerrissage par mauvais temps au large de l’île Holman (aujourd’hui connue sous le nom d’Ulukhaktok), dans les Territoires du Nord-Ouest, sur la côte ouest de l’île Victoria. L’appareil s’est mis à dériver vers la mer, mais par chance, un navire provenant de l’île trouve les deux aviateurs après plus de deux heures.

En avril 1947, il participe à l’établissement de la station à Cambridge Bay, dans les Territoires du Nord-Ouest, puis prend sa retraite le 22 août 1953.

Depuis le début de sa carrière comme mécanicien de moteurs jusqu’à son apogée au grade de lieutenant-colonel d’aviation, M. Warner a donné l’exemple en matière de leadership, aussi bien en tant que sous-officier qu’officier.

Date de modification :