ARCHIVÉE - Le retour d’un vieil ami : Inauguration de la statue d’Andrew Mynarski à Winnipeg

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Article de nouvelles / Le 22 juin 2015

Par le capitaine Bettina McCulloch-Drake

Une main ferme se tend vers ceux et celles qui se sont réunis pour honorer le courage du sous‑lieutenant d’aviation Andrew Mynarski, VC, qui a perdu la vie en essayant d’en sauver une autre.

Le récipiendaire de la Croix de Victoria (VC) nous apparaît figé dans l’instant où le vit sans doute pour la dernière fois son ami et collègue, le lieutenant d’aviation Pat Brophy : déterminé, prêt à tout risquer pour venir au secours d’un ami. Grâce à l’élan de bravoure du sous‑lieutenant d’aviation Mynarski, le lieutenant d’aviation Brophy a lui-même trouvé le courage nécessaire pour affronter ce qu’il voyait comme une mort certaine.

Il existe certes des cas exemplaires d’amitié, de résolution inébranlable, d’abnégation, de courage et de sacrifice au sein des Forces armées canadiennes d’aujourd’hui, mais les actes de bravoure des récipiendaires canadiens de la Croix de Victoria sont tout particulièrement inspirants. Ils témoignent d’obstacles insurmontables, de dangers extrêmes et du don de soi pour aider les autres. Sur les 99 Canadiens qui se sont vu décerner la VC « pour un acte de bravoure remarquable, pour un acte de vaillance ou d’abnégation audacieux ou extraordinaire, ou pour un dévouement extrême à son devoir en présence de l’ennemi », sept seulement ont servi dans les rangs de  l’Aviation royale canadienne. De ces sept héros, trois étaient originaires du Manitoba, dont Andrew Mynarski.

La saga de 10 ans pour « ramener Andrew à la maison », à Winnipeg, a débuté en 2005, lorsque les membres du 573e Escadron des cadets de l’Aviation royale canadienne « Andrew Mynarski, VC » assistent à la consécration de la statue du « héros oublié » à l’ancienne station de la Royal Air Force de Middleton St. George, au Royaume-Uni. Installée à l’aéroport aujourd’hui renommé « Durham Tees Valley », en Angleterre, la statue représente le sous‑lieutenant d’aviation Andrew Mynarski figé dans un dernier salut, comme le vit à ses derniers instants le lieutenant d’aviation Brophy, mitrailleur arrière dans un bombardier Lancaster en flammes. Cette statue a fait naître le désir d’ériger un monument analogue dans la ville natale de l’aviateur, Winnipeg.

À l’origine, le comité du projet de la statue de Mynarski a étudié la possibilité de faire reproduire la statue située en Angleterre, mais le coût dépassait les 100 000 $. On a donc convenu de commander plutôt une statue originale à un artiste local, Charlie Johnston. Une main tendue à la hauteur du regard, le double en bronze d’Andrew Mynarski se révèle d’une exactitude frappante jusque dans le moindre détail : aussi bien dans son équipement et son uniforme, que dans le geste – c’est-à-dire, dans son effort pour libérer un ami emprisonné.

Inauguré le vendredi 12 juin 2015, au Parc commémoratif Vimy Ridge de Winnipeg, le monument commémoratif invite les visiteurs à prendre contact avec l’image du sous‑lieutenant d’aviation Mynarski et à découvrir son histoire. Outre une inscription, la plinthe où repose la statue comporte un code QR qui renvoie le visiteur à un site Web et un programme éducatif sur la participation du Canada aux deux guerres mondiales.

Avec les dossiers du comité du projet de la statue de Mynarski

Faites la conaissance du sous-lieutenant d'aviation Andrew Mynarski

Par les Affaires publiques de l'ARC

Le sous-lieutenant d’aviation Mynarski était mitrailleur à bord d’un Lancaster lorsque son appareil a été attaqué par des chasseurs ennemis dans le ciel de Cambrai (France). Pendant que le bombardier tombait en flammes, Mynarski s’est dirigé vers la trappe d’évacuation, d’où il s’est aperçu que le mitrailleur arrière, le lieutenant d’aviation Pat Brophy, était coincé dans sa tourelle. Tandis qu’il rampait à travers les flammes pour se porter au secours de son compagnon, son parachute et ses vêtements ont pris feu. Il n’a pu dégager le mitrailleur, car les leviers de déverrouillage hydraulique et manuel étaient brisés. Tous ses efforts ayant échoué, Mynarski est retourné à la trappe d’évacuation, a salué une dernière fois son compagnon pris au piège, et a sauté; il a succombé plus tard à ses brûlures. Le Lancaster s’est écrasé, mais le sous‑lieutenant d’aviation Brophy a échappé miraculeusement à la mort, ce qui lui a permis de raconter l’acte héroïque de son ami. D’ailleurs, tout l’équipage a survécu, à l’exception du valeureux sous‑lieutenant d’aviation Mynarski.

Le Lancaster, numéro KB726, arborait l’indicatif d’appel VR-A (A pour Able, « capable »). Un Lancaster restauré du Canadian Warplane Heritage Museum d’Hamilton (Ontario) a été peint aux couleurs du VR-A d’origine, et porte le nom de « Mynarski Memorial Lancaster ». L’an dernier, l’appareil – surnommé « VeRA » – a pris son envol vers l’Angleterre pour partager le ciel avec le seul autre Lancaster au monde en état de voler.

Le 419e escadron (Moose), où le sous‑lieutenant d’aviation Andrew Mynarski a servi, faisait partie du Groupe nº 6 de l’ARC. D’abord équipé des bombardiers Wellington et Halifax, l’escadron est ensuite passé au Lancaster. Aujourd’hui basé à 4 Wing Cold Lake (Alberta), son appareil est l’avion de combat CF-188 Hornet.

Les sacrifices du Bomber Command

Du Bomber Command Museum of Canada

Si les chiffres ci-dessous témoignent des pertes subies par le Bomber Command, ils illustrent tout autant la ténacité des équipages poursuivant leurs missions envers et contre tout.

« Toutes vos opérations ont été planifiées avec grand soin et compétence. Elles ont été exécutées en dépit d’une opposition désespérée et de dangers épouvantables et elles ont constitué un élément décisif dans la défaite finale de l’Allemagne, » a déclaré Sir Winston Churchill, alors premier ministre du Royaume-Uni. La conduite des opérations a démontré l’esprit de bravoure flamboyant qui animait les équipages de nos avions et le sens du devoir poussé à l’extrême de tous les soldats sous vos ordres, peu importe leur grade. Je crois que l’on se souviendra longtemps du succès remarquable de ces opérations de bombardement comme d’un exemple du devoir accompli noblement. »

  • Environ 120 000 aviateurs ont servi au sein du Bomber Command pendant la Seconde Guerre mondiale.
  • De ce nombre, plus de 55 000 (environ 46 %) ont perdu la vie sous les drapeaux au sein du Bomber Command, dont plus de 10 000 Canadiens.
  • Sur chaque tranche de 100 aviateurs enrôlés dans le Bomber Command, 45 ont été tués, six grièvement blessés et huit faits prisonniers.
  • En 1943 et 1944, on s’attendait à ce que moins de 25 aviateurs sur 100 survivent à leurs 30 premières opérations.
  • Les pertes en appareils ont dépassé les 12 300.
  • Plus de 400 000 sorties ont eu lieu.
  • Près d’un million de tonnes de munitions ont été larguées.
  • Le Canada comptait 15 escadrons de bombardiers à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

       

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