Le commandant de l’ARC se joint à des élèves du secondaire pour honorer un « Briseur de barrages »

Article de nouvelles / Le 27 novembre 2018 / Numéro de projet : RCAF-20181127-002

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Le 9 novembre 2018, au cours de leur cérémonie annuelle du jour du Souvenir, le personnel et les élèves du Lisgar Collegiate Institute, à Ottawa, ont rendu hommage à l’un des leurs : le sous-lieutenant d’aviation Lewis Johnstone Burpee, qui a obtenu son diplôme de l’établissement en 1937. Le sous-lieutenant d’aviation Burpee et son équipage ont perdu la vie lorsque le bombardier Lancaster dans lequel ils volaient a été abattu pendant le fameux raid des Briseurs de barrages, en mai 1943.

Lewis Burpee, fils du sous-lieutenant d’aviation Burpee, était invité d’honneur à la cérémonie. Le lieutenant-général Al Meinzinger, commandant de l’Aviation royale canadienne, et l’adjudant-chef Denis Gaudreault, adjudant-chef du commandement de l’ARC, y ont également assisté. Voici l’allocution présentée par le lieutenant-général Meinzinger aux élèves et au personnel au cours de la cérémonie.

Une allocution du lieutenant-général Al Meinzinger

L’adjudant-chef Gaudreault et moi sommes ravis d’assister à cette cérémonie émouvante en votre compagnie.

En cette fin de semaine du jour du Souvenir, qui marque le 100e anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale, nous prenons le temps de nous souvenir de ces courageux hommes et femmes qui ont servi notre pays en temps de guerre et de paix.

Plus important encore, nous nous souvenons de ceux qui ne sont pas rentrés chez eux ni retrouvé leurs proches, qui ont quitté leurs parents, leurs frères, leurs sœurs, leur conjoint, et même des enfants qu’ils connaissaient à peine, ou qu’ils n’avaient peut-être même jamais même connus.

Comme nous le savons, Lewis Burpee, ancien étudiant du Lisgar Collegiate Institute, est l’un de ces hommes qui ne sont jamais rentrés à la maison.

Et son fils, Lewis Burpee, qui est ici avec nous aujourd’hui, est l’un de ceux qui n’ont jamais connu leur père.

Les débuts de l’Aviation royale canadienne regorgent de réalisations de Canadiens qui ont servi pendant la Première Guerre mondiale dans le Royal Flying Corps et le Royal Naval Air Service, dont la fusion a donné naissance à la Royal Air Force, qui a d’ailleurs récemment fêté son centenaire.

Des aviateurs canadiens, comme Billy Bishop et William Barker, ont forgé leur réputation dans les airs; ces deux derniers ont reçu la Croix de Victoria, la plus haute décoration que nous décernions pour souligner la bravoure.

Nous avons poursuivi notre travail pendant la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle des Canadiens ont servi partout dans le monde.

Au pays, nous avons dirigé le Programme d’entraînement aérien du Commonwealth britannique.

Des militaires du Canada, de la Grande-Bretagne, de l’ensemble du Commonwealth, et même des États-Unis y ont participé pour s’entraîner comme membres d’équipages en vue de leur service à l’étranger.

Il y avait même une école de pilotage ici, à Ottawa, où se trouve aujourd’hui l’aéroport international Macdonald-Cartier.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le programme avait permis de former plus de 131 000 membres d’équipage, dont des pilotes, des navigateurs, des viseurs de lance-bombes, des radiotélégraphistes et des mécaniciens de bord.

Bien sûr, Lewis Burpee faisait partie de ce nombre.

Après avoir obtenu son brevet de pilote, Lewis est parti pour le Royaume-Uni, où il a piloté des bombardiers Wellington et Lancaster relevant du Bomber Command.

Il a reçu la Médaille du service distingué dans l’Aviation, ayant, selon la citation, constamment montré la plus grande détermination dans l’exécution de toutes les tâches qu’il s’est vu attribuer.

Le sergent de section Burpee a fait preuve de sang-froid et de courage tout au long de son affectation opérationnelle, s’acquittant de ses tâches consciencieusement et efficacement. 

Le lieutenant-colonel d’aviation Guy Gibson connaissait Lewis et était heureux de l’inviter à se joindre au 617e Escadron comme membre d’une équipe triée sur le volet dont la mission allait rester secrète jusqu’à la dernière minute.

Cette mission était le fameux raid des Briseurs de barrages, une attaque audacieuse visant à détruire des barrages sur la rivière Ruhr et à paralyser le complexe industriel de l’Allemagne.

Si vous n’avez pas étudié cette partie de l’histoire, je vous encourage fortement à le faire.

La mission a connu un succès, mais comme nous le savons, le sous-lieutenant d’aviation Lewis Johnstone Burpee et son équipage n’en sont jamais revenus.

L’année 2018 marque le 75e anniversaire de ce raid audacieux et de la mort de Lewis Burpee.

Naturellement, comme chacun de vous, je n’ai jamais rencontré Lewis Burpee.

Mais je suis tout à fait conscient de la bravoure et du sacrifice des aviateurs, comme Lewis, qui ont fait partie du Bomber Command.

Le tiers des membres du personnel navigant du Bomber Command étaient canadiens, et environ 10 000 Canadiens ont perdu la vie lors d’opérations de bombardement durant la Seconde Guerre mondiale.

Il s’agissait d’opérations extrêmement dangereuses et difficiles.

En avril, j’ai eu le privilège d’assister à l’ouverture de l’International Bomber Command Centre, dans le Lincolnshire, en Angleterre.

Ce centre raconte l’histoire du courage du personnel navigant, du personnel au sol et des civils, dont des Canadiens, qui faisaient partie du commandement. Il constitue un endroit consacré à la reconnaissance, à la commémoration et à la réconciliation.

C’était pour moi un honneur d’assister à l’ouverture du centre aux côtés d’un héros canadien, Stuart Vallières, âgé de 95 ans et originaire de Montréal, grièvement blessé lors de sa 33e mission de bombardement à l’été 1944, lorsque son avion a été abattu. Il a passé trois en tant que prisonnier de guerre.

C’était une journée extraordinaire pour tout le monde et, après la cérémonie, nous nous sommes rendus à l’hôtel Petwood [NDLR : l’hôtel Petwood était la résidence des officiers du 617e Escadron, dont faisaient partie les « Briseurs de barrages »]. Stuart nous a rejoints plus tard ce jour-là. Il a passé l’après-midi à nous raconter des histoires sur son expérience au combat dans le Bomber Command.

[Après avoir été blessé et avoir sauté en parachute de son bombardier Halifax], il a été secouru par des Français, mais il était si gravement blessé qu’ils ont conclu qu’ils ne pouvaient pas faire grand-chose pour lui. Ils ont donc mis le feu à son parachute; les Allemands sont venus et l’ont fait prisonnier.

Stuart a dû se faire amputer la partie inférieure de la jambe. Il nous a raconté que pendant qu’il se trouvait sur son lit d’hôpital, une heure après son intervention chirurgicale, un jeune soldat allemand s’est approché de lui et lui a craché dessus. Toutefois, Stuart, une personne incroyable, s’est élancé et a brisé le nez du soldat allemand qui venait de cracher sur lui.

Je crois que M. Vallières incarne ce que j’admire le plus chez nos valeureux anciens combattants : l’humilité, la fierté d’appartenir à l’ARC et le caractère fier et fort de ceux qui placent l’équipe au-dessus de leurs intérêts personnels.

Encore aujourd’hui, Stuart pense très souvent à son équipage. Je l’admire énormément.

Je suis certain que le sous-lieutenant d’aviation Burpee ferait preuve de la même fierté, de la même humilité et de la même force de caractère s’il était parmi nous aujourd’hui.

Peu importe l’endroit où se trouvent nos aviateurs cette fin de semaine, au Canada ou en opération au Mali, en Roumanie ou au Moyen-Orient, pour n’en nommer que quelques-uns (l’adjudant-chef Gaudreault et moi avons récemment été au Mali et en Roumanie), je sais qu’ils vont prendre le temps de se souvenir de ceux qui les ont précédés.

Nous saluons les sacrifices consentis par des gens comme Lewis Burpee, et nous partageons la tristesse de leur famille et de leurs êtres chers.

Je me réjouis grandement de voir que vous, les élèves et le personnel de cette grande école, le Lisgar Collegiate Institute, témoignez aujourd’hui le même respect à nos militaires tombés au combat, et en particulier au sous-lieutenant d’aviation Burpee.

Au nom de la grande famille de la Force aérienne, en mon nom et en celui de l’adjudant-chef Gaudreault, je remercie tous nos militaires, actuels et anciens, et leur famille de leur dévouement et de leurs sacrifices.

Nous nous souviendrons d’eux.


 

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Ils dirigent et coordonnent les activités tactiques des autres unités. Ils dirigent une large gamme de missions, y compris les opérations suivantes :

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