Célébrations du temps des Fêtes dans la Force aérienne

Article de nouvelles / Le 18 décembre 2014

 Par Joanna Calder

Comme toutes les organisations militaires, l’Aviation royale canadienne chérit et cultive certaines traditions spéciales associées à la période des Fêtes.

L’Aviation royale canadienne et l’Armée canadienne ont beaucoup de traditions en commun, que l’on pense aux dîners de Noël, aux sticky floors (« planchers collants ») ou aux réceptions du Nouvel An.

Le moment fort des célébrations des Fêtes est un dîner de Noël qui comporte tous les ingrédients habituels : de la dinde, des accompagnements, de la sauce et un dessert. Cependant, dans les Forces armées canadiennes, les plus hauts gradés servent les militaires des grades inférieurs. En effet, les officiers et les militaires du rang supérieurs revêtent toques et tabliers pour servir les militaires du rang subalternes, ceux-là mêmes qui assurent le bon fonctionnement des activités de l’unité jour après jour. 

Pendant le repas, et parfois toute la journée, les plus hauts gradés et les moins gradés de l’unité échangent leurs places. Ainsi, un commandant d’escadre ou d’escadron troquera son emploi et son grade, y compris sa tunique, contre ceux d’un membre de l’unité parmi les plus nouveaux ou les moins gradés. L’adjudant‑chef de l’escadre ou de l’unité en fait autant – même si dans certains cas, il change de place avec un militaire du rang plus âgé. Le transfert des responsabilités est parfois même officialisé par la signature d’un certificat confirmant la nomination honorifique – et très temporaire.

Il n’est pas rare que les officiers et les militaires du rang se mêlent entre eux pendant la période des Fêtes, chacun conviant les autres dans son « chez-soi ». Habituellement, les officiers, les militaires du rang supérieurs et les militaires du rang subalternes se rencontrent et prennent leurs repas dans leur mess respectif. Toutefois, pendant les Fêtes, les membres d’un mess peuvent inviter les membres d’un autre mess. Le protocole s’assouplit alors un peu, et les aviateurs de tous les grades ont l’occasion de voir comment vit l’autre moitié de la Force aérienne.

Là‑haut, dans le Grand Nord, la section d’approvisionnement la plus septentrionale du monde, située à la Station des Forces canadiennes Alert, au Nunavut, a une mission secrète : approvisionner le père Noël. Le père Noël et ses lutins, qui travaillent fébrilement à la création des jouets et autres présents, doivent bien se procurer quelque part les matières qu’ils utilisent. Même si personne n’en parle vraiment, ces matières premières transitent par la SFC Alert qui, après tout, n’est située qu’à 817 kilomètres de la résidence du père Noël au pôle Nord. Une affiche portant la mention suivante a été aperçue à la Station des Forces canadiennes Alert : « Nous approvisionnons le père Noël ». Mais est‑ce bien vrai?

Le père Noël lui‑même vient régulièrement dans les jours qui précèdent Noël. Il rend visite aux militaires sur leurs lieux de travail ou il passe du temps avec leurs familles – bien souvent au centre local de ressources pour les familles des militaires.

On a même déjà vu ce vieux lutin jovial à des sticky floors d’unité. L’origine de cette célébration est assez obscure; il se peut que la tradition ait pris naissance dans les années 1970 au bâtiment 155 de la Base des Forces canadiennes Rockcliffe, à Ottawa. (Le bâtiment 155, démoli en 2003, abritait l’organisation du directeur général – Gestion du programme d’équipement aérospatial et servait de centre de logistique de la flotte d’aéronefs des forces.)

À cette époque de plus grande permissivité, les entrepreneurs se pointaient à l’approche de Noël avec des tonnes d’alcool pour célébrer les Fêtes et montrer leur reconnaissance – une pratique qui ferait beaucoup sourciller aujourd’hui. Le nom de la célébration renvoie vraisemblablement à l’état du plancher sur lequel on avait renversé de la bière, des spiritueux et d’autres boissons encore.

Il ne faut pas confondre sticky floors et sticky buns, cette brioche ou pâtisserie recouverte d’une glace, d’un sirop ou de tout autre ingrédient sucré et collant, même si ce type de brioche est parfois servi à l’occasion des sticky floors.

Le saviez‑vous?

Le 25 décembre 1944, le 402e Escadron est stationné en Belgique. Les pilotes des Spitfire de l’escadron sont en train d’exécuter une mission tardive quand ils se rendent compte qu’ils ne rentreront pas à temps pour le souper de Noël.

Après s’être posés, plus tard dans la soirée, ils se rendent au mess en s’attendant à n’y trouver que des restes. Mais étonnés et ravis, ils sont accueillis par tous les autres membres de l’escadron qui attendent leur arrivée et qui n’ont pas voulu commencer le repas avant que tous soient réunis.

De nos jours, un sticky floor est généralement une rencontre sociale où chacun circule, tenue pendant la période des Fêtes et organisée ou approuvée par un officier supérieur. Les gens ont ainsi l’occasion de mieux se connaître et de lever leur verre à l’esprit de Noël. Il arrive qu’une partie de mini-golf, jouée sur un terrain qui serpente entre les diverses sections, fasse partie des festivités. Les participants doivent quelquefois payer pour jouer, et les fonds ainsi ramassés sont versés à un organisme de charité.

L’Aviation royale canadienne et les Forces aériennes des États‑Unis ont en commun une tradition unique : suivre la piste du père Noël le 24 décembre. Les membres du NORAD des deux côtés de la frontière suivent le père Noël pendant son voyage autour du monde à l’aide d’un équipement de surveillance de haute technologie, dont font partie les caméras du père Noël. Les pilotes de chasseurs canadiens se disputent l’honneur d’escorter le père Noël tout au long de son trajet dans l’espace aérien du Canada.

Après les festivités de Noël, l’événement important qui suit est le Nouvel An. En plus des soirées et des célébrations organisées la veille du jour de l’An, les militaires prennent part à une autre tradition : la réception du Nouvel An. Le 1er janvier, les mess ouvrent leurs portes aux visiteurs, militaires et civils, qui s’offrent leurs vœux, prennent des rafraîchissements et se souhaitent le meilleur pour la nouvelle année.

Même si la tradition de cette réception a commencé en Europe, sa tenue le jour de l’An est un phénomène presque exclusivement canadien. Remontant au XVIIe siècle, ce type de réception a d’abord été donné au Canada par des représentants du gouvernement. Considérés comme des représentants de la Couronne, les officiers devaient également accueillir les visiteurs. Aujourd’hui, toutefois, les officiers, les sous‑officiers supérieurs et les militaires du rang subalternes sont autorisés à organiser de telles réceptions dans leur mess respectif.

Les représentants du gouvernement, qu’il s’agisse du gouverneur général du Canada ou du maire d’une municipalité, continuent d’organiser des réceptions du Nouvel An. Cependant, ces versions civiles ont souvent lieu l’après-midi, ou même un peu après le 1er janvier, tandis que les réceptions militaires ont presque toujours lieu le matin du jour de l’An.

Il se peut que du moose milk soit servi lors des réceptions du Nouvel An ou à d’autres occasions pendant les Fêtes. Il s’agit d’une boisson festive, typiquement canadienne, offerte dans les mess, partout au pays et ailleurs dans le monde. Cette boisson, qui vole sans conteste la vedette au lait de poule, est une révélation pour les non‑Canadiens qui ont l’occasion d’en boire. La recette varie d’une unité à l’autre, mais elle est toujours préparée en énorme quantité et elle contient invariablement certains ingrédients essentiels tels que du rhum ou du whisky (ou les deux), de la liqueur de café, de la crème, du lait, de la crème glacée, du sucre et de la noix de muscade. Bien que la recette exacte soit peut‑être un secret étroitement gardé, la boisson qui en résulte est nécessairement épaisse, mousseuse et… mortelle. Peu importe la célébration de Noël ou du Nouvel An où vous serez invités dans une escadre aérienne, quelqu’un aura concocté une certaine quantité de cette inoubliable mixture.

Aussi chéries que soient ces traditions du temps de Fêtes, Noël est bien sûr parfois très différent pendant les missions opérationnelles. Néanmoins, beaucoup d’efforts sont mis en œuvre pour répandre la joie des Fêtes et servir un repas à la hauteur de la circonstance, quel que soit l’endroit où les membres des Forces armées canadiennes sont déployés. Qu’ils soient chez eux au Canada, dans les déserts du Moyen‑Orient ou dans le froid glacial de la Station des Forces canadiennes Alert au Nunavut, les hommes et les femmes de l’Aviation royale canadienne s’efforcent de se détendre et de profiter des festivités de fin d’année – même si ce n’est que pendant quelques minutes.

Tous les membres de l’Aviation royale canadienne vous offrent, à vous et à vos proches, leurs meilleurs vœux du temps des Fêtes.

Remerciements au brigadier‑général (retraité) Terry Leversedge, le colonel (retraité) Mel Dempster et le colonel (retraité) Dave Peart, qui se sont souvenus des « sticky floors » organisés au bâtiment 155.

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