Vécus de la bataille d’Angleterre : Norma Zelia Watts, opératrice radio du Corps auxiliaire féminin d’aéronautique

Article de nouvelles / Le 15 septembre 2020

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Il y a 80 ans, du début de juillet à la fin d’octobre 1940, une bataille d’apparence simple faisait rage dans le ciel au-dessus de l’Angleterre. Or, celle-ci allait façonner le reste de la Seconde Guerre mondiale pour les forces alliées en Europe et ailleurs dans le monde, mais aussi l’avenir de l’Aviation royale canadienne.

En 2020, les difficultés que pose la COVID-19 font en sorte qu’aucun grand rassemblement ni défilé n’aura lieu. Mais, puisqu’il ne reste presque plus de survivants de la Seconde Guerre mondiale parmi nous, nous devons prendre le temps de nous souvenir de ceux qui ont combattu pendant la bataille d’Angleterre.

Voici l’histoire de Norma Zelia Watts, membre du personnel du Corps auxiliaire féminin d’aéronautique de la Grande-Bretagne, qui faisait partie des nombreux Canadiens qui ont participé à la bataille d’Angleterre.

Par Dominique Boily

Norma Zelia Watts (née Tilley), originaire de Coventry, en Angleterre, a servi comme opératrice radio dans le Corps auxiliaire féminin d’aéronautique de la Grande-Bretagne (WAAF).

Pendant la bataille d’Angleterre, elle assurait la liaison terrestre avec les équipages qui combattaient la Luftwaffe, l'aviation allemande, au-dessus de la Grande-Bretagne. Plus tard au cours de la guerre, elle a servi dans le Fighter Command, puis dans le Bomber Command, où elle a fait la rencontre de son futur mari, le capitaine d’aviation Jack Vincent Watts, navigateur de l’Aviation royale canadienne.

Au cours de la bataille d’Angleterre, la Luftwaffe s’est attaquée à des aérodromes et à des stations radars le long de la côte sud-est de l’Angleterre.

« Au début, je travaillais à Biggin Hill, emplacement du Fighter Command, mais les Allemands nous bombardaient sans relâche… Après la mort de 30 membres du personnel du Corps auxiliaire féminin d’aéronautique, ils [nos chefs] ont décidé de nous transférer ailleurs. » Le Corps auxiliaire féminin d’aéronautique s’est donc installé dans une belle demeure située à quelques kilomètres de la base.

« C’était horrible; les avions passaient au-dessus de nos têtes et mitraillaient les Spitfire… c’était tellement difficile à voir, tellement difficile, mais nous ne pouvions rien faire. »

Les opératrices radio avaient pour tâche principale de maintenir le contact radio avec les équipages, mais les membres du Corps auxiliaire féminin d’aéronautique participaient aussi à d’autres activités.

« Des officiers nous tiraient parfois du lit en criant : "Levez-vous! Il faut sortir et éteindre des bombes incendiaires!" Ils nous donnaient des pelles et nous envoyaient à l’extérieur pour repérer les flammes et les éteindre. »

Toutefois, elles consacraient la majeure partie de leur temps à des tâches bien plus graves. La perte de camarades était particulièrement éprouvante.

« Nous espérions toujours recevoir de bonnes nouvelles… C’était un aspect difficile de notre fonction d’opératrice radio. »

« Nous étions en communication directe avec l’équipage, lui transmettant des directives pour le décollage et l’atterrissage. Les aviateurs nous informaient de leur retour ou de leurs difficultés. Ils demandaient parfois qu’on leur envoie une ambulance; il y en avait bien sûr toujours une qui était prête à partir, car on ne savait jamais l’état dans lequel les aviateurs reviendraient. »

Au nombre des situations d’urgence figuraient la perte d’un moteur, les problèmes de commandes et les blessures. « L’équipage au sol devait être informé. Il fallait donc attendre que les pilotes reviennent; parfois, ils nous faisaient signe; d’autres fois, c’était le silence complet. Nous savions qu’il y aurait des décès, c’était inévitable. Le matin venu, nous consultions la liste pour voir quels noms avaient été rayés. »

Les membres du personnel du Corps auxiliaire féminin d’aéronautique prenaient leur travail très à cœur. Un soulagement généralisé suivait la réception d’un signal en vue de l’atterrissage. Si le signal ne venait pas, cela signifiait qu’un appareil manquait à l’appel. Tout le monde au sol partageait la même crainte. « Il fallait y faire face, c’était une situation dont l’issue était parfois fatale. »

« C’était la guerre, voilà tout, » conclut Mme Watts. « Les larmes sont venues par la suite. »


 

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