ARCHIVÉE - Évolution : retour à la structure fondée sur quatre escadrons de chasse à l'Aviation royale canadienne

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Article de nouvelles / Le 26 novembre 2015

Par le capitaine David Lavallée

La force de chasse de l'Aviation royale canadienne a vécu un événement marquant cet été lorsque deux escadrons historiques ont repris du service à la 3e Escadre Bagotville, au Québec, et à la 4e  Escadre Cold Lake, en Alberta.

La remise en service du 433e Escadron d'appui tactique, à la 3e Escadre, et du 401e Escadron d'appui tactique, à la 4e Escadre, signifie que la force de chasse du Canada passe de deux à quatre escadrons opérationnels. Cette réorganisation s'inscrit dans l’effort global de l'ARC d'accroître l'efficacité de sa force de chasse. Dans le cadre de cérémonies, auxquelles ont participé les dirigeants de l'ARC, on a rappelé la longue et riche histoire de ces deux escadrons auparavant dissous ainsi que le caractère solennel de leur service passé. Les cérémonies ont également marqué le début d’une ère nouvelle pour la communauté des chasseurs du Canada.

« Une structure fondée sur quatre escadrons d'appui tactique permet à l'ARC de maintenir son efficacité et sa souplesse opérationnelles », a dit le major‑général David Wheeler dans le discours qu'il a prononcé lors de la cérémonie de remise en service du 401e Escadron, le 30 juin dernier, Le major‑général Wheeler commande la 1re Division aérienne du Canada ainsi que la Région canadienne du NORAD et, à ce titre, il est responsable des opérations de l'ARC au Canada et à l'étranger.

Le moment était bien choisi pour faire évoluer la force de chasse. En 2005, dans le cadre d'une vaste réorganisation de l'ARC, les quatre escadrons de chasse du Canada avaient été fusionnés pour former deux « super escadrons » (le 416e et le 441e Escadrons ont été fusionnés pour créer le 409e Escadron d'appui tactique de Cold Lake et le 433e Escadron a été intégré au 425e Escadron de Bagotville.) Autrement dit, tant le personnel que les avions de ces escadrons opérationnels ont été regroupés sous la direction d'une équipe de commandement dans chaque base. Cette réorganisation a permis de libérer des ressources pour d'autres nouvelles initiatives de l'ARC et il était prévu que la fusion se traduirait par des gains d'efficacité au chapitre de la maintenance des avions dans chacune des escadres.

Par contre, il a également fallu faire des compromis. Entre autres, les commandants du 425e Escadron et du 409e Escadron ont dû gérer beaucoup plus de personnel, d'avions et d'équipement, ainsi que plusieurs ensembles de missions. En d’autres termes,[m1] , en raison de l’étendue considérable des responsabilités, l'escadron a dû concilier l'instruction et les opérations en puisant dans un bassin unique de personnel et de ressources.

Parallèlement, le Canada a augmenté les exercices et les opérations de souveraineté dans le Nord et la préparation des Jeux olympiques d'hiver de 2010 à Vancouver battait son plein – il a notamment fallu assurer la sécurité aérospatiale par le biais du NORAD. Plus tard, les CF-188 Hornet du Canada ont joué un rôle important dans les missions de l'OTAN en Afrique du Nord, en Europe et au Moyen‑Orient, ainsi que dans la campagne d'éradication de l'État islamique en Irak et en Syrie (EIIS) qui a débuté à l'automne 2014. Ces opérations se sont ajoutées aux activités quotidiennes nécessaires au bon fonctionnement de l'escadron, dont l'instruction régulière des pilotes. En outre, les opérations interarmées avec la Marine royale canadienne, l'Armée canadienne et les Forces d'opérations spéciales ont augmenté les besoins en matière d'instruction.

Même si les escadrons ont été à la hauteur, force était de constater qu'une nouvelle approche était nécessaire pour gérer l'exécution des exercices, le déploiement du personnel et des avions au Canada et étranger, ainsi que le maintien de leur disponibilité opérationnelle pour être en mesure d’entreprendre de nouvelles opérations.

Le lieutenant‑colonel Radiff est le commandant du 409e Escadron Cold Lake. Au cours des deux années précédentes, il était l'officier supérieur d'état‑major des chasseurs au Quartier général de la 1re Division aérienne du Canada et de la Région canadienne du NORAD et a travaillé au rétablissement de la structure fondée sur quatre escadrons.

 « Même si la structure fondée sur deux escadrons a permis de répondre aux exigences opérationnelles imposées à la force de chasse », a-t-il souligné, « il était évident que placer la majorité du personnel [de la force de chasse] en disponibilité opérationnelle élevée pour une période indéfinie occasionne un stress inutile pour les militaires et leur famille. » Il a expliqué que des recherches approfondies avaient été menées pour trouver des approches permettant de remédier à la situation, y compris une analyse des procédures adoptées par des pays similaires, comme l'Australie, et un examen des documents publiés par la RAND Corporation (un organisme international de recherche et d'analyse).

« Au terme de ce processus, on a déterminé que la structure éprouvée fondée sur quatre escadrons d'appui tactique était la voie à suivre pour l'ARC, » a-t-il ajouté.

Avec quatre escadrons de chasse opérationnels, l'ARC sera mieux en mesure de concilier l'instruction, les opérations et la disponibilité opérationnelle, et de gérer les personnes et les avions plus efficacement. Autrement dit, la force de chasse aura plus de latitude pour répondre aux besoins de l’ARC et du gouvernement du Canada. En outre, grâce à l'étendue réduite des responsabilités, les escadrons, au lieu de jouer aux équilibristes, pourront mieux se concentrer sur leurs tâches.

La mise en œuvre progresse dans les deux escadrons. À la 4e Escadre, le 401e Escadron a repris du service le 20 juillet 2015. La mise sur pied du 433e Escadron à la 3e Escadre est en suspens pendant le déploiement des pilotes, des techniciens, du personnel de soutien et des avions dans le cadre de l'opération Impact, la mission du Canada pour venir en aide au gouvernement irakien, mais sera menée à bien dès leur retour. Une cérémonie visant à rétablir l'étendard de l'escadron a néanmoins eu lieu le 9 juin 2015 à la 3e Escadre.

Grâce à cette évolution, la force de chasse de l’ARC est bien placée pour protéger le Canada, défendre l'Amérique du Nord par le biais du NORAD, et contribuer à la paix et à la sécurité internationale.

« La réorganisation en quatre escadrons d'appui tactique a nécessité des efforts considérables, mais que, au final, la force de chasse sera mieux placée pour répondre aux demandes du gouvernement du Canada », a dit le lieutenant-colonel Radiff.  

 Bref historique des escadrons  

401e Escadron d'appui tactique

Le 401e Escadron d'appui tactique a repris du service le 30 juin 2015, à la 4e Escadre Cold Lake, en Alberta. Ses origines remontent à la Première Guerre mondiale. À l'époque, il avait été baptisé 81 Squadron (Canadian), Royal Air Force, puis rebaptisé No.1 (Operations) Squadron, Canadian Air Force. Il a été dissous et reformé à quelques reprises, mais a repris du service en 1935 et a servi comme escadron de chasse durant la Seconde Guerre mondiale. Il a participé aux combats durant la bataille d'Angleterre en 1940 - où il est devenu le premier escadron canadien à combattre la Luftwaffe – et, plus tard, au‑dessus de la Manche, de la mer du Nord, de la France et de l'Allemagne.

Il avait été brièvement dissous après la guerre, avant de reprendre du service durant la période de la guerre froide. Il est ensuite devenu un escadron d'entraînement opérationnel d'hélicoptères de la Force de réserve avant d'être dissolu en 1998.

 L'escadron et son personnel sont appelés les « béliers » en référence au mouflon – indigène dans plusieurs régions du Canada et connu pour sa grande résistance et puissance de combat – qui orne le centre du badge de l'escadron. La devise du 401e Escadron est Mors celerrima hostibus, ce qui signifie « mort rapide de l'ennemi ».

 

433e Escadron d'appui tactique

Le 433e Escadron a été formé durant la Seconde Guerre mondiale, en 1943, comme escadron de bombardiers. Il a participé au combat au‑dessus de la Manche, de la mer du Nord, de la France, de l'Allemagne et d'autres régions d'Europe.

Il a été dissous à la fin de la guerre, mais a repris du service en 1954, comme escadron de chasse, avant d'être de nouveau dissous en 1961. Ensuite, le 433e Escadron a été opérationnel entre 1968 et 2005, jusqu'à sa dissolution.

 Le 433e Escadron avait été adopté par le district de Porcupine – porc-épic en français – du Nord de l'Ontario durant la Seconde Guerre mondiale. Voilà pourquoi un porc‑épic orne son badge. L'escadron et son personnel sont appelés « Ti-pics », en référence à sa devise : Qui s'y frotte s'y pique. 

 

 

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