Pour bravoure – Aviateur-chef Karl Mander Gravell

Article de nouvelles / Le 16 mars 2016

Par le major Bill March

Karl Mander Gravell, est né à Norkkoping, en Suède, le 22 septembre 1922. Sa famille et lui ont immigré au Canada en 1937, s’installant à Vancouver, en Colombie-Britannique. En septembre de cette année-là, Gravell, qui est maintenant un citoyen canadien naturalisé, fréquente les écoles secondaires de Kitsilano et de King Edward, recevant son diplôme de cette dernière école en 1940.

Un modéliste passionné ayant un intérêt marqué pour l’aviation en général, Gravell s’enrôle dans l’Aviation royale canadienne (ARC) le 15 mars 1941. Sa carrière au sein de la Force aérienne durera moins de huit mois. Un parmi les 856 stagiaires du Programme d’entraînement aérien du Commonwealth britannique (PEACB) qui sont décédés, Gravell a été décoré de la Croix de George pour un acte « d’extrême héroïsme ou de courage extraordinaire dans des situations extrêmement périlleuses ».

Les recrues étaient envoyées à un des dépôts des effectifs où elles recevaient de l’instruction sur les exercices, les coutumes militaires, la tenue, la conduite, etc. – en d’autres mots, tout ce qui était nécessaire pour faire des civils des membres de l’ARC. De plus, les jeunes hommes, et plus tard, les jeunes femmes, devaient parfaire leur condition physique et leurs connaissances sur le plan académique avant de subir une batterie de tests pour déterminer où leurs capacités se révéleraient les plus utiles dans la Force aérienne. Le personnel du Dépôt des effectifs no 2, à Winnipeg, au Manitoba, a déterminé que l’aviateur de deuxième classe Gravell devrait recevoir une instruction comme radiotélégraphiste-mitrailleur.

Ayant été au dépôt des effectifs depuis mars, où il était sous étroite surveillance pendant presque chaque minute de la journée, il a eu son premier goût de la liberté quand il a été affecté à l’École de pilotage militaire no 12, à Brandon, au Manitoba, le 16 mai 1941. Habituellement, un stagiaire radiotélégraphiste-mitrailleur aurait été envoyé à une école de radio-navigants, mais la vague continue de candidats donnait souvent lieu à une période d’attente pour obtenir une place au cours; c’est pourquoi ils étaient envoyés à diverses stations et étaient employés selon les besoins. Pour Gravell, cela signifiait monter la garde à Brandon jusqu’à son affectation à la 2e École de radio-navigants à Calgary, en Alberta.

À bien des égards, l’aviateur de deuxième classe Gravell était un adolescent canadien typique. Il avait parfois de la difficulté à se lever pour le travail (il a été en consignation à la base pendant trois jours le 22 octobre pour « ne pas s’être levé au Réveille ») ou à demeurer éveiller (il s’est vu confisquer sept jours de solde pour « s’être endormi lors d’un tour de garde »). Il ne souhaitait pas perdre ses temps libres (sept jours de consignation à la base le 16 septembre pour ne pas s’être présenté au rassemblement des contrevenants) et il s’échappait parfois sans permission (120 heures de détention pour « s’être évadé de la caserne » le 5 septembre alors qu’il était déjà un contrevenant).

De plus, Gravell ne suivait pas toujours les règlements (trois jours de consignation à la base pour avoir fumé dans une zone interdite) et n’aimait pas être confronté à l’autorité (il a été accusé de « conduite préjudiciable au bon ordre et à la discipline de la Force aérienne, car il s’est caché, quand il savait que les autorités étaient à sa recherche »). On peut imaginer l’adjudant de la station qui lève les yeux sur l’aviateur-chef Gravell et qui s’exclame « Quoi, encore vous?! »

Malgré ses démêlés avec les autorités de l’ARC, l’aviateur-chef Gravell a commencé son instruction en vol le 23 septembre lors d’un vol d’une heure dans un avion Norseman. Au cours des prochaines semaines, il a pris son envol de façon assez régulière, menant divers exercices conçus pour se familiariser avec les tâches prévues d’un radiotélégraphiste à terre. Le 10 novembre 1941, Gravel devait effectuer un vol d’entraînement de radiogoniométrie dans le cadre duquel il devait être capable de repérer et d’identifier un signal de radiophare.

Son pilote pour la journée, le lieutenant d’aviation James Robinson, avait servi dans le Royal Flying Corps/Royal Air Force pendant la Première Guerre mondiale. Ayant laissé de côté sa carrière comme avocat à Jasper, en Alberta, il s’est enrôlé dans l’ARC le 4 novembre 1940 et a suivi un entraînement d’appoint d’environ 50 heures à l’école élémentaire de pilotage No 16, à Edmonton, en Alberta, avant d’être affecté à la 2e École de radio-navigants le 7 janvier 1941, à titre de pilote d’état-major.

Robinson est passé prendre Gravell et les deux hommes se sont dirigés vers l’avion d’entraînement Gipsy Moth DH-60 de De Havilland pour ce qui devait être tout sauf un vol de routine.

À mi-chemin pendant le vol, l’avion Moth s’est écrasé près de l’école Big Springs dans la vallée Simmons, tout près de Calgary. L’avion a pris feu dès l’impact. Gravell, qui était gravement blessé et avait perdu un œil, a pu s’éloigner de l’épave bien que ses vêtements soient en feu.   Lorsqu’il s’est rendu compte que le pilote était toujours pris dans l’avion en feu, il a immédiatement essayé de secourir son ami malgré les flammes.

Grièvement brûlé, Gravell a été éloigné de l’avion en feu par Mme Frances Walsh, enseignante de l’école locale, qui a par la suite indiqué que les dernières pensées de Gravell étaient pour son ami, car il a demandé, « est-ce que j’ai pu sortir Jimmy? » Il a succombé à ses blessures peu de temps après.

Avant tout une distinction accordée aux civils, la Croix de George pouvait être décernée au personnel militaire dans des circonstances pour lesquelles « des honneurs purement militaires ne pouvaient être accordés et les actes n’étaient pas en présence de l’ennemi. » Elle se classe au deuxième rang, tout juste après la Croix de Victoria parmi les décorations de bravoure.

L’aviateur-chef Gravell est un des dix Canadiens à recevoir la Croix de George pendant la Seconde Guerre mondiale. La citation indiquait ce qui suit :

« En novembre 1941, un avion d’entraînement s’est écrasé et a immédiatement pris feu. L’aviateur-chef Gravell, qui était en formation à titre de radiotélégraphiste-mitrailleur, a réussi à se sortir de l’épave et de s’en éloigner. Malgré le choc intense causé par la perte d’un œil et des brûlures graves qu’il a subies au moment de l’écrasement, l’aviateur-chef Gravell ne pensait qu’au bien-être de son pilote. Le pilote était toujours dans l’avion et Gravell a ignoré ses propres blessures et le fait que ses vêtements étaient en feu et a essayé de se rendre de nouveau à l’épave en feu pour le sortir. Il venait à peine d’atteindre l’avion lorsqu’il a été traîné et roulé par terre pour éteindre les flammes qui avaient maintenant complètement enveloppé ses vêtements. L’aviateur‑chef Gravell est ensuite décédé de ses brûlures. S’il n’avait pas pris en considération la sécurité de son pilote avant sa propre sécurité et qu’il avait éteint les flammes sur ses vêtements, il ne serait probablement pas décédé. »

Les caporaux et les caporaux-chefs de l’École de l’ARC à la 16e Escadre Borden, en Ontario, se souviennent aussi de lui et lui rendent hommage. Un membre de chaque escadrille du Cours de qualification élémentaire en leadership reçoit la distinction de l’aviateur‑chef Gravell en reconnaissance de ses capacités exceptionnelles en leadership ainsi qu’en renforcement de l’esprit d’équipe et de l’esprit de corps.

L’aviateur-chef Karl Mander Gravell est enterré au cimetière Mountain View à Vancouver, en Colombie-Britannique.


 

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