ARCHIVÉE - Profil de courage – Bataille d’Angleterre : Lieutenant d’aviation J. Stewart « Stew » Young

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Article de nouvelles / Le 27 juillet 2015

Par Major William March

On soulignera le 75e anniversaire de la bataille d’Angleterre le dimanche 20 septembre 2015. Une cérémonie nationale se déroulera sur la Colline du Parlement à Ottawa et des cérémonies locales auront lieu partout au Canada.

234e Escadron de la Royal Air Force

J. Stewart « Stew » Young, originaire d’Edmonton (Alberta) a eu la piqûre de l’aviation à un jeune âge. Après avoir suivi de nombreuses leçons au Northern Alberta Aero Club, il a effectué son premier vol en solo le 10 août 1935. Alors qu’il attendait sa licence d’Ottawa, il a vu une annonce dans le journal local invitant les jeunes hommes particulièrement intéressés par l’aviation à devenir membres de la Royal Air Force (RAF). Pour lui, il s’agissait d’une expérience unique.

Après une période d’exercices d’entraînement et autres formes d’instruction au sol, M. Young a reçu ses ailes à la station Ternhill de la RAF, située au Shropshire (Angleterre), gracieuseté de la 10e École de pilotage. Puisque les notes de son registre se situaient au‑dessus de la moyenne, il a été affecté à un escadron de bombardiers exploitant l’avion

Armstrong Whitworth Whitley, Mark I. Imaginez la surprise de ce pilote de bombardier ayant effectué plus de 400 heures de vol lorsqu’il a été muté au 2e groupement de pilotes convoyeurs à la station Filton de la RAF. Toutefois, cette affectation lui a permis de piloter 18 autres aéronefs, incluant le chasseur Spitfire.

« Le train d’atterrissage des premiers Spitfires était contrôlé manuellement », a affirmé M. Young. « La manette de poussée était à droite et la pompe du train d’atterrissage était à gauche – une disposition étrange puisque l’un rentrait le train après le décollage, actionnant la manette de poussée et le manche pilote au même moment. Le Spitfire était également difficile à manœuvrer au sol parce que son long nez s’élevait alors à angle aigu. Il fallait faire zigzaguer l’appareil pour s’assurer que la voie était libre. Par contre, une fois dans les airs, le Spitfire volait avec grâce et rapidité. Il s’agit sans contredit l’aéronef que je préfère. »

En novembre 1939, M. Young a été nommé pilote d’état‑major, pilotant ainsi l’avion Whitley Mark I à nouveau – cette fois à la 7e École de bombardement et de tir de Newton Down (Galles du Sud). Mais le destin a basculé durant la bataille d’Angleterre, lorsque les pertes parmi les équipages alliés ont augmenté et qu’on a demandé des volontaires pour un transfert au Fighter Command. Nouvellement promu, le lieutenant d’aviation Young ne s’est pas fait prier. Avec les mots d’encouragement de son commandant – « nous avons perdu beaucoup de gars extraordinaires, mais il vaut mieux que tu y ailles et devienne un héros » – résonnant dans sa tête, il s’est retrouvé au sein de l’unité d’entraînement opérationnel Spitfire, à Hawarden. Après 11 jours de vols en formation, de voltiges, de patrouilles de combat et de pratiques de combats aériens rapprochés et d’attaques latérales, il a été affecté au 234e Escadron de chasse à St Eval (Cornwall), le 19 septembre 1940.

Après avoir connu sa part de combats, son nouvel escadron avait été envoyé à St Eval, un lieu tranquille, pour une période de repos et pour accueillir les renforts tels que M. Young. Cela lui a donné l’occasion d’en apprendre davantage sur le Spitfire et de bénéficier des enseignements de vétérans tels que Jan Zurakowski, un des deux pilotes polonais de l’escadron. M. Zurakowski, qui a fait l’essai de l’avion CF105 Avro Arrow conçu et construit au Canada après la guerre, il était l’un des meilleurs pilotes que M. Young ait connus.

Pour M. Young, la bataille d’Angleterre était une période de patrouilles interminables entrecoupées de quelques poursuites d’aéronefs ennemis, son escadron devant protéger les cargaisons essentielles, ainsi que les ports de Falmouth et de Plymouth.

« La seule lumière visible provenait… des faisceaux lumineux traversant le ciel », a-t-il déclaré lors de son retour à l’aérodrome, le soir du 9 octobre 1940, après avoir tenté d’intercepter des attaquants allemands. « J’ai vite compris qu’il s’agissait de balles traçantes lancées par nos propres canons antiaériens Bofors qui venaient vers nous. »

Il n’a fait subir aucune perte à l’ennemi durant son affectation au 234e Escadron, mais il a été plus d’une fois la cible de la Luftwaffe, y compris lorsque le refuge de dispersion dans lequel lui et des camarades d’escadron se trouvaient a été incendié. Tous s’en sont sortis indemnes, mais ont passé quelques moments éprouvants à esquiver des débris de hangars et de véhicules détruits durant l’attaque.

Le lieutenant d’aviation Young a survécu à la guerre et est revenu au Canada. Il est décédé de causes naturelles le 19 novembre 2001, à Barrie (Ontario).

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