L’opération Overlord : rappelons-nous le jour J

Article de nouvelles / Le 6 juin 2017

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Aviation royale canadienne

La plus vaste invasion militaire jamais vue dans l’histoire du monde a eu lieu le 6 juin, il y a 73 ans. L'assaut déclenché le jour J est une opération multinationale complexe de grande envergure faisant intervenir des centaines de milliers de marins, de soldats et d'aviateurs dont la mission est de libérer l'Europe occupée par les nazis.

Elle commence avant l’aube du 6 juin 1944, quand plus de 23 000 parachutistes, y compris plus de 450 Canadiens, sautent de leur planeur dans le ciel nocturne de la Normandie.

Quelques heures plus tard, environ 14 000 soldats canadiens amorcent leur débarquement sur une plage dont le nom de code est « Juno ». Leur mission consiste à établir une tête de pont sur une distance de huit kilomètres le long de la côte, devant les villages de Courseulles-sur-Mer, Bernières-sur-Mer et Saint‑Aubin-sur-Mer. Cela fait, les troupes doivent poursuivre leur avance vers Caen.

À la fin de la journée, sur la plage Juno, 340 Canadiens ont perdu la vie, 574 autres sont blessés et 47 ont été faits prisonniers. Cependant, de toutes les divisions ayant débarqué sur les plages le 6 juin, ce sont les formations canadiennes qui ont gagné le plus de terrain au coucher du soleil.

Les aviateurs canadiens ont été les premiers à participer aux combats. Les escadrilles de l’Aviation royale canadienne (ARC), qui font partie du 6e Groupe du Bomber Command, participaient déjà depuis plusieurs mois au bombardement d’objectifs ennemis clés dans la zone d’invasion : routes, ponts, chemins de fer, aérodromes et centres de commandement et de communications. À l’approche du déclenchement de l’invasion, les bombardiers alliés larguent des milliers de tonnes d’explosifs sur les défenses côtières allemandes (environ 6 000 tonnes au cours des heures qui précèdent immédiatement l’invasion).

Le 6 juin, sous un ciel couvert, les pilotes des chasseurs et des chasseurs-bombardiers de l’ARC décollent avec 171 escadrilles alliées pour aller protéger les soldats sur les plages contre la Luftwaffe et attaquer les formations allemandes au sol.

Les avions des 441e, 442e et 443e Escadrilles de l’ARC deviennent les premiers appareils alliés à voler au-dessus de la France depuis 1940. Ils continueront ensuite à appuyer l’offensive alliée pendant toute la campagne qui suivra, en aidant à ouvrir le chemin qui mènera à la victoire.

Selon les historiens Hugh Halliday et Brereton Greenhous (L'Aviation militaire canadienne 1914-1999), la Luftwaffe ne pouvait pas faire grand-chose pour faire échec à la multitude d’avions alliés qui appuyaient l’invasion. Seulement environ 300 avions de tous les types pouvaient encore affronter les 11 000 appareils déployés par les Alliés le 6 juin 1944.

Pendant la journée du 6 juin, seulement deux escadrilles de l’ARC, soit les 442e et 401e, disent être entrées en contact avec l’ennemi, mais le lendemain, les renforts aériens allemands commencent à arriver, de sorte que, les jours suivants, la bataille pour la suprématie aérienne deviendra plus ardue.

En tout, l’Aviation royale canadienne possède 42 escadrilles opérationnelles outre-mer, le jour J; 37 d’entre elles appuient l’invasion. Cependant, elles ne participent pas toutes aux combats, et certaines mènent des activités loin des plages. Elles font partie de la 2e Force aérienne tactique (Fighter Command), du Bomber Command, du Coastal Command et de l’organisation de la défense aérienne de la Grande-Bretagne. De nombreux autres Canadiens volent par ailleurs avec les escadrilles de la Royal Air Force.

Sept appareils sont abattus et 20 membres de l'ARC sont tués pendant les opérations d'appui du débarquement.

Témoignage d’un témoin oculaire

Ivor Williams, pilote de Spitfire dans la 443e Escadrille, participe aux patrouilles à la verticale de la plage Juno, le jour J, pour éloigner les chasseurs ennemis et protéger les navires.

« J’ai fait la dernière patrouille, la nuit du 5 juin [1944]; nous étions basés dans le sud de l’Angleterre, de sorte qu’en cinq minutes, nous survolions la Manche », a-t-il dit au Projet Mémoire dans une entrevue que l’on peut lire dans le site Internet de ce dernier. « Jamais je n’avais vu chose aussi fantastique : tous ces navires sortant de petits ports, partout le long de la côte sud de l’Angleterre, et ils s’avançaient en formation.

« Puis, nous avons vu toutes ces petites pointes de flèche qui traversaient la Manche. Nous savions dès lors que l’invasion des plages avait commencé. Nous n’étions donc pas autorisés à survoler les lignes allemandes, pour des raisons évidentes, mais nous avions fait peindre des bandes blanches et noires sur nos avions pour éviter que les soldats les confondent avec les avions ennemis. Nous avons fait un vol de reconnaissance et nous sommes rentrés tard dans la nuit, puis nous avons dormi pendant quelques heures avant de décoller le lendemain matin. C’est alors que nous avons su que l’invasion avait débuté.

« Le ciel était rempli d’avions, bien sûr. Nous décrivions des cercles au-dessus de la tête de pont; nous ne sommes pas rentrés à la base, car nous voulions nous assurer que les avions allemands n’iraient pas mitrailler nos troupes. Notre vol de reconnaissance visait donc à chasser du ciel tous les appareils ennemis. Nous faisions des allers-retours; nous pouvions voir que les combats faisaient rage au sol et nous apercevions les chars embrasés et les camions. Nous avons bien compris que l’invasion était bien engagée à ce moment-là. »

L’opération Overlord

Le commandement général de l'opération Overlord (nom de code de l’invasion de la Normandie) est confié au général américain Dwight D. Eisenhower, qui est connu pour sa nature conciliante et qui est capable d’harmoniser les personnalités fortes composant le commandement supérieur allié en Grande-Bretagne. Le général britannique Bernard L. Montgomery est nommé commandant des forces terrestres.

En reconnaissance de la participation du Canada à l’effort de guerre, le commandement suprême allié confie aux Canadiens la responsabilité entière d’une des plages du débarquement. Le Canada est le seul pays, exception faite des États-Unis et de la Grande-Bretagne, à qui l’on accorde cet honneur.

Les cinq plages (Gold et Sword pour les Britanniques, Utah et Omaha pour les Américains et Juno pour les Canadiens) sont munies de solides défenses qui ont été renforcées sous la direction du feld-maréchal Erwin Rommel, qui s’est rendu célèbre à la tête de l’Afrikakorps. Avant la fin de la journée du 6 juin, dix divisions de panzergrenadiers allemands viennent épauler les forces du maréchal Rommel pour défendre le « mur de l'Atlantique ».

L’invasion de la Normandie nécessite une quantité stupéfiante d’hommes et de matériel : trois divisions aéroportées et cinq divisions d’infanterie soutenues par des unités blindées provenant de trois pays doivent débarquer sur cinq plages distinctes. Il faut alors coordonner les interventions de milliers d’avions et de 7 000 navires pour transporter tout ce personnel depuis la Grande-Bretagne et se porter à l’attaque des défenses nazies.

Article fondé sur les dossiers du Projet Mémoire, d’Anciens Combattants Canada, du major Brendan Bond et du capitaine de corvette Alain Blondin.

Escadrilles opérationnelles de l’ARC, le 5 juin 1944

(Données tirées du site Internet de la RAF, en mai 2014)

2e FORCE AÉRIENNE TACTIQUE DE LA RAF

83e Groupe

39e Escadre de reconnaissance (ARC)

  • 400e Escadrille – Spitfire XI
  • 414e Escadrille – Mustang I
  • 430e Escadrille – Mustang I

126e Escadre

  • 401e Escadrille – Spitfire IX
  • 411e Escadrille – Spitfire IX
  • 412e Escadrille – Spitfire IX

127e Escadre

  • 403e Escadrille – Spitfire IX
  • 416e Escadrille – Spitfire IX
  • 421e Escadrille – Spitfire IX

143e Escadre

  • 438e Escadrille – Typhoon IB
  • 439e Escadrille – Typhoon IB
  • 440e Escadrille – Typhoon IB

144e Escadre

  • 441e Escadrille – Spitfire IX
  • 442e Escadrille – Spitfire IX
  • 443e Escadrille – Spitfire IX

85e Groupe (Base)

148e Escadre

  • 409e Escadrille – Mosquito XIII

149e Escadre

  • 410e Escadrille – Mosquito XIII

DÉFENSE AÉRIENNE DE LA GRANDE-BRETAGNE

10e Groupe

  • 406e Escadrille – Beaufighter VIF et Mosquito XII

11e Groupe

  • 402e Escadrille – Spitfire VB
  • 418e Escadrille – Mosquito VI

FORCE AÉRIENNE STRATÉGIQUE ALLIÉE

Bomber Command de la RAF

6e Groupe

  • 408e Escadrille – Lancaster II
  • 419e Escadrille – Lancaster X
  • 420e Escadrille – Halifax III
  • 424e Escadrille – Halifax III
  • 425e Escadrille – Halifax III
  • 426e Escadrille – Halifax III
  • 427e Escadrille – Halifax III
  • 428e Escadrille – Halifax II et Lancaster X
  • 429e Escadrille – Halifax III
  • 431e Escadrille – Halifax III/VII
  • 432e Escadrille – Halifax III
  • 433e Escadrille – Halifax III
  • 434e Escadrille – Halifax III/VII

8e Groupe

  • 405e Escadrille – Lancaster I/III

COASTAL COMMAND de la RAF

16e Groupe

  • 415e Escadrille – Wellington XIII

19e Groupe

  • 404e Escadrille – Beaufighter X
  • 407e Escadrille – Wellington XIV

Les escadrilles suivantes de l’ARC étaient outre-mer, le jour J, mais elles n’ont pas participé à l’invasion :

  • 413e Escadrille
  • 417e Escadrille
  • 422e Escadrille
  • 423e Escadrille
  • 162e Escadrille
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