Une séance de questions avec la colonel honoraire Loreena McKennitt à l’occasion du temps des Fêtes

Article de nouvelles / Le 3 novembre 2017

Par Melissa Addison

La Musique centrale des Forces armées canadiennes (MCFAC) tiendra son concert annuel des Fêtes les 12 et 13 décembre aux Théâtres Centrepointe, à Ottawa, auquel participera la chanteuse Loreena McKennitt. Nous nous sommes entretenus avec l’artiste pour savoir ce que signifie pour elle son rôle de colonel honoraire de l'Aviation royale du Canada, ce que c'est que de faire équipe avec la MCFAC et quelle est sa chanson des Fêtes préférée, bien sûr.

Qu’est-ce que vous aimez le plus de votre travail avec la Musique centrale des Forces armées canadiennes?

Tout d’abord, il m’arrive très rarement de me produire avec un aussi gros orchestre de cette nature. Cette occasion m’a également permis de chanter un répertoire différent. Bien sûr, c’est toujours merveilleux de pouvoir essayer de nouvelles choses sur le plan créatif, surtout avec un orchestre d’un tel calibre. C’est vraiment excitant de se retrouver sur scène avec eux, enveloppée par tous ces sons à couper le souffle. On plonge littéralement dans la musique. Il n’y a rien de tel au monde!

Quelle différence votre nomination à titre de colonel honoraire de l’Aviation royale canadienne a-t-elle faite dans votre vie?

Cette nomination a enrichi ma vie d’une façon que je n’aurais jamais pu soupçonner. En fait, je pense souvent que je profite davantage de cette association que l’ARC. Ma carrière est formée de deux volets, et le premier est l’aspect artistique. Le second est mon rôle de chef de la direction et directrice générale d’une petite entreprise internationale indépendante où je crée, produis et distribue de la musique dans le monde entier. Nous effectuons aussi parfois des tournées internationales avec une quarantaine de personnes, quatre autobus et deux camions. Je suis responsable de l’encadrement de tous les aspects de ces initiatives, autant les budgets et la logistique que la commercialisation et les communications.

Mon exposition à la structure d’une organisation militaire, y compris les politiques, les procédures et les protocoles, m’a permis de mieux comprendre l’importance de ces questions dans toute profession ou organisation. Cette structure est la charpente à laquelle d’autres contenus et les dimensions créatives peuvent se greffer sans crainte et avec succès. Ces aspects sont toutefois peu connus dans l’industrie de la musique. Je constate avec intérêt que, depuis ma nomination à titre de colonel honoraire, certaines personnes font des commentaires sur l’incidence que cela a eue sur mon style de gestion.

D’après vous, quelle incidence votre rôle de colonel honoraire de l’Aviation royale canadienne aura-t-il sur la collectivité des Forces armées canadiennes?

C’est difficile à dire, mais puisque ce poste a pour but de servir de pont entre les civils et les Forces armées canadiennes (FAC), j’espère qu’il y aura une certaine réciprocité dans les communications. Selon moi, beaucoup de travail de sensibilisation demeure à accomplir auprès du grand public. Je n’ai qu’à prendre ma propre expérience comme exemple. Jusqu’à cette nomination, j’en savais très peu sur ce que font les FAC pour les Canadiens, et j’en ai encore beaucoup à apprendre.

De toute évidence, en occupant la fonction de colonel honoraire pendant près de 11 ans, j’ai acquis une bien meilleure vue d’ensemble de la situation. Je m’emploie également, de toutes les façons possibles, à faire connaître ce que j’apprends, souvent dans le cadre de ma carrière ou simplement en tant que membre du public. J’espère que ça s’est révélé avantageux pour la collectivité des FAC.

En découvrant de plus en plus les difficultés particulières que vivent les familles de militaires, je me suis aussi engagée, où et quand je le pouvais, à offrir mes propres points de vue et expériences en tant que parent et directrice du Falstaff Family Centre, organisme consacré aux familles de Stratford, en Ontario, où je vis. Je m’efforce continuellement de parler au nom de toutes les familles.

De quoi êtes-vous la plus fière dans votre carrière?

Je suppose que je suis fière d’avoir, grâce à mon étude personnelle de l’histoire, particulièrement des Celtes, appris beaucoup de choses sur les peuples et les cultures au fil du temps. Je suis ravie de pouvoir transmettre ces connaissances par une musique que les gens aiment. Mais, vraiment, je suis moins préoccupée par la fierté de mes réalisations que par le sentiment d’accomplir des gestes importants.

Qu’aimez-vous faire durant votre temps libre?

J’aime passer du temps à l’extérieur; je fais du jardinage, de la randonnée pédestre, du camping et du vélo. Je consacre aussi une bonne part de mon temps à étudier le développement de l’enfant et les différents cadres dans lesquels nous nous démarquons en tant qu’espèce.

Avez-vous un souvenir favori parmi vos prestations?

Il y en a tellement... L’un d’entre eux serait certainement mon spectacle à l’Alhambra, à Grenade, en Espagne. Nous avons offert une série de concerts au château médiéval des Maures, dont un a été présenté sur le canal PBS dans le cadre de la série Great Performances. Nous avons également lancé un DVD et un CD de ces spectacles intitulés Nights from the Alhambra. Le décor était à couper le souffle, et la rotonde où nous nous sommes produits était ouverte et à ciel ouvert. Je me souviens d’avoir levé les yeux de temps à autre, et je voyais le ciel nocturne. Il était parfois limpide et étoilé, ou alors il se remplissait de nuages éphémères. C’était sublime.

Qu’est-ce qui vous inspire en tant qu’artiste? Qu’est-ce qui influe le plus sur votre musique?

Comme de nombreux artistes, je trouve la condition humaine inspirante. Je constate aussi que je suis souvent plus créative dans un milieu naturel que dans un contexte de grande stimulation visuelle ou auditive.

J’ai certainement été très influencée par la musique celtique dès le départ, et j’y suis restée attachée. Mais, en même temps, j’aime divers autres styles de musique, comme le baroque et le fado portugais. J’ai aussi tenté d’intégrer différents styles à mon propre processus de création, en particulier les musiques orientales et moyen-orientales.

De plus, je prends plaisir à faire d’autres formes d’art, comme du théâtre et du cinéma. L’exposition à d’autres énergies créatives est un catalyseur pour moi.

Quelle est votre chanson des Fêtes préférée?

J’ai du mal à en nommer une seule! J’aime beaucoup un certain nombre d’entre elles, comme Coventry Carol, Sainte nuit ou Once in Royal David’s City.

Avez-vous une tradition des Fêtes favorite?

J’aime chanter des chants de Noël avec des amis, et j’essaie d’organiser ce type d’activité depuis quelques années maintenant, dans ma vie personnelle ou au Falstaff Family Centre, qui m’appartient. C’est une joie pour moi de chanter ces chants, autant que je peux et dans presque n’importe quel cadre. Je me souviens de l’avoir fait dans des maisons de retraite durant les années 1980, toute seule avec ma harpe et mon accordéon, et même à l’aéroport Pearson de Toronto la veille de Noël, quand je rentrais chez moi, au Manitoba, avec ma harpe.

Melissa Addison est conseillère en affaires publiques à l’Unité de soutien des Forces canadiennes Ottawa. Le texte ci-dessus a d’abord paru dans la publication Nouvelles du Garde d’honneur, le journal électronique de base de l’USFC(O).

Date de modification :