Le service dans l’Aviation royale canadienne (ARC) et la conquête des sommets sont complémentaires aux yeux de ce capitaine de l’ARC

Article de nouvelles / Le 4 octobre 2016

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Par le lieutenant Guy Bernard

Le capitaine Antoine Labranche, pilote de CH-146 Griffon du 438e Escadron tactique d’hélicoptères (Ville de Montréal) et grand fervent d’alpinisme, a dernièrement atteint trois sommets européens légendaires.

Le capitaine Labranche, qui est né à Granby au Québec et a passé son enfance à Stanbridge East, s’est enrôlé comme officier d’infanterie dans la Force de réserve en 2006, alors qu’il étudiait toujours l’histoire à l’Université Concordia, à Montréal. Peu après l’obtention de son diplôme, en 2009, il a passé à la Force régulière pour  entreprendre une carrière de pilote. Par la suite, il a été affecté au 438e Escadron et tout dernièrement, en juin 2016, a participé à un déploiement dans le cadre de l’opération NEVUS 2016 dans le Haut-Arctique canadien.

Son projet ne manquait pas d’ambition : escalader le mont Blanc en France, le Cervin en Italie et l’Eiger en Suisse. Au cours d’un entretien antérieur à cette aventure, il a laissé son regard se perdre au loin, comme cela lui arrive toujours quand il parle de sa passion pour l’alpinisme : « Je voudrais profiter de cette expédition pour porter le drapeau du 438e Escadron au sommet de ces trois montagnes. À mes yeux, l’image des couleurs de l’Escadron sur ces grands sommets illustre l’effort consenti par l’unité après son changement de leadership et les nouvelles tâches qui lui ont été attribuées ».

Relever des défis

Le 438e Escadron a eu quelques défis à relever récemment. Il a intégré deux nouvelles escadrilles, l’une d’aviation tactique, qui est chargée d’élaborer la planification et la réalisation de tâches aériennes dans tout le spectre du conflit et de contribuer à l’instruction des mitrailleurs d’aviation et des pilotes appelés à commander divers types de mission; et l’autre, d’essai et d’évaluation, qui met à l’épreuve des équipements de fine pointe destinés à la flotte complète d’hélicoptères CH-146 Griffon de l’Aviation royale canadienne. Ces changements ont exigé des membres du 438e Escadron une vaste somme d’effort et d’adaptation, tant du point de vue des connaissances que de celui de l’instruction.

Et l’Escadron a accueilli un nouveau commandant, le lieutenant‑colonel Martin Pesant, qui appliquera une nouvelle vision.

Le décor était donc jeté pour maintenir le désir du capitaine Labranche de conquérir de nouveaux sommets en portant fièrement le drapeau de l’Escadron. Et d’après lui, la conquête de ces sommets légendaires s’harmonise à sa carrière d’aviateur : « Les aptitudes mentales et physiques nécessaires à l’exécution d’opérations ou à l’escalade d’une montagne, dit-il, sont des valeurs qu’incarnent tant la vision de l’Aviation royale canadienne que mon approche de l’alpinisme. Une passion nourrit l’autre ».

Il adapte son entraînement physique aux hauteurs qu’il souhaite escalader et ne néglige jamais son entraînement cardiovasculaire, qu’il soit en déploiement ou en garnison, même si cela signifie qu’il doit faire son jogging matinal dans les ruines d’une installation de la guerre froide au Groenland, comme il l’a fait pendant l’Op NEVUS 2016.

« Je crois me partager assez également entre l’escalade de paroi rocheuse, l’escalade sur glace, le multi longueurs mixte, l’escalade de blocs et l’alpinisme en altitude, cette dernière expression des sports de grimpe représentant ma force principale et l’activité à laquelle je m’expose le plus », d’expliquer le capitaine Labranche. « Je pense aussi que certaines des compétences que j’ai acquises dans les forces armées, que l’on parle du volet survie ou de l’aspect professionnel, m’ont aidé en alpinisme. Dans certains cas, comme la météorologie dans le cas de l’escalade du mont Blanc, elles m’ont permis de réussir sans incident une ascension tandis que dans d’autres cas, elles m’ont carrément sauvé la vie. J’ai choisi mon créneau, pour l’ascension du mont Blanc, selon la météo. »

Équipe d’alpinisme

Trois alpinistes ont accompagné le capitaine Labranche lors de la montée de l’Eiger. Ils ont formé à eux quatre une équipe richement dotée en compétence et en expérience.

La Française Stéphanie Maureau est très forte en escalade et en dry-tooling (escalade rocheuse au moyen de piolets, avec port de crampons) et est championne de compétitions d’escalade glaciaire. Elle est la deuxième femme, au cours des 25 dernières années, à avoir obtenu la certification de guide de montagne de l’Union internationale des associations de guides de montagne (UIAGM).

Le Français Guillaume Omont, pour sa part, est un alpiniste modeste et sérieux qui a gravi plusieurs pentes raides et franchi plusieurs parcours difficiles dans les Alpes, y compris le versant nord des Grandes Jorasses (une hauteur du massif du mont Blanc qui chevauche la frontière franco-italienne) et le versant nord de l’Eiger. Il a de solides compétences en orientation, choix de parcours et escalade sur roche et sur glace mixte; il est également guide certifié de l’UIAGM.

L’Américaine Alina Zagaytova a récemment gravi le mont Denali, en Alaska, le sommet le plus élevé d’Amérique du Nord. Elle avait auparavant vaincu le sommet le plus élevé d’Antarctique, le massif Vinson. Elle a pratiqué l’alpinisme dans le monde entier, se spécialisant dans les hautes altitudes. Elle s’affaire actuellement à terminer l’escalade des sept sommets, c’est-à-dire du sommet le plus élevé de chaque continent, et en a déjà fait six. Elle vise les grands sommets de l’Everest, dans la chaîne de l’Himalaya, qu’elle a inscrits à son programme du printemps prochain.

Défis à venir

Maintenant qu’il a coché, sur sa liste, cette expédition dans les Alpes, le capitaine Labranche vise la conquête de l’Alpamayo et de l’Huascarán, au Pérou, ainsi que du Nevado Illimani et du Nevado Sajama, en Bolivie. Et il y a fort à parier qu’il aura son drapeau d’escadron à portée de la main. Mais pour l’instant, après ses deux semaines de « repos » dans les Alpes, il est fin prêt pour le cours avancé d’aviation tactique, qui débutera au cours de l’hiver 2017.

Le 438e Escadron tactique d’hélicoptères (Ville de Montréal) est une unité de l’Aviation royale canadienne dont la base se trouve à Saint‑Hubert, au Québec. À l’aide de ses hélicoptères CH-146 Griffon, il se charge de toute une gamme de missions, de tâches et d’opérations dans sa région immédiate, partout au Canada et ailleurs. Son effectif est composé à 50 pour cent de réservistes; il incarne ainsi le concept de la force totale, où des membres de la Force régulière et de la Force de réserve travaillent de concert à la réalisation des objectifs opérationnels de l’Aviation royale canadienne.

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