Le 409e Escadron exécute des patrouilles aériennes de combat au cours des premiers mois du conflit du Golfe

Article de nouvelles / Le 22 janvier 2016

Il y a vingt-cinq ans, le 17 janvier 1991, commençait l’Opération Desert Storm menée par les États-Unis avec le début des bombardements aériens contre l’Irak. La contribution de l’aviation du Canada à la guerre du Golfe a commencé à l’automne 1990 lorsque les CF-188 Hornets canadiens et le personnel de soutien sont envoyés dans la région du golfe dans le cadre de l’Opération Scimitar afin d’assurer la couverture supérieure aux navires canadiens déployés dans la région dans le cadre de l’Opération Friction.

Le contingent aérien était officiellement connu sous le nom de Groupe opérationnel aérien du Canada au Moyen-Orient (GOACMO). Comme l’ont décrit les historiens Jean Morin et Richard Gimblett : « La nouvelle formation est composée entièrement de la 4e Escadre, la formation de chasse opérationnelle de Baden-Söllingen, qui a immédiatement commencé la préparation physique des chasseurs touchés par la mission [...] [La force] avait besoin du renfort des escadrons 409 "Nighthawk"  et d’éléments du 421 "Red Indian" et du 439 "Tiger" [...] » [traduction libre]

Par le capitaine (à la retraite) David Deere

Le 4 septembre 1990, le premier ministre Brian Mulroney annonçait la mise sur pied de l’opération Scimitar, dont l’objectif était d’assurer la couverture aérienne des deux destroyers et du navire de soutien déployés dans le golfe Persique à la fin d’août 1991 dans le cadre de l’opération Friction. Ces navires avaient reçu la mission de faire respecter l’embargo commercial que les Nations Unies avaient imposé à l’Irak.

Les effectifs affectés à cette mission comprenaient au départ 18 chasseurs à réaction CF-188, 36 pilotes et une équipe au sol de 255 membres, principalement du 409e Escadron. Quelque 200 membres du personnel de soutien étaient de plus affectés à la maintenance et à la logistique sur la base, et une compagnie du 3e Bataillon, The Royal Canadian Regiment, de la Base des Forces canadiennes Baden-Soellingen, en Allemagne, était chargée d’assurer la sécurité. Toutefois, lorsque le commandant a constaté le degré d’intensité des opérations de vol, le nombre de pilotes a été réduit à 28, et le nombre des membres de l’équipe au sol, à 235.

Pendant deux semaines, on s’est adressé à divers pays dans le but de trouver un endroit où installer une base. La ville de Doha, au Qatar, a finalement été choisie, et la construction des bases Canada Dry 1 et 2 a débuté. Le Gulf Hotel a alors servi d’installation d’hébergement temporaire. 

Entre-temps s’est déroulée l’instruction du personnel de Baden-Soellingen. L’instruction portait notamment sur la guerre nucléaire, biologique et chimique, la survie dans le désert et les armes légères. Les pilotes ont été répartis en quatre sections composées d’un chef et de trois ailiers, et le degré d’expérience des sections était similaire. La coordination lors des vols était extrêmement importante, car certains pilotes provenaient d’autres escadrons, soit des 421e et 439e escadrons de la 4e Escadre. Les missions d’entraînement portaient sur les manœuvres de combat aérien, les interceptions aériennes à basse altitude et le ravitaillement air-air. Au sol, des exposés ont été présentés sur les aéronefs iraquiens, les missiles sol-air, les ordres de bataille terrestre, maritime et aérienne ainsi que les armes et tactiques du Canada.

Le déploiement du personnel et du matériel a débuté le 4 octobre 1990, et le 6 octobre, les premiers CF-188 ont quitté la base de Baden pour escorter un ravitailleur jusqu’à Akrotiri, sur l’île de Chypre. Le jour suivant, l’aéronef est arrivé à Doha, au Qatar, et le 8 octobre, des vols de familiarisation ont été effectués. Le 9 octobre, les premières patrouilles aériennes de combat ont eu lieu, et la mission du Canada était entamée.

En outre, la coordination opérationnelle était assurée sur différents plans afin d’attribuer les missions aériennes et de mener les missions d’entraînement de concert avec les F‑16 de la U.S. Air Force, de même que les F‑1 et Alpha Jet de la Force aérienne des Émirats du Qatar. Les officiers de liaison du Canada affectés au commandement central de la U.S. Air Force à Riyad, en Arabie saoudite, assuraient alors notre présence lors de la présentation des ordres quotidiens de mission en vue de toutes nos missions.

Nous avons aussi beaucoup travaillé avec la U.S. Navy au Bahreïn afin que les procédures et itinéraires exacts soient suivis alors que nous assurions la défense aérienne au-dessus du golfe. En peu de temps, les lignes de communication ont été établies, et les opérations ont été menées de plus en plus efficacement. En général, nous effectuions 18 sorties par jour, soit 10 patrouilles aériennes de combat et 8 sorties d’entraînement, pour conserver nos compétences. Les patrouilles aériennes de combat se déroulaient habituellement sans le soutien d’un avion ravitailleur, mais les aéronefs avaient tous la possibilité de faire le plein lorsque l’occasion se présentait grâce aux Lockheed C-130 Hercule du U.S. Marine Corps, aux Boeing KC-1O Extender de la U.S. Air Force et aux aéronefs Vickers-Armstrong VC-10 de la Royal Air Force. Si la plupart des missions d’entraînement consistaient en de brèves manœuvres de combat aérien et en de brefs entraînements avec différents types d’aéronef, les patrouilles aériennes de combat duraient plus longtemps et avaient lieu au-dessus du golfe.

Nous étions déployés en zone de guerre, mais le plan de rotation n’était pas en place au moment du déploiement, et aucun membre du personnel déployé ne savait donc quand il allait rentrer chez lui. Lorsque le calendrier de rotation a été finalisé, les membres de l’équipe au sol ont été les premiers à être remplacés durant la première moitié de novembre, et les derniers membres du 409e Escadron ont quitté Doha le 21 décembre 1990.

Le dernier militaire du 409e Escadron a quitté Doha le 21 décembre 1990. Les troupes ont été remplacées par un escadron formé de militaires du 409e Escadron « Tiger » et du 416e Escadron « Lynx », qui ont rapidement été nommés les « Desert Cats » (Chats du désert).

Les premières étapes de cette opération ont entre autres donné lieu à l’établissement d’une base d’opérations principale, au déploiement de 18 CF-188 avec le personnel et l’équipement requis ainsi qu’à 1 100 sorties sans aucun incident de sécurité ni aucune perte.

L’histoire des « Desert Cats » serait toutefois incomplète si on omettait de mentionner les réalisations du 409e Escadron « Nighthawk » et de ses unités de soutien, qui ont jeté les très solides assises sans lesquelles la réussite de l’opération n’aurait pas été assurée. Les nombreux obstacles que leurs effectifs ont surmontés, leurs réalisations individuelles et collectives ainsi que leur contribution globale se sont avérés remarquables.

Le capitaine (à la retraite) Dave Deere de Calgary, en Alberta, était pilote de CF-188 pendant la guerre du Golfe. Cet article, légèrement modifié pour la publication Web, a été tiré de son livre : Desert Cats: The Canadian Fighter Squadron in the Gulf War, publié en 1991. L’article qui a été publié dans le volume 35, no 1 de la revue Airforce en 2011, a été traduit et reproduit avec sa permission.

La citation du major Jean Morin et du capitaine de corvette Richard H. Gimblett a été tirée de leur livre : The Canadian Forces in the Persian Gulf: Operation Friction 1990-1991, publié en 1997.

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