Les héros de la bataille d’Angleterre honorés dans la région de la capitale nationale

Article de nouvelles / Le 13 octobre 2017

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Par Joanna Calder

Il y a soixante-dix-sept ans, un petit nombre de pilotes, que le premier ministre britannique Winston Churchill a appelés « The Few », décollaient pour survoler le sud-est de l’Angleterre afin de contrer l’invasion de la Grande-Bretagne planifiée par les nazis.

« Il n’est pas de foyer dans notre île, ni dans notre empire, ni même dans le monde entier, si ce n’est chez les coupables, qui ne soit entièrement reconnaissant de ces vaillants aviateurs britanniques qui, sans se laisser intimider par le nombre, se montrant toujours à la hauteur de la tâche, et affrontant sans cesse la mort, font basculer le sort du monde par leur dévouement. Jamais, dans l’histoire de la guerre, tant de gens ont dû autant à si peu de personnes. Nous portons tous nos pilotes de chasse dans notre coeur; tous les jours, nous sommes témoins de leurs actes héroïques . . . »

Le 17 septembre 2017, des militaires de l’Aviation royale canadienne, des anciens combattants, des cadets de l’Aviation royale canadienne et des membres du public se sont réunis à nouveau pour honorer le courage et le sacrifice de ceux qui ont servi durant la bataille d’Angleterre, qui s’est déroulée à l’été et à l’automne de 1940. Dans la région de la capitale nationale, la cérémonie commémorative de cette année s’est tenue, pour la première fois, aux installations des Ailes d’époque du Canada, à l’Aéroport exécutif Gatineau-Ottawa, à Gatineau, au Québec.

La cérémonie solennelle visait à souligner la première utilisation du nouveau drapeau consacré du Commandement de l’Aviation royale canadienne lors d’un défilé depuis la présentation de celui-ci et du drapeau royal de l’ARC par le gouverneur général David Johnston, moins de trois semaines auparavant. 

« Les combats les plus intenses sont survenus le 15 septembre. Deux jours plus tard, l’Allemagne reportait l’invasion et, ultérieurement, elle se concentrerait sur d’autres objectifs. C’est pourquoi nous célébrons le troisième dimanche de septembre, ou autour de cette date », a expliqué le lieutenant-général Michael Hood, commandant de l’Aviation royale canadienne, durant la cérémonie. « La bataille d’Angleterre a constitué la première victoire des Alliés pendant la guerre, mais il s’agissait d’une victoire remportée de très peu. »

De nombreux aéronefs ont volé pendant la cérémonie nationale, dont un CC‑177 Globemaster III, qui a survolé les lieux pendant que Loreena McKennitt, colonel honoraire de l’ARC, entonnait le Ô Canada, ainsi qu’un Spitfire Mk IX et un Hurricane Mk IV des Ailes d’époque du Canada, qui ont survolé l’endroit pendant qu’un cornemuseur interprétait l’Élégie, après les deux minutes de silence et le Réveil. Deux CF-188 Hornet ont survolé la foule à la fin du discours du commandant, puis les Snowbirds, l’équipe de voltige aérienne des Forces canadiennes, ont clos la cérémonie en exécutant la formation en hommage aux pilotes disparus.

De plus, les Snowbirds ont fait une présentation aérienne après la cérémonie, et un survol inattendu a eu lieu durant le discours de la haute-commissaire britannique. « Je vous promets que je n’avais rien à voir avec ce survol de bernaches du Canada », a dit, à la blague, le lieutenant-général Hood.

Le major (à la retraite) Des Peters, ancien militaire de la Royal Air Force, de l’Aviation royale du Canada auxiliaire et de l’Aviation royale du Canada, a lu l’Acte du Souvenir, soit une strophe du poème de Laurence Binyon, Prière avant le combat. Le sergent de section Jacob Ferguson, du 75e Escadron des Cadets de l’Aviation royale canadienne Barrhaven, a ensuite fait la lecture de la Promesse de se souvenir.

Acte du Souvenir

Ils ne vieilliront pas comme nous, qui leur avons survécu.
Ils ne connaîtront jamais l’outrageni le poids des années.
Quand viendra l’heure du crépusculeet celle de l’aurore,
nous nous souviendrons d’eux.

Promesse du souvenir

Ils étaient jeunes, jeunes comme nous,
Ils ont servi, donnant généreusement d’eux-mêmes.
Nous leur promettons, en dépit du temps qui passe,
De porter le flambeau et de ne jamais oublier.
Nous nous souviendrons d’eux.

« Près de 3 000 pilotes de chasse alliés ont reçu l’agrafe de la bataille d’Angleterre, dont plus de 100 étaient canadiens », a dit Susan le Jeune d'Allegeershecque, haute-commissaire britannique. « Malheureusement, moins de 10 de ces braves hommes sont encore en vie aujourd’hui. Quelque 200 autres aviateurs canadiens ont combattu dans le Bomber Command et le Coastal Command de la Royal Air Force durant cette période, et environ 2 000 Canadiens faisaient partie du personnel de piste. N’oublions surtout pas que l’un des escadrons les plus efficaces, le 303e Escadron polonais, relevait du Canadien John Kent, de Winnipeg, appelé Kentowski par ses camarades polonais. »

« Bien entendu, pour remporter une bataille il faut plus que de la bravoure et de l’héroïsme », a poursuivi la haute-commissaire. « Puisque des dizaines de chasseurs étaient abattus lors des combats aériens désespérés au-dessus du sud de l’Angleterre, nous n’aurions pas pu remporter la bataille d’Angleterre si nous n’avions pas su remplacer les aéronefs détruits. Aux côtés de pilotes fraîchement débarqués, les ressources canadiennes et la production des usines ont lentement renversé la vapeur. Dirigée par le baron des journaux canadiens, Max Aitkin (ou lord Beaverbrook), en sa qualité de ministre de la production aérienne, la production a connu un tel succès que, malgré la perte de plus de 100 % de son effectif, la RAF a néanmoins terminé la bataille plus forte qu’elle ne l’était lorsqu’elle s’y était lancée. »

« Vingt-trois d’entre eux ont consenti le sacrifice suprême pendant la bataille, alors que 35 autres ont perdu la vie avant la fin de la guerre, en 1945. C’est donc dire que, au cours de la guerre, plus de la moitié des pilotes qui ont participé à la bataille d’Angleterre ne sont jamais rentrés à la maison », a ajouté le lieutenant-général Hood.

« Nous saluons aujourd’hui la bravoure de ceux qui ont combattu pendant la bataille d’Angleterre, mais rappelons-nous aussi toutes nos aviatrices et tous nos aviateurs, passés et actuels, qui ont servi et continuent de servir le Canada et les Canadiens au pays et dans le monde afin de défendre la liberté et d’assurer la sécurité. Et par la même occasion, gravons les mots de la devise de la Force aérienne dans notre cœur : Sic itur ad astra. "Telle est la voie vers les étoiles." »

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