ARCHIVÉE - Les Flyers de l’ARC ont marqué l’histoire olympique

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Article de nouvelles / Le 6 février 2015

Par Vic Johnson

L'Aviation royale canadienne (RCAF) a remporté la médaille d’or le 8 février 1948 lorsque son équipe de hockey, les Flyers de l'ARC, a triomphé aux Jeux olympiques d’hiver de St. Moritz, en Suisse. On ne s’attendait pas à ce qu’elle gagne quoi que ce soit et, en fait, elle faisait honte à certains.

Après tout, il s’agissait d’un groupe d’anciens et de membres en service de la Force aérienne qui s’amusaient à jouer au hockey pendant leurs heures de loisir! Pourtant, les Flyers ont pris tout le monde par surprise et ils ont prouvé que la vieille maxime de la Force aérienne « souplesse maximale » signifie qu’il n’y a rien à votre épreuve dans l’exercice de vos fonctions.

En 2008, soit 60 ans après la victoire spectaculaire qui leur a valu une médaille d’or aux Jeux olympiques d’hiver de 1948, à St. Moritz, en Suisse, les membres survivants de l’équipe de hockey des Flyers de l'ARC avaient été effacés de la mémoire de la majorité des gens.

Après sa victoire éclatante du 8 février 1948 dans l’Europe d’après‑guerre, l’équipe a été dissoute, et les joueurs ont repris leurs activités normales et sont retombés dans l’anonymat.

Bien qu’ils aient été intronisés au Temple de la renommée des sports des Forces armées canadiennes, au fil du temps, la majorité des Canadiens les ont oubliés.

« Les Flyers n’ont jamais été intronisés dans un temple de la renommée du sport, du hockey ou des olympiques, à part celui des forces armées, ni en tant qu’équipe, ni en tant que joueurs », Pat MacAdam, d’Ottawa, auteur du livre sur les Jeux de 1948 intitulé Gold Medal Misfits, qui a paru en 2007.

Par contre, la patineuse artistique canadienne Barbara Ann Scott, une favorite du public qui a également remporté une médaille d’or aux mêmes Jeux olympiques, a été beaucoup mieux traitée : elle est devenue une grande vedette du monde du patinage. La poupée à l’effigie de Barbara Ann Scott est devenue un article indispensable pour toutes les petites filles du début des années 1950.

La mise sur pied de l’équipe olympique de l’ARC a été une initiative audacieuse du commandant d’aviation A. Gardner « Sandy » Watson, médecin principal au Quartier général de l’ARC, à Ottawa. Ce grand amateur de hockey, lorsqu’il a appris que le Canada ne serait pas en mesure de présenter une équipe suffisamment « amateur » pour répondre aux normes rigoureuses des Jeux de 1948, a persuadé ses supérieurs de laisser l’équipe de l’ARC représenter le Canada – mais avec un budget très limité. Il a capté l’attention du Chef d’état‑major de la Force aérienne, le Maréchal de l’Air Wilf Curtis, et comme on dit, le reste appartient à l’histoire.

Après un début peu prometteur marqué par une série de défaites dans des matchs d’exhibition en sol canadien, l’équipe de l’ARC, composée d’un ramassis de « laissés‑pour‑compte » provenant de diverses bases militaires, a été éreintée par tous les grands médias. Dans son éditorial, l’Ottawa Citizen a dit ceci : « La décision d’envoyer aux olympiques une équipe médiocre de l’ARC qui partage avec une autre équipe le dernier rang de la Ligue Senior d’Ottawa sera accueillie avec consternation partout au Canada. »

La composition définitive de l’équipe n’a été connue que quelques heures avant son départ de New York, à bord du paquebot Queen Elizabeth. Mais une fois en Suisse, elle s’est vite cristallisée en une force dynamique avec laquelle il faudrait compter.

Voici comment l’exploit des Flyers est écrit sur le site Web du Temple de la renommée olympique du Canada : « À la cinquième édition des Jeux olympiques d’hiver, les Flyers ont enregistré six victoires de suite avant de disputer un match nul (0-0) face à la grande favorite, l’équipe tchèque. Dans la finale contre l’équipe du pays hôte, la Suisse, une victoire par au moins deux buts assurait la médaille d’or aux Flyers. Malgré un environnement hostile, les Flyers ont aidé leur gardien de but de 22 ans, Murray Dowey, à réaliser un blanchissage en remportant la victoire par 3-0. Dowey, qui est l’un des six membres de l’équipe qui assisteront à la cérémonie d’intronisation, a conclu le tournoi avec cinq blanchissages en huit matchs. »

Pendant sa tournée à l’étranger, au cours de laquelle elle a disputé une série de matchs d’exhibition qui ont attiré environ 250 000 spectateurs, l’équipe a amassé une fiche de 31 victoires, 5 défaites et 6 matchs nuls.

La célèbre photo d’une Barbara Ann Scott souriante hissée sur les épaules de Albert « Ab » Renaud et Reg Schroeter, deux joueurs de l’équipe, est devenue l’image emblématique des Jeux de 1948.

Les Flyers ont été accueillis en héros à leur retour au Canada le 6 avril 1948. À la gare Union d’Ottawa, ils étaient attendus par une délégation de personnages de marque, dont le gouverneur général, le vicomte Alexander. Ils ont pris place dans des Buick décapotables qui ont défilé dans les rues de la ville jusqu’à l’ancienne caserne Beaver de l’ARC, où ils ont participé à un dîner de bienvenue. Ils ont également assisté à une série de réceptions la semaine suivante.

Maintenant, reportons‑nous exactement 60 ans après leur victoire aux Jeux olympiques. Le 8 février 2008, environ 200 « amis des Flyers » se sont réunis dans le hall du Club de soccer St. Anthony, à Ottawa, pour un dîner‑réception en hommage à deux des huit Flyers survivants.

À cette occasion, Ab Renaud, d’Ottawa, et Henri-André « André » Laperrière, de Montréal, se sont vu remettre des répliques de leur médaille d’or par le président de Hockey Canada. Après la présentation, Michael Chambers, président du Comité olympique canadien, a annoncé que l’équipe sera finalement intronisée au temple de la renommée olympique du Canada, à Calgary, le 12 avril 2008.

Les deux Flyers survivants se sont ensuite vu remettre des répliques du chandail de leur équipe par Dean Black, directeur général de l’Association de l’Aviation royale canadienne. Ils les avaient sur le dos, le lendemain, lorsqu’ils ont fait la mise au jeu officielle du match de la LNH entre les Sénateurs d’Ottawa et les Canadiens de Montréal.

C’est un heureux dénouement après 60 années d’indifférence de la part du public canadien, et c’est un hommage mérité pour un groupe d’amateurs qui a osé affronter les meilleures équipes au monde, et qui a remporté la victoire.

Note la rédaction : Ab Renaud est décédé le 19 décembre 2012, à Ottawa, à l'âge de 92 ans.

Article rédigé à l’aide de dossiers du site Web officiel de l’Équipe olympique canadienne. L’adjudant-maître (retraité) Vic Johnson, ancien photographe des Forces armées canadiennes, est le rédacteur en chef d’Airforce Magazine.

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