Les équipages de l’Aurora se préparent au moyen de la simulation

Article de nouvelles / Le 7 mai 2014

Par le major Sonia Dumouchel-Connock

Les équipages d’aéronef de patrouille à long rayon d’action Aurora de la 14e Escadre Greenwood (Nouvelle‑Écosse) et de la 19e Escadre Comox (Colombie‑Britannique) ont mené récemment un exercice de simulation de mission en vue de leur participation à l’exercice Rim of the Pacific (RIMPAC). Il s’agit du plus grand exercice maritime international du monde et il a lieu tous les deux ans dans les îles Hawaï et les environs.

Cet exercice virtuel a constitué un autre pas dans la bonne direction pour l’Aviation royale canadienne (ARC), qui cherche à profiter des percées dans les technologies de modélisation et de simulation pour améliorer son entraînement et sa préparation, ainsi qu’augmenter son rendement opérationnel.

 « Ce fut le premier exercice de simulation à grande échelle visant à préparer les équipages d’aéronefs de patrouille et de reconnaissance maritimes en vue de RIMPAC », a indiqué le colonel Iain Huddleston, commandant de la 14e Escadre.

« Nos équipages profitent grandement d’exercices de simulation comme celui-ci. Par exemple, SIMEX 1401 – la version virtuelle de RIMPAC – leur a donné l’occasion de développer leur leadership, leur esprit d’équipe et leurs aptitudes de communication en ce qui a trait aux opérations aéroportées, en plus de les préparer en vue des difficiles missions [de renseignement, de surveillance et de reconnaissance] et [de lutte anti-sous-marine] qu’ils devront exécuter au cours de l’exercice RIMPAC 2014. »

D’une durée de 12 jours, l’exercice s’est déroulé « virtuellement » dans deux des zones d’opérations du groupe de chasseurs de RIMPAC, au sud-ouest des îles Hawaï.

Après avoir reçu leur exposé de mission, les participants du 407e Escadron de patrouille à long rayon d’action (de la 19e Escadre) et du 404e Escadron de patrouille à long rayon d’action et d’entraînement, du 405e Escadron de patrouille à long rayon d’action et de l’Unité maritime d’essais et d’évaluation (tous de la 14e Escadre) devaient exécuter des missions réalistes complètes. Ils ont évolué dans des environnements de guerre complexes où les forces amies et ennemies étaient composées de navires, de sous-marins et d’aéronefs.

Dans cet univers d’entraînement virtuel, ils se sont joints à un groupe opérationnel en mer avec lequel ils ont établi et tenu à jour le tableau de la situation maritime au moyen d’équipement de surveillance permettant de détecter, d’intercepter, d’identifier, d’enregistrer et d’analyser des sources d’énergie électromagnétique afin de repérer immédiatement les menaces. Aux côtés de sous-marins amis, ils ont mené plusieurs exercices interalliés de lutte anti-sous-marine (appelés « CASEX ») au cours desquels ils ont pourchassé des sous-marins ennemis.

« Cet exercice de simulation a rehaussé le niveau de préparation de la flotte », a affirmé le colonel Huddleston. « Les équipages ont pu s’exercer à fournir un appui direct à un groupe opérationnel en mer et ont été en mesure d’assurer l’interopérabilité dans un environnement de communications conjointes intensives. »

« Ils ont dû parfaire leurs aptitudes de recherche, de localisation, de poursuite et de signalement de contacts sous-marins d’intérêt et les adapter rapidement aux différents éléments ajoutés par les membres du 404e Escadron tout au long de l’exercice. »

Pour les besoins de l’exercice, les participants ont utilisé des dispositifs comme le simulateur de mission opérationnelle (SMO), dont l’acquisition a été faite en même temps que celle de l’Aurora dans les années 1980, ainsi que le simulateur de procédures d’équipage (SPE) modernisé, acheté en 2012.

Le SMO, qui a été mis à niveau en 2008, imite le compartiment tactique du CP-140 Aurora. Les équipages aériens s’en servent pour s’exercer à l’emploi de tactiques, de techniques et de procédures éprouvées. À la fin d’une mission, on peut revoir en entier le scénario et visionner des reprises en animation 3D pendant le compte rendu postexercice.

Le nouveau SPE est un dispositif d’entraînement tactique d’équipage reconfigurable de pointe qui a été conçu dans le cadre du Projet de modernisation progressive de l’Aurora (PMPA).

Des travaux de modernisation et de prolongation de la durée de vie de 14 des 18 Auroras canadiens sont en cours dans le bloc III du PMPA et dans le cadre de deux autres programmes : le Projet de prolongation de la durée de vie de la structure de l’Aurora et la Proposition de prolongation de la vie du CP-140 Aurora. Les améliorations et les modifications en question prolongeront l’efficacité opérationnelle de l’Aurora jusqu’en 2030 et en feront l’un des meilleurs avions de renseignement, de surveillance et de reconnaissance au monde. Au cours du prochain stade de mise à niveau, trois nouveaux systèmes d’avionique et de mission seront ajoutés à l’avion : le système de liaison de données Link 16, le système de communication satellite au‑delà de la portée optique (BLOS) et un système amélioré d’autodéfense.

« Le personnel associé à l’Aurora appuie depuis longtemps l’entraînement opérationnel au moyen de technologies de simulation de pointe. Depuis nous en avons fait l’acquisition en 1980, en même temps que l’Aurora, le SMO nous a rendu de très bons services », a affirmé le capitaine Craig Jorgensen, de la section des politiques du Directeur – Simulation et instruction (Air), à Ottawa.

« L’arrivée du SPE nous permet de nous exercer à l’utilisation des nombreuses capacités ajoutées à l’Aurora dans le cadre du PMPA. Ce système d’entraînement sera de nouveau amélioré lorsqu’arrivera le nouveau SMO plus tard au cours de l’année. Ce nouveau simulateur offrira un entraînement plus réaliste aux équipages de l’Aurora. »

L’introduction prochaine de la nouvelle stratégie de l’Aviation royale canadienne en matière de simulation perfectionnera davantage l’emploi de cette technique dans l’Aviation. Cette stratégie coordonnera la mise en place des nouvelles technologies d’entraînement en veillant à ce qu’elles soient toutes liées les unes aux autres, de manière à former un environnement d’entraînement virtuel commun.

« L’ARC construira un univers virtuel permettant aux systèmes d’entraînement d’interagir entre eux ainsi qu’avec les systèmes similaires de ses partenaires des autres éléments et ses alliés », a ajouté le capitaine Jorgensen. « Dans cet univers virtuel, les équipages de l’Aurora pourront mener des exercices d’entraînement et de répétition en vue de missions conjointement avec leurs partenaires et leurs alliés exactement comme ils le font dans les opérations et les exercices réels. »

Les tâches les plus importantes des équipages de l’Aurora pendant l’entraînement concernent l’interopérabilité et les communications, selon le capitaine Jorgensen.

« Pour être efficaces pendant les opérations, les équipages d’Aurora doivent être en mesure de communiquer et de travailler efficacement avec les hélicoptères maritimes, les navires et les sous-marins des Forces armées canadiennes, mais aussi avec les plateformes aériennes, maritimes et terrestres des alliés. »

« En veillant à ce que nos systèmes d’entraînement fonctionnent harmonieusement entre eux ainsi qu’avec ceux de nos partenaires, nous ferons en sorte que nos équipages continuent d’assurer une puissance aérienne robuste. »

La conduite du premier SIMEX de RIMPAC le 5 mai 2014, à la 14e Escadre, a mis en relief l’importance de la simulation dans l’entraînement de forces militaires modernes et efficaces.

Tandis que l’Aviation royale canadienne travaille à la mise en place d’un système d’entraînement optimisé et entièrement intégré combinant l’entraînement réel, virtuel et constructif d’ici 2025, les exercices de simulation comme celui-ci feront valoir l’importance de l’interaction entre les dispositifs d’entraînement de manière à former un environnement d’entraînement virtuel commun pour le maintien du haut degré d’excellence opérationnelle de l’ARC.

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