L’athlétisme chez les vétérans, huitième article : l’entraînement croisé

Article de nouvelles / Le 14 décembre 2020

Cliquez sur la photo sous la rubrique « Galerie d'images » pour voir d'autres photos.

Voici le huitième article d’une série de textes portant sur tous les aspects de l’entraînement et de la nutrition des athlètes vétérans qui se préparent à participer à des épreuves d’athlétisme. Dans le présent article, nous examinerons l’entraînement croisé, un outil très important pour tous les athlètes vétérans.

Par le major Serge Faucher

Comme je l’ai déjà mentionné dans un de mes précédents articles, les vétérans doivent s’entraîner de façon intelligente plutôt que durement ou longtemps. Pour la plupart d’entre nous qui sommes des coureurs d’un certain âge, les jours d’entraînement sur de longues distances sont terminés. À moins d’avoir gagné à la loterie génétique, au fil du temps, le corps n’arrive plus à suivre le rythme, car la récupération est plus lente. Par exemple, il y a vingt ans, mon frère Claude (adjudant-chef de la 17e Escadre Winnipeg) pouvait courir jusqu’à 140 kilomètres par semaine, une distance qui s’apparente à celle des coureurs d’élite. Il a effectué le semi-marathon de l’Ottawa Race Weekend en une heure et onze minutes, le 4e meilleur temps! Malheureusement, l’accumulation des kilomètres a eu raison de ses tendons d’Achille, le forçant à réduire de manière radicale la fréquence de ses entraînements. À 53 ans, il court au maximum 60 km par semaine, ce qui comprend l’entraînement croisé. Voilà pourquoi, afin de pallier la diminution de fréquence et d’intensité, les coureurs aguerris comme vous devriez essayer d’ajouter l’entraînement croisé à votre horaire d’entraînement hebdomadaire. Adopter cette approche permettra d’améliorer votre cardio, de renforcer vos muscles et de vous aider à réduire votre temps de récupération. Bien souvent, les athlètes qui pratiquent un seul sport, les coureurs par exemple, ont un système musculosquelettique du haut du corps moins bien développé et devraient donc adopter d’autres formes d’entraînement pour améliorer leur condition physique globale.

Même si mon programme d’entraînement au sprint exige normalement de quatre à cinq séances hebdomadaires sur la piste, je les limite à trois afin de réduire le risque de blessures. Lorsqu’on court à pleine vitesse sur la piste et qu’on prend des virages serrés, les forces générées et transmises au fascia plantaire, aux tendons d’Achille et aux muscles soléaires sont énormes. Ces forces sont encore plus grandes si vous portez des souliers à crampons. Si vous ne faites pas attention, vous vous blesserez rapidement. N’oubliez pas que le système nerveux a aussi besoin d’au moins 48 heures (et même jusqu’à cinq jours) pour récupérer entre des séances d’entraînement à haute intensité, que ce soit sur la piste ou dans une salle de musculation.

Mon approche pour réduire le risque de complications consiste à faire les séances d’entraînement supplémentaires prescrites à l’aide d’appareils comme le vélo stationnaire, l’elliptique ou le rameur. L’entraînement croisé est un outil très important pour tous les athlètes vétérans, pas seulement ceux qui pratiquent l’athlétisme. Avant de présenter les divers appareils que vous pouvez utiliser au gym, parlons d’abord de la natation, qui est une excellente option d’entraînement croisé à faible impact.

La natation

Un des meilleurs exercices d’entraînement croisé est la natation. Il n’y a aucun impact et les risques de blessures sont très faibles. Il s’agit par conséquent d’une forme d’entraînement complémentaire pour les coureurs, ou sprinteurs, en santé et d’une des meilleures options pour les athlètes blessés.

Dans l’ensemble, c’est un excellent entraînement cardiovasculaire, qui évite les forces d’impact sur vos jambes. De plus, il s’agit d’une bonne façon d’aider votre corps à récupérer après des séances d’entraînement intenses sur la piste. Gardez toutefois toujours à l’esprit que les risques de souffrir d’une blessure au haut du corps ne sont pas totalement inexistants, plus particulièrement si votre technique laisse à désirer. Une mauvaise technique pourrait effectivement être à l’origine d’une tendinopathie de la coiffe des rotateurs, mais, en général, c’est une forme d’entraînement croisé sans risque et à faible impact.

La sprinteuse vétérane Wendy Alexis, du club Ottawa Lions Track and Field, se classe systématiquement parmi les trois meilleures au monde depuis plus de vingt ans. Elle représente aussi un bel exemple d’athlète qui a repris la compétition après une grave blessure aux ischiojambiers, en 2018. Alors que la plupart d’entre nous pensaient que la carrière de cette sprinteuse de 63 ans était terminée, elle a prouvé que nous avions tous tort! Son retour a été possible une fois qu’elle a ajouté la natation et l’aquajogging à des traitements de physiothérapie de premier ordre. Elle est maintenant une convertie et a ajouté la natation à ses séances d’entraînement hebdomadaires.

L’aquajogging

L’aquajogging est probablement la meilleure forme d’entraînement croisé pour les coureurs, car il est conçu précisément pour les coureurs. En fait, peu d’exercices peuvent rivaliser avec son efficacité pour maintenir la condition physique propre à un coureur. Au fil des ans, de nombreux athlètes de niveau mondial comme Steve Scott (demi-fond) et Maurice Green (sprinteur) ont intégré l’aquajogging à leur entraînement régulier. L’utilisation d’une ceinture de flottabilité d’aquagym vous permettra de reproduire de façon très similaire votre patron de course, et vous vous servirez à peu près des mêmes muscles que sur la piste. Vous devriez donc être en mesure de maintenir votre forme physique même sans courir sur la terre ferme. N’oubliez pas que, pour des raisons évidentes, l’aquajogging se pratique en eau profonde. Tout comme lorsque vous courez sur la piste, une fois dans la piscine, l’élément le plus important de votre entraînement sera de maintenir une bonne technique. Gardez votre dos droit et maintenez une cadence rapide. Activez vos bras de la même manière que si vous étiez sur la piste, les coudes dans un angle d’environ 90 degrés.

La plus grande erreur en aquajogging consiste pour les athlètes à adopter une cadence trop lente. Essayer de faire des foulées plus lentes est une erreur, car vos jambes devront alors faire une trop grande extension dans l’eau, ce qui est déjà une mauvaise chose en soi et pourrait entraîner une élongation de vos ischiojambiers. Il est plutôt préférable de monter le genou puis d’abaisser le pied. Votre foulée ressemblera au mouvement d’un cycliste et pourrait être davantage sur le plan vertical qu’une course habituelle, et c’est très bien ainsi.

Les séances d’entraînement en piscine sont axées sur l’effort. Vous pouvez concevoir vos séances d’entraînement selon différents niveaux, par la sollicitation de systèmes énergétiques différents. Par exemple, les sprints courts effectués à 100 % d’effort (alactique) sont habituellement de courte durée, soit de 15 à 30 secondes. Les intervalles effectués de 70 % à 80 % d’effort (glycolytique) dureront de deux à cinq minutes, tandis que les intervalles aérobie de 50 % à 60% d’effort peuvent durer jusqu’à dix minutes. Veuillez noter que si vous voulez reproduire un entraînement par intervalles sur piste de courte distance, 25 mètres d’aquajogging équivaudront à 400 m sur la piste pour un même degré d’effort perçu. Maintenant, examinons d’autres options d’entraînement croisé pour ceux qui ne sont pas des adeptes de l’eau.

Les rameurs

Que vous utilisiez ce type d’appareil comme principale activité ou dans le cadre d’un entraînement métabolique qui comprend d’autres exercices, vous allez soit maintenir soit améliorer votre condition physique selon votre phase d’entraînement. En fait, cet appareil est si efficace que je lui attribue ma victoire au 400 m hommes, 50 ans et plus, du Canadian Masters Indoor Championships de Toronto en mars 2015, où la compétition était de haut calibre. Victime d’une fasciite plantaire en décembre 2014, je devais trouver une façon de continuer l’entraînement et de conserver ma condition physique pendant la saison de course intérieure. Grâce au rameur, j’ai réussi à travailler trois systèmes énergétiques différents toutes les semaines en plus de courir une séance de 3 X 150 m à 95 % d’effort sur la piste afin de faire du travail de jambes considérable malgré ma douleur au pied. Mon frère, Claude, a dû faire un entraînement similaire avant le World Masters Athletics Championships à Daegu, en Corée du Sud, en 2017. Effectuant 75 % de ses séances d’entraînement à l’aide de cet appareil pendant qu’il se remettait d’un problème au genou, il a réussi à se tailler une place aux finales du 800 m et du 1500 m, et aux demi-finales du 400 m : tout un exploit pour quelqu’un qui ne pouvait pas courir beaucoup! Mais en vérité, sa réalisation ne nous a pas surpris. Tous ceux qui sont familiers avec l’aviron savent que les rameurs sont parmi les athlètes qui ont la meilleure consommation maximale d’oxygène (VO2 max), celle-ci dépassant souvent 90 ml/kg/min.

Je fais normalement ma « longue sortie » hebdomadaire de cinq kilomètres ou mes longs intervalles à l’aide du rameur. En tant qu’athlète qui se spécialise dans le sprint de 400 m, je fais aussi de courts intervalles durant la saison de compétition pour travailler le système glycolytique. Les avantages et les efforts aérobie et anaérobie sont essentiellement les mêmes que pour la course, sans les impacts supplémentaires sur mes jambes. En plus de renforcer les muscles du tronc et des mollets et les tendons d’Achille, il offre un excellent entraînement pour les ischiojambiers, les muscles fessiers, le dos, les trapèzes et les biceps! Là encore, comme pour le reste, en faire trop pourrait occasionner des blessures. Trouver un juste équilibre est la clé.

Remarque : Ma femme a pris part au championnat canadien intérieur d’aviron de 2020, qui a eu lieu le 9 février, à Mississauga, en Ontario, afin de voir où elle se situait par rapport aux meilleures rameuses canadiennes. Comptant sur son excellente condition physique de coureuse, elle a réussi à obtenir la médaille de bronze dans sa catégorie d’âge (de 40 à 49 ans) en réalisant un temps de 8:21.9 min pour la distance normale de 2 000 m. Pas si mal pour une sprinteuse de 400 m qui s’entraînait au rameur seulement deux fois par semaine!

Le vélo à air

Un autre de mes appareils préférés est le vélo à air, communément baptisé « l’appareil de torture »par les adeptes du CrossFit. Ceux qui l’ont déjà utilisé savent de quoi je parle. Souvent ignoré dans plusieurs gyms, cet appareil a le potentiel de vous « achever » complètement si vous y mettez les efforts. Toutes les marques se ressemblent et fonctionnent essentiellement de la même façon, car le concept existe depuis des décennies. Il s’agit d’un vélo vertical muni d’un guidon à double action et d’un immense ventilateur à l’avant. Le ventilateur s’active en fonction de la vitesse à laquelle vous pédalez. Plus vous pédalez vite, plus la résistance augmente, et lorsque vous pédalez plus lentement, eh bien, la résistance diminue! La transition en douceur entre un pédalage à intensité élevée et faible vous permet de vous concentrer sur l’intensité à atteindre plutôt que d’être confus par rapport aux boutons de changement de résistance. Il s’agit d’un des seuls appareils qui me laisse complètement à plat après une séance particulièrement intense. Habituellement, je fais des intervalles plus courts, par exemple 20 X 30 s (effort) et 30 s (récupération), ou j’utilise la méthode Tabata et je donne mon maximum pendant un quatre minutes infernal! J’en ai acheté un pour mon usage personnel, et j’adore tout simplement cet appareil! Vous devez tout de même savoir que certaines marques proposent des modèles très bruyants, qui sont pour la plupart munis d’une transmission à chaîne.

L’appareil d’exercice pour le ski

Cet appareil reproduit les mouvements du ski. Mes modèles préférés sont ceux munis du même système de résistance générée par une roue libre ventilée que les rameurs. La plupart de ces appareils vous permettent d’utiliser la technique des bras alternés ou la technique de la double poussée. J’utilise habituellement la technique de la double poussée, car je vise les grands groupes musculaires pour effectuer un entraînement de meilleure qualité. Ceci me permet aussi de brûler un plus grand nombre de calories que la technique des bras alternés, qui fait travailler de plus petits groupes de muscles. J’y ai recours pour faire de plus longs intervalles lorsque mes jambes sont fatiguées après une séance d’entraînement sur la piste particulièrement épuisante ou une série de squats effectuée la veille. Il s’agit aussi d’une excellente option à la suite d’une blessure aux membres inférieurs, qui aide à maintenir une bonne condition physique durant la réhabilitation. Là encore, grâce à cet appareil, j’ai prouvé que l’entraînement croisé pouvait aider à remporter une médaille lors d’un important championnat international. Au début de juillet 2019, je me suis blessé au mollet à peine trois semaines avant les Championnats mondiaux d’athlétisme vétérans d’Amérique du Nord, d’Amérique Centrale et des Caraïbes, qui se tenaient à Toronto et accueillaient des participants de plus de 32 pays. Juste au moment où je devais être très précis dans mon entraînement et être au sommet de ma forme, il s’est avéré que mon corps avait d’autres plans. Plutôt que de me décourager et d’abandonner, je me suis fait traiter par technique de relâchement actif et je me suis entraîné avec cet appareil aux deux jours selon un programme d’intervalles intenses. Même sans aucun entraînement en course durant cette période de trois semaines, le travail difficile à l'aide de cet appareil a donné des fruits puisque j’ai fini 4e à la finale du 400 m avec un temps décent de 56,69 s en plus d’obtenir une médaille de bronze à la finale du 200 m deux jours après.

L’exerciseur elliptique

L’exerciseur elliptique est une autre de mes options de prédilection pour l’entraînement croisé en complément de la course ou pour la remplacer à la suite d’une blessure. Voilà sans contredit la meilleure solution de rechange à la course, car l’elliptique sollicite passablement les mêmes muscles. Pour les coureurs d’un certain âge, l’exerciseur elliptique peut aider à atténuer les effets des chocs sur le corps et possiblement prévenir les blessures de surutilisation. Mon frère, Claude, l’utilise avec succès depuis de nombreuses années pour améliorer son endurance cardiovasculaire malgré la tendinopathie du tendon d’Achille dont il souffre depuis treize ans. Devant gérer une blessure à 40 ans, il a réussi à effectuer une course de cinq kilomètres aux championnats nationaux des FC de 2007 en 16:20 min, après un entraînement effectué à 75 % au moyen de cet appareil.

La corde ondulatoire

La corde ondulatoire est amusante! Elle offre un excellent entraînement pour les membres supérieurs après deux jours d’entraînement sur la piste lorsque les jambes ont besoin de repos. Peu d’exercices arrivent à solliciter les deltoïdes et les biceps de la sorte! La majorité des gens qui essaient cet exercice l’aime immédiatement parce qu’il amène une bouffée d’air frais comparativement à tous les autres appareils du gym. Tous les gyms et les entraîneurs devraient y avoir recours, de la même façon qu’ils ont recours aux haltères kettlebell. À la maison, j’utilise une corde de quinze mètres et de 2,5 cm de diamètre pour mes entraînements, car les cordes de cinq centimètres de diamètre peuvent être difficiles à manipuler. Lorsqu’on commence à utiliser la corde, l’idée même de maintenir le niveau d’intensité plus d’une minute peut sembler un rêve illusoire, mais la constance de vos entraînements vous aidera à franchir cette barrière psychologique et vous gagnerez en confiance. La corde est un excellent outil pour perdre du poids et augmenter la force globale, car elle permet d’augmenter le rythme cardiaque après de courtes séances, améliorant ainsi votre capacité cardiovasculaire. Je peux facilement augmenter ma fréquence cardiaque à plus de 175 battements à la minute grâce à la corde.

Vous devez apprendre à respirer et à vous détendre! La plupart des gens ont tendance à serrer trop fort la corde et à contracter les muscles de leur corps, ce qui peut rapidement mener à une fatigue. Vous devez plutôt maîtriser votre respiration, tenir la corde sans trop la serrer, relâcher vos bras, vos épaules, votre torse et même votre visage. Ainsi, vous serez capable de bouger plus rapidement et de maintenir l’intensité pendant de plus longues périodes.

On peut modifier la durée et le nombre de répétitions en fonction d’une variété d’entraînements et d’objectifs. Votre imagination est votre seule limite! J’utilise habituellement la corde dans le cadre de mon entraînement en circuit, ou seule selon la méthode Tabata en réalisant quatre à cinq séries à environ 90 % d’effort. Il existe une grande variété de suites d’exercices que vous pouvez effectuer. Si vous souhaitez une variante à la position debout, essayez à genoux ou assis par terre! Vous pouvez vous tenir en équilibre sur un ballon Bosu pour augmenter la difficulté. J’ai essayé plusieurs mouvements de la corde, par exemple la vague de vitesse changeante, le mouvement du lutteur, la vague de base, les sauts avec écart (jumping jacks), des cercles horaires et antihoraires et des mouvements latéraux. Peu importe la façon, vous sentirez le travail!

L’entraînement en circuit

Je suis un grand adepte de l’entraînement en circuit. Ce type d’entraînement fait augmenter la fréquence cardiaque tout en renforçant les muscles. Comme tout militaire connaît ce concept, vous passerez habituellement rapidement les diverses stations d’exercices pour travailler des groupes musculaires différents et vous vous reposerez peu ou ne vous reposerez pas du tout entre les stations. Bien qu’il existe plusieurs variantes de l’entraînement en circuit, personnellement, j’aime faire des séances comprenant 30 fois 30 s d’efforts suivies de 30 s de repos. Dans ce cas, comme on change d’exercice chaque minute, l’intensité et l’inconfort ressenti par votre corps seront plus faciles à gérer que si vous continuiez avec le même exercice ou le même groupe musculaire durant toute la séance. Vous devriez évoluer à environ 89 % à 90 % d’effort pendant ces séances, car maintenir un effort de 100 % est une tâche impossible. Je peux vous dire que les séances d’entraînement en circuit vous aideront à brûler du gras et à augmenter votre masse musculaire tout en augmentant votre tolérance à l’acide lactique en un rien de temps! Un autre type d’entraînement que vous pourriez aimer faire en « circuit » est de faire le Test FORCE 2 à 3 fois de suite à environ 80 % d’effort. Vous devez vous concentrer sur la technique et essayer de demeurer relâché. Une fois terminé le troisième test, vous serez vraisemblablement épuisé et vous aurez sollicité plusieurs systèmes énergétiques.

L’entraînement par intervalles à haute intensité

La page anglaise de Wikipédia définit ce type d’entraînement comme suit [traduction] : l’entraînement par intervalles à haute intensité (HIIT), aussi appelé entraînement fractionné à haute intensité ou entraînement par intervalle de sprint, est une forme d’entraînement par intervalles, une stratégie d’exercices cardiovasculaires qui alterne les périodes courtes d’exercices anaérobiques intenses et les périodes de récupération moins intenses, jusqu’à ce que la personne soit trop fatiguée pour poursuivre. Même s’il n’existe pas de durée de séance HIIT universelle, ces séances intenses durent habituellement moins de 30 minutes. La durée varie selon le niveau de condition physique des participants. La durée du HIIT dépendra aussi de l’intensité de la séance.

Un des plus grands avantages du HIIT est que vous pouvez obtenir un maximum de bénéfices pour la santé en peu de temps (des séances d’entraînement d’à peine quatre minutes). Le HIIT peut vous aider à brûler plus de calories que les exercices traditionnels et élever votre métabolisme pendant plusieurs heures après votre séance d’exercices. Cela signifie que vous continuez à brûler des calories même après avoir terminé votre entraînement. Maintenant, parlons d’une des variantes du HIIT qui est probablement la plus connue, à savoir la méthode Tabata.

Le Tabata

Pour simplifier, on peut dire que le Tabata est une forme exponentielle de HIIT! C’est de la souffrance, encore plus de souffrance et de la torture! Bizarrement, il s’agit de mon entraînement croisé préféré, car il est non seulement très court, mais aussi très efficace. Il s’agit du parfait entraînement pendant ma phase III (saison de compétition), où, à chaque séance, le volume diminue et l’intensité augmente!

L’appellation Tabata fait référence au Dr Izumi Tabata, professeur à l’Université Ritsumeikan au Japon et ancien chercheur de l’Institut national de la santé du Japon. Dans son étude de 1996, il a utilisé un ergocycle à freinage mécanique pour tester des athlètes. Les chercheurs ont comparé les effets de six semaines d’entraînement en endurance à intensité modérée effectué à 70 % de la VO2 max par rapport à un entraînement par intervalles à haute intensité.

Tout d’abord, les athlètes devaient pédaler durant des séances de 60 minutes, cinq fois par semaine pendant six semaines. Après l’entraînement, les chercheurs ont remarqué que la capacité anaérobie n’avait pas augmenté de façon significative, tandis que la VO2 max avait augmenté, passant de 53 à 58 ml/kg/min, soit un gain aérobie respectable.

Ensuite, aux fins de la quantification des effets de l’entraînement par intervalles à haute intensité, les sujets devaient effectuer un entraînement par intervalles quatre fois par semaine pendant une période de six semaines. La séance d’entraînement par intervalles complète et brève consistait en sept à huit séries de 20 secondes d’exercices à une intensité d’environ 170 % de la VO2 max avec une période de repos de dix secondes après chaque série, soit la définition même de ce qu’on connaît aujourd’hui comme étant l’entraînement Tabata. Après les séances d’entraînement, les chercheurs ont remarqué que la VO2 max avait augmenté de 7 ml/kg/min, tandis que la capacité anaérobie avait augmenté de 28 %! Après la période de six semaines, le groupe qui suivait la méthode Tabata avait enregistré 120 minutes d’entraînement comparativement au groupe témoin, qui avait effectué 1 800 minutes.

Comme l’étude l’a montré, ce type d’entraînement a un grand effet sur les systèmes aérobie et anaérobie, car il peut faire grimper la fréquence cardiaque jusqu’à 190 battements à la minute ou plus s’il est effectué correctement! Par « correctement », je veux dire que vous devez vraiment offrir 100 % d’effort pendant les 20 secondes de travail, rien de moins. Maintenir l’effort maximal exige une grande concentration. Après la troisième des huit séries de 20 secondes effectuées à 100 % d’effort, vous commencerez à vous demander comment vous pourrez terminer la séance lorsque votre corps et votre esprit seront complètement vidés! Il est courant (et on s’y attend) que le niveau d’effort descende à 90 % à 95 % lorsque la douleur devient trop difficile à endurer après quelques répétitions. Le truc à ce moment-là est de se concentrer sur un segment de 20 secondes à la fois et d’ignorer la quantité phénoménale de douleur que vous ressentez. Ce n’est pas facile à faire, mais cela forge le caractère et la force mentale. Vous devriez être capable de faire seulement une série de Tabata (quatre minutes). Après, votre entraînement est terminé. Si vous pensez que vous pouvez en faire plus, c’est que vous n’étiez pas à 100 % d’effort! Cela dit, la méthode Tabata n’est PAS pour tout le monde. Je vous recommande de discuter avec votre représentant du PSP et votre médecin afin de déterminer si vous êtes prêt pour un entraînement aussi intense.

L’étude du Dr Tabata abordée précédemment a aussi montré qu’un entraînement aérobie à intensité moyenne qui améliore la capacité aérobie maximale n’a aucune incidence sur la capacité anaérobie, un fait que la plupart des athlètes sérieux auraient pu deviner de toute façon. Cependant, l’entraînement HIIT peut considérablement améliorer les systèmes énergétiques anaérobie et aérobie, probablement par l’imposition de stimulus intenses sur ces deux systèmes. Même si le programme Tabata se fait en quatre minutes, je vous suggère fortement de vous réchauffer pendant au moins 10 à 15 minutes avant et de terminer par une bonne séance de récupération active pour éliminer l’acide lactique et éviter de souffrir de douleur musculaire d’apparition retardée.

À ce jour, l’ajout de ce type d’entraînement HIIT à mon programme d’exercices s’est révélé très avantageux et m’aide à avoir la force physique et mentale nécessaire pour suivre mon programme d’entraînement au sprint de 400 m, qui est intense et épuisant. Dans le cadre de votre entraînement Tabata, n’hésitez pas à essayer différents exercices comme la corde ondulatoire, la projection au sol d’un ballon lesté, le saut de grenouille (burpee), la flexion des jambes à vide (air squat), le grimpeur (mountain climber), le vélo stationnaire de type vélo à air, les pompes (push-ups), etc.

On pourrait mentionner plusieurs autres façons de s’adonner à l’entraînement croisé, mais vous avez maintenant une bonne idée de ce dont il s’agit. Voici l’essentiel à retenir : vous ne pourrez jamais remplacer totalement la course si vous êtes un coureur de compétition; cependant, non seulement l’entraînement croisé est une bonne façon d’améliorer votre condition physique, mais il s’agit aussi, à mon avis, de l’unique façon pour un vétéran de continuer à s’entraîner sérieusement et à compétitionner à un haut niveau pendant encore de nombreuses années tout en limitant son risque de blessure. J’espère que cette incursion dans le monde de l’entraînement croisé vous a plu et que vous vous rendez compte de sa grande valeur pour les athlètes d’un certain âge. Soyez audacieux, essayez certains de ces appareils si vous ne l’avez pas encore fait et expérimentez les différents types d’entraînement. Je vous promets beaucoup de plaisir! Dans notre prochain article, nous nous pencherons sur un des principaux piliers de la performance : la nutrition.


 

Date de modification :