Les avions du PEACB : Le Northrop Nomad

Article de nouvelles / Le 31 mars 2016

Par le major Bill March

Lorsque le Programme d’entraînement aérien du Commonwealth britannique (PEACB) est lancé, au printemps et à l’été de 1940, l’Aviation royale canadienne (ARC) est à court de tout.

Elle a surtout et avant tout besoin d’avions. Il avait été prévu qu’un parc convenable d’appareils serait graduellement constitué à partir d’avions fournis par la Royal Air Force (RAF), achetés aux États‑Unis ou construits au Canada. Or, la victoire de l’Allemagne sur la France, en juin 1940, et le risque concret d’invasion de l’Angleterre changent la donne et l’idée de constituer un parc mesuré d’avions d’entraînement est abandonnée car il faut absolument fournir, le plus rapidement possible, autant d’équipages que possible. Par conséquent, pour répondre à la demande, l’ARC se met à acquérir tous les avions qu’elle peut, qu’ils soient ou non adaptés à l’entraînement, auprès de tous ceux capables de lui en fournir.

C’est dans ce contexte qu’elle se procure le Northrop Nomad.

Au début des années 1930, la Northrop Aviation Corporation conçoit un monoplan monomoteur entièrement en métal destiné à être utilisé comme avion de transport léger. La robustesse et la vitesse de l’avion suscitent l’intérêt du United State Army Air Corps, lequel demande à Northrop de modifier l’avion pour en faire un bombardier d’attaque léger biplace. En fin de compte, le Nortrhop A‑17, propulsé par un moteur R-1535-11 Twin Wasp Junior de 750 chevaux, est livré aux États‑Unis en août 1935. Après une commande initiale de 110 avions, ce dernier acquiert 129 avions additionnels en décembre, non sans y avoir apporté deux modifications importantes : un moteur amélioré et un train d’atterrissage escamotable. Le Northrop A‑17A est né.

À la fin des années 1930, le United States Army Air Corps décide que ses avions d’attaque légers seraient dorénavant équipés de deux moteurs. Cette décision sonne le glas du A‑17 comme avion de combat. Le changement de doctrine prend par surprise la RAF qui a acheté 93 A‑17A en juin 1940. Les Northrop sont rebaptisés Nomad et 32 avions sont transférés à l’ARC, dont le premier arrive à l’aéroport de Malton, en Ontario, au nord‑ouest de Toronto, en août 1940.

Afin de respecter les lois américaines sur la neutralité, les avions sont pilotés par des pilotes civils, ont un fini en aluminium et ne portent aucune trace de marque militaire. Pour qu’ils puissent être considérés comme des avions non combattants, des marques civiles américaines sont apposées sur tous les avions. Les marques sont faites à la peinture noire lavable afin qu’il soit facile d’appliquer les insignes ronds et les marques de l’ARC.

Le Nomad est l’un de ces avions « orphelins » avec lequel l’ARC, dans sa quête initiale d’acquérir tout objet volant, n’a jamais vraiment su quoi faire. Dans leur première année de service, l’ARC utilise la plupart des Nomad à la station Camp Borden, située à environ 80 kilomètres au nord de Toronto, pour faire passer les examens aux instructeurs civils et militaires, avant de les utiliser à la 1re École de pilotage des Forces canadiennes à Borden ou dans d’autres écoles du PEACB. Les Nomad sont également utilisés à d’autres fins, notamment pour chercher des aéronefs disparus.

L’une de ces missions de recherche est lancée le 13 décembre 1940 pour trouver l’élève‑pilote, l’aviateur‑chef Clayton Peder Hopton, 27 ans, de Cabri, en Saskatchewan, qui n’est pas revenu d’un vol d’entraînement la veille. Durant la recherche, deux Nomad entrent en collision au‑dessus du lac Muskoka, environ 95 kilomètres à vol d’oiseau au nord‑ouest de Camp Borden.

L’équipage de l’avion de recherche Nomad 3512, le pilote de la RAF, le sergent Lionel Francis, 22, de Pontyclun, au Pays de Galles, et l’aviateur‑chef, William James Philip Gosling, 22, d’Edmonton, en Alberta, sont morts. Leurs corps sont récupérés peu de temps après l’accident. Toutefois, les corps de l’équipage du Nomad 3521, le capitaine d’aviation de la RAF, Peter Campbell, 24, et l’aviateur‑chef, Theodore Scribner Bates, 27, de Guelph, en Ontario, ne sont retrouvés qu’en octobre 2012. Ils sont ensuite inhumés au cimetière Woodlawn Memorial Park, à Guelph, avec tous les honneurs militaires.

En 1941, les autres Nomad, plusieurs desquels avaient été impliqués dans de graves accidents, sont retirés du service comme avion d’entraînement. Ils sont transformés et repeints pour servir de remorqueurs de cibles aériennes dans diverses Écoles de bombardement et de tir du PEACB. Le 7 mars 1945, les derniers Nomad sont rayés de l’effectif par l’ARC et mis au rebut.

L’historien John A. Griffin a rédigé une épitaphe très à propos pour le Nomad [traduction] : « Cet avion ne s’est pas particulièrement démarqué, mais il était fiable, comptabilisant souvent 3 000 heures de vol dans ses quatre ans et demi de service. » *

*John A. Griffin, « Northrop Nomad », The Canadian Aviation Historical Society Journal, Volume 5, Number 1, Spring 1967, 17


 

Joignez-vous à l'ARC : Osez vous surpasser

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Leurs principales responsabilités sont les suivantes :

         - Observer et enregistrer les conditions météorologiques en surface, en mer et en altitude
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         - Faire fonctionner et assurer le maintien d’équipements et d’instruments météorologiques spécialisés
         - Informer le personnel de l’escadre, du navire ou de l’unité terrestre au sujet des conditions météorologiques actuelles et prévues
         - Prévoir les conditions météorologiques

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