Billy Bishop – Premier aviateur du Canada à recevoir la Croix de Victoria

Article de nouvelles / Le 2 juin 2017

Par le capitaine Steven Dieter

Le 2 juin a été proclamé le « jour de Billy Bishop » en l’honneur de ce célèbre as de la Première Guerre mondiale. Il y a cent ans aujourd’hui, le capitaine Bishop a effectué une attaque audacieuse sur l’aérodrome Estourmel, pour laquelle il a reçu la croix de Victoria.

Nous sommes le 2 juin 1917, très tôt le matin. Le capitaine William Avery « Billy » Bishop décolle de Filescamp Farm, base du 60e Escadron du Royal Flying Corps auquel il appartient, près d’Arras dans le Nord de la France, afin d’accomplir une mission audacieuse.

Il s’engage dans cette mission « après mûre réflexion », comme il l’écrit lui‑même dans son livre Winged Warfare, dont la première édition remonte à 1918.

« J’estimais que l’aube serait le moment idéal, puisqu’il y aurait très peu d’appareils dans le ciel et que j’aurais ainsi de fortes chances d’échapper au danger durant le trajet menant à l’aérodrome. »

Le capitaine Bishop ne fait partie du 60e Escadron que depuis mars 1917 et il a remporté sa première victoire sur l’ennemie le 25 mars; pourtant, il n’en est pas à ses premiers combats. Au matin de cette attaque, il a déjà 22 victoires aériennes à son actif et c’est un tireur d’élite exceptionnel, tant dans les airs que sur terre. Ces compétences s’avéreront précieuses durant son aventure en solo.

Survolant les lignes ennemies, le capitaine Bishop se rend compte que sa cible initiale est loin d’être parfaite. Après avoir enfin repéré un objectif plus approprié, l’aérodrome allemand Estourmel, le capitaine Bishop constate qu’il n’a aucune idée d’où il se trouve. Il poursuit tout de même sa mission.

Il tire sur un aéronef qui avance sur la piste avant de s’envoler. Il vise ensuite un deuxième appareil qui s’écrase dans un bosquet près de l’aérodrome. Le troisième est abattu après un combat tournoyant. 

Le capitaine Bishop retourne à son aérodrome à bord de son aéronef, un Nieuport 17, qui est maintenant criblé de balles. En arrivant, il raconte ses exploits à ses collègues pilotes et aux membres de l’équipe au sol qui s’empressent de lui faire l’accolade.

« En trois ou quatre heures, de nombreuses personnes m’ont félicité pour mon coup d’audace. Pour ma part, je voulais tout simplement trouver un moyen d’abattre quelques Boches de plus, mais les autorités ont jugé qu’il s’agissait d’une expédition très réussie », a‑t‑il affirmé.

Si réussie, en fait, que les autorités examinent par la suite la possibilité de décerner au capitaine Bishop la plus haute distinction pour vaillance de l'Empire britannique, soit la Croix de Victoria.

La décision n’est pas prise à la légère. Des officiers supérieurs mènent une enquête complète sur l’incident en examinant les rapports de combats, les dossiers de l’escadron et d’autres documents à l’appui. Près de deux mois et demi plus tard, le capitaine Bishop apprend qu’il recevra la Croix de Victoria. Il est le premier aviateur canadien à mériter cet honneur.

La distinction accompagnera l’Ordre du service distingué et la Croix militaire qui lui ont déjà été conférés sans lui avoir encore été remis.

Le 30 août 1917, au palais de Buckingham, le roi George V décerne au capitaine Bishop ces trois décorations qui sont les trois plus hautes distinctions pour vaillance. 

Au sujet de Billy Bishop

Billy Bishop naît le 8 février 1894 à Owen Sound, en Ontario. Il fréquente le Collège militaire royal à Kingston, puis s’enrôle dans l’Armée de terre lorsque la Première Guerre éclate. Après son arrivée en Angleterre, il est affecté au Royal Flying Corps en tant qu’observateur, puis il est envoyé en France. Au cours des années qui suivent, il est accepté à l’instruction de pilote et, en 1917, il intègre le 60e Escadron.

Il prend sa retraite de la Royal Air Force à la fin de 1918, mais il est nommé maréchal de l’Air honoraire en 1938. Il reprend du service actif au déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale en septembre 1939 au grade effectif de commodore de l’Air. L’Aviation royale canadienne lui confie le recrutement, une tâche dont il s’acquitte avec grand succès. Même si des problèmes de santé l’amènent à démissionner en 1944, pour commencer à travailler dans l’industrie du pétrole, il offre de reprendre son poste de recruteur quand la guerre de Corée éclate.

Billy Bishop meurt le 11 septembre 1956 à l’âge de 62 ans et il est enterré à Owen Sound. En 1974, il fait partie des toutes premières personnes à être intronisées au Panthéon de l’Aviation du Canada.

Il est décoré et honoré à de nombreuses reprises : Croix de Victoria (V.C.), Compagnon de l'Ordre du Bain (CB), Ordre du service distingué (D.S.O.) avec agrafe, Croix militaire (M.C.), Croix du service distingué dans l'Aviation (DFC), cité à l'ordre du jour, Croix de guerre (France) et Légion d’honneur (France).

Rédigé à l’aide des dossiers des Affaires publiques de l’ARC.

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