ARCHIVÉE - Le gouverneur général visite l’avant-poste le plus au nord dans le monde

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Article de nouvelles / Le 4 février 2015

Par Ross Lees

Les 19 et 20 janvier 2015, les Forces canadiennes et le personnel civil qui passent une longue partie de l’hiver dans la noirceur à la Station des Forces canadiennes (SFC) Alert, au Nunavut, ont accueilli le gouverneur général et commandant en chef du Canada David Johnston dans le lieu habité en permanence le plus au nord dans le monde.

« Je suis particulièrement heureux d’être ici dans l’obscurité absolue de l’hiver », a déclaré le gouverneur général. « Peut-être en êtes-vous surpris, mais je le pense réellement ».

« Il est difficile de connaître le Canada sans avoir visité l’Arctique, et il est difficile de bien connaître l’Arctique sans y être allé en hiver. »

Le gouverneur général avait spécialement été invité à Alert dans le cadre de la passation de commandement, qui a lieu deux fois par année à la station et durant laquelle le major Brian Tang a succédé au major Scott Marshall. Comme la SFC Alert fait partie de la 8e Escadre de Trenton, en Ontario, c’est le colonel David Lowthian, commandant de la 8e Escadre, qui a présidé la cérémonie.

Durant sa visite, le gouverneur général David Johnston a rencontré le personnel de la station, a visité l’installation et a remis des médailles du service spécial. Il a également déposé une couronne devant le monument commémoratif érigé en souvenir de l’écrasement, le 30 octobre 1991, d’un appareil Hercules CC-130 qui faisait partie de l’opération Boxtop 22, ainsi que devant le monument commémorant l’écrasement d’un appareil Lancaster du 405e Escadron (patrouille maritime) lors d’une mission de réapprovisionnement le 31 juillet 1950. Cinq personnes sont décédées lors de l’écrasement de l’appareil Hercules, et neuf lors de celui de l’appareil Lancaster. Les victimes de l’écrasement de l’appareil Lancaster ont été enterrées à Alert puisqu’il était alors impossible d’évacuer les dépouilles par avion.

Dans son discours prononcé durant la passation de commandement, le gouverneur général a mentionné que les hommes et les femmes qui travaillent à la SFC Alert connaissent le Nord d’une manière dont peu de personnes le connaissent ou le connaîtront.

« Ensemble, vous apportez une contribution unique et des plus importantes à la compréhension de cette région du monde, tant au Canada qu’à l’étranger. Grâce à vous, les connaissances liées au climat, à l’atmosphère et à l’environnement naturel s’accroissent. Vous renforcez notre souveraineté et protégez notre sécurité nationale. Vous êtes prêts en tout temps pour mener des opérations de recherche et de secours. Au cours des 24 dernières heures, j’ai pu constater moi-même que ces questions ne sont pas que des questions théoriques – les difficultés associées au travail dans l’Arctique sont réelles », a-t-il dit.

Le gouverneur général a aussi exprimé que le fait de déposer des couronnes devant les deux monuments commémoratifs revêtait pour lui une signification particulière.

« Peut-être le savez-vous, mais mon épouse, Sharon, et moi étions dans la municipalité de Resolute Bay, au Nunavut, le 20 août 2011, lorsqu’est survenu ce terrible écrasement d’avion qui a causé la mort de 12 personnes. Je n’oublierai jamais la tristesse et la dévastation dont j’ai été témoin ce jour-là. Et je n’oublierai pas non plus l’incroyable intervention menée par les membres des Forces armées canadiennes sur place. »

Enfin, comme beaucoup d’autres avant lui, le gouverneur général a également souligné l’atmosphère unique qui règne à la SFC Alert.

« Le sentiment de communauté, de camaraderie et de professionnalisme est particulièrement évident à la SFC Alert. Les Canadiens peuvent en être fiers! Merci à tous de votre dévouement remarquable au service de votre pays », a dit le gouverneur général à l’intention du personnel de l’établissement militaire le plus au nord du monde.

Ross Lees est le rédacteur en chef de The Contact, le journal de la base de la 8e Escadre Trenton.

Texte intégral du discours du gouverneur général

Je suis très heureux de visiter Alert, le lieu habité en permanence le plus au nord du monde.

Le Canada est une nation nordique, mais cette station, c’est le vrai Nord. On a qu’à penser à votre devise pour le constater : INUIT NUNANGATA UNGATA, c’est-à-dire « Au-delà de la terre des Inuits », en inuktitut.

Voilà ce que j’appelle le Grand Nord!

Je suis content d’être ici pour offrir mon appui et ma reconnaissance quant au travail important que vous faites dans cet environnement si difficile.

Je suis aussi heureux d’être ici dans l’obscurité absolue de l’hiver.

Peut-être en êtes-vous surpris, mais je le pense réellement. Samuel de Champlain a déjà écrit au sujet du Canada : « Il était difficile de bien connaître ce pays sans y passer un hiver. » Je crois que c’est également le cas de l’Arctique.

Il est difficile de connaître le Canada sans avoir visité l’Arctique, et il est difficile de bien connaître l’Arctique sans y être allé en hiver.

Le Canada est une nation du Nord, et l’Arctique canadien fait partie intégrante de notre identité et de notre souveraineté. En effet, une importante part de l’Arctique se nomme Nunavut, qui signifie « notre terre », en inuktitut.

Les Inuits, un peuple fondateur du Canada, habitent l’Arctique depuis des milliers d’années – aujourd’hui aux côtés d’autres Canadiens et de résidents du Nord d’origines diverses. L’histoire du peuplement humain nous rappelle que, si le monde est de plus en plus conscient de l’importance environnementale, économique et stratégique de l’Arctique, ce territoire est d’abord et avant tout le lieu de résidence de milliers de personnes.

En plus de représenter une part considérable de notre territoire et un lieu de résidence pour de nombreux Canadiens, l’Arctique est un élément important de notre histoire et de notre identité commune.

Des Canadiens de diverses régions ont mené des expéditions dans l’Arctique. Je pense notamment à Vilhjálmur Stefánsson qui, avec R. M. Anderson, a dirigé l’expédition canadienne dans l’Arctique il y a de cela une centaine d’années. Plus récemment, Bernard Voyer et le fondateur de l’organisme Students On Ice, Geoff Green, aident les Canadiens à mieux comprendre l’importance de l’Arctique et ses merveilles.

Nous n’avons pas tous visité le Grand Nord, mais les Canadiens savent tous quelque chose de son climat rigoureux. M. Voyer parle d’une certaine « amitié avec l’hiver » qu’il avait développée dans son enfance à Rimouski. Cette amitié s’est transformée en passion qu’il a maintenue tout au long de sa vie d’explorateur des pôles terrestres. Similairement, des collectivités de toutes les régions du Canada ont su s’adapter aux températures glaciales de l’hiver grâce, entre autres, aux innovations que nous avons mises au point.

Bien sûr, aucune autre municipalité canadienne ne connaît l’hiver comme Alert le connaît. Je suis ici depuis un petit moment seulement, mais c’est suffisant pour constater à quel point la vie est différente, ici, en Extrême Arctique.

En tant que résidents de la SFC Alert, vous connaissez le Nord comme peu d’autres le connaissent. Ensemble, vous apportez une contribution unique et des plus importantes à la compréhension de cette région du monde, tant au Canada qu’à l’étranger.

Grâce à vous, les connaissances liées au climat, à l’atmosphère et à l’environnement naturel s’accroissent. Vous renforcez notre souveraineté et protégez notre sécurité nationale. Vous êtes prêts en tout temps pour mener des opérations de recherche et de secours.

Au cours des 24 dernières heures, j’ai pu constater moi-même que ces questions ne sont pas que des questions théoriques – les difficultés associées au travail dans l’Arctique sont réelles.

Ce fut un honneur pour moi, hier, de déposer une gerbe devant le monument commémoratif de l’écrasement du Lancaster no 965 du 405e Escadron et de celui du vol 22 de l’opération Boxtop, en souvenir de tous ceux qui ont été tués en service à la SFC Alert.

Peut-être le savez-vous, mais mon épouse, Sharon, et moi étions dans la municipalité de Resolute Bay, au Nunavut, le 20 août 2011, lorsqu’est survenu ce terrible écrasement d’avion qui a causé la mort de 12 personnes.

Je n’oublierai jamais la tristesse et la dévastation dont j’ai été témoin ce jour-là. Et je n’oublierai pas non plus l’incroyable intervention menée par les membres des Forces armées canadiennes sur place.

Travailler et vivre dans l’Arctique est une expérience unique, mais je suis conscient que cela comporte des difficultés et des risques. C’est pourquoi je suis reconnaissant de votre contribution à accroître la compréhension des Canadiens en ce qui concerne le Nord et leurs liens avec cette région.

Par ailleurs, je suis heureux d’être ici pour cette cérémonie de passation de commandement et de souligner les efforts du commandant sortant, le major Scott Marshall, qui a fait un travail exceptionnel pendant son affectation à la SFC Alert.

Merci, Major Marshall, pour tout ce que vous avez fait pour le Canada.

En outre, j’ai le privilège de souhaiter la bienvenue au nouveau commandant, le major Brian Tang. Je vous offre tous mes vœux de succès dans l’important travail que vous accomplirez ici.

Le sentiment de communauté, de camaraderie et de professionnalisme est particulièrement évident à la SFC Alert. Les Canadiens peuvent en être fiers!

Merci à tous de votre dévouement remarquable au service de votre pays.

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