ARCHIVÉE - Profil de courage – le commandant d’aviation James Arthur « Johnnie » Walker

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Article de nouvelles / Le 26 août 2015

Par le major William March

On soulignera le 75e anniversaire de la bataille d’Angleterre le dimanche 20 septembre 2015. Une cérémonie nationale se déroulera sur la Colline du Parlement à Ottawa et des cérémonies locales auront lieu partout au Canada.

111e Escadron de la Royal Air Force

James Arthur Walker a grandi dans la petite ville de Gleichen, en Alberta, située à environ 80 kilomètres à l’est de Calgary. Enfant des prairies, habitué aux hivers longs et froids et aux étés courts et chauds, Walker décide à 20 ans de se lancer dans une carrière d’aviateur au sein de la Royal Air Force (RAF). S’engageant pour une courte durée en mars 1938, le 21 mai il entre à la 2e École de pilotage de la RAF, à Brize Norton, Oxfordshire, Angleterre.

Dans la période d’instruction qui suit, le sous-lieutenant d’aviation stagiaire Walker apprend à piloter les avions Hart, Audax et Fury. Le jeune Canadien se révèle être un excellent pilote et, après l’obtention de son diplôme, il est affecté au 111e Escadron de la RAF à Northolt, dans l’arrondissement londonien de Hillingdon, le 17 décembre 1938.

Walker est arrivé au 111e Escadron juste au moment où l’unité recevait ses avions de combat Hawker Hurricane Mark I. Contrairement à beaucoup de ses contemporains, il a pu accumuler un nombre assez important d’heures à bord du Hurricane avant de se retrouver en action contre la Luftwaffe en mai 1940. Les forces allemandes étaient en train d’écraser les armées alliées en France et en Belgique, et le 111e Escadron était l’une des unités chargées d’effectuer des missions aériennes défensives pour couvrir la retraite. Le 18 mai, le sous-lieutenant d’aviation Walker a détruit un avion d’observation Henschel 126 et a participé à la destruction d’un bombardier Heinkel 111. Même si de multiples sorties étaient souvent effectuées chaque jour, il semblait qu’il n’y avait pas moyen de repousser l’avancée allemande, tant sur terre que dans les airs, mais Walker n’était pas homme à renoncer et a revendiqué la destruction d’un Messerschmitt Bf-109 à la fin du mois.

Lorsque les forces alliées vaincues ont été réunies dans le port français de Dunkerque, la bataille entre les deux forces aériennes opposées a atteint son paroxysme. La Luftwaffe était déterminée à empêcher le départ du reste des armées britannique et française, tandis que la RAF était tout aussi déterminée à faire cesser les attaques aériennes. Au moment où l’évacuation maritime de plus de 330 000 hommes au moyen de navires militaires et des « petits bateaux de Dunkerque », une flottille composée de centaines de navires de marine marchande, de bateaux de pêche, de canots de sauvetage et d’embarcations de plaisance, a pris fin à la mi-juin (l’opération Dynamo a été le nom donné à l’effort principal mis en place du 27 mai au 4 juin), Walker a revendiqué la destruction d’un Bf-109 supplémentaire et d’un bombardier Dornier Do-17.

Pour Walker et le 111e Escadron, il n’y a pas eu de trêve des combats entre Dunkerque et la bataille d’Angleterre. Opérant depuis la base de la RAF de Croydon aux abords de Londres, l’unité a été au cœur de l’action pour tout le reste du mois de juin et juillet. Bien que Walker a effectué de nombreuses sorties durant cette période, il n’a pas abattu d’autres appareils avant le 13 août, date à laquelle il a détruit un Do-17. On ne peut que se demander s’il a employé la tactique pour laquelle son escadron était de plus en plus reconnu. L’extrémité avant des bombardiers allemands, logeant les pilotes et le bombardier et souvent fermée par un plexiglas résistant aux chocs, était un point faible évident, mais, pour en tirer parti, il fallait procéder à une attaque frontale à grande vitesse. C’était une entreprise extrêmement dangereuse pour laquelle il ne fallait pas avoir froid aux yeux.

Le 16 août, Walker a remporté sa sixième victoire alors qu’il se trouvait au cœur d’un combat tournoyant impliquant plusieurs escadrons de la RAF attaquant une importante formation de bombardiers allemands escortés de chasseurs. Apercevant un Bf-109 qui poursuivait un Hurricane, Walker s’est rapidement positionné derrière l’aéronef allemand, s’est rapproché à quelques centaines de verges et l’a fait sauter en plein ciel. Cinq chasseurs de la Luftwaffe ont alors pris le Canadien en chasse, qui a réussi à les tenir en échec grâce à de violentes manœuvres évasives. Voyant d’autres proies, quatre des attaquants se sont mis à leur poursuite, mais le cinquième a réussi à toucher l’appareil de Walker plusieurs fois. Malgré un pare-brise partiellement recouvert d’huile, Walker est parvenu à changer de position avec le Bf‑109, mais, en raison de sa visibilité réduite, il a décidé de rentrer et de s’éloigner du combat.

À la fin du mois d’août, ayant bien combattu, l’escadron a été envoyé dans un secteur plus calme pour panser ses blessures et récupérer. La Croix du service distingué dans l’Aviation a été remise le 6 septembre 1940 à Walker, nouvellement promu lieutenant d’aviation. La citation qui accompagnait la décoration disait « qu’il était un pilote adroit et fiable ayant fait preuve d’une bravoure exceptionnelle face à des avions ennemis supérieurs en nombre ». C’était une juste reconnaissance d’un travail bien fait.

Vétéran grisonnant à l’âge de 22 ans, Walker a survécu à la bataille d’Angleterre, mais, comme bon nombre de ses contemporains, il n’a pas survécu à la guerre. Il a servi dans d’autres unités en Angleterre et au Moyen-Orient. Il a participé à la destruction probable d’un Junkers 88 en janvier 1941 et à l’endommagement d’un deuxième en mars de la même année. En 1943, le commandant d’aviation Walker a été nommé commandant du 31e Escadron de transport en Extrême-Orient.

Le 8 février 1944, son escadron exécutait un vol d’approvisionnement à bord de Dakota depuis Agartala, en Inde, lorsqu’il a été attaqué par des chasseurs japonais Zero. Selon le lieutenant d’aviation Andy Russel, un collègue canadien d’Indian Head, en Saskatchewan, le commandant d’aviation Walker avait donné des instructions explicites sur ce qu’il fallait faire en cas d’attaque, soit de descendre aussi bas que possible vers le sol et de se disperser dans toutes les directions. L’escadron a suivi ses instructions, mais il est resté en altitude, offrant une cible tentante aux pilotes japonais alors qu’il permettait à ses hommes de s’échapper. Ce fut un combat unilatéral et finalement son Dakota a été abattu et tout le monde à bord a perdu la vie.

Le corps du capitaine d’aviation Walker n’a jamais été retrouvé. Son nom est inscrit sur la colonne 432 du mémorial de Singapour, dans le cimetière militaire de Kranji, à 14 miles au nord de la ville de Singapour, en Malaisie. Il avait 25 ans au moment de son décès.

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