Il y a 25 ans : le 416e Escadron participe à la guerre du Golfe

Article de nouvelles / Le 11 janvier 2016

Par Jeff Gaye

Il y a vingt‑cinq ans, l’Irak a envahi le Koweït, ce qui a déclenché la guerre du golfe Persique (1990‑1991). L’invasion, ainsi que l’intervention des autres pays, a engendré une série d’événements qui ont toujours lieu dans la région.

Une coalition de divers pays a été formée pour libérer le Koweït des forces irakiennes de Saddam Hussein. Des éléments de la Marine, de l’Armée de terre et de la Force aérienne du Canada, qui faisait partie de la coalition, ont participé aux efforts de libération.

Des membres du 416e Escadron d’appui tactique « Lynx »* sont partis en déploiement à partir de la 4e Escadre Cold Lake, en Alberta, à la fin de l’automne 1990 dans le cadre de l’opération Friction, et ont participé au combat de janvier à février 1991. Ils étaient accompagnés par des membres du personnel de soutien et dotés de l’infrastructure d’appui. Le déploiement constituait un point tournant pour les membres du personnel des Forces armées canadiennes, dont le rôle avait consisté, depuis la guerre de Corée, à mener des activités pendant la guerre froide et à contribuer au maintien de la paix internationale.

La guerre du Golfe de 1991 constitue la première mission de combat aérien à laquelle le Canada participait depuis 1953. La décision d’envoyer des CF-188 à partir de Cold Lake a causé à la fois de l’excitation et de l’anxiété au sein d’une communauté qui n’avait pas l’habitude de voir ses gens partir à la guerre. Les médias nationaux se sont tournés vers Cold Lake afin de saisir la tension qui régnait dans la ville et de documenter la façon dont les membres de la Base et de la communauté dans l’ensemble se sont rassemblés pour offrir du soutien aux familles des militaires en déploiement.

Le Canada n’a perdu aucun de ses membres du personnel dans le cadre de cette opération, renforçant ainsi l’idée qu’une guerre peut être menée sur une grande distance par des chasseurs‑bombardiers et engendrer un minimum de pertes.

Mais il y a eu des pertes.

À l’époque, Bob McKinnon était un adjudant du 416e Escadron responsable d’une équipe d’entretien de 40 personnes. Il se souvient du sentiment d’incertitude que ses camarades et lui avaient ressenti avant le déploiement. « J’étais déjà un membre de la Légion, mais je me suis joint à toutes les organisations possibles avant le départ. Je voulais que le plus grand nombre d’organisations possible puissent prendre soin de ma famille s’il m’arrivait quelque chose là‑bas », se souvient‑il.

Avant son départ, il a fait le cauchemar qu’une personne tentait de lui voler son anneau de mariage en lui coupant le doigt. Il a donc laissé son anneau à la maison avant de partir.

Une certaine nuit, lorsque le combat avait véritablement commencé en janvier 1991, il savait que c’était leur tour. « Mon équipe comptait 40 personnes. Je me demandais comment je devais les informer, comment je devais veiller sur elles et ce qu’il allait se passer si je figeais tout à coup », se rappelle‑t‑il.

À partir de leur base d’opérations à Doha, au Qatar, les « Desert Cats » du 416e Escadron ont mené une bonne campagne. Cependant, de nombreux membres du personnel présentaient des symptômes inhabituels à leur retour. Les troupes qui retournaient aux États‑Unis parlaient d’un mystérieux « syndrome de la guerre du Golfe », qui était attribué à tout, des armes chimiques au stress dû au combat.

La plupart des symptômes présentés par les membres du personnel canadien ont finalement été attribués à l’état de stress post‑traumatique (ESPT). Les Forces armées canadiennes ont acquis des connaissances et de l’expérience considérables relativement à la prévention et au traitement de l’ESPT pendant la guerre du Golfe. Cependant, les récentes campagnes, comme celles menées en Afghanistan, ont permis de constater qu’il reste beaucoup à apprendre à ce sujet.

Bob McKinnon a participé à bon nombre de commissions, de comités et d’organisations dont les travaux étaient consacrés aux anciens combattants de la guerre du Golfe et à leurs difficultés. « Je dirais que nous étions les leaders en matière d’ESPT », mentionne-t-il. Cet état avait déjà été documenté à l’occasion de guerres précédentes; il était alors question de « traumatisme dû au bombardement » ou d’« épuisement au combat ». Bob McKinnon affirme que les troupes de maintien de la paix en avaient presque certainement aussi fait l’expérience. Cependant, les anciens combattants de la guerre du Golfe ont été les premiers à recevoir un diagnostic certifié d’ESPT.

Le Canada a participé à de nombreuses campagnes militaires depuis la fin de la guerre du Golfe, notamment en Afghanistan, où il a perdu 159 membres de son personnel en 10 ans. Pour cette raison, ainsi qu’en raison de l’incidence élevée des blessures physiques et mentales dont les troupes ont souffert pendant les opérations de combat au fil des ans, Bob McKinnon affirme que de nombreux anciens combattants de la guerre du Golfe sentent qu’ils ont été oubliés.

Il affirme également que les anciens combattants sont en train de planifier les activités commémoratives qui auront lieu en 2016.

*Le 416e Escadron d’appui tactique et le 441e Escadron d’appui tactique ont fusionné le 6 juillet 2006 pour former le 409e Escadron d’appui tactique.

Article paru pour la première fois dans l’édition du mardi 1er décembre 2015 du journal de la 4e Escadre Cold Lake, en Alberta, The Courier.

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