ARCHIVÉE - À la défense de la démocratie

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Article de nouvelles / Le 2 février 2015

Par le colonel honoraire Loreena McKennitt

Le 21 janvier 2015, à Ottawa, Loreena McKennitt a été nommée colonel honoraire de l’Aviation royale canadienne et de l’état‑major de la Force aérienne, une unité située au Quartier général de la Défense nationale, à Ottawa, en Ontario. Voici quelques observations du colonel honoraire adressées aux invités.

Général Blondin, anciens commandants, hommes et femmes, de l’état‑major de la Force aérienne et distingués invités,

Je suis heureuse d’être parmi vous aujourd’hui en tant que colonel honoraire de l’Aviation royale canadienne. Je suis honorée et émue d’être accueillie au sein de cette famille aussi distinguée.

Je sais que je m’adresse ici à deux groupes distincts, soit les militaires actifs et anciens, et les civils.

Permettez‑moi tout d’abord de m’adresser aux militaires, actifs et anciens, ainsi qu’aux militaires à qui nous rendrons hommage dans quelques minutes. Au nom de tous les Canadiens, je vous remercie. Nulle tâche n’est plus noble que celle de servir les autres. 

Les paroles de Cicéron, reprises lors du fameux discours d’investiture de John F. Kennedy, me reviennent à l’esprit : « Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais bien ce que vous pouvez faire pour votre pays ». Ces paroles sont aussi pertinentes aujourd’hui qu’elles l’étaient à l’époque de Cicéron, et vous avez répondu à l’appel.

Au cours des années pendant lesquelles j’ai assumé le rôle de colonel honoraire du 435e Escadron de transport et de sauvetage, j’ai eu le privilège d’en apprendre beaucoup sur ce que vous faites et sur la façon dont vous le faites – souvent de l’arrière d’un CC-130 – ainsi que sur les nombreux compromis et sacrifices que vous et vos familles faites sans vous plaindre dans l’exercice de vos tâches quotidiennes.

Bien que mes connaissances limitées m’aient désolée, j’ai été grandement émue de constater l’ampleur de votre formation, de vos capacités de leadership et de votre dévouement envers l’humanité et le bien commun.

N’ayant aucun antécédent au sein de la Force aérienne, ma courbe d’apprentissage a été difficile. Et j’ai appris qu’il était important pour moi d’expliquer aux personnes qui m’entouraient – qu’il s’agisse des membres de mon groupe et de mon équipe, des membres du public devant qui je joue ou des personnes de tous les horizons qui croisent mon chemin – que bien que nous utilisions le mot « militaires », un terme qui peut évoquer bien des choses dans l’esprit des gens, le domaine d’expertise des membres des Forces canadiennes ne se limite pas au champ de bataille.       

Bon nombre de ces personnes ont été aussi surprises que moi d’apprendre que votre mandat incluait la recherche et le sauvetage, l’aide humanitaire, les patrouilles de souveraineté, les missions de ravitaillement, le maintien de la paix internationale, le rétablissement de la paix et le combat, sans oublier le secours apporté aux sinistrés, tant au pays qu’à l’étranger. 

J’ai beaucoup appris, et je crois qu’en ma capacité de colonel honoraire de l’Aviation royale canadienne, je continuerai d’en apprendre davantage, surtout sur les réalisations, les défis et les besoins particuliers de la Force aérienne. J’ai hâte de me mettre au travail.

Permettez‑moi maintenant de m’adresser à mes concitoyens.

Quand j’ai accepté le rôle de colonel honoraire, j’étais portée par la conviction que la démocratie n’était pas un sport de salon et que si nous tenions à notre démocratie, nous devions tous investir pour la préserver.

Une partie essentielle de cette analyse repose sur la reconnaissance du fait que les forces armées de chaque pays sont une entité unique, avec un passé et un présent qui leur sont propres, et avec des associations politiques et économiques distinctes

Au Canada, nous avons la chance d’avoir une force armée qui constitue un instrument relativement neutre dirigé par le gouvernement du moment au nom des Canadiens. Or, nous savons très bien que ce n’est pas le cas, ou que cela n’a pas toujours été le cas, ailleurs dans le monde. 

Les Forces canadiennes actuelles sont le fruit de l’histoire et des traditions d’hommes et de femmes très courageux, originaires de partout au pays, qui ont lutté et qui ont péri en grand nombre au cours de deux guerres mondiales et d’autres conflits. C’est à eux que nous devons notre liberté, les privilèges dont nous jouissons et notre richesse. Les militaires nous ont légué cet héritage et bâtissent l’héritage de demain.

Et voilà pourquoi, chaque gouvernement canadien, quel que soit son horizon politique, est responsable de ce que cet instrument accomplit en notre nom et de qui perdra sa vie en notre nom. 

Car cet « instrument » représente bien plus que de l’équipement et des protocoles; il est constitué de vraies personnes et de leurs familles qui continuent à soutenir les Canadiens, le Canada et la communauté internationale tous les jours.

En tant que citoyens, nous leur devons d’être informés au sujet du travail qu’ils accomplissent, des défis qu’ils relèvent et des risques auxquels ils font face. Car dans leur neutralité réside également une vulnérabilité qui impose à chaque citoyen canadien un devoir de diligence. 

Les membres des Forces canadiennes méritent des dirigeants éclairés et responsables qui sont appuyés par des citoyens informés et actifs. Nos dirigeants, nos représentants politiques et nous‑mêmes devons tous faire preuve de diligence raisonnable. Les directives qui sont données à nos forces armées doivent correspondre à nos attentes nationales et nous devons également être prêts à en payer le prix, car leurs vies et la vie de tant d’autres dépendent incontestablement de nous

Dans le cadre de nos responsabilités à l’égard de nos militaires, nous ne devons pas oublier les familles qu’ils laissent derrière eux. Elles sont formées de personnes solides, déterminées et fières qui sont souvent elles‑mêmes éloignées du soutien des autres membres de leur famille. Elles se heurtent à plusieurs obstacles, notamment les nombreux déménagements, les difficultés de la monoparentalité, l’emploi des conjoints, les problèmes d’hébergement, la difficulté à trouver un médecin et le souci qu’elles se font lorsque leur être cher se trouve loin d’elles pendant de longues périodes, et souvent en situation de danger. 

En tant que Canadiens, nous sommes extrêmement privilégiés de pouvoir compter sur certains des meilleurs hommes et femmes pour servir notre pays et la communauté internationale. Ils sont entourés par les familles les plus remarquables que vous puissiez trouver.

En tant que citoyens, nous avons l’obligation de remplir notre devoir de diligence à leur égard.

 Je remercie tous ceux et celles qui ont servi et qui servent encore. Je vous remercie également au nom de tous ceux qui bénéficient de votre soutien et de vos sacrifices inestimables. Enfin, je vous remercie de m’avoir accordé le privilège de vous servir.

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