L’ARC célèbre ses 92 années d’existence

Article de nouvelles / Le 1 avril 2016

Par Joanna Calder

Le vendredi 1er avril 2016, l’Aviation royale canadienne célèbre son 92e anniversaire.

Pendant la Première Guerre mondiale, l'adresse des pilotes canadiens au combat est telle qu'au printemps de 1918, le gouvernement du premier ministre Robert Borden fait pression pour que soit créée une escadre aérienne composée de huit escadrons qui irait servir en France au sein du Corps expéditionnaire canadien.

Cependant, la Grande-Bretagne veut garder le personnel de piste et les pilotes canadiens doués dans la Royal Air Force (RAF), et elle réussit à limiter le nombre d’escadrons canadiens mis sur pied.

Néanmoins, le 5 août 1918, le ministère de l'Air britannique annonce la formation de deux escadrons de la RAF qui seront entièrement dotés de Canadiens. Un décret en conseil canadien confirme la création du Corps d’aviation canadien (CAC) le 19 septembre « aux fins de la guerre en cours ».

Le CAC est créé trop tard pendant la Première Guerre mondiale pour connaître une croissance importante. Six autres escadrons doivent être envoyés en Europe, mais avec la fin de la guerre le 11 novembre 1918, les plans à cet égard ne sont pas mis en œuvre.

Qu'adviendra-t-il du CAC qui en est encore à ses balbutiements?

« Au lendemain de la Première Guerre mondiale, le besoin qu’avait le Canada d’une aviation militaire n’était pas aisément reconnaissable », écrit W.A.B. Douglas dans le deuxième tome de son Histoire officielle de l’Aviation royale du Canada. « Aucun danger extérieur apparent ne menaçait le pays. Les Canadiens [...] manifestaient peu d’enthousiasme pour les dépenses qu’entraîneraient des engagements militaires aussi ésotériques. »

« L’Armistice avait fait tomber dans l’oubli l’éphémère Corps d’aviation canadien. »

Le 5 février 1920, les deux escadrons (qui rongent toujours leur frein à l'étranger) sont dissous et leur personnel est renvoyé au Canada.

Un nouveau Corps d’aviation canadien non permanent

Par chance, certaines personnes font pression pour que le gouvernement se charge de la supervision et du développement de l’aviation militaire et civile. Ainsi, le 18 février 1920, un décret autorise la formation d’un nouveau CAC non permanent, à temps partiel, composé d’un effectif provisoire de 1 340 officiers et de 3 905 officiers.

Les premiers avions utilisés par le nouveau CAC sont en fait des cadeaux de la Grande-Bretagne et des États‑Unis reçus après la guerre. Le Canada hérite aussi des stations d’entraînement britanniques en Ontario et on concentre l’entraînement des membres du CAC au Camp Borden où la RAF Canada avait élu domicile pendant la guerre pour y tenir son instruction de vol.

Le CAC est intégré à une commission de l’air civile. Pendant les années 1920 et 1930, il exécute des opérations aériennes de cartographie, des patrouilles de repérage des feux de forêt, de lutte contre la contrebande et de surveillance des pêches, il dresse des relevés topographiques des forêts et il trace des itinéraires pour la livraison du courrier et le franchissement de longues distances.

Ces opérations procurent au CAC une raison d’être et justifient le financement continu du gouvernement qui permet la formation d’officiers et de sous-officiers supérieurs qui formeront plus tard l’épine dorsale de l’Aviation royale du Canada, une fois la guerre venue.

Une force permanente naît

Le 1er janvier 1923, le ministère de la Défense nationale voit le jour avec la fusion du ministère du Service naval, du ministère de la Milice et de la Défense et de la Commission de l'air.

Le 12 février 1923, Sa Majesté le Roi George V confère la désignation « royale » à la FAC; un ordre de la Milice du 12 mars en fait l’annonce. Toutefois, ce nom ne devient officiel qu’au 1er avril de l’année suivante. Le même jour, l’Aviation royale du Canada (ARC) devient une composante permanente de la force de défense du Canada et les Ordres et règlements royaux de l’ARC entrent en vigueur.

Depuis, on considère que l’Aviation royale canadienne a été créée le 1er avril 1924.

Au début, l'ARC compte 62 officiers au sein de l'Aviation active permanente (semblable à la Force régulière actuelle) et quatre officiers dans l'Aviation active non permanente (semblable à la Force de réserve), ainsi que 262 militaires du rang.

L’ARC adopte la devise de la RAF, Per Ardua Ad Astra (« À travers les embûches jusqu’aux étoiles »), qui remplace celle du CAC, Sic Itur Ad Astra (« Telle est la voie vers les étoiles »). L’ARC adopte également l’uniforme bleu-gris de la RAF, puis, quelques décennies plus tard, elle s’approprie la marche militaire de la RAF.

Établissement du Commandement aérien

Quelque quarante années plus tard, en 1968, on passe la Loi sur la réorganisation des Forces canadiennes qui unit les trois services en un seul que l’on nomme « Forces armées canadiennes ».

L’ARC sort grande perdante de cette unification. Tandis que la Marine devient le Commandement maritime et l’Armée devient la Force mobile (plus tard, la Force terrestre), la force aérienne disparaît entièrement et voit ses fonctions réparties en cinq commandements : maritime, force terrestre, défense aérienne, transport aérien et instruction.

Le lieutenant-général Bill Carr, sous-chef d’état-major de la Défense, voit bien que la division des ressources aériennes et l’absence d’une structure de commandement unique structure ne fonctionnent pas et, heureusement, il a le pouvoir de remédier à la situation.

« Au début, lorsqu’on a annoncé l’unification,  je croyais que c’était une bonne idée », a-t-il déclaré lors d’une entrevue, en 2005. « Après quelques années, il est devenu apparent que l’amalgame de tous les services avait eu des effets négatifs tout particulièrement sur l’aviation… »

« Il était véritablement nécessaire de créer une organisation consolidée pour bien administrer l’ensemble de l’aviation militaire au Canada. »

Le 2 septembre 1975, les efforts du lieutenant-général Carr sont récompensés : le Commandement aérien est établi. Avec le lieutenant-général Carr  au gouvernail, le Commandement réunit à nouveau toutes les ressources aériennes militaires sous une seule organisation et un seul commandant.

On crée un nouvel insigne illustrant un aigle s’envolant à partir d’une couronne. Le nouveau commandement adopte Sic Itur Ad Astra comme devise, soit la même qu’utilisait le Corps d’aviation du Canada à sa fondation, en 1920.

L’Aviation royale canadienne redux

En 2011, l’élément aérien des Forces armées canadiennes revient à ses racines historiques lorsqu’on lui redonne son nom original, soit l’Aviation royale canadienne. Deux ans plus tard, le gouverneur général approuve un nouvel insigne qui contient aussi des éléments de l’original. Au centre, on voit un aigle aux ailes déployées, tout comme sur l’original. Cependant, la devise demeure celle du Corps d’aviation du Canada et du Commandement aérien, Sic Itur Ad Astra.

Depuis ce temps, l’ARC a également instauré une nouvelle structure d’insignes de grade revenant aux couleurs argent et noir de la période préunification. Aussi, le grade « soldat » devient « aviateur ». 

Date de modification :