Le plus ancien avion Hercules de l’ARC élit domicile dans un musée d’Ottawa

Article de nouvelles / Le 18 avril 2016

« Le Hercules, c’est du solide, un vrai poids lourd », souligne le lieutenant-général Hood. « Il peut atterrir sur de courtes pistes, remplir des missions dans les plus froides températures du Nord et les plus chaudes températures du désert. Il a tout simplement été bien conçu, et cet avion a accompli tout ce que nous lui avons demandé. »

Par Joanna Calder

Le Hercules est arrivé à son nouveau domicile à Ottawa le 5 avril 2016.

Il ne s’agit pas du demi-dieu de la mythologie romaine, mais d’un Hercules lui aussi immensément puissant, le dernier CC-130 Hercules de modèle E de l’Aviation royale canadienne.

Une foule compacte mais enthousiaste a acclamé l’avion de transport aérien tactique qui s’est approché à basse altitude, pour survoler lentement et bruyamment la piste du Rockcliffe Flying Club avant de se poser et de s’arrêter à quelques mètres du Musée de l’aviation et de l’espace du Canada, et des spectateurs maintenant assis en toute sécurité.

Lors du vol depuis 8e Escadre Trenton (Ontario), des techniciens de recherche et sauvetage ont effectué un dernier saut à partir du Hercules, affecté ces derniers temps à des missions de recherche et sauvetage.

Après 51 ans de service et plus de 47 000 heures de vol, alors qu’il ne restait plus que deux heures et demie de temps de vol théorique pour la cellule, le Hercules no 130307 entre dans la collection permanente du Musée. Il s’agissait du dernier modèle E des années 1960 encore utilisé par l’ARC, qui continue cependant d’exploiter des Hercules de modèles H et J plus récents.

« Je suis très heureux que le Hercules no 130307 ait trouvé un foyer permanent au Musée de l’aviation et de l’espace du Canada à Ottawa, où il témoignera désormais de la mobilité aérienne de l’ARC », a déclaré le lieutenant-général Hood, commandant de l’ARC, à l’occasion de la cérémonie d’accueil du Hercules au Musée.

Le lieutenant-général Hood, qui était à bord du vol parti du 424e Escadron de transport et de sauvetage de la 8e Escadre, a entrepris sa carrière au sein de la force aérienne comme navigateur [ce que l’on nomme maintenant un officier de systèmes de combat aérien (OSCA)] à bord des Hercules, et il a entretenu une longue relation avec cet appareil particulier.

Le 17 novembre 1987, il montait à bord du Hercules no 130307 pour son premier vol de navigateur-stagiaire à l’École de navigation aérienne des Forces canadiennes à Winnipeg, un vol d’observation visuelle de 3,2 heures à basse altitude. Ce premier vol à titre de navigateur à bord d’un Hercules n’était qu’un début, puisqu’il accumulera 3 158 heures de vol sur ces appareils. Sur le manifeste du vol final du 130307, il était inscrit comme membre du personnel navigant au poste d’OSCA 2.

« Je ne sais pas comment j’ai réussi, mais j’ai apprécié chacune des heures que j’ai passées en vol à bord d’un Hercules autour de la planète », a indiqué le lieutenant‑général Hood. « J’ai connu une carrière vraiment gratifiante, et c’est en grande partie grâce à cet avion. »

Plusieurs passagers se sont joints à l’équipage pour le vol, commandé par le lieutenant‑colonel Philip Marcus, notamment l’adjudant-chef de l’ARC, l’adjudant-chef Gerry Poitras; le directeur général du Musée national de la Force aérienne à Trenton, M. Chris Colton; le président-directeur général de la Société des musées de sciences et technologie du Canada, M. Alex Benay; et le commandant de la 8e Escadre, le colonel Colin Keiver. Le lieutenant-colonel (retraité) Karen McCrimmon, maintenant députée fédérale de Kanata-Carleton dans la région d’Ottawa et ministre associée de la Défense nationale, et M. Christopher Kitzan, directeur général du Musée de l’aviation et de l’espace du Canada, ont accueilli le personnel navigant et les passagers à leur débarquement de l’avion.

« Je me souviens de l’époque où nous étions ensemble commandants à Trenton, en mission à bord de cet appareil merveilleux », a rappelé le lieutenant-général Hood au lieutenant-colonel McCrimmon, qui a commandé le 429e Escadron de transport et a été la première femme à être à la tête d’un escadron aérien de l’ARC.

« Nous devons être reconnaissants de la grâce merveilleuse qui nous a été accordée, de la chance d’appartenir à un pays comme le nôtre, qui nous permet de changer en mieux la vie de tant de gens dans le monde », a déclaré le lieutenant-colonel McCrimmon. « Le Canada forme une merveilleuse équipe de gens qui ont l’avenir à cœur, qui prennent soin les uns des autres, et qui ne reculent pas devant les tâches difficiles quand vient le moment d’agir. »

« Je vous remercie tous d’être venus célébrer avec nous, à vous tous qui avez connu ce CC-130 magique, ici au Canada et un peu partout ailleurs dans le monde. »

« Certains diraient qu’il s’agit d’un jour triste et seraient nostalgiques du passé, mais je vois la chose très différemment. Je crois qu’il s’agit d’un moment à célébrer », a déclaré le lieutenant-général Hood. « Cet avion va à un musée où des générations de futurs Canadiens et Canadiennes apprendront à connaître l’histoire du CC-130. »

« Cet appareil représentera une composante importante de nos programmes à venir. C’est notre premier avion de ce type dans notre collection, et nous sommes évidemment extrêmement honorés et extrêmement fiers de célébrer ce moment avec vous tous », a affirmé M. Benay. « Cet avion témoigne du service des hommes et des femmes de l’Aviation royale canadienne, et nous sommes extrêmement fiers d’être en mesure de raconter son histoire pendant des années encore. »

À propos du 130307

L’avion Hercules no 130307 était le septième Hercules acquis par le Canada et le troisième CC-130 de modèle E. L’appareil a été mis en service le 9 février 1965 et a servi au transport, à la recherche et sauvetage, et à l’entraînement à la navigation.

L’avion a d’abord fait partie de la flotte du 435e Escadron, qui était basé à la Station Namao de l’ARC (maintenant la Base des Forces canadiennes Edmonton), en Alberta. Après avoir passé environ dix ans à Namao, l’appareil Hercules a été converti en avion d’entraînement à la navigation et transféré au 429e Escadron à Winnipeg, où il a été utilisé par l’École de navigation aérienne des Forces canadiennes. Il comptait parmi les quatre avions Hercules ainsi modifiés en vue de l’entraînement des navigateurs qui allaient ensuite poursuivre leur carrière à bord d’aéronefs de transport (le CC-130 Hercules) ou de patrouille maritime (le CP-107 Argus et, plus tard, le CP-140 Aurora).

Après l’acquisition d’un avion spécifiquement consacré à l’entraînement à la navigation, en 1991, le 130307 a terminé sa carrière d’entraînement à la navigation. En 1993, il a été converti en avion de recherche et de sauvetage et transféré à la flotte du 424e Escadron à la 8e Escadre.

« Cet avion a exploré le Nord, il était dans le Sinaï au plus fort des troubles dans les années 1970, il a connu la guerre du Golfe, livré de l’aide alimentaire en Éthiopie, il a volé au nord, au sud, à l’est et à l’ouest », a rappelé le lieutenant-général Hood.

« Sa carrière ne s’est pas limitée à son travail actuel de recherche et sauvetage, il a aussi été un avion de transport aérien tactique, un avion d’entraînement à la navigation, en plus d’être utilisé pour transporter des troupes et du personnel. À nombre de reprises un peu partout dans le monde, il a été l’étendard du Canada. C’est ce que les gens voyaient de notre grand pays, un avion porteur d’espoir, livrant une aide bien nécessaire, aidant les gens dans le besoin. »

« Voler à bord de cet appareil a été un grand privilège. Je crois que tout l’équipage ici aujourd’hui se joindra à moi pour remercier le Musée d’accepter de prendre soin de notre avion que nous aimons tant, le 130307. »

« Né en 1965, il prend une retraite bien méritée en 2016. »

À propos du Hercules

« Le Hercules, c’est du solide, un vrai poids lourd », souligne le lieutenant-général Hood. « Il peut atterrir sur de courtes pistes, remplir des missions dans les plus froides températures du Nord et les plus chaudes températures du désert. Il a tout simplement été bien conçu, et cet avion a accompli tout ce que nous lui avons demandé. »

L’avion Hercules a été conçu dans les années 1950, pour répondre à des besoins identifiés pendant la guerre de Corée. Le Hercules, en production depuis 1955, est l’une des meilleurs appareils de transport militaires jamais conçus. L’an dernier, Lockheed Martin livrait son 2 500e Hercules; au fil des années, l’entreprise en a produit des douzaines de variantes, notamment pour usage civil. Cet avion est utilisé dans quelque 68 nations et, globalement, la flotte a enregistré plus de 22 millions d’heures de vol. En fait, la ligne de production du Hercules à Marietta (Géorgie) est la ligne de production d’aéronefs militaires qui compte le plus d’années d’exploitation ininterrompue dans l’histoire.

L’Aviation royale canadienne a reçu ses premiers appareils Hercules, des modèles B, le 5 octobre 1960, et ils sont demeurés en service jusqu’en mars 1967. Des versions améliorées ont été commandées au fil des années. Vingt-quatre CC-130E ont été livrés entre décembre 1964 et août 1968, suivis de 14 CC-130H livrés progressivement d’octobre 1974 à mars 1991. La force aérienne a reçu une paire d’appareils civils L100‑30 de modèle 382G à fuselage allongé en mai 1997; ces appareils portent la désignation locale de CC-130H-30.

Cinq des CC-130H ont été transformés en avions-citernes, les CC-130H(T), pour le ravitaillement en vol de chasseurs CF-188 Hornet.

En reconnaissance des qualités héroïques du Hercules, l’ARC a fait l’acquisition de 17 nouveaux CC-130J Hercules; le premier est arrivé au Canada le 4 juin 2010, et le dernier le 11 mai 2012, tous sont basés à la 8e Escadre. Le modèle J intègre des avancées technologiques importantes et pour souligner la nouveauté de ces appareils, on leur a attribué de nouveaux suffixes numériques, soit ceux de la série 600. Les versions précédentes des Hercules étaient associées à des suffixes de la série 300 (p. ex., 130307), alors que les appareils CC-130J ont des suffixes numériques commençant à 130601.

Le Hercules est le pilier de la flotte de transport de l’ARC, comme pour bien d’autres nations, au pays comme à l’étranger, en temps de paix comme en période de conflit. Il est robuste, capable de décoller et d’atterrir sur de courtes pistes non revêtues, et peut même voler avec un seul de ses quatre moteurs.

Ses nombreuses utilisations comprennent le transport de troupes, d’équipement et de ravitaillement pour des missions de combat et d’aide humanitaire, la recherche et sauvetage, le réapprovisionnement de sites éloignés comme la Station des Forces canadiennes Alert dans le Haut-Arctique, l’entraînement du personnel navigant et le ravitaillement en vol.

À l’aide de dossiers du major Brendon Bond, historien de l’ARC.

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