Un nouveau monument funéraire pour rendre hommage à un récipiendaire de la Croix de Victoria

Article de nouvelles / Le 19 mai 2017

Par Martin Zeilig

Le 9 mai 2017, par un matin venteux, mais clair, on a rendu hommage à un héros de l’air de la Première Guerre mondiale au cimetière historique Old Kildonan Cemetery à Winnipeg, au Manitoba.

Le sous-lieutenant Alan Arnett McLeod, aviateur canadien, a servi dans le Royal Flying Corps de la Grande-Bretagne (devenu plus tard la Royal Air Force) pendant la Première Guerre mondiale. Le 4 septembre 1918, le sous-lieutenant McLeod reçoit la Croix de Victoria, qui est décernée pour souligner la bravoure face à l’ennemi, en reconnaissance de ses actions le 27 mars 1918. Grièvement blessé ce jour-là, il rentre à Winnipeg pour se rétablir, où il meurt de la grippe le 6 novembre 1918.

« Le sous-lieutenant McLeod, VC, a été enterré sur le lot de sa famille marqué d’un monument funéraire en granite noir », a dit pendant la cérémonie le brigadier-général (retraité) David Kettle, ancien aumônier général des Forces armées canadiennes maintenant secrétaire général de l’Agence canadienne de la Commission des sépultures de guerre du Commonwealth, établie à Ottawa, en Ontario.

« On a inscrit son service militaire sur le monument, sur lequel figurent aussi l’emblème de la RAF et la Croix de Victoria. Au cours des dernières années, les responsables du cimetière ont demandé pourquoi le lieu de sépulture du sous-lieutenant McLeod n’était pas aussi marqué par un monument funéraire emblématique de la Commission des sépultures de guerre du Commonwealth. Les membres de la Commission ont constaté la situation et on a installé un monument vertical et une plaque pour rendre hommage à cet homme courageux et souligner ses actes héroïques. »

Le monument funéraire de la Commission des sépultures de guerre du Commonwealth, sur lequel est gravée la Croix de Victoria, et une plaque commémorative se trouvent au lieu où repose le sous-lieutenant McLeod, à côté du monument funéraire de la famille. La cérémonie de dévoilement du nouveau monument a attiré environ cent personnes, tant des militaires que des civils.

Fils du Dr Alexander Neil McLeod et de Margaret Lillian McLeod, Alan McLeod est né le 20 avril 1899, à Stonewall, au Manitoba, à environ 37 kilomètres au nord-ouest de Winnipeg.

« Très jeune, il manifeste sa passion pour les forces armées, et il s’enrôle dans la Fort Garry Horse Militia, à Stonewall, à l’âge de 14 ans », dit le lieutenant-colonel Christopher Morrison, de la 1re Division aérienne du Canada, à Winnipeg. « Après quelques tentatives de s’enrôler dans le Corps expéditionnaire canadien, il réussit à se joindre au Royal Flying Corps à son 18e anniversaire, en 1917, au Manitoba. »

À l’été 1917, on l’envoie suivre une formation de pilote au terrain d’aviation du Royal Flying Corps Canada à Long Branch, près de Toronto. Ayant effectué son premier vol en solo après deux heures quinze minutes de vol en double commande, il est considéré comme un pilote-né. Il obtient son diplôme en juillet et part pour l’Angleterre en août.

Le 27 mars 1918, le sous-lieutenant McLeod, alors âgé de 18 ans, et son observateur, le lieutenant Arthur Hammond, qui font tous les deux partie du 2e Escadron, volent à bord d’un appareil de reconnaissance Armstrong Whitworth FK lorsqu’ils sont interceptés par huit avions ennemis. Leur réservoir de carburant est touché et explose, et leur avion prend feu. Le sous-lieutenant McLeod est forcé de faire glisser l’appareil sur l’aile, incliné sur le côté, pour que lui-même et Hammond ne soient pas trop atteints par les flammes. Ils réussissent néanmoins à abattre trois avions au cours de cet affrontement. Le sous-lieutenant McLeod subit cinq blessures, et son observateur est atteint par six projectiles.

 

Citation de la Croix de Victoria

Compte rendu officiel de la réalisation récompensée

Durant un vol en compagnie de son observateur (le lieutenant A. W. Hammond, MC), pendant qu'il bombardait et mitraillait des formations ennemies, le lieutenant McLeod a été attaqué à une altitude de 5 000 pieds par huit triplans ennemis, qui ont plongé sur lui en faisant feu de leur mitrailleuse frontale. En manœuvrant habilement, le lieutenant McLeod a permis à son observateur de tirer à tour de rôle sur chaque appareil et d'en abattre trois. Même atteint de cinq balles, le lieutenant McLeod a poursuivi la bataille jusqu'à ce que son réservoir de carburant soit percé et prenne feu. Il a alors grimpé sur le plan de sustentation inférieur, tout en continuant à commander l'appareil depuis le côté du fuselage et, en effectuant une glissade à gauche, il a confiné les flammes d'un seul côté de l'appareil, ce qui a permis à son observateur de continuer de tirer jusqu'à ce que l'avion touche le sol. L'observateur avait été atteint de six balles lorsque l'avion s'est écrasé en terrain neutre. Malgré ses propres blessures, le lieutenant McLeod l'a sorti de la carcasse en feu, tout en essuyant les tirs nourris de mitrailleuses ennemies. Pendant son opération de sauvetage, le brave pilote a subi une autre blessure, cette fois-ci à cause d'une grenade, mais il a persévéré jusqu'à ce qu'il ait placé le lieutenant Hammond en relative sécurité. Il est alors tombé d'épuisement, au bout de son sang. Croix de Victoria.

 

« Le sous-lieutenant McLeod a extirpé son observateur inconscient des décombres en flammes et l'a tiré jusqu’à un trou d’obus à proximité où l'ennemi lui inflige une sixième blessure », poursuit le lieutenant-colonel Morrison. « Les deux hommes ont survécu à l’affrontement, et le sous-lieutenant McLeod a reçu la Croix de Victoria en raison de ses gestes. Il est rentré chez lui à l’automne 1918 [pour se remettre de ses blessures], où il a succombé à la grippe le 6 novembre 1918. »

Il est le plus jeune des trois aviateurs canadiens qui ont reçu la Croix de Victoria pendant la Première Guerre mondiale. En raison du rôle qu’il a joué dans les événements, le lieutenant Hammond a reçu une agrafe pour sa Croix militaire.

Parmi les personnes présentes à l’inauguration figuraient Alan Adams, résident de Hamilton, en Ontario, et neveu d’Alan McLeod, et Kathleen Williams, petite-nièce d’Arthur Hammond. Bien qu’il n’ait pas connu cet oncle qui a été un héros, M. Adams dit qu’Alan McLeod vit dans son imagination grâce aux récits de la famille.

Le lieutenant Arthur W. Hammond, observateur aguerri du RFC, avait déjà obtenu une Croix militaire lorsqu’il avait été jumelé au jeune Alan McLeod au printemps 1918, selon les renseignements fournis par Mme Williams. Les compétences et l’expérience de M. Hammond, combinés à l’habileté et au courage de M. McLeod, ont permis de former une équipe très efficace. Chacun n’a survécu que grâce à l’autre. Hammond était étendu au sol près de l’avion. Les deux hommes souffraient de blessures par balle et de brûlures. M. McLeod a tiré M. Hammond vers le territoire allié, mais, ce faisant, il a reçu une autre balle. Plus tard, on a dû amputer la jambe droite de M. Hammond dans un hôpital de la Croix-Rouge.

« Puisse ce monument commémorant l’énorme sacrifice personnel qu’a fait le sous-lieutenant Alan A. MacLeod, VC, constituer pour nous un rappel poignant de la guerre, et permettre aux générations futures de se souvenir », a conclu le brigadier-général Kettle.

« Nous nous souviendrons d’eux. »

Note de la rédaction : Bien que de nombreuses sources indiquent que le sous-lieutenant McLeod avait le grade de lieutenant, il a rendu l’âme avant de recevoir ce grade.

Rédigé à l’aide des dossiers d’Histoire et patrimoine de l’ARC.

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