ARCHIVÉE - S’entraîner en milieu austère

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Article de nouvelles / Le 23 avril 2015

Par le lieutenant Olivier Gallant

Depuis 30 minutes déjà, la nature à son état sauvage et intouché défile sous l’appareil. Silence total sur la radio. C’est d’abord une piste de sable qui se dessine imperceptiblement à l’horizon et ensuite l’agglomération que forme les quelques bâtiments d’un camp érigé au milieu d’une forêt de conifères. Le pilote débute les procédures d’atterrissage et il attend à la toute dernière minute avant d’entamer sa descente vers la Zone d’entraînement de la 5e Escadre Goose Bay (Terre-Neuve-et-Labrador).

Une des missions de la 5e Escadre est de fournir du soutien à l’entraînement des Alliés, du NORAD et des Forces armées canadiennes. La Zone d’entraînement est un des nombreux atouts que l’Escadre met à la disposition des unités qui viennent s’y entraîner. Ce secteur se situe à 100 kilomètres au sud-ouest de la base. Il s’agit d’un terrain complètement isolé d’une superficie de 173 km2 et dont l’unique manière de s’y rendre est par la voie des airs, aucune voie terrestre.

Pourquoi la Zone d’entraînement est-elle si appréciée? « C’est très exactement pour son isolement et l’environnement austère qu’elle procure aux unités qui l’utilisent pour leur entraînement », affirme le major Joe Oldford, chef des opérations de la 5e Escadre. « La section des opérations de la base à la capacité d’y organiser des entraînements à longueur d’année, autant pour des opérations terrestres que pour des opérations aériennes. »

La piste de sable en été se couvre d’un épais tapis blanc en hiver. Elle y accueille régulièrement des appareils de type Twin Otter, des Transalls allemands et des CH-146 Griffon du 444e Escadron de soutien au combat basé à la 5e Escadre. En septembre 2014, pour une toute première fois, un CC-130 Hercules a atterris sur la piste.

Les troupes qui s’y déploient ont accès à trois champs de tir aux différentes superficies et l’essentiel pour y entraîner des contrôleurs aériens avancés. La géographie du terrain permet de mettre en place une variété de scénarios de combats spécialisés. Le terrain serait également propice pour y parachuter des troupes, si nécessaire.

Le camp comprend cinq refuges pouvant loger environ 90 personnes. On y trouve entre autres, une cuisine, une salle à manger et des garages pour y ranger les véhicules qui servent à l’entretien des lieux et de la piste. Des panneaux solaires ainsi qu’une génératrice alimentent le camp en électricité.

« Même si le camp offre quelques services de bases, ses utilisateurs apprécient le fait qu’ils ne doivent compter que sur leurs propres ressources pour s’y entraîner. Ils s’entraînent pour ainsi dire comme en situation de combat », affirme le major Oldford. « Et les usages de la Zone d’entraînement de la 5e Escadre sont aussi variés que ses usagés. »

Un champ de tir pour les avions de chasse

La 5e Escadre détient également un Centre d’entraînement d’opérations interarmées et multinationales qui comprend un secteur d’entraînement aérien qui s’étend au-dessus du Labrador et du Québec – sa superficie est équivalente à l’étendue du Royaume-Uni. Ladite Zone d’entraînement est située dans le sud de ce secteur d’entraînement aérien et elle peut servir de champ de tir pour les avions de chasse. Pour ce faire, plusieurs cibles construites en bois telles que des bâtiments, de faux avions et de faux véhicules sont dispersés dans la zone. Des pilotes de chasse viennent y larguer des munitions à guidage de précision d’entraînement à bord de CF-188 Hornets afin d’accroître leurs compétences dans le domaine des opérations air-sol – une aptitude qu’ils doivent maîtriser à la perfection.

Une zone d’entraînement pour les forces terrestres

Au cours des mois de juillet et août 2014, l’exercice Northern Frontier a mis à l’épreuve des technicien en génie militaire de la réserve américaine qui y ont construit un pont afin d’entraîner les troupes américaines à opérer en milieu isolé. La structure est maintenant utile pour les autres utilisateurs puisqu’elle facilite les déplacements sur le terrain.

L’Armée allemande y déploie régulièrement des militaires afin que ces derniers puissent acquérir des compétences de combats hivernales en milieu isolé. Ces exercices sont particulièrement difficiles à reproduire en Allemagne, pays dans lequel la population est très dense et où les espaces libres de toutes présences humaines se font rares.  

Plus récemment, en février 2015, au cours de l’Exercice Northern Sapper, des unités de la 5e Division du Canada, l’Armée dans le Canada atlantique, y ont déployé des Ingénieurs de combat pour y pratiquer de la destruction d’explosif. En plus de l’isolement, les militaires ont bravé les grands froids du Labrador.

À venir…

En juin 2015, l’Aviation royale canadienne utilisera le Centre d’entraînement d’opérations interarmées et multinationales de la 5e Escadre Goose Bay lors de l’exercice Phoenix Warrior. C’est plus particulièrement la 2e Escadre Bagotville – l’escadre expéditionnaire aérienne – qui mènera cet exercice et elle pourra compter sur la 8e Escadre de Trenton qui fournira un soutien aérien avec ses CC-130 Hercules. C’est à bord de ces appareils de transport que le personnel et le matériel seront acheminés à la Zone d’entraînement de la 5e Escadre. Une fois sur place, les militaires établiront une base d’opération avancée et ils y opéreront comme en situation de combat.

« Ce genre d’entraînement met à l’épreuve plusieurs atouts de l’Aviation royale canadienne en situation de combat simulée, en milieu austère. Il s’agit d’une première à la 5e Escadre. L’exercice s’avère très prometteur et je suis certain que les conditions qu’offre le Labrador mettront au défi les participants de l’Aviation royale canadienne », explique le Lieutenant-Colonel Luc Sabourin, Commandant de la 5e Escadre Goose Bay. « Les unités qui utilisent notre Zone d’entraînement repoussent immanquablement leurs limites en s’isolant de la sorte. »

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