ARCHIVÉE - Le myosotis

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Article de nouvelles / Le 24 avril 2015

Des Affaires publiques de l’Aviation royale canadienne

Pendant la Première Guerre mondiale, les forces britanniques, le Corps d’armée d’Australie et de Nouvelle‑Zélande (ANZAC) et le 1er Bataillon, The Newfoundland Regiment (appartenant à la 29e Division britannique) ont combattu au coude à coude les forces de l’Empire ottoman à Gallipoli. Longue et catastrophique, cette bataille a commencé par le débarquement des forces de l’ANZAC le 25 avril 1915, et a duré jusqu’en janvier 1916. Les Terre‑Neuviens sont entrés dans la mêlée le 20 septembre. Les victimes alliées ont été très nombreuses parmi les Terre‑Neuviens qui ont perdu une trentaine d’hommes au combat et une dizaine d’autres, emportés par la maladie. Des centaines d’autres ont été hospitalisés pour des blessures ou des maladies. Mais quelques mois plus tard, les Terre‑Neuviens allaient traverser de plus dures épreuves encore en France, à Beaumont‑Hamel, lors de la bataille de la Somme.

Chaque année, le 25 avril, l’Australie et la Nouvelle‑Zélande soulignent le jour de l’ANZAC, se remémorant les braves soldats qui ont donné leur vie dans les tranchées et sur les collines boueuses entourant la baie de Suvla, en Turquie. Jusqu’à ce que Terre‑Neuve se joigne au Canada, ses citoyens observaient le jour du Souvenir le 1er juillet, soulignant la bataille de Beaumont‑Hamel, en arborant de petites fleurs bleues, des myosotis, pour rendre hommage aux hommes du 1er Bataillon, The Royal Newfoundland Regiment. Aujourd’hui, nombreux sont les Terre‑Neuviens et les Labradoriens qui portent toujours le myosotis le jour du Souvenir et le jour de l’Armistice.

Même si l’histoire qui suit ne concerne pas l’Aviation royale canadienne, il s’agit d’un authentique récit de vaillance et de courage militaires canadiens. Ce récit a été inspiré par une visite que des membres de l’état‑major de l’Aviation royale canadienne d’Ottawa ont effectuée à Terre‑Neuve à l’occasion du jour du Souvenir, pendant laquelle ils ont aperçu des Terre‑Neuviens arborant des myosotis ainsi que des coquelicots sur le revers de leur manteau et se sont informés de leur sens.

À 23 h 59, le 31 mars 1949, l’État insulaire de Terre‑Neuve, situé à l’embouchure du fleuve Saint‑Laurent, au large de la côte est du Canada, est officiellement devenu la dixième province canadienne. Il a enrichi le pays d’une société multiculturelle, de tout temps fièrement individualiste, courageuse et ingénieuse, issue de groupes de pêcheurs, d’aventuriers et de bannis d’Europe. Ses citoyens, les résidents du « rocher », ainsi qu’ils surnomment Terre‑Neuve, étaient vaillants avec un grand « V ».

Ces traits n’ont jamais été aussi évidents que dans les rangs du 1er Bataillon, The Newfoundland Regiment, devenu en 1917 le Royal Newfoundland Regiment.

En février 1916, les survivants du 1er Bataillon, The Newfoundland Regiment, ont été parmi les derniers à être extraits de la péninsule de Gallipoli après une terrible défaite aux mains de l’Empire ottoman. Les membres restants du régiment sont rentrés en Égypte pour se reposer, se reconstituer et reprendre l’instruction.

Sur le front ouest, en France, près de la petite ville de Beaumont‑Hamel, les Allemands s’étaient tapis en deux rangs de tranchées (et en construisaient un troisième) parallèles à la Somme. Les combats, dans cette région, s’étaient presque arrêtés et les forces britanniques, s’étant regroupées en prévision d’une campagne d’été, demandaient des renforts. Au terme de seulement huit semaines de répit après la campagne de Gallipoli, le 1er Bataillon, The Newfoundland Regiment, a rallié le front à Beaumont‑Hamel.

La bataille de la Somme témoignait du besoin urgent des Alliés de mettre fin à la Première Guerre mondiale. En décembre 1915, 18 mois seulement après le début de la guerre, les Alliés étaient en mauvaise posture. L’offensive de Gallipoli avait été un échec lamentable, menant tout droit au massacre des forces alliées et des forces du Commonwealth. Les Alliés, en quête pressante d’un succès pour stimuler l’effort de guerre, se sont retournés vers le front ouest.

Le long de la Somme, l’artillerie britannique bombardait depuis des semaines les lignes allemandes et la zone neutre, et on prévoyait une avance britannique facile et rapide, ne rencontrant que peu de résistance ennemie. Mais le bombardement avait fait de la zone neutre un bourbier et démoli toute forme d’abri, sauf un pauvre pommier malmené. Réalisant une prouesse d’ingénierie qui allait aggraver les choses pour tous les intéressés, les sapeurs britanniques avaient creusé des trous et des tunnels vers l’avant pour y poser 18 000 kilogrammes d’explosifs sous les lignes allemandes.

Tôt le matin du 1er juillet 1916, les sapeurs ont fait sauter leurs explosifs, dont l’effet a été dévastateur. Situé juste à l’ouest de Beaumont‑Hamel, le cratère résultant, qui faisait 40 mètres de largeur par 18 mètres de profondeur, a bien sûr emporté de nombreuses vies allemandes, mais il a aussi eu pour conséquence de rendre presque impossible la progression du 1er Bataillon, The Newfoundland Regiment.

À 9 h 15, le premier jour de la bataille de la Somme, les soldats du 1er Bataillon, The Newfoundland Regiment, ont émergé de leurs tranchées pour affronter le terrible tir des fusils, des mitrailleuses et de l’artillerie que n’avaient pas endommagés, bien qu’on ne se l’explique pas, les bombardements et l’explosion.

À 9 h 45, des 801 Terre‑Neuviens et Labradoriens sortis de la tranchée, 324 avaient été tués ou manquaient à l’appel et étaient présumés morts tandis que 386 de leurs compagnons étaient blessés.

Six semaines plus tard, les soldats du 1er Bataillon, The Newfoundland Regiment, refoulaient une attaque au gaz en Flandre. En octobre 1916, ils étaient de retour sur la Somme, à Gueudecourt. En avril 1917, 485 Terre‑Neuviens et Labradoriens rendaient l’âme pendant la bataille d’Arras, à Monchy‑le‑Preux, mais le Bataillon bloquait tout de même une avance allemande alors que toutes les chances étaient du côté de l’ennemi. En novembre 1917, sur la ligne de Masnières à Marcoing, lors de la bataille de Cambrai, ils maintenaient leur position tandis qu’ils étaient pris par le flanc. En avril 1918, les hommes du 1er Bataillon, The Newfoundland Regiment, étaient de ceux qui ont bloqué l’avance allemande à Bailleul.

Tels sont l’héritage et la valeur de la population que Terre‑Neuve a donnée à la confédération canadienne tout juste 31 années plus tard.

Jusqu’à ce que Terre-Neuve se joigne au Canada, ses citoyens observaient le jour du Souvenir le 1er juillet, arborant les petites fleurs bleues du myosotis pour rendre hommage aux hommes du 1er Bataillon, The Royal Newfoundland Regiment, et aux héros de la bataille de Beaumont‑Hamel. Aujourd’hui, bien que la province souligne le jour de l’Armistice avec le reste du Canada, nombre de Terre‑Neuviens et de Labradoriens portent toujours leur myosotis en épinglette le 1er juillet.

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