ARCHIVÉE - Sergent Mark Salesse : À la mémoire de notre frère à tous

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Article de nouvelles / Le 12 février 2015

Par le capitaine Bettina McCulloch-Drake

Il était réellement un géant parmi les hommes. Le sergent Mark Salesse affichait une présence physique qui ne passait jamais inaperçu, mais il avait un tel souci d’aller vers les autres et de les aider que tous le considéraient comme un frère ou comme un ami. 

La dernière fois qu’il a été vu vivant par trois de ses compagnons de recherche et sauvetage du 435e Escadron de transport et de sauvetage à Winnipeg, au Manitoba, le sergent Salesse, âgé de 44 ans, était dans son élément le jeudi 5 février 2015 avant qu’une avalanche ne l’emporte et qu’il se retrouve enseveli par les neiges qui couvrent le Polar Circus dans le parc national Banff, en Alberta. Les efforts initiaux déployés par son partenaire d’escalade immédiatement après l’avalanche, et les recherches subséquentes effectuées par les spécialistes de la sécurité des visiteurs de Parcs Canada ont été ardus en raison des mauvaises conditions climatiques qui venaient accroître le risque d’autres avalanches. Enfin, le mercredi 11 février, le corps du sergent Salesse a été retrouvé et retiré de ce terrain dangereux.

Sa mère, Liz Quinn a déclaré que « notre consolation est que Marc est mort en faisant ce qu’il aimait par-dessus tout, dans les majestueuses montagnes qui l’attiraient tant. Il a choisi l’endroit de son dernier repos. Il est en paix. »

Originaire de Bathurst au Nouveau-Brunswick où son père Maurice vit toujours, Mark Salesse s’est enrôlé dans les Forces armées canadiennes à l’automne 1989 à l’âge de 18 ans, comme membre des Governor General Foot Guards, une unité d’infanterie de la Première réserve à Ottawa, en Ontario. Après avoir servi dans les Foot Guards pendant un an, il est déménagé en Colombie-Britannique où il se joindre au British Columbia Regiment (Duke of Connaught’s Own), un régiment de reconnaissance blindé de la Force réserve, situé à Vancouver, en Colombie‑Britannique.

Son amour pour les sports de plein air et les défis physiques était comblé en Colombie-Britannique. Profitant de la proximité des Rocheuses et de l’océan Pacifique, le sergent Salesse s’adonnait à l’alpinisme, à l’escalade sur les rochers et sur la glace, et à la plongée en scaphandre autonome. Grâce à sa formation au sein de l’Armée canadienne, le parachutisme était vite devenu un autre élément de son style de vie actif.

Après avoir pris la décision de revenir à l’infanterie après presque de neuf ans au sein du Corps blindé, le sergent Salesse est passé à la Force régulière et a été affecté au 2e Bataillon, Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (2 PPCLI) à Winnipeg, au Manitoba.

C’est en sa qualité de membre du 2 PPCLI que le sergent Salesse a montré de façon éloquente qu’il pouvait s’adapter rapidement à des situations changeantes : il a pu également faire la preuve de sa volonté à aider les autres ainsi que de son professionnalisme.  En tant que récipiendaire de la mention élogieuse du Commandant de la Force terrestre de la région de l’Ouest pour son service dans le cadre de l’opération Prudence, la mission des Nations Unies en République centrafricaine d’octobre 1998 à janvier 1999, il a été remarqué comme modèle et comme quelqu’un qui savait faire preuve d’esprit d’équipe.

Le commandant qui l’a recommandé pour l’octroi de la mention élogieuse a indiqué que le sergent Salesse s’était porté volontaire pour effectuer des quarts de travail très longs et difficiles à titre de chauffeur du contingent de façon à pouvoir interagir avec les soldats et les civils des autres contingents. Le sergent Salesse, a-t-il ajouté, était très respecté de ses supérieurs et des dirigeants des autres contingents. Grâce à son énergie débordante et à son civisme, il a su projeter une image très professionnelle de ce qu’un soldat canadien devrait incarner pour les soldats d’autres pays.

Le sergent Salesse est appelé une fois de plus à servir outre‑mer, cette fois-ci en Bosnie‑Herzégovine, aux côtés de l’OTAN, dans le cadre de l’opération Palladium. Il a participé à deux reprises à cette mission, pour laquelle il a reçu la médaille de l’OTAN pour l’ex‑Yougoslavie, la Médaille canadienne du maintien de la paix et la médaille non‑article 5 de l’OTAN pour les opérations dans les Balkans.

Fort de son expérience au sein de l’Armée canadienne, le sergent Salesse décide de proposer sa candidature à titre de technicien en recherche et sauvetage. Les techniciens en recherche et sauvetage ne sont recrutés qu’au sein des Forces armées canadiennes et le processus d’embauche est si compétitif que parmi les dizaines de candidats retenus pour participer à un cours de présélection de deux semaines au lac Jarvis (Alberta) en février, seuls 16 sont choisis pour participer au cours de formation de 11 mois offert à l’École de recherche et de sauvetage des Forces canadiennes (ERSFC) à Comox (Colombie‑Britannique). 

Les états de service exemplaires du sergent Salesse, combinés aux recommandations convaincantes de sa chaîne de commandement au 2 PPCLI, à son excellente condition physique et à son expérience en alpinisme, en escalade de glace/rocher, en plongée sous‑marine et en parachutage font de lui un excellent candidat pour ce travail spécialisé.

Muté à l’Aviation royale du Canada en juin 2004, le sergent Salesse entame sérieusement sa formation de technicien en recherche et sauvetage en août. Son expérience précédente au sein de l’Armée canadienne l’avait bien préparée à divers volets de sa formation en recherche et sauvetage, dont les opérations en hiver et les opérations en montagne. Cependant, c’est sa capacité à motiver et à inspirer les autres à travailler en équipe dans des situations difficiles qui a impressionné ses instructeurs.

S’adaptant rapidement aux exigences du travail de technicien en recherche et sauvetage, le sergent Salesse termine avec succès le programme de l’ERSFC. Au cours des années subséquentes, il suivra une formation paramédicale en soins primaires ainsi que des cours de plongée et de supervision des techniciens en recherche et sauvetage. 

Chef de file reconnu, ce géant parmi les hommes a également servi au sein du 442e Escadron de transport et de sauvetage de la 19e Escadre Comox (Colombie‑Britannique), du 444e Escadron de soutien au combat de la 5e Escadre Goose Bay (Terre‑Neuve‑et‑Labrador) et du 435e Escadron de transport et de sauvetage de la 17e Escadre Winnipeg (Manitoba).

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