Dans le bon vieux temps à Borden…

Article de nouvelles / Le 28 avril 2014 / Numéro de projet : PA2014-14

Liesha Millward    Citoyen Borden Citizen

 

Des aventures en altitude

Le capitaine d’aviation (capt avn) Glen Rawson (retraité) s’est enrôlé dans les Forces armées canadiennes en janvier 1940. Il y a mené une carrière longue et distinguée, au rythme de l’évolution de son ARC bien-aimée.

Le capt avn Rawson a fait son instruction au « Camp Borden » en 1940. Il y a suivi le tout premier cours donné par le Programme d’entraînement aérien du Commonwealth, à l’École de pilotage no 1.

« Aujourd’hui, Borden est beaucoup, beaucoup plus grand. Il y a plus de gens, plein de nouveaux bâtiments. Quelques-uns des vieux hangars sont toujours là. Quand j’y suis passé, certains d’entre eux étaient encore en construction », raconte le capt avn Rawson. « À mon arrivée au Camp Borden, il fallait vraiment prendre ses précautions parce que l’aéroport n’était pas achevé. Certains de nos aéronefs dépassaient la piste parce qu’un des hommes avait mal jaugé la situation, et alors ils restaient pris dans le sable. Il n’y avait même pas de feux sur la piste. On mettait de petits pots de kérosène le long de la piste. Au décollage, si on s’approchait trop de la bordure de la piste, le souffle du moteur éteignait la flamme, et alors il n’y avait plus de lumière pour l’atterrissage. Il fallait attendre que quelqu’un aille rallumer le kérosène. Disons que ça nous incitait à aller tout droit, bien au centre. »

« En premier, on volait avec un instructeur de vol », poursuit le capt avn Rawson. « Dans le Harvard (l’avion avec lequel il a appris à piloter), l’instructeur prenait place sur le siège arrière et nous étions à l’avant. Il n’y avait pas de radio, alors il nous disait quoi faire dans un porte-voix (un tuyau doté d’un cornet à une extrémité). Il fallait mettre sa bouche au bout et crier. On avait du mal à entendre. Nous avions un casque et des écouteurs ou des cache-oreilles, alors le son parcourait le tube pour se rendre à nos oreilles. Les tubes des deux côtés se rejoignaient pour n’en former qu’un seul. En montant à bord dans l’avion, nous devions nous brancher au tube qui allait jusqu’au siège arrière, et l’instructeur faisait de même. Quand l’instructeur jugeait que nous avions assez d’expérience et pouvions piloter seul, il nous envoyait en solo. On faisait énormément de vols en solo et on s’exerçait beaucoup jusqu’à la fin du cours. »

Quand le capt avn Rawson a commencé sa carrière de pilote, la navigation se faisait essentiellement à l’aide de cartes et d’une boussole, ou encore visuellement, en regardant à l’extérieur. « Je me souviens d’un jour, ici même à Borden, où il y avait une nappe de nuages, par un temps raisonnablement calme. Mon instructeur m’a envoyé m’exercer en solo à des manœuvres acrobatiques », relate le capt avn Rawson. « J’avais peur de m’exercer sous les nuages, parce qu’il n’y avait pas beaucoup d’espace. J’ai donc grimpé au-dessus des nuages et je suis resté là. Je m’amusais comme un petit fou quand j’ai constaté qu’il fallait que je redescende. J’ai donc retraversé les nuages et j’ai regardé partout autour. Je n’avais aucune idée d’où je me trouvais. Mon instructeur disait que si jamais ça m’arrivait, je devais mettre le cap sur l’est, puis voler jusqu’à un gros lac, et de là tournoyer jusqu’à ce que je voie un grand chalet blanc. Ensuite, il suffisait de changer de cap pour retourner à Borden. J’ai suivi ces instructions et j’ai enfin retrouvé Borden. »

En septembre 1940, le capt avn Rawson a réussi son cours et a reçu sa licence de pilote à l’occasion d’une cérémonie tenue sur l’aire de trafic, à Borden. À cette époque, le pilotage était un métier dangereux qu’exerçaient des pionniers. Trois stagiaires sont morts durant la période d’entraînement du capt avn Rawson. Plus tard dans l’année, son instructeur, Peter Campbell, a perdu la vie en plongeant son appareil dans le lac Muskoka. Piloter n’était pas à la portée de tous. Certains stagiaires ont abandonné et ont été affectés à d’autres groupes professionnels.

Le capt avn Rawson est retourné à Borden pour un autre cours : le cours de pilotage de perfectionnement, qui se donnait au moyen d’appareils Northrup A17. On y apprenait notamment à faire des bombardements en piqué et à larguer sur des objectifs des bombes fumigènes qui explosaient à l’impact. « Le Northrup A17 avait un gros aileron perforé qui nous permettait de grimper à 20 000 pieds et de cabrer. Des objectifs étaient définis, dont un petit bâtiment », explique le capt avn Rawson. « J’ai regardé au sol et, voilà, j’ai vu le bâtiment. J’ai descendu en piqué et j’ai atteint la cible. Le bâtiment a explosé. Quelques jours plus tard, on m’a convoqué au bureau des commandants. Il y avait des appareils photo dans l’avion, pour prendre une photo afin de prouver qu’on avait atteint l’objectif. J’avais touché un poulailler. Je l’avais complètement détruit et j’avais tué toutes les poules », avoue le capt avn Rawson en riant. « On l’a dédommagé. Tout le monde aurait pu faire une erreur pareille, surtout si le ciel était brumeux à 20 000 pieds. »

Plus tard, le capt avn Rawson est devenu lui-même instructeur. Il a aussi travaillé en recherche et sauvetage dans le Nord. Au fil de ses 22 années de service dans l’ARC et de nombreuses années avec les Cadets de l’Air, le capt avn Rawson en a vu de toutes les couleurs. Il s’est vu décerner la Croix de l’Aviation pour son pilotage exemplaire au cours de la Deuxième Guerre mondiale, la médaille du jubilé de la Reine, ainsi qu’une décoration de la guerre de Corée. Il a aussi été intronisé au fellowship de la 16e Escadre, un honneur qui n’a été accordé qu’à treize militaires pour souligner leur contribution exceptionnelle au Camp Borden.

« Les gens ont le même esprit de famille qu’avant, mais leur travail est plus exigeant dans certains cas. Les appareils sont différents et la maintenance a aussi changé. La réparation et l’entretien des aéronefs sont plus techniques aujourd’hui, et ceux qui s’en occupent s’y connaissent plus qu’à l’époque. Dans le bon vieux temps, nous avions un moteur à essence et c’était simple. Les moteurs à réaction, c’est une autre paire de manches! »

Quand on lui demande ce qu’il retient surtout de sa carrière, le capt avn Rawson répond ce qui suit : « Je pense que c’est le genre de personnes qui ressort le plus. Avec eux, surtout les pilotes, vous faites une bêtise et ils vous lancent toutes les insultes du monde, mais le lendemain ils sont prêts à mettre leur vie en jeu pour vous. Il y a comme un esprit de famille entre nous. On se tient. C’est très difficile à expliquer. »


 

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