Raid aérien sur Colombo, le 5 avril 1942 : Une attaque surprise qui n'aurait dû surprendre personne (La Revue de l'ARC - AUTOMNE 2014 - Volume 3, Numéro 4)

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Table des matières

 

Introduction

Au matin du 5 avril 1942, 127 aéronefs lancés depuis cinq porte-avions de la Kido Butai (KdB), la force opérationnelle de porte-avions de la marine impériale japonaise, attaquent Colombo, capitale et port principal de la colonie britannique de Ceylan (aujourd'hui le Sri Lanka). Il ne s'agit toutefois pas d'une attaque totalement inattendue. En effet, les défenseurs se préparent depuis des semaines à une telle éventualité. L'après-midi précédant l'attaque, un avion de reconnaissance avait repéré la KdB et l'avait suivie au cours de la nuit. Ainsi, avant l'aube, les aéronefs de défense et les canons antiaériens (AA) étaient en position, appuyés par une station radar opérationnelle. Néanmoins, les chasseurs étaient toujours au sol à l'arrivée des Japonais; ils n'ont décollé en alerte que lorsque les pilotes eux-mêmes ont vu leurs assaillants au-dessus de leur tête. Au final, Ceylan a perdu 20 de ses 41 chasseurs qui avaient décollé alors que les Japonais n'en ont perdu que sept.

Que s'est-il donc passé? Les radars ont-ils fait défaut? Quelqu'un a‑t‑il commis une faute? D'autres facteurs expliquent-ils cette défaite? Le présent article aborde les raisons pour lesquelles les défenseurs sont restés cloués.

Renforts

Le 7 décembre 1941, l'artillerie antiaérienne de Ceylan, située à Trincomalee, était composée de quatre canons AA vétustes de trois pouces. La seule unité de la Royal Air Force (RAF) était le 273e Escadron à China Bay, près de Trincomalee; elle comptait quatre aéronefs Vildebeest et quatre aéronefs Seal, tous des biplans torpilleurs obsolètes. Il n'y avait ni chasseur ni radar. Au cours des mois qui suivent, ce sont surtout à Singapour et en Birmanie que sont déployés les renforts britanniques. À Ceylan, le seul aéronef supplémentaire fourni à la RAF est un hydravion à coque Catalina.

Le 4 décembre 1941, la marine japonaise adopte un nouveau tableau additif pour le JN-25B, son principal code opérationnel, privant ainsi temporairement les alliés de leur meilleure source de renseignements. Cela étant, à Londres, les autorités savent lire une carte et font de leur mieux pour prévoir les options stratégiques du Japon. Le 16 février, le jour suivant la chute de Singapour, l'état‑major de planification interarmées du Cabinet de guerre présente un rapport intitulé « Far East Policy », dont voici quelques extraits.

9. « En prenant le contrôle de Ceylan et en perpétrant des raids sur la côte indienne, le Japon pourrait causer de sérieux problèmes de sécurité intérieure en Inde, déstabiliser les forces indiennes et menacer nos communications avec le Moyen-Orient, la Birmanie et l'Australie. Notre flotte n'aurait ainsi plus accès aux ports de Trincomalee et de Colombo. » […]

11. « Dans un avenir rapproché, nous pouvons nous attendre à [...] ce que Ceylan subisse un raid de type « Pearl Harbour » ou un assaut général. » […]

13. « Le fondement de notre stratégie générale repose sur la sécurité de nos communications en mer, lesquelles dépendent de la sécurité des bases navales et aériennes. Par conséquent, nous devons nous assurer que nos bases principales, c.-à-d. la Birmanie, l'Inde, Ceylan et l'Australie, sont prêtes avant d'envisager de renforcer la barrière malaise[1]. » [Traduction]

Dans son rapport, l'état‑major conclut que la priorité consiste à donner du renfort à la Birmanie, dont le maintien de l'effectif était « essentiel pour prolonger les efforts de la Chine » [traduction], et à Ceylan, dont la chute « mettrait en péril tous les efforts de guerre déployés par les Britanniques au Moyen-Orient et en Extrême-Orient[2]. » [Traduction] Cinq jours plus tard, voyant les choses du même œil, les chefs d'état‑major affirment au Cabinet de guerre que :

« La perte de Ceylan mettrait en péril tous les efforts de guerre déployés par les Britanniques au Moyen-Orient et en Extrême-Orient en raison de l'importance de Ceylan pour nos communications en mer. Des mesures immédiates sont prises afin de mettre en place des moyens de défense adéquats sur l'île, en particulier des forces aériennes, des canons AA et une radiogoniométrie accrue. [c.-à-d. des radars][3]. » [Traduction]

Sur le terrain, les commandants craignent aussi la menace qui pèse sur Ceylan. Le 7 février, l'amiral Layton, alors à titre de commandant de la flotte de l'est à partir du quartier général de Colombo, informe Londres que Colombo et Trincomalee ne pourraient se défendre contre une attaque aérienne des Japonais, comme celle de Pearl Harbour[4]. Le 27 février, le général Wavell, commandant en chef des forces indiennes, indique pour sa part que le « danger immédiat qui guette Ceylan est un raid, semblable à celui de Pearl Harbour et de Port Darwin, qui serait perpétré par des aéronefs lancés depuis des porte‑avions et qui viserait à détruire les navires de guerre, les navires marchands, les bases d'aéronef, les installations et les réservoirs d'huile aux ports de Trincomalee et de Colombo[5]. » [Traduction] Au final, les Britanniques ont, en sept occasions au moins, reconnu la possibilité qu'une attaque semblable à celle de Pearl Harbour puisse se produire à Ceylan.

Il est évident que l'attaque sur Colombo n'était pas une surprise, ni sur le plan stratégique, ni sur le plan opérationnel. Les Britanniques avaient anticipé la menace et ont fait leur possible pour protéger l'île. Le 4 avril, les forces aériennes et antiaériennes suivantes étaient en place : 7 hydravions Catalina[6], 67 chasseurs Hurricane[7], 44 chasseurs Fulmar, 14 bombardiers Blenheim IV, 12 torpilleurs Swordfish, 1 station radar à Colombo, 1 station radar à Trincomalee et 144 canons AA[8].

Renseignement d'origine électromagnétique (SIGINT) reduxit

Les unités de SIGINT des alliés n'ont ménagé aucun effort pour déchiffrer le JN-25B [code des Japonais] et, le 3 mars, le Far East Combined Bureau (FECB), le centre de SIGINT de Colombo, lisait son premier message chiffré par le JN-25B depuis le 4 décembre. Ce message indiquait que cinq sous‑marins japonais devaient être positionnés à Penang, sur la côte nord-ouest de la Malaisie,[9] ce qui indiquait clairement qu'ils se déplaceraient dans le golfe du Bengale et l'océan Indien. Le FECB y a probablement vu le signe d'une possible opération de surface dans la région. À la mi‑mars, les unités de SIGINT alliées savaient que les divisions de porte-avions 1 (Akagi et Kaga) et 2 (Soryu et Hiryu) étaient à Starting Bay, sa base avancée à Célèbes (aujourd'hui l'île indonésienne de Sulawesi), et que la division de porte-avions 5 (Shokaku et Zuikaku) était en route pour les rejoindre[10].

Dans la seconde moitié du mois de mars, les Britanniques ont commencé à voir plus clairement les intentions de la KdB. Le FECB affirmera plus tard ce qui suit : « autour du 20 mars 1942, certains messages du JN-25 portaient sur une opération effectuée par une force de porte-avions japonaise, appuyée par une autre force (que l'on croyait être des croiseurs lourds), dans la zone D, y compris un raid aérien sur DG le 2 avril » [traduction]. L'identité de « DG » n'était pas connue à ce moment, mais elle a été découverte le 28 mars, à la suite d'autres déchiffrements. Le FECB avait « supposé que D désignait la région de Ceylan et que DG désignait une ville à Ceylan, probablement Colombo » [traduction]. Le commandant de la flotte de l'est, l'amiral Somerville, qui n'était en poste que depuis deux jours, convoqua le chef de la direction d'analyse cryptographique pour discuter de la fiabilité de ces renseignements, qui le convainquit que ces renseignements étaient exacts[11].

Le 29 mars, Somerville informe Londres que « selon un télégramme transmis par une flotte combinée, des ordres ont été donnés concernant l'appareillage d'une unité de porte‑avions (qui devrait normalement être constituée de 2 porte‑avions, de 4 croiseurs et de 12 destroyers) à partir de Staring Bay autour du 21 mars pour perpétrer une attaque sur "D.G." aux environs du 1er avril ». [Traduction] Il indique ensuite que le porte‑avion japonais Kaga avait « reçu, depuis un certain temps, l'instruction de se rendre au Japon, de faire le plein de carburant des avions, puis de participer à une attaque sur "D.G.". Nous en déduisons donc [...] que la zone visée par l'attaque du Kaga est Ceylan[12]. » [Traduction]

Nous savons maintenant que le FECB avait tort au sujet de la composition de la force attaquante; en effet, elle était composée de cinq porte‑avions et non de deux, et Kaga, le sixième porte‑avions de la KdB, était en fait au Japon où il était en radoub. Le FECB a également fait erreur sur la date; il ne s'agissait toutefois pas d'un problème de compréhension, puisque le calendrier initial des Japonais indiquait effectivement que la KdB attaquerait Ceylan le 1er ou le 2 avril. L'attaque a été repoussée, à l'insu des unités de SIGINT alliées, parce que l'arrivée des porte‑avions Shokaku et Zuikaku à Staring Bay avait été reportée au 24 mars et que la KdB ne s'est finalement mise en marche que le 26 mars[13].

Les Britanniques réagissent avec vigueur à l'avertissement du FECB. Les unités de chasseurs et antiaériennes sont mises en état d'alerte; Colombo obtient l'autorisation d'effectuer le moins de livraison possible; Somerville regroupe la flotte de l'est au sud de Ceylan avec l'intention de tendre une embuscade à la KdB; la petite flotte d'hydravions Catalina intensifie ses patrouilles, principalement sur les approches dans la zone sud-est. Mais voilà, les jours passent et l'ennemi n'est toujours pas en vue.

Ayant ratissé la région au sud de Ceylan pendant deux jours et demi sans apercevoir la KdB, Somerville se dit que les Japonais ne viendront peut-être pas finalement, et laisse tomber les recherches à 21 h le 2 avril; il mène ensuite la flotte de l'est à l'atoll Addu, située à quelque 600 miles [966 kilomètres] au sud-ouest de Ceylan. Au sein des unités de la RAF, le niveau d'alerte est abaissé et les activités de formation se poursuivent; les patrouilles des hydravions Catalina sont toutefois maintenues.

Et c'est alors que la KdB fait son apparition. Le pilote de l'hydravion Catalina QL-A, du 413e Escadron (la seule unité canadienne du théâtre) l'aperçoit à environ 16 heures le 4 avril, à 360 miles [579 km] au sud-est de Ceylan. Après avoir fait rapport de la position et du cap de la KdB, mais non de sa composition, le QL-A est abattu. Le pilote, « Len » Birchall, aussi commandant d'aviation, est l'un des six survivants de l'équipage de neuf personnes. La presse canadienne le surnomme le « sauveur de Ceylan » et il devient l'un des commandants les plus importants de l'ARC[14].

L'équipage du QL-A a donné aux défenseurs des avertissements essentiels sur les attaques à venir, et ce, 15 heures avant l'arrivée des Japonais à Colombo. Mais ce ne fut pas la dernière contribution de la flotte d'hydravions Catalina. À 17 h 45, le FV-R du 205e Escadron, piloté par le capitaine d'aviation « Jock » Graham, a décollé pour filer la force ennemie[15]. À 22 h 37, Graham signale la présence d'un destroyer à la position 01.59N, 82.20E, cap à 315 degrés, vitesse à 20 nœuds [37 kilomètres à l'heure (km/h)]; à 00 h 45 le 5 avril, il signale six destroyers à la position 02.54N, 82.10E, cap à 325 degrés, vitesse à 21 nœuds [38,8 km/h]; et, enfin, à 16 h 15, il rapporte la présence d'un cuirassé, d'un croiseur « et au moins quatre autres navires » [traduction] situés à 110 miles (177 km) et à 195 degrés de Dondra Head, à l'extrémité au sud de Ceylan[16]. Quatre-vingt-dix minutes plus tard, les chasseurs de la KdB abattent le FV-R. Il n'y a eu aucun survivant.

Les rapports d'observation provenant des deux hydravions Catalina abattus ont permis aux Britanniques de suivre la progression de la KdB et de déterminer grosso modo quelle serait sa position à l'aube. Le vice-maréchal de l'Air D'Albiac, le commandant du 222e groupe, qui contrôle toutes les unités de la RAF à Ceylan, convoque une conférence à son quartier général dans les heures qui suivent la réception du signal de Birchall; il informe alors ses subordonnés qu'une attaque aérienne japonaise devrait avoir lieu après l'aube[17]. Peu de temps avant minuit, le 222e groupe a donné l'ordre d'opération nº 43, qui comprend l'observation suivante : « si la force ennemie maintient son cap actuel à une vitesse de 25 nœuds, elle sera en position à environ à 150 miles (241 km) de Colombo, à 21 h TU [temps universel][18] » [traduction], soit 3 h, heure locale, le 5 avril. Le fait que la position prévue de la KdB à 3 h ait été donnée laisse entendre que D'Albiac considère qu'une attaque à l'aube ou avant celle-ci est une possibilité; ainsi, à 4 h, sur tous les terrains d'aviation, les pilotes étaient en alerte, prêts à intervenir[19].

Quatre occasions ratées de donner l'alerte

Ainsi, le 5 avril, la défense aérienne de Colombo était sur le pied de guerre. Elle avait obtenu des renforts au moment opportun; elle filait l'ennemi; elle s'attendait à une attaque; elle était en alerte. Tout ce qu'il fallait pour faire décoller les aéronefs Hurricane et Fulmar était la confirmation d'un raid imminent et l'ordre de décollage immédiat. Malheureusement, aucune confirmation n'a été formulée, ni aucun ordre donné. Dans un roman policier, on raconterait sans doute l'histoire d'un gardien de nuit qui n'a pas donné l'alerte, mais dans ce cas-ci, ce sont quatre gardiens qui n'ont pas fait le travail.

Premier gardien de nuit : BN-L

À 5 h 34, un autre hydravion Catalina décolle pour suivre incognito la KdB. Il s'agit du BN-L du 240e Escadron, piloté par le capitaine d'aviation Bradshaw. À environ 6 h 40, l'équipage de Bradshaw aperçoit six aéronefs ressemblant à des Fulmar volant à environ 5 000 pieds [1 524 mètres] à travers de minces nuages; ils se dirigent vers le nord dans une formation en « V », à 100 miles [160 km] au sud de Ceylan. Deux minutes plus tard, il remarque quatre aéronefs ressemblant à des Sea Hurricane se dirigeant dans la même direction. Croyant qu'il s'agit d'appareils britanniques, Bradshaw ne brise pas le silence radio pour les signaler[20]. Nous savons maintenant qu'il s'agissait d'aéronefs japonais, car un aéronef du porte‑avions Hiryu avait envoyé un message à 6 h 45 indiquant qu'il avait aperçu un avion ennemi à 6 h 38. Il s'agissait d'un hydravion à coque à 346 degrés, situé 43 milles marins [80 km] à partir du point de lancement[21].

Le 4 juin 1942, un hydravion Catalina américain apercevant un aéronef qui se rapprochait, diffuse le message bien connu « De nombreux avions se dirigent vers Midway » (Many planes heading Midway). Si Bradshaw avait envoyé un message similaire quand il a vu les avions se diriger vers Colombo, le 5 avril, les Britanniques auraient su 50 minutes avant que les Japonais s'en venaient. Les chasseurs basés à Colombo auraient alors eu suffisamment de temps pour décoller et prendre de l'altitude.

Deuxième gardien de nuit : les observateurs de la côte

Quiconque connaît la bataille d'Angleterre se rappellera que le Corps des observateurs terrestres avait suivi une formation de la Luftwaffe en approche, qui traversait la côte anglaise. Une organisation semblable au Corps des observateurs terrestres était présente à Ceylan en 1942; elle est décrite comme suit dans un document de l'époque :

      « Un système civil de surveillance des côtes est déployé sur l'ensemble des régions côtières de CEYLAN. […]

      Les fonctions des postes de surveillance des côtes consistent [...] à signaler :

a) les navires non identifiés;

b) les aéronefs;

c) les tirs en mer;

d) les situations indiquant que l'ennemi s'apprête à atterrir.

      Les rapports sont rédigés selon des modèles spéciaux, qui sont apportés à la station à chaque cycle, vérifiés par l'inspecteur en service, puis transmis au CHEF DES POMPIERS. La plupart des stations ne sont pas dotées de téléphones et les rapports doivent être transmis à partir du commissariat de police le plus près. Par conséquent, il y a un retard considérable dans la communication des renseignements. […]

      Les membres du personnel de la surveillance des côtes proviennent de la RÉGIE ET DU MINISTÈRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE. On dit qu'ils sont fiables, mais qu'ils manquent de formation et d'équipement[22]. »

Il n'aurait pas été surprenant que cette organisation mal préparée ne réussisse pas à détecter les aéronefs ennemis qui traversaient la côte sud pour se diriger vers le nord, mais, en fait, elle n'a jamais eu l'occasion de démontrer ce qu'elle pouvait et ce qu'elle ne pouvait pas faire. Les aéronefs japonais sont demeurés bien loin de la côte ouest avant de bifurquer pour traverser la côte juste au sud de Colombo et de se diriger vers ses cibles[23]. Les observateurs de la côte et les autres observateurs au sol n'ont tout simplement pas eu l'occasion de donner l'alarme.

Troisième gardien de nuit : la patrouille d'aéronefs Fulmar

Selon l'une des actions indiquées dans l'ordre d'opération nº 43 du 222e groupe, les aéronefs Fulmar basés à Ratmalana, la principale base aérienne de Colombo, devaient effectuer une patrouille dès l'aube entre Bentota, sur la côte ouest, à 35 miles [56 km] au sud de Colombo, et Pottuvri (aujourd'hui Pottuvil), à une distance de 135 miles [217 km] sur la côte opposée. C'est ainsi que six aéronefs Fulmar du 803e Escadron ont décollé tôt, comme prévu, le 5 avril pour patrouiller dans ce couloir. Toutefois, comme les aéronefs japonais sont demeurés bien loin de la côte, les Fulmar ne les ont pas croisés et n'ont pas eu l'occasion de donner l'alarme, ni d'attaquer.

Alors qu'ils retournaient à Ratmalana, les Fulmar ont aperçu quelques aéronefs se diriger vers la mer. Plus tard, un membre de l'équipage dira ceci : « nous pensions à tout sauf aux aéronefs japonais lors du vol de retour ce matin-là; nous avons fait abstraction de ces aéronefs, pensant qu'il s'agissait d'un autre vol non prévu de l'aéronavale » [traduction]. (On peut se demander quel type d'exposé avant vol a été donné aux pilotes.) Ce n'est qu'en constatant les dommages à leur atterrissage qu'ils ont compris la situation[24].

Quatrième gardien de nuit : les radars

Beaucoup d'informations fausses ont circulé sur la station radar de Colombo; on a dit qu'elle était inhabitée, inutilisable pour cause d'entretien ou encore qu'elle n'était pas opérationnelle le 5 avril. En lisant l'ORB (registre des opérations ou Operations Report Book) de la section radar en question, la station expérimentale du ministère de l'Aviation (AMES) 254, soit la Air Ministry Experimental Station, un euphémisme pour désigner une station de radar au sol, il est clair que rien de tout cela n'est vrai. Le personnel de l'unité est arrivé à Colombo le 18 mars et l'équipement a été livré quatre jours plus tard. L'équipe s'est ensuite déplacée vers le parcours de golf Royal Colombo à Ridgeway, en banlieue de Colombo, et a travaillé 24 heures sur 24 pour ériger les mâts et s'assurer que tout fonctionnait. Ainsi, le 25 mars, la station était opérationnelle et, le 28 mars, la connexion téléphonique était établie avec la salle des opérations nº 20. Selon l'ORB de l'AMES 254 pour avril, « les opérations se sont déroulées normalement » [traduction], ce qui indique que la station n'était ni inhabitée, ni inutilisable pour cause d'entretien[25].

Cela dit, il semble que l'AMES 254 n'ait effectivement pas signalé en temps opportun le raid imminent. L'ORB de la salle des opérations nº 20 indique que « le système de détection lointaine n'a pas réussi à fournir des renseignements sur les aéronefs japonais avant qu'ils soient très près de Colombo[26]. » [Traduction] Dans son analyse rétrospective de juin 1942, le 222e groupe indique simplement que « le système de détection lointaine a connu des ratés et que les chasseurs étaient au sol lorsque l'attaque a commencé[27]. » [Traduction] Dans son ORB, l'AMES 254 omet de signaler qu'elle avait repéré les aéronefs en approche, mais mentionne que ses mitrailleuses Lewis étaient en action lors du raid[28]!

Il existe des renseignements qui étayent certaines hypothèses éclairées expliquant pourquoi l'AMES 254 n'a pas signalé en temps opportun le raid imminent. D'abord, nous savons, en raison d'un câble que Layton a transmis à Churchill, que l'AMES 254 « a subi des interférences causées par les montagnes » et qu'elle avait une portée d'environ 60 miles seulement [96,5 km][29]. Un tel radar aurait dû avoir une portée plus grande. À titre d'exemple, avec un équipement semblable, l'AMES 272 a détecté, le 9 avril, les aéronefs japonais qui s'approchaient de Trincomalee à 91 miles [146 km].

Nous savons également que l'AMES 254 était située à Ridgeway. Ridgeway est situé à environ six miles [10 km] au nord de Ratmalana, où trois des quatre escadrons de chasse de Colombo étaient basés, et à un mile [1,6 km] à l'est de la bande d'atterrissage de fortune de l'hippodrome de Colombo, où le 4e Escadron de chasse était basé. Les aéronefs de tête japonais, qui effectuaient leur approche à partir du sud et au-dessus de la mer, étaient neuf chasseurs Zéro de Hiryu. Ceux-ci ont maintenu une vitesse d'un peu plus de 200 miles à l'heure [322 km/h]; ils ont donc franchi les quelque 54 miles [86 km] séparant le contour nominal de la zone de couverture de l'AMES 254 et Ratmalana en environ 17 minutes. Comme il est indiqué ci-dessous, les escadrons d'aéronefs Hurricane de Colombo ont mis environ cinq minutes à décoller ce matin-là. Cela ne donnait donc qu'une petite fenêtre de 12 minutes à l'AMES 254 pour détecter le raid et le signaler à la salle des opérations nº 20, et aux contrôleurs d'interception pour transmettre leurs ordres aux escadrons. Puisqu'un aéronef Hurricane atteignait 15 000 pieds [4 572 mètres] en six minutes et qu'il en fallait autant au Fulmar pour atteindre 10 000 pieds [3 048 mètres], toutes ces opérations auraient dû être effectuées en six minutes pour que les chasseurs puissent prendre de l'altitude avant l'arrivée des assaillants.

Après la guerre, la Air Historical Branch de Londres a produit un certain nombre de récits concernant les opérations en temps de guerre de la RAF; l'une d'elles, Signals Volume V: Fighter Control and Interception contient deux commentaires pertinents. Le premier commentaire est le suivant : « L'incapacité de détecter le raid le 5 avril est attribuable, en partie, aux échos permanents très problématiques et aux lacunes observées subséquemment dans le diagramme polaire vertical de la station[30]. » [Traduction] Pour faire le tri des échos permanents ainsi que reconnaître les caractéristiques des faux-échos et ne pas tenir compte de ceux-ci le cas échéant, l'opérateur devait posséder les compétences pour faire fonctionner l'appareil, et avoir de l'expérience liée au retour d'un aéronef local. L'AMES 254 avait acquis une expérience opérationnelle en Égypte. L'on peut donc présumer que ses opérateurs étaient bien formés. Cela étant, ils n'étaient à Colombo que depuis moins de deux semaines et il est peu probable que tous aient été familiers avec les conditions locales. Cela n'est que pure hypothèse, mais il est possible que les opérateurs en fonction le 5 avril aient d'abord pris les véritables échos des aéronefs ennemis pour de faux-échos. (Si l'on pousse la réflexion encore plus loin, l'on peut aussi se demander s'ils n'ont pas considéré que les échos provenant des premiers aéronefs japonais provenaient en fait des aéronefs Fulmar patrouillant dans leur secteur.)

La mention aux « lacunes… dans le diagramme polaire vertical de la station » requiert des clarifications. La batterie d’antennes de transmission de l’AMES 254 était formée d’éléments parallèles dipôle. La figure 1[31] montre une unité radar déployée du même type que l’AMES 254. Le mât de transmission est situé à gauche et on peut à peine apercevoir les trois antennes dipôles parallèles pointant vers la caméra et une autre antenne dipôle perpendiculaire. Chacune des six antennes dipôles émettait ses propres signaux et avait ainsi son propre lobe. Les lobes se chevauchent mais il peut y avoir des écarts entre eux. Par exemple, un aéronef qui se trouve à 60 miles [96,5 km] de distance, pouvant être détecté à 8 000 pi [3 048 mètres] ou à 12 000 pi [3 657 mètres] peut ne pas être détecté à cette distance à 10 000 pi [3 048 mètres] s’il y a un écart à cette altitude. Dans le cas de l'AMES 254 , le 5 avril, l'on ignore à quelle altitude ces écarts sont survenus et, par conséquent, l'on ignore également si c'est par hasard que les aéronefs de tête japonais ont volé à une altitude à laquelle ils seraient détectés par un appareil situé à moins de 60 miles [96,5 km] de leur position. Toutefois, la citation tirée du document Signals Volume V semble indiquer que c'était le cas.

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La figure 1 montre deux tours radars portatives érigées à environ 25 mètres l'une de l'autre. Le mât de transmission est situé à gauche et le mât de réception à droite. Plusieurs véhicules de traitement des signaux sont stationnés dans l'espace entre les tours. Fin de la figure 1.

Figure 1. Unité radar du même type (unité radar mobile) que celle de l'AMES 254.

 

Le deuxième commentaire pertinent dans Signals Volume V indique ce qui suit : « L'échec a aussi été causé par un effectif de surveillance mal réparti, selon lequel les opérateurs sont demeurés en poste avec un niveau de vigilance amoindri[32]. » [Traduction] Cela suppose clairement que les opérateurs qui étaient en service lorsque les Japonais étaient à portée du radar occupaient leurs postes depuis trop longtemps. Dans ce contexte, il est important de mentionner que les opérateurs n'avaient pas devant eux d'écran radar panoramique, l'écran radar que l'on connaît tous aujourd'hui et qui affiche à la fois la portée et le relèvement. À Colombo, les opérateurs avaient des indicateurs de type A, qui n'indiquent que la portée[33]. Pour déterminer le relèvement, l'altitude et la force d'une formation qui approche, il fallait effectuer des étapes dans un ordre donné; la fatigue pouvait sans doute ralentir le processus et entraîner des erreurs[34].

Le raid

La première indication qu'on a eue à Colombo qu'un raid était sur le point de se produire fut l'arrivée, au-dessus du champ de courses vers 7 h 30, de neuf chasseurs Zéro du Hiryu, passant devant la force principale. Ces chasseurs ont été aperçus du sol, et le commandant d'aviation Fletcher, commandant du 258e Escadron, a compté deux chasseurs de trop, indiquant qu'il y avait 11 aéronefs dans le ciel, au moment où ses pilotes se dirigeaient à la course vers leurs chasseurs. Les 14 chasseurs Hurricane de l'unité ont décollé sans problème et étaient dans le ciel à 7 h 35[35]. À ce moment, les chasseurs Zéro du Hiryu étaient toutefois disparus en direction du port de Colombo. Peu de temps après, ils ont rattrapé six torpilleurs Swordfish se déplaçant à basse vitesse et les ont rapidement abattus. Les Swordfish, du 788e Escadron, avaient décollé de l'aérodrome de China Bay à Trincomalee tôt le matin et étaient transférés à Ratmalana dans l'objectif d'attaquer la force opérationnelle japonaise. Il semble que personne n'avait prévu que les Swordfish risquaient de survoler Colombo en même temps que les Japonais. Les équipages des Swordfish ne se doutaient tellement pas de cette possibilité qu'ils ont cru qu'il s'agissait de chasseurs Hurricane, et ils ont ainsi tiré des fusées de reconnaissance[36].

Derrière les chasseurs Zéro du Hiryu se trouvaient 38 bombardiers Val en piqué du Shokaku et du Zuikaku. Ils ont été repérés à 7 h 40 depuis Ratmalana, où l'on n'avait toujours pas été avisé que des chasseurs ennemis avaient survolé le champ de courses dix minutes plus tôt. La plupart des chasseurs Val se dirigèrent vers le port, mais 14 chasseurs du Zuikaku attaquèrent Ratmalana à 7 h 45, au moment où 21 chasseurs Hurricane du 30e Escadron, dont sept étaient pilotés par des Canadiens, s'envolaient en solo et en duo, dans un décollage chaotique qui ne leur donna aucune chance d'établir une formation. Quatre d'entre eux circulaient encore au sol lorsque les premières bombes furent larguées, et le chasseur Hurricane du commandant a été endommagé et n'a pu décoller[37].

Le 30e Escadron a payé cher le manque d'alerte lointaine : huit chasseurs Hurricane ont été abattus et plusieurs autres ont été lourdement endommagés, de sorte que l'unité n'avait plus que sept chasseurs en service à la tombée de la nuit. En outre, cinq pilotes ont perdu la vie et deux autres ont été blessés. De plus, quatre des six chasseurs Fulmar des 803e et 806e escadrons ayant décollé ont aussi été abattus, et trois des pilotes ont été tués[38].

Les 27 chasseurs ayant décollé de Ratmalana ont dû défendre leur propre aérodrome, ce qu'ils ont réussi. Aidés d'épais nuages, les premiers chasseurs Hurricane à prendre leur envol ont réussi à repousser les 14 bombardiers Val avant qu'ils ne larguent leurs bombes; ils en ont abattu cinq et endommagé six, en plus de détruire un Zéro. Distraits par les chasseurs de défense et ralentis par les nuages, les autres bombardiers Val ont causé peu de dommages à Ratmalana[39].

Les 14 pilotes de chasseurs Hurricane déployés par le 258e Escadron n'eurent pas à décoller en se faisant attaquer, parce que les Japonais ignoraient l'existence de l'aérodrome du champ de courses avant que les chasseurs Zéro du Hiryu ne le repèrent et parce qu'aucun bombardier n'avait reçu la mission de l'attaquer. Le commandant d'aviation, Fletcher, indiqua ce qui suit dans son rapport :

« N'ayant reçu aucun avertissement et voyant les aéronefs dans le ciel, nous avons décollé et pris la direction du PORT, car il s'agissait du point d'attaque le plus probable de l'ennemi. À notre arrivée, nous avons constaté que les bombardiers avaient commencé leur attaque et qu'il y avait une forte présence de chasseurs ennemis en couverture, à une altitude considérablement supérieure à celle de notre formation. J'ai décidé d'attaquer les bombardiers dans l'espoir de nuire à l'efficacité de l'attaque ennemie. J'ai réalisé que cela allait fortement avantager les chasseurs ennemis. Nous avons continué d'attaquer les bombardiers aussi longtemps que nous le pouvions, mais nous avons ainsi subi de lourdes pertes aux mains des chasseurs ennemis[40]. » [Traduction]

Les bombardiers attaqués par le 258e Escadron étaient les 19 Val du Shokaku. Le kodochosho, ou registre des opérations du groupe aérien, du porte‑avions indique que les bombardiers Val ont mené une attaque de 7 h 50 à 7 h 53 et que les chasseurs Hurricane ont attaqué de 7 h 52 à 8 h[41]. Un bombardier Val a été touché au-dessus du port, avant de finir son vol en mer; un autre a aussi été endommagé, mais l'on ignore si ce fut sous les tirs du 258e Escadron ou le résultat de tirs antiaériens au sol[42]. Le 258e Escadron n'a pas empêché les bombardiers Val du Shokaku de couler le croiseur auxiliaire Hector et d'endommager le ravitailleur de sous-marins Lucia et, proportionnellement, il a subi des pertes plus importantes que le 30e Escadron : huit chasseurs Hurricane furent abattus et deux gravement endommagés, et cinq pilotes furent tués et deux blessés[43]. Il est évident que les pertes du 258e Escadron et son incapacité d'attaquer les bombardiers Val du Shokaku avant que ces derniers ne bombardent leurs cibles étaient dus à l'absence d'alerte lointaine.

Le 258e Escadron avait pratiquement épuisé toutes ses ressources en attaquant les bombardiers Val du Shokaku. Les cinq bombardiers Val du Zuikaku qui avaient attaqué le port et qui étaient vraisemblablement responsables des dommages causés au pétrolier ravitailleur San Cirilo purent éviter l'attaque des chasseurs, tout comme les 53 bombardiers-torpilleurs Kate qui attaquèrent après les bombardiers Val. Chaque Kate, agissant comme bombardier en altitude, transportait une bombe de 800 kilos et attaqua la région portuaire. Ils ont coulé le vieux destroyer Tenedos, endommagé le navire marchand Benledi, en plus d'abîmer divers ateliers et autres installations[44].

On indiqua aussi que l'aérodrome du champ de courses n'avait pas été attaqué, car les Japonais ignoraient son existence. Ils ignoraient également que les Catalina de Ceylan étaient basés à Koggala Lake, sur la côte sud à environ 70 milles (113 km) de Colombo, où il n'y a également pas eu d'attaque. Dans ce cas, leur ignorance était attribuable en partie à de la désinformation des survivants du QL-A. Birchall et son équipage avaient menti à leurs sauveteurs, leur disant qu'ils étaient décollés de Colombo, ce que les Japonais crurent[45]. Les Japonais auraient très bien pu ajouter Koggala à leurs cibles potentielles, mais ce tissu de mensonges aura protégé cette vérité[46].

Conclusion

Avant l'événement, les Britanniques s'attendaient tout à fait à ce que Colombo fasse l'objet d'un raid, à la Pearl Harbor. Et c'est précisément ce que les Japonais entendaient faire; ils ont réussi à intercepter des chasseurs de défense au sol, comme ils l'avaient fait à Pearl Harbor. Le fait qu'ils n'aient coulé que trois navires et qu'ils n'en aient endommagé que trois autres est surtout dû aux conditions météorologiques, aux tirs antiaériens et à l'évacuation partielle des navires du port le jour précédent. Les chasseurs britanniques ont réussi à défendre Ratmalana, leur principale base, mais ont fait très peu pour contrer l'attaque du port.

Il est impossible d'affirmer avec certitude ce qui aurait pu se produire si les aéronefs Hurricane et Fulmar avaient décollé à temps, mais on peut tout de même supposer qu'ils auraient pu accomplir davantage à moindre coût. Les quatre méthodes qui auraient pu permettre de donner une alerte lointaine ont échoué. D'abord, le Catalina qui a repéré certains des aéronefs japonais ne les a pas reconnus ou signalés. Les Japonais ont ensuite évité le système d'alerte au sol et la patrouille d'aéronefs Fulmar en effectuant leur vol d'approche bien loin de la côte. Le quatrième moyen de détection, le radar, a également échoué, car il n'y avait qu'une seule station opérationnelle, qui était située trop loin au nord et qui éprouvait de nombreux problèmes techniques et opérationnels. La défectuosité du radar fut sans aucun doute un facteur crucial. La différence que peut faire une alerte lointaine a été démontrée seulement quatre jours plus tard, lorsque les Japonais ont attaqué Trincomalee. Ce jour-là, la station radar locale a détecté les Japonais sur une distance de 91 milles (146 km). L'alerte lointaine a permis aux chasseurs de défense de décoller à temps et de faire feu en premier : une section de Hurricane a intercepté trois Zéro et abattu deux de ceux-ci, sans compter qu'aucun chasseur en service n'a été cloué au sol. La même chose aurait pu se produire à Colombo, mais le 5 avril 1942 fut l'une de ces journées où rien ne fonctionnait sur le plan de l'alerte lointaine.

Robert M. Stuart est titulaire d'un baccalauréat ès arts et d'un baccalauréat en éducation de l'Université du Nouveau-Brunswick. Il a servi dans la Force régulière et la Force de réserve des Forces canadiennes de 1975 à 1991, à la Branche des communications et de l'électronique, atteignant (deux fois) le grade de capitaine. Il est au service du Centre de la sécurité des télécommunications depuis 1989. M. Stuart étudie le raid de 1942 de la Marine impériale japonaise dans l'océan Indien depuis 2004 et il s'agit de son deuxième article sur le sujet.

Abréviations

 

AA―antiaérien

AMES ―Air Ministry Experimental Station

AN―Archives nationales

ARC―Aviation royale du Canada

CAB―Cabinet

cmdt―commandant

FECB―Far East Combined Bureau

KdB―Kido Butai

km―kilomètre

km/h―kilomètre à l'heure

OC―observation côtière

ORB―operations record book (registre des opérations)

RAF―Royal Air Force

SIGINT―renseignement d'origine électromagnétique

TMG―temps moyen de Greenwich

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Notes

1. United Kingdom National Archives (NA), Cabinet (CAB) 79/18.  (retourner)

2. United Kingdom National Archives (NA).  (retourner)

3. United Kingdom National Archives (NA), CAB 79/19.  (retourner)

4. United Kingdom National Archives (NA). Commander in Chief Eastern Fleet, 0315Z/7, « Admiralty War Diary ».  (retourner)

5. Commander in Chief India, 4231/G 27/2.  (retourner)

6. Les sept hydravions Catalina étaient les FV-R, BN-L, BN-M et BN-K de la RAF, les QL-Y et QL-A de l'Aviation royale canadienne (ARC) et le Y-56 de l'armée hollandaise. Deux hydravions Catalina de la RAF et trois autres hydravions du même type appartenant à l'armée hollandaise étaient hors service; la plupart de ces appareils, voire tous, ont été remis en état à Bengaluru. Deux autres hydravions Catalina de l'ARC étaient en route; ils sont arrivés les 6 et 7 avril.  (retourner)

7. Huit chasseurs Hurricane sont arrivés de Karachi le 23 février, où ils avaient été assemblés après avoir été livrés dans des caisses à Cefn-Y-Bryn. Soixante autres appareils ont été acheminés à Ceylan par Indomitable les 6 et 7 mars, portant ainsi à 68 le total des appareils livrés avant le 4 avril. Toutefois, un chasseur Hurricane du 30e Escadron s’est écrasé en mer le 3 avril; on ne l’a pas retrouvé. D’autres chasseurs Hurricane ont été endommagés à la suite d’accidents survenus les 12 et 15 mars et le 2 avril. Le nombre de chasseurs Hurricane en service dans la région de Colombo le 5 avril devait être 37 ou 38.  (retourner)

8. Il s’agit d’une estimation tirée de plusieurs sources principales, notamment les journaux de guerre des quartiers généraux et des unités AA concernés. Le 5 avril, l’aéroport Ratmalana était défendu par 12 canons de 40 mm et 4 canons de 3,7 pouces; Colombo pouvait pour sa part compter sur 3 canons de 12 livres, 23 canons de 40 mm, 4 canons de 3 pouces et probablement 19 canons de 3,7 pouces.  (retourner)

9. Michael Smith, The Emperor’s Codes, New York, Arcade Publishing, 2000, p. 128; John Prados, Combined Fleet Decoded, New York, Random House, 1995, p. 273.  (retourner)

10. Prados, Combined Fleet Decoded, p. 274; Commander-in-Chief Pacific operations log, http://www.ibiblio.org/anrs/docs/D/D7/nimitz_graybook1.pdf (consulté le 23 septembre 2014); Op‑16‑F‑2 summaries of Japanese NaVal Activities, http://www.fdrlibrary.marist.edu (consulté le 23 septembre 2014).  (retourner)

11. United Kingdom National Archives (NA), HW 4/25, Captain H. L. Shaw, The History of HMS Anderson, 24 mai 1946, p. 6. Le Navire de sa Majesté Anderson, une installation à terre, agissait à titre de station d'interception et de station radiogoniométrique à Colombo. Son indicatif SIGINT était « HW ».  (retourner)

12. Commander in Chief Eastern Fleet, 0626Z/29, « Admiralty », p. 223/867.  (retourner)

13. Osamu Tagaya, Aichi 99 Kanbaku ‘Val’ Units 1937–42, Oxford, Osprey, 2011, p. 56, explique que l'arrivée des porte-avions Shokaku et Zuikaku a été reportée principalement en raison d’une chasse aux sorcières en réponse aux fausses déclarations concernant les activités des États-Unis au nord-est de Wake. Pour un aperçu de l’opération japonaise, consultez l’article de l’auteur « Leonard Birchall et le raid japonais sur Colombo », Revue militaire canadienne, vol. 7, no 4, hiver 2006–2007, http://www.journal.forces.gc.ca/vo7/no4/stuart-fra.asp (consulté le 23 septembre 2014).  (retourner)

14. Birchall recevra la Croix du service distingué dans l’Aviation pour avoir averti les troupes de l'approche de la KdB ainsi que l'Ordre de l'Empire britannique pour son comportement en tant que prisonnier de guerre. Voir « Leonard Birchall », Wikipedia http://en.wikipedia.org/wiki/Leonard_Birchall (consulté le 23 septembre 2014), pour obtenir une notice biographique exacte dans son ensemble.  (retourner)

15. United Kingdom National Archives (NA), AIR 28/431, Koggala ORB; 222 Group Operation. Order No. 43. Le FV‑R était le dernier aéronef en vol du 205e Escadron, qui était établi à Singapour.  (retourner)

16. Battle Summary No. 15, Naval Operations off Ceylon, 29th March to 10th April, 1942, Admiralty Training and Staff Duties Division, Londres, 1943, p. 6,  http://www.navy.gov.au/sites/media-rrom/publications/naval-staff-histories (consulté le 14 août 2014, contenu n'est plus disponible). Commander-in-Chief East Indies War Diary, avril 1942 (intitulé par erreur the Eastern Fleet War Diary), http://www.naval-history.net/xDKWD-EF1942a.htm (consulté le 23 septembre 2014); « Report of Proceedings of Eastern Fleet from 29th March to 13th April 1942 », paragraphe 31, http://www.naval-history.net/xDKWD-EF1942-Introduction.htm (consulté le 23 septembre 2014); Colombo W/T 1229z/4 and Deputy Commander in Chief Eastern Force 0209z/4, « Admiralty », p. 223/259.  (retourner)

17. La citation est tirée du rapport des opérations (ORB) du 30e Escadron. Le rapport des opérations du 258e Escadron indique que le commandant de ce dernier a participé à la réunion, ou qu'il a quitté son poste pour y participer, à 17 h. On présume que les commandants des 803e et 806e escadrons étaient également présents.  (retourner)

18. United Kingdom National Archives (NA), AIR 25/930.  (retourner)

19. United Kingdom National Archives (NA), AIR 27/1530, 30 Squadron ORB; Michael Tomlinson, The Most Dangerous Moment, Kimber, 1976, p. 99; Lcol John Barrass, « The Most Dangerous Moment: 30 Squadron and the Air Battle over Colombo 5th April 1942 », http://www.30squadronassociation.com/history/ceylon.html (consulté le 23 septembre 2014).  (retourner)

20. Koggala ORB; Tomlinson, The Most Dangerous Moment, p. 100‑101.  (retourner)

21. Ces renseignements proviennent de sources japonaises de premier ordre, transmises à l’auteur par courriel le 30 janvier 2013 par Monsieur Yu, un historien passionné. L'auteur remercie monsieur Yu pour l'information qu'il lui a fournie.  (retourner)

22. 17 Australian Infantry Brigade Group Operations. Order No. 3, 11 avril 1942, p. 113, http://static.awm.gov.au/images/collection/bundled/RCDIG1025987.pdf (consulté le 23 septembre 2014).  (retourner)

23. Japan Centre for Asian Historical Records, C08030581700. Hiryu, « Detailed Action Report », p. 46‑47, http://www.jacar.go.jp/english/ (consulté le 23 septembre 2014). Voir aussi le fil de discussion « 5 April ‘42: KdB’s Launch Point and the Strike Aircraft's Flight Path », http://www.j-aircraft.org/smf/index.php?topic=14557.0 (consulté le 23 septembre 2014).  (retourner)

24. Christopher Shores et Brian Cull avec Yasuho Izawa, Bloody Shambles, Volume 2: The Defence of Sumatra to the Fall of Burma, Londres, Grub Street, 1993, p. 402‑403; Gordon Wallace, Carrier Observer: A Back Seat Aviator’s Story, Shrewsbury, Royaume-Uni, Airlife, 1992, p. 81; Tomlinson, The Most Dangerous Moment, p. 92.  (retourner)

25. Le AMES 254 ORB se trouve dans le AIR 29/174. « AMES » désigne une Air Ministry Experimental Station, un nom choisit à l'origine pour dissimuler la nature de ces unités.  (retourner)

26. United Kingdom National Archives (NA), AIR 29/31.  (retourner)

27. United Kingdom National Archives (NA), AIR 23/4801.  (retourner)

28. United Kingdom National Archives (NA), AIR 29/174.  (retourner)

29. United Kingdom National Archives (NA), AIR 20/4693, Layton to Churchill, 2 mai 1942, IZ 155, 1353Z/2.  (retourner)

30. Signals Volume 5, note de bas de page, p. 63, citée dans un message de Ross McNeill en date du 5 mars 2014, « Question on MRU Radar Stations », Royal Air Force Commands, http://www.rafcommands.com/forum/showthread.php?14236-Question-on-MRU-radar-stations (consulté le 23 septembre 2014).  (retourner)

31. Image extraite du site Web de l'Imperial War Museum, http://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205210707  (consulté le 23 septembre 2014).  (retourner)

32. Signals Volume 5. Le commandant du sous-marin Trusty, aux côtés du Lucia durant le raid, indique ce qui suit dans ses mémoires : « La nuit précédente, notre personnel prévoyait une attaque, et le système d'alerte radar était opéré par le meilleur matelot disponible. Malheureusement, ce dernier est resté en poste trop longtemps. Les facultés humaines ralentissent après douze heures de surveillance exigeante, et l'avertissement crucial n'a été donné que quelques minutes avant que la première bombe soit larguée. » [Traduction] William King, Dive and Attack A Submariner’s Story, Londres, William Kimber, 1983, p. 139‑142. Le mécanicien de radio-repérage de l'ARC, Gordon MacPhail, a indiqué qu'il avait été en poste au radar de Ridgeway de 23 h le 4 avril jusqu'à 8 h le lendemain matin. Selon ces sources, il semble que le quart de nuit durait au moins neuf heures, et nous savons que l'aéronef japonais est entré dans la portée du radar durant les 50 dernières minutes environ. MacPhail fut l'un des 723 mécaniciens de radio-repérage ayant servi dans ce qui est devenu le South East Asia Command (SEAC) en 1943. Angus Hamilton, Canadians on Radar in South East Asia, 1941–1945, Douglas, Nouveau-Brunswick, auto-édité, 2000, ISBN 0-9681353-1-5.  (retourner)

33. Pour obtenir une explication des types de radars, voir Air Publication 1093C, vol. I, chap. 3, http://www.vmarsmanuals.co.uk/archive/634_AP1093C_Vol_1.pdf (consulté le 23 septembre 2014).  (retourner)

34. Le processus est décrit dans un passage de Signals Volume 5 cité par Ross McNeil, historien et chercheur, dans son deuxième message du 5 septembre 2014. L'auteur remercie monsieur McNeill pour l'information qu'il lui a fournie.  (retourner)

35. United Kingdom National Archives (NA), AIR 27/1530/19, 258 Squadron ORB.  (retourner)

36. Shores et Cull, Bloody Shambles, p. 395‑397.  (retourner)

37. Le capitaine d'aviation Robert T. P. Davidson, RAF, et les sous-lieutenants d'aviation Donald Alexander McDonald et James Henry « Jimmy » Whalen; le sergent de section Grant Roswell Bishop et les sergents Gerald George et Creighton Ivan Nutbrown, tous membres de l'ARC. Le groupe prétend avoir abattu neuf aéronefs japonais et en avoir peut-être abattu un autre, mais en fait, les 21 pilotes du 30e Escadron n’ont abattu que six aéronefs ennemis. Aucun des sept Canadiens n’a été tué ou blessé.  (retourner)

38. United Kingdom National Archives (NA), AIR 27/1530, 30 Squadron ORB.  (retourner)

39. Shores et Cull, Bloody Shambles, p. 398; Casualty Lists of the Royal Navy and Dominion Navies, World War 2, 1st – 30th April 1942, http://www.naval-history.net/xDKCas1942-04APR.htm (consulté le 23 septembre 2014). Les 803e et 806e escadrons comptaient chacun 12 Fulmar. Comme il est indiqué, six chasseurs Fulmar du 803e Escadron patrouillaient entre Bentota et Pottuvri, il y avait donc probablement 18 chasseurs Fulmar à Ratmalana lorsque le raid a commencé. On ne sait pas pourquoi seulement six d'entre eux ont décollé, mais on présume que l'absence d'alerte lointaine y est pour beaucoup.  (retourner)

40. Tagaya, Aichi 99 Kanbaku, p. 56; Shores et Cull, Bloody Shambles, p. 402‑403. Selon cette dernière source, six bombardiers Val du Zuikaku ont été endommagés le 5 avril, mais rien n'indique si les six faisaient partie du groupe de cinq ayant attaqué le port.  (retourner)

41. 258 Squadron ORB.  (retourner)

42. La traduction, du japonais à l'anglais, des extraits des kodochoshos pertinents a été gracieusement fournie à l'auteur par Osamu Tagaya.  (retourner)

43. Tagaya, Aichi 99 Kanbaku, p. 56; Shores et Cull, Bloody Shambles, p. 399‑401.  (retourner)

44. Selon certaines sources, le 258e Escadron aurait perdu neuf aéronefs. L’auteur chiffre les pertes probables à huit chasseurs Hurricane abattus et deux gravement endommagés après avoir examiné de multiples sources, y compris l'ORB de l'unité et les divers volumes de James J. Halley indiquant les numéros de série et le destin ultime des aéronefs de la RAF.  (retourner)

45. Tagaya, Aichi 99 Kanbaku, p. 56; Extraits traduits des kodochoshos des transporteurs et autres renseignements fournis à l'auteur par Osamu Tagaya, en mai et juin 2014. On n'a pu déterminer l'aéronef japonnais ayant coulé le pétrolier ravitailleur norvégien Soli et endommagé le navire de charge britannique Clan Murdoch. Il est possible que l'un de ces navires ou que les deux furent attaqués par les Val ou les Kate du Shokaku. L'auteur remercie monsieur Tagaya pour l'information qu'il lui a fournie.  (retourner)

46. L'équipage du QL-A a été emmené à bord du destroyer Isokaze. Dans un discours prononcé au Canada, en octobre 1945, Birchall raconte qu'ils avaient dit aux Japonais qu'ils « venaient tout juste d'arriver à Colombo et qu'ils avaient décollé immédiatement » traduction. Voir « the Japanese Ceylon Attack », The Empire Club of Canada, http://speeches.empireclub.org/details.asp?r=vs&ID=60830&number=2 (consulté le 23 septembre 2014). Après l'interrogatoire, le Isokaze signale au Akagi, le navire-amiral, tard dans la journée du 4 avril, que le QL-A « a décollé de Bombay le 28 mars, qu'il est arrivé à Colombo après un survol terrestre de transfert le 3 avril et qu'il a immédiatement commencé à effectuer des vols de reconnaissance à partir de cet endroit. » [Traduction]  (retourner)

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