L’ACRSA établit de nouvelles unités de recherche et sauvetage dans l’Arctique

Article de nouvelles / Le 23 janvier 2014

Par Holly Bridges

Les capacités de recherche et sauvetage dans le Grand Nord canadien se sont élargies l’année dernière à la suite de l’établissement de deux unités civiles de recherche et sauvetage dans la région.  

Au même moment, l’Association civile de recherche et de sauvetage aérien (ACRSA) a agréé 30 guetteurs civils pour les nouvelles unités à Arctic Bay et à Pond Inlet au Nunavut, renforçant ainsi les capacités de recherche et sauvetage du Canada en Haut-Arctique. 

« La formation a été tout simplement formidable » déclare Mike Daniels, membre fondateur et ancien président de l’ACRSA nationale, et fondateur et président de l’ACRSA Ontario. « Nous avons mis à l’épreuve nos nouveaux guetteurs et nous pouvons maintenant affirmer avec certitude que nous avons agrandi la superficie de couverture dans l’Arctique grâce aux bénévoles qui se sont présentés aux cours de formation. »

Au Canada, la recherche et sauvetage (SAR) relève des administrations fédérales, provinciales ou territoriales et municipales, ainsi que d’organisations bénévoles de recherche et de sauvetage aériens, terrestres et maritimes.

Les Forces armées canadiennes ont comme mandat principal de fournir des services de recherche et de sauvetage aéronautiques (soit la recherche d’aéronefs en détresse) et la Garde côtière canadienne, celui de fournir des services de recherche et de sauvetage maritimes. La Défense nationale coordonne le système de recherche et de sauvetage aéronautiques et maritimes.

Au Canada, la recherche et le sauvetage terrestres s’effectuent sous l’autorité juridique des provinces et des territoires. Les Forces armées canadiennes peuvent toutefois apporter leur aide aux efforts de recherche et de sauvetage terrestres lorsque l’administration provinciale, territoriale ou municipale compétente en fait la demande.

Les Forces armées canadiennes parrainent et subventionnent l’ACRSA, une organisation bénévole créée en 1985 et qui accroît la capacité de l’armée d’intervenir en cas d’incidents aériens. L’organisation met à disposition ses aéronefs et des équipes de bénévoles entraînés pour les missions de recherche et de sauvetage. Les aéronefs et les équipes de l’ACRSA fournissent des services de recherche et de communication.

M. Daniels a coordonné et conçu la formation des guetteurs civils et a aidé à la dispenser, avec l’aide de Brian Bishop, vice-président de la formation et des opérations de l’ACRSA Ontario, et du capitaine Claude Courcelles, officier de liaison pour l’Ontario du 424e Escadron de transport et de sauvetage, 8e Escadre Trenton, Ontario.

L’ACRSA a loué un Twin Otter, et engagé un équipage civil du transporteur Kenn Borak Air pour la partie aérienne du cours.

En tout, une trentaine de nouveaux guetteurs ont été entraînés, dont Clare Kines, un ancien agent de police de la Gendarmerie royale du Canada, qui vit et travaille à Arctic Bay. Il s’est porté volontaire et a suivi la formation afin de participer aux opérations de recherche et de sauvetage en Arctique, au sol et dans les airs, et trouver les membres de sa collectivité qui se seraient perdus ou se trouveraient en détresse. 

« Les Autochtones qui vivent à Arctic Bay passent probablement 90 p. 100 de leur temps à l’extérieur; ça fait partie de leur culture et ça toujours été comme cela. Nous devons être en mesure d’intervenir rapidement si jamais quelque chose tourne mal », ajoute-t-il.

Après un cours théorique, les guetteurs stagiaires sont montés à bord du Twin Otter. Les instructeurs avaient disposé au préalable à des endroits au sol ou sur des radeaux de glace, le long des trajets de recherche, des bénévoles personnifiant des chasseurs ou des pêcheurs égarés. Les stagiaires devaient repérer les personnes « manquantes » et en signaler la position à l’aide de la technique qu’on leur avait enseignée.

« Nous avons appris la méthode de travail du guetteur, soit de ne jamais porter son regard au loin, de regarder à gauche et à droite, d’un point éloigné à un point rapproché, et de pousser un cri lorsqu’on aperçoit quelque chose », a dit M. Kines. 

« Une partie de la difficulté là-haut, c’est d’évaluer la distance. C’est très difficile étant donné qu’il n’y a pas de points de repère, pas d’arbres. Il y a beaucoup d’eau et de glace; et comme c’est très montagneux, nous devons nous entraîner à acquérir la perspective en fonction de l’altitude de l’avion. D’une part, c’est peut-être plus facile ici parce qu’il n’y a pas d’arbres qui obstruent la vue mais, d’autre part, la région ici est très vaste. »

En 2014, l’ACRSA étudiera la faisabilité de créer trois nouvelles unités au Nunavut.

Le défi de la géographie canadienne

Le secteur de recherche et sauvetage sous la responsabilité du Canada couvre 18 millions de kilomètres carrés sur le continent, eaux intérieurs comprises, et en mer. Dans une région aussi vaste et peu peuplée que l’Arctique, les Forces armées canadiennes doivent être en mesure de faire appel au plus grand nombre possible de moyens lorsque survient une catastrophe aérienne ou autre. La présence de guetteurs entraînés, capables de lancer une opération de recherche et sauvetage, accroît les chances de trouver les gens en vie et contribue à l’efficacité du système de recherche et sauvetage.

La recherche et le sauvetage aéronautiques et maritimes sont coordonnés par trois centres conjoints de coordination de sauvetage et quatre escadrons de recherche et sauvetage, basés à des endroits stratégiques dans le pays.

En plus d’intervenir au cours des urgences en recherche et sauvetage, les organisations investissent du temps et des ressources dans la prévention. Unis sous la devise « Travailler ensemble afin de sauver des vies », les citoyens, les bénévoles et les organisations municipales, provinciales, territoriales et fédérales forment un partenariat et leur travail est l’épine dorsale du programme national de recherche et sauvetage du Canada.

Les équipes de recherche et sauvetage spécialement entraînées des Forces armées canadiennes interviennent chaque année dans des milliers d’incidents et sauvent des vies partout au Canada.

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