« Les gens, les politiques, les programmes et la posture » seront les points d’ancrage de l’ARC

Article de nouvelles / Le 11 mai 2018

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Une allocution du lieutenant-général Al Meinzinger, commandant de l’ARC

Le 4 mai 2018, le lieutenant-général Meinzinger a assumé le commandement de l’Aviation royale canadienne, relevant le lieutenant-général Mike Hood, qui a pris sa retraite des Forces armées canadiennes. Voici l’allocution qu’a prononcée le lieutenant‑général Meinzinger lors de la cérémonie de passation de commandement, qui a eu lieu au Musée de l’aviation et de l’espace du Canada, à Ottawa.

Quel incroyable moment et quel matin merveilleux pour me tenir devant le lutrin... Je suis extrêmement heureux! En regardant dans la pièce, je vois de nombreux membres de ma famille, des militaires des Forces armées canadiennes et du personnel du ministère [de la Défense nationale], des amis chers, des mentors et des gens qui soutiennent la Force aérienne.

Je suis certainement touché et honoré de me joindre aux dirigeants supérieurs ici à Ottawa à titre de nouveau commandant de l’Aviation royale canadienne; je suis tout simplement ravi de me joindre à nouveau à la Force aérienne à titre de commandant, de chef d’équipe, si vous voulez, et d’avoir à mes côtés l’adjudant-chef Gerry Poitras et, bientôt, l’adjudant-chef Denis Gaudreault.

En fait, je ne saurais imaginer un meilleur moment pour assumer les devoirs et les responsabilités qui m’incombent en tant que vingtième commandant de l’Aviation royale canadienne.À titre de membre de la famille de la Force aérienne depuis ma naissance, c’est un vrai honneur pour moi d’avoir le privilège de mener l’Aviation royale canadienne à ce moment précis de sa grande histoire, qui s'étale sur quatre-vingt-quatorze ans.

Je voudrais d’abord remercier le général Vance de la confiance qu’il m’a accordée.

Général Vance, c’était un grand honneur de vous servir, vous et l’Équipe de la Défense, à titre de directeur d’état-major [de l’État-major interarmées stratégique]. Je dirais que cette expérience m’a permis d’évoluer et certainement d’apprendre, et qu’elle a sincèrement été rendue encore plus gratifiante grâce à l’occasion de travailler avec une équipe extraordinaire de dirigeants supérieurs tout simplement incroyable, dont font partie nos dirigeants et collègues merveilleux et dévoués du centre-ville. Je suis ravi que John Hannaford [conseiller aux politiques étrangères et à la défense auprès du premier ministre] soit ici pour représenter cette partie de l’équipe.

Si j’ai appris une chose au cours des trois dernières années que j’ai passées à Ottawa, c’est le concept de « voler en formation », un terme que [le lieutenant-général] Mike [Hood] a utilisé à titre de commandant. La réussite est tributaire de notre capacité d’agir comme une seule équipe, ici, à Ottawa, afin d’accomplir notre travail. [Général Vance], Monsieur, je suis certainement impatient de continuer mon travail sous votre direction au cours des prochaines années et sous la direction de notre sous-ministre et de notre ministre. Je sais que [ma femme] Joy se réjouit de m’accompagner dans cette aventure.

Comme certains d’entre vous le savent, je fais partie de l’ARC depuis ma naissance à l’hôpital de Trenton, prêt à servir pour la vie. . . en portant des couches bleues de l’Aviation royale canadienne, venu au monde au son du rugissement du moteur d’un CC‑130 [Hercules] qui amorçait son atterrissage à la base des Forces canadiennes Trenton. Depuis ce temps, je dirais, après une période de réflexion au cours des dernières semaines, que ma vie a compté trois étapes distinctes.

La première étape a consisté en une période de dix ans que j’ai passés en tant que fils de militaire à Trenton. Je fréquentais l’école de la base et je livrais le journal local avec mon fidèle frère David, tout en découvrant les moindres recoins de la BFC Trenton. C’était une belle période lors de laquelle je ne me suis pas attiré trop d’ennuis, mais j’ai certainement appris ce que c’était de faire partie d’une famille militaire.

J’ai entamé la deuxième étape à l’âge de 18 ans comme élève-officier enthousiaste et prêt à tout au Collège militaire royal de Kingston. J’ai commencé à apprendre ce qui, comme je le sais aujourd’hui, constitue le fondement de notre organisation : des valeurs comme le sens du devoir, la loyauté, le service et le dévouement et, surtout, l’importance de surmonter des difficultés en équipe, que ce soit en classe ou au terrain de parade, pendant l’entraînement militaire ou même sur la glace. Je suis tout à fait ravi ce matin, dans ce contexte, de saluer mon commandant, le commodore (à la retraite) Ed Murray, mon directeur général de hockey, le major Bill Oliver (et sa femme Rolande), et de nombreux confrères et consœurs de ma cohorte de 1989 qui sont présents. Je vous remercie.

La troisième phase, quant à elle, commence probablement aujourd’hui, où j’ai l’honneur de diriger une équipe superbe afin de continuer à faire progresser l’Aviation royale canadienne en tant qu’équipe unie et déterminée.

C’est notre histoire empreinte de fierté qui nous inspire, qui nous donne un objectif et qui nous guide vers l’avenir. D’ailleurs, je suis récemment revenu de la cérémonie d’ouverture du mémorial international du Bomber Command dans le Lincolnshire, en Angleterre, le cœur du Bomber Command durant la Seconde Guerre mondiale. Ce voyage m’a rappelé de façon frappante le travail courageux accompli par le personnel de l’ARC lors de cette période de la guerre et que, entre autres, quelque 10 000 militaires de l’ARC ont malheureusement perdu la vie pendant cette campagne difficile.

C’était un grand honneur pour moi de me trouver aux côtés de l’un de nos héros canadiens : Stuart Vallières, âgé de 95 ans, dont l’appareil a été abattu durant sa 33e mission à bord d’un bombardier Halifax à l’été 1944. Prisonnier de guerre des Allemands pendant quatre mois, Stuart nous a décrit, à nous qui formions un petit groupe au Pentwood Pub, un hôtel célèbre où les Dambusters se rassemblaient avant le début de leur mission, comment il a fracturé le nez d’un gardien allemand agressif qui a craché sur lui pendant qu’il se reposait sur sa civière après une intervention chirurgicale. Mesdames et Messieurs, si ça, ce n’est pas du courage, si ça, ce n’est pas un esprit de combat, alors je ne sais pas de quoi il s’agit!

Stuart, je suis très heureux de vous voir ici, ce matin, avec votre fils Dave. Si je comprends bien, Dave est également le nom d’un des membres de votre équipage courageux de cette journée historique de l’été 1944. C’est merveilleux de vous voir aux côtés d’un autre ancien combattant, le lieutenant-général Richard Rohmer.

Mesdames et Messieurs, si vous le voulez bien, applaudissons tous nos anciens combattants.Je témoigne ma plus grande reconnaissance aux hommes et aux femmes de l’Aviation royale canadienne qui participent au défilé aujourd’hui. Ils représentent ce qui est – et ce qui demeurera – le cœur de notre organisation : les 14 000 militaires de l’Aviation royale canadienne et nos collègues civils de nos escadrons, de nos unités, de nos escadres et du quartier général. Chacune de ces personnes, jour après jour, nuit après nuit, participe directement ou indirectement à l’exercice de la puissance aérienne et spatiale de notre pays. Je m’engage publiquement à travailler sans relâche afin de faire en sorte que nous soulignions comme il se doit votre dévouement et votre service.

Je vois le futur d’un œil extrêmement optimiste. Notre politique de défense confirme l’importance de la puissance aérienne et spatiale pour ce grand pays. Cette politique assure l’affectation de nouvelles et importantes ressources à l’appui de notre personnel en recourant à des capacités émergentes qui permettent de soutenir les opérations, notamment nos rôles cruciaux en matière de protection de la souveraineté, de recherche et de sauvetage et dans le cadre du NORAD, pour ne nommer que ceux-là. Pour ce qui est du NORAD, c’est une année spéciale [le 60e anniversaire du NORAD]. J’ai assuré le commandant du NORAD que ma vision pour l’avenir consiste à travailler en étroite collaboration avec ce commandement important.

Comme le CEMD l’a mentionné, nous nous apprêtons à déployer des forces opérationnelles aériennes au Mali et à Entebbe à l’appui des Nations Unies, tout en poursuivant les missions en cours, au Canada comme à l’étranger. Ce travail se poursuivra. Puisque j’ai participé activement aux opérations des Forces armées canadiennes au cours de la dernière année, je crois que je suis encore plus à même de comprendre et de constater l’importance de la puissance aérienne pour notre pays. Notre aptitude à exercer la puissance aérienne de manière intégrée avec précision, agilité et professionnalisme est ce qui nous permet de réellement nous démarquer sur la scène internationale. Je suis extrêmement fier de ce que réalisent les incroyables militaires de l’ARC, et leurs familles, quotidiennement pour les Canadiens.  

À titre de nouveau commandant, j’ai l’intention de préserver notre enviable réputation en matière d’excellence opérationnelle, ici et à l’étranger – c’est ce qui nous caractérise vraiment. Je crois que nous connaîtrons du succès à l’avenir, dans le développement de la Force aérienne de 2030 et au cours des années suivantes en mettant l’accent sur certains éléments : notre formidable équipe (inspirée par des gens comme Stuart Vallières), notre nouvelle politique de défense, notre programme et notre posture.

Il ne fait aucun doute que la voie que nous suivons vers l’avenir est tracée par nos gens. Les hommes et les femmes exceptionnels de l’Aviation royale canadienne demeurent notre plus grande force. Les militaires de la Force aérienne sont des gens extraordinaires, professionnels, capables d’accomplir de grandes choses et d’établir des normes de qualité respectées partout dans le monde. Nous devons nous employer à conserver leurs grands talents et à attirer dans nos rangs ceux qui possèdent les compétences et l’énergie qui nous permettront d’aller de l’avant.

Nous devons également continuer d’exiger de tous les militaires de l’Aviation royale canadienne, quel que soit leur niveau, qu’ils traitent leurs collègues avec dignité, respect et ouverture, des éléments absolument fondamentaux de notre réussite en tant que famille de professionnels. 

Nous devons mettre en œuvre la politique et les programmes d’investissement de la Défense dans un esprit de discipline et de détermination.

Nous devons aussi améliorer notre posture et notre état de préparation de telle manière que l’Aviation royale canadienne conserve son agilité et sa capacité, afin de produire les résultats opérationnels de plus en plus exigeants qui sont attendus de nous au fil de notre progression.

« Les gens, les politiques, les programmes et la posture » seront nos points d’ancrage à l’avenir.

Mais je suis d’avis, Mesdames et Messieurs, que seuls des escadrons et des unités tactiques bien menés, robustes, sains et accueillants permettront à l’Aviation royale canadienne d’exercer efficacement sa puissance aérienne et spatiale. Je crois fermement que si nous atteignons nos objectifs dans nos 39 unités de vol et nos 85 unités tactiques, nous serons promis à un brillant avenir. Je m’engage, en tant que commandant, guidant l’organisation pour les prochaines années, à prendre des décisions qui reposeront sur le principe selon lequel les hommes et les femmes de nos escadrons et leur riche et vibrante histoire demeurent le cœur même de l’Aviation royale canadienne.

J’aimerais terminer par quelques commentaires personnels.

Pendant ma carrière militaire, j’ai eu la chance d’avoir l’appui d’une famille forte; merci au CEMD de l'avoir saluée pendant son discours. Je sais que mon père, un adjudant-chef [et] arrimeur de l'ARC à la retraite qui a 36 ans d’expérience, et ma mère, la matriarche de la famille, resteront sans aucun doute une source d’inspiration pour Joy et moi à l’avenir. Et Papa, j’ai encore besoin de tes conseils passionnés sur les enjeux importants pour l’ARC.

Je témoigne aussi ma reconnaissance à mes beaux-parents, Bill et Barby Swanson, qui sont venus d’Edmonton. Je n’aurais pu souhaiter avoir de meilleurs beaux-parents. L’indéfectible soutien que vous avez apporté à la famille nomade Meinzinger depuis plus de 20 ans a été tout simplement incroyable. Je tiens à vous remercier de tout ce que vous avez fait pour nous aider à traverser toutes les épreuves. Je suis aussi heureux de voir que de nombreux membres du clan MacAlister sont présents; je tiens à remercier spécialement mon cousin Alan et ma cousine Sheila, qui sont venus de l’Écosse pour quelques jours afin de pouvoir partager ce moment spécial.

Bien entendu, cette journée ne serait pas la même sans la présence de Joy, de Shayna et de Nolan. Joy, tu as été notre source d’équilibre et d’énergie, mais aussi l’architecte de notre famille. Je tiens à te remercier d'avoir persévéré malgré l’incertitude, les sacrifices et les pressions qu’il faut affronter à la tête d’une famille militaire. Joy, Shayna et Nolan, je suis ici grâce à votre amour et votre soutien.

Je me dois également de souligner l’excellent travail du lieutenant-général Michael Hood au cours de son mandat à titre de commandant.

Mike, vous avez su nous faire progresser de manière à nous garantir une assise solide. Pendant deux années, en tant qu’adjoint, j’ai eu l’honneur de servir à vos côtés, et la route que vous avez tracée pour nous se dessine très clairement devant moi. Vous avez dirigé l’Aviation royale canadienne et servi votre pays avec une passion, un dévouement et une vision immenses, et vous devriez être très fier d’avoir ainsi propulsé l’Aviation royale canadienne vers l’avenir. Mon ami, je vous souhaite, à vous et à Maryse, la meilleure des chances pour cette prochaine étape du plan de vol.

En terminant, à titre de nouveau commandant de cette incroyable organisation, l’Aviation royale canadienne, je me sens très privilégié de diriger les membres du personnel de cette remarquable organisation empreinte de fierté et de prestige. Je me réjouis profondément de cette occasion stimulante, et j’assume mon commandement en gardant à l’esprit le travail considérable et important qui nous attend.

Je suis impatient de travailler avec vous tous, afin que nous puissions continuer ensemble à bâtir et à renforcer votre Force aérienne.

Sic itur ad astra. Merci – Thank you.

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