À SFC Alert, une équipe internationale met à l’essai une technologie de réalité virtuelle visant à conserver la santé mentale des astronautes

Article de nouvelles / Le 6 janvier 2016

Du Geisel School of Medicine, Collège Dartmouth

Cet hiver, une équipe internationale de chercheurs met à l’essai une nouvelle technologie axée sur la réalité virtuelle à la Station des Forces canadiennes Alert. Le projet, qui a débuté la semaine dernière, déterminera si les simulations de la nature dans toute sa beauté réduisent les problèmes psychologiques des astronautes associés à la vie en isolation qui caractérise les voyages dans l’espace lointain.

Située à seulement 817 kilomètres du pôle Nord géographique, la Station des Forces canadiennes (SFC) Alert, qui appartient à l’Aviation royale canadienne, est l’endroit habité en permanence le plus au nord du monde.

L’équipe est dirigée par Jay Buckey, médecin, ancien astronaute, professeur au Geisel School of Medicine (École de médecine Geisel) de l’Université Dartmouth et chercheur principal du projet. Selon celui-ci, l’objectif premier de l’étude est de trouver des façons de conserver, voire d’améliorer la santé psychologique des astronautes pendant les vols spatiaux de longue durée, notamment ceux à destination de la planète Mars.

La technologie axée sur la réalité virtuelle permettra aux habitants de la SFC Alert de se revigorer à l’aide de scènes et de sons de la nature, en leur présentant des panoramas virtuels des belles montagnes du New Hampshire produits par le laboratoire d’innovation et de leadership dans les Digital Arts Leadership and Innovation (DALI) (arts numériques de Dartmouth) ainsi que des paysages de l’Australie et de l’Irlande. Le personnel stationné à la SFC Alert sera également immergé dans les scènes et les sons de « Virtual Wembury », un logiciel produit par le professeur Robert Stone, de l’Université de Birmingham, qui permet aux utilisateurs de se balader dans Wembury, un village côtier du Royaume-Uni. Virtual Wembury, qui fait partie d’un programme de recherche britannique parrainé par le Royal Centre for Defence Medicine (Centre royal pour la médecine de défense), cherche à évaluer l’effet des paysages naturels virtuels sur le rétablissement des patients des soins intensifs de l’hôpital Queen Elizabeth à Birmingham.

À la fin du projet, les membres du personnel de la SFC Alert devront noter les scènes virtuelles en fonction de leur réalisme et du degré d’immersion, indiquer leurs scènes préférées puis justifier leurs choix, et expliquer l’effet que les scènes ont eu sur leur humeur et leur niveau de stress.

Dirigé par Dartmouth, le projet est réalisé en collaboration avec Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC), une agence du ministère de la Défense nationale du Canada, et appuyé par le National Space Biomedical Research Institute (NSBRI) (l’Institut national de recherche biomédicale spatiale) de la NASA. L’étude vise à améliorer la santé psychologique dans l’espace, mais elle peut également s’appliquer dans d’autres contextes, dont les unités de soins intensifs.Dans le cadre d’un autre projet, Dartmouth, Harvard et d’autres établissements procèdent depuis 2001, avec le concours du NSBRI, à l’élaboration de la Station spatiale virtuelle, une série de logiciels interactifs conçus afin de conserver la santé psychologique des astronautes et de résoudre les conflits interpersonnels pendant les missions de longue durée. Les problèmes psychologiques associés aux vols spatiaux de longue durée font l’objet d’études depuis bien des années; or, en ce moment, les astronautes n’ont accès au soutien terrestre que lorsqu’une liaison de communication est établie. Lors de missions de plus longue durée, comme celles à destination de Mars, le temps de transmission rend la thérapie en temps réel difficile. Les traitements informatiques offrent un moyen autonome de résoudre ces problèmes d’envergure. La Station spatiale virtuelle actuelle comprend des programmes multimédias autoguidés sur la dépression, la résolution de conflits et la gestion du stress.

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