Intégration de l’espace dans les opérations des Forces armées canadiennes (La Revue de l'ARC - HIVER 2015 - Volume 4, Numéro 1)

Table des matières

 

Par le capitaine Richard Moulton

Introduction

Bien que la Cellule des opérations spatiales canadiennes (CANSpOC) existe depuis septembre 2012, ses deux équipes de soutien du projet spatial conjoint (ESPSC) déployables n’ont élaboré que des procédures initiales à ce jour. Le cadre de déploiement de base a été établi durant l’exercice interarmées (JOINTEX) 2013 et, en août 2014, les ESPSC ont participé à d’autres exercices dans le but de continuer à renforcer le cadre pour qu’il devienne un ensemble plus solide de procédures.

Il a été particulièrement utile à l’occasion de ces exercices de constater comment la United States Air Force (USAF) mène ses activités en tant que principale force militaire américaine pour assurer la coordination du soutien et des effets de l’espace dans un théâtre d’opérations donné. Au niveau opérationnel, l’USAF intègre l’espace dans le centre d’opérations aériennes (COA), la structure de commandement et de contrôle (C2) utilisée pour diriger les forces aérospatiales menant des opérations de façon indépendante ainsi que dans les environnements interarmées ou interalliés. La principale méthode utilisée pour parvenir à cette fin est la nomination d’un directeur des forces spatiales (DIRSPACEFOR), tel qu’il est codifié dans la publication Air Force Instruction 13‑1 AOC, Volume 3, Operational Procedures – Air Operations Centre (AOC) [en anglais seulement].

Concept d’un directeur des forces spatiales

Dans le modèle américain (voir la figure 1), l’autorité générale de l’espace au sein d’un théâtre est la « space coordination authority » (SCA) [autorité de coordination de l’espace]. La SCA, un rôle que le commandant de forces interarmées (CFI) peut décider de conserver ou de déléguer à un subordonné, est responsable de la « planification des opérations spatiales interarmées, y compris la détermination des exigences liées à l’espace au sein de la force interarmées[1] » [Traduction]. Il s’agit d’un rôle semblable aux autres fonctions dans le théâtre, comme les rôles de commandant d’une zone de défense aérienne ou d’autorité de contrôle de l’espace aérien, deux rôles qui peuvent être délégués par le CFI au commandant de la composante aérienne de la force interarmées (CCAFI) ou au commandant de la composante aérienne de la Force multinationale (CCAFM) et intégrés à l’état­major de ce dernier. Qu’importe la personne désignée comme la SCA, un élément spatial interarmées est encouragé afin d’appuyer l’exécution des responsabilités quotidiennes[2]. Lorsque le CCAFI/CCAFM est désigné comme la SCA, c’est habituellement le DIRSPACEFOR qui dirige l’élément spatial interarmées en appui à ces responsabilités.

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La figure 1 est un organigramme. Le commandant de la composante aérienne de la force interarmées/commandant de la composante aérienne de la Force multinationale agit à titre d’autorité de coordination de l’espace [space coordination authority] et commande deux subordonnés : le commandant du centre d’opérations aériennes et l’état major aérien. Le commandant du centre d’opérations aériennes commande cinq divisions (stratégie; plans de combat; opérations de combat; renseignement, surveillance et reconnaissance; et mobilité aérienne) ainsi que le directeur des forces spatiales [director of space forces]. En outre, il assure une coordination avec les éléments de liaison. Chacune des cinq divisions et chacun des éléments de liaison commandent des subordonnés du domaine de l’espace, et c’est le directeur des forces spatiales qui commande leur état major. Une coordination est assurée entre tous les subordonnés du domaine de l’espace et l’état major du directeur des forces spatiales. L’équipe spécialisée dans les opérations spatiales [space operations specialty team] comprend les renforts du domaine de l’espace aux cinq divisions et aux éléments de liaison ainsi que l’état major du directeur des forces spatiales. Fin de la figure 1.

Figure 1. DIRSPACEFOR au sein d’un COA américain

Au sein du COA, le DIRSPACEFOR est le « principal conseiller du CCAFI en matière d’espace qui possède une vaste expertise dans ce domaine, qui connaît bien les théâtres d’opérations et qui formule des conseils relativement à la planification, à l’exécution et à l’évaluation des opérations spatiales de l’USAF[3] » [Traduction]. À ce titre, le DIRSPACEFOR « facilite les activités de coordination, d’intégration et de travail d’état-major au nom du CCAFI, y compris le soutien fourni à la SCA dans le cadre des opérations spatiales interarmées[4] » [Traduction]. Il est appuyé dans le cadre de ces activités par un groupe de spécialistes appelé « space operations specialty team[5] » (SOST) [équipe spécialisée dans les opérations spatiales].

La SOST est constituée de deux composantes. La première est constituée des renforts des cinq divisions du COA : stratégie[6], plans de combat[7]; opérations de combat[8]; renseignement, surveillance et reconnaissance[9]; et mobilité aérienne[10]. Ces postes intègrent les effets et le soutien de l’espace pendant toute la durée des phases de planification et d’exécution, en plus de fournir à leur division respective une expertise d’expert en matière d’espace. Bien que ces renforts relèvent de leurs chefs de division respectifs, leurs efforts sont également coordonnés par la seconde composante de la SOST, à savoir l’état-major du DIRSPACEFOR. On peut ainsi s’assurer que le soutien spatial ne fait l’objet d’aucun conflit, qu’il est rationalisé dans l’ensemble du COA et que le DIRSPACEFOR dispose des renseignements nécessaires quant à la connaissance de la situation au moment de conseiller le CCAFI relativement à son rôle à titre de SCA.

La SOST s’acquitte de son rôle à titre d’élément spatial interarmées en coordonnant le soutien spatial fourni aux autres composantes par diverses liaisons de composantes intégrées au COA[11]. Chacune de ces liaisons de composantes, comme le détachement de coordination du champ de bataille ou l’élément de liaison naval et amphibie, relève de son commandant de composante respectif et désignera des membres qui assureront la liaison avec la SOST. Un soutien semblable peut être fourni aux alliés dans un environnement interalliés par les officiers de la coalition et les officiers de liaison alliés[12].

La mise en œuvre du modèle américain a pour effet d’intégrer l’espace à toutes les parties du processus de planification opérationnelle pour l’ensemble de la force interarmées. Les experts en matière d’espace sont clairement identifiés et affectés dans l’ensemble du COA, et les capacités spatiales alliées et les menaces spatiales ennemies sont comprises et dûment prises en considération lors de la planification et de l’exécution des opérations. De plus, les besoins de tous les services et de tous les alliés sont intégrés. À un échelon supérieur, le DIRSPACEFOR est l’autorité qui donne des briefings au CCAFI/CCAFM dans le cadre du rôle de ce dernier à titre de SCA, qui est l’autorité responsable de l’intégration des capacités spatiales en appui à la campagne du CFI[13].

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Le contexte canadien

Bien que l’USAF participe depuis longtemps au développement de capacités spatiales et à leur intégration dans les opérations aérospatiales et interarmées, il y a suffisamment de différences entre la structure des forces militaires américaines et celle des Forces armées canadiennes (FAC) pour qu’une recommandation concernant l’adoption du modèle américain dans son ensemble ne soit ni réaliste ni responsable. L’analyse de ce modèle devrait toutefois constituer le point de départ de toute tentative d’intégration de l’espace dans les opérations des FAC. Trois points sont à prendre en considération dans la refonte de la doctrine américaine aux fins d’utilisation par le Canada.

Le premier point à prendre en considération est le fait que l’USAF a la primauté dans le domaine spatial pour les forces militaires américaines, et de la même façon, la doctrine de l’Aviation royale canadienne (ARC) définit la puissance aérospatiale comme l’« élément de la puissance militaire mis en action à partir ou à l’intérieur de l’environnement aérien et spatial[14] ». Il est naturel d’associer la puissance aérienne et la puissance spatiale de cette façon, puisqu’elles ont nombre de caractéristiques en commun, comme l’élévation, la fragilité, la portée, la sensibilité à la technologie et la furtivité[15]. Cependant, outre ces prémisses fondamentales, la 14e Force aérienne de l’USAF est responsable de diriger le Joint Space Operations Center (JSpOC)[16] [Centre des opérations spatiales interarmées] en assurant en tout temps le C2 de toutes les forces d’opérations spatiales[17], tandis que la CANSpOC des FAC est une unité opérationnelle interarmées au sein des organisations du directeur général – Espace (DG Espace) et du vice-chef d’état-major de la défense. Étant donné que ce soutien fourni par l’espace est en soi un effet interarmées, il donne l’occasion d’institutionnaliser la perspective des FAC de l’espace comme une capacité interarmées et de la situer avec le CFI et le Quartier général de la force opérationnelle interarmées (QGFOI) comme partie intégrante de l’état‑major spécial, tel qu’il est décrit dans la Publication interarmées des Forces canadiennes (PIFC) 3.0, Opérations[18].

Le deuxième point à prendre en considération est le fait que dans la doctrine militaire américaine, le commandant du Joint Functional Component Command for Space (JFCC Space) [commandement de la composante fonctionnelle interarmées pour l’espace][19] est désigné comme la « global space coordinating authority » (GSCA) [autorité globale de coordination de l’espace], alors qu’une telle autorité n’existe pas au Canada. Dans le même ordre d’idées, le commandant du JFCC Space est appuyé par un vaste cadre de l’espace, qui comprend notamment le JSpOC et tous les DIRSPACEFOR des « geographic combatant commanders » (GCC) [commandants de composante de combat géographiques]. D’un autre côté, le DG Espace ne peut compter que sur la CANSpOC et sur les sections responsables des projets et des politiques de son organisation pour faire progresser l’intégration de l’espace dans les opérations des FAC. Ces deux différences représentent un écart manifeste entre l’autorité et la capacité d’intégrer l’espace dans les forces militaires respectives. Pour combler cet écart, on a proposé que le DG Espace assume le rôle de GSCA en agissant à titre de commandant du Joint Space Component Command (JSCC) au nom du commandant du Commandement des opérations interarmées du Canada (COIC). Ce rôle serait assumé par une seule autorité pour l’espace opérationnel et institutionnaliserait l’espace en tant que capacité interarmées au sein des FAC.

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Enfin, le troisième point à prendre en considération est le fait que la doctrine militaire américaine a un commandant de l’United States Strategic Command [Commandement stratégique des États‑Unis] qui soutient les différents GCC en permettant aux composantes concernées (p. ex., le JFCC Space) d’assurer la coordination avec la SCA[20], alors que les FAC ne possèdent pas une telle structure de GCC. En fait, le COIC est plutôt responsable des opérations des FAC qui ne sont pas menées uniquement par le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord ou le Commandement – Forces d’opérations spéciales du Canada[21]. Cette différence dans la portée des opérations et la portée de commandement que l’on peut observer entre les forces militaires américaines et les FAC est un facteur qu’il faudra prendre en considération à compter de maintenant.

Un modèle des FAC pour l’espace

Le modèle suggéré d’intégration de l’espace dans les opérations des FAC tient compte de ces trois points. Il comprend en outre trois niveaux d’expertise en matière d’espace intégrés aux niveaux de planification tactique et opérationnelle, à savoir la SCA, le DIRSPACEFOR et les experts en matière d’espace. Tandis que ces concepts reflètent le modèle de l’USAF, les modifications qui y sont apportées tiennent compte des différences entre les forces militaires américaines et les FAC, tout en permettant l’intégration adaptée du soutien spatial dans les opérations. Il peut s’agir d’opérations menées dans un état stable, d’une force opérationnelle des FAC collaborant avec les forces américaines ou d’une force opérationnelle des FAC menant ses opérations de façon indépendante.

Tel que l’illustre la figure 2, lorsque l’état est stable, le C2 de l’espace pour les FAC sont assurés par le DG Espace dans son rôle à titre de commandant du JSCC exécutant le rôle de GSCA au nom du commandant du COIC en appui aux opérations de ce dernier menées dans une zone de responsabilité globale. Le directeur – Disponibilité opérationnelle (Opérations spatiales) [DSOR], qui dirige la CANSpOC, agit en qualité de DIRSPACEFOR, tandis que la CANSpOC fournit l’expertise requise pour intégrer l’espace dans la planification au niveau opérationnel dans l’ensemble du système d’état-major du COIC et achemine les produits et les analyses relatifs à l’amélioration de la force spatiale au quartier général et aux subordonnés des opérations du COIC.

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La figure 2 est un organigramme. Le chef d’état major de la défense commande le commandant du Commandement des opérations interarmées du Canada et le vice chef d’état major de la défense. Ce dernier commande le chef – Développement des Forces, qui lui commande le commandant du Joint Space Component Command (directeur général – Espace). Ce dernier est désigné comme la « space coordination authority » [autorité de coordination de l’espace]. Une coordination est également assurée entre le commandant du Joint Space Component Command et le commandant du Commandement des opérations interarmées du Canada. Le commandant du Joint Space Component Command commande le directeur des forces aérospatiales [directeur – Disponibilité opérationnelle (Opérations spatiales)], qui lui commande la Cellule des opérations spatiales canadiennes. Le commandant du Commandement des opérations interarmées du Canada commande l’état major et les responsables de la surveillance du Commandement des opérations interarmées du Canada ainsi que le commandant de la force opérationnelle. Le commandant de la force opérationnelle commande son état major. Une coordination est assurée entre la Cellule des opérations spatiales canadiennes, l’état major et les responsables de la surveillance du Commandement des opérations interarmées du Canada ainsi que l’état major de la force opérationnelle. Toutes les entités figurant dans l’organigramme de l’organisation sont des ressources interarmées, à l’exception du directeur des forces spatiales [directeur – Disponibilité opérationnelle (Opérations spatiales)] et de la Cellule des opérations spatiales canadiennes, qui sont des ressources spatiales, et du commandant du Joint Space Component Command (DG Espace), qui est une organisation interarmées menant des opérations spatiales. Fin de la figure 2.

Figure 2. État stable des FAC

Le prochain scénario (voir la figure 3) consiste en une force opérationnelle des FAC, interarmées ou autre, déployée et menant des opérations de concert avec les forces américaines. Lorsque le commandant du JSCC continue, par l’intermédiaire du DSOR/DIRSPACEFOR et de la CANSpOC, de fournir une expertise en matière d’espace et d’appuyer le commandant du COIC dans l’intégration de l’espace, une ESPSC déployable est envoyée comme partie intégrante du QGFOI des FAC. Les trois rôles assumés par l’ESPSC intégreront l’espace dans le rythme de bataille du commandant de la force opérationnelle, fourniront un lien arrière pour les capacités fournies par la CANSpOC et assureront une liaison avec l’état-major du DIRSPACEFOR du GCC concerné afin de s’assurer que les exigences en matière d’espace de la force opérationnelle sont intégrées adéquatement à l’échelle du théâtre dans l’environnement interalliés.

La figure 3 est un organigramme. Le chef d’état major de la défense commande le commandant du Commandement des opérations interarmées du Canada et le vice chef d’état major de la défense. Ce dernier commande le chef – Développement des Forces, qui lui commande le commandant du Joint Space Component Command (directeur général – Espace). Ce dernier est désigné comme l’autorité canadienne de coordination de l’espace. Une coordination est également assurée entre le commandant du Joint Space Component Command et le commandant du Commandement des opérations interarmées du Canada. Le commandant du Joint Space Component Command commande le directeur canadien des forces aérospatiales [directeur – Disponibilité opérationnelle (Opérations spatiales)], qui lui commande la Cellule des opérations spatiales canadiennes. Le commandant du Commandement des opérations interarmées du Canada commande l’état major et les responsables de la surveillance du Commandement des opérations interarmées du Canada ainsi que le commandant de la force opérationnelle. Le commandant canadien de la force opérationnelle commande son état major. L’équipe de soutien du projet spatial conjoint représente une partie de l’état major de la force opérationnelle.  Au sein du « American geographic combatant command » [commandement de composante de combat américain], le commandant de la force interarmées américaine commande le commandant de la composante aérienne, le commandant de la composante terrestre et le commandant de la composante maritime. Le commandant de la force interarmées américaine commande le commandant de la force opérationnelle canadienne. Le commandant de la composante aérienne est nommé à titre d’autorité de la coordination de l’espace américaine et commande le directeur des forces spatiales américain.  Une coordination est assurée entre la Cellule des opérations spatiales canadiennes et l’état major et les responsables de la surveillance du Commandement canadien des opérations interarmées. Une coordination est également assurée entre la Cellule des opérations spatiales canadiennes, l’équipe de soutien du projet spatial conjoint au sein de la force opérationnelle et le directeur des forces spatiales américain. Le commandant de la composante aérienne est une ressource aérienne. Le commandant de la composante terrestre est une ressource terrestre. Le commandant de la composante maritime est une ressource maritime. La Cellule des opérations spatiales canadiennes, l’équipe de soutien du projet spatial conjoint et les directeurs des forces spatiales canadiens et américains sont des ressources spatiales. Le commandant du Joint Space Component Command (directeur général – Espace) est une organisation interarmées qui mène des opérations spatiales. Toutes les autres entités figurant dans l’organigramme sont des ressources interarmées. La note précise : Le commandant de la force opérationnelle canadienne peut être sous le contrôle de l’un des commandants de composante américains. Fin de la figure 3.

Figure 3. Force opérationnelle des FAC intégrées avec les forces américaines

Note: Le commandant de la force opérationelle canadienne peut être sous le contrôle de l'un des commandants de composante américains.

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Dans le troisième scénario (voir la figure 4), une force opérationnelle interarmées des FAC mène des opérations de façon indépendante; le même niveau de soutien est fourni par le commandant du JSCC, la CANSpOC et les ESPSC. Le commandant du JSCC a toutefois l’option de déléguer au CFI la SCA pour sa zone de responsabilité. À ce stade, des membres du personnel cadre spécialisés dans l’espace supplémentaires de l’ESPSC et des FAC sont également déployés pour renforcer l’expertise en matière d’espace au QGFOI et agir à titre de DIRSPACEFOR et d’état-major du CFI. Comme dans le modèle de l’USAF, le DIRSPACEFOR coordonne toutes les exigences en matière d’espace dans l’ensemble des composantes, élimine les conflits liés aux demandes de soutien spatial et fournit un portrait cohérent de l’intégration de l’espace au CFI puis au commandant du JSCC.

La figure 4 est un organigramme. Le chef d’état major de la défense commande le commandant du Commandement des opérations interarmées du Canada et le vice chef d’état major de la défense. Ce dernier commande le chef – Développement des Forces, qui lui commande le commandant du Joint Space Component Command (directeur général – Espace). Une coordination est également assurée entre le commandant du Joint Space Component Command et le commandant du Commandement des opérations interarmées du Canada. Ce dernier est désigné comme l’autorité nationale de coordination de l’espace. Le commandant du Joint Space Component Command commande le directeur des forces aérospatiales [directeur – Disponibilité opérationnelle (Opérations spatiales)], qui lui commande la Cellule des opérations spatiales canadiennes. Le commandant du Commandement des opérations interarmées du Canada commande l’état major et les responsables de la surveillance du Commandement des opérations interarmées du Canada ainsi que le commandant de la force opérationnelle interarmées. Le commandant de la force opérationnelle interarmées est désigné comme la « space coordination authority » [autorité de coordination de l’espace] pour la zone de responsabilité qui lui est attribuée. Le commandant de la force opérationnelle interarmées commande le commandant de la composante aérienne, le commandant de la composante terrestre, le commandant de la composante maritime ainsi que l’état major de la force opérationnelle. Le commandant de la composante aérienne commande son état major, y compris le personnel responsable de l’espace. Le commandant de la composante terrestre commande son état major, y compris le personnel responsable de l’espace. Le commandant de la composante maritime commande son état major, y compris le personnel responsable de l’espace. L’état major de la force opérationnelle interarmées comprend le directeur des forces spatiales de la force opérationnelle interarmées qui commande une équipe de soutien du projet spatial conjoint. Une coordination est assurée entre la Cellule des opérations spatiales canadiennes et l’équipe de soutien du projet spatial conjoint. Une coordination est également assurée entre l’équipe de soutien du projet spatial conjoint et l’état major responsable de l’espace de tous les états majors des commandants des quatre composantes. Le commandant et l’état major de la composante aérienne, à l’exception de l’état major responsable de l’espace, sont des ressources aériennes. Le commandant et l’état major de la composante terrestre, à l’exception de l’état major responsable de l’espace, sont des ressources terrestres. Le commandant et l’état major de la composante maritime, à l’exception de l’état major responsable de l’espace, sont des ressources maritimes. Le directeur des forces spatiales [directeur – Disponibilité opérationnelle (Opérations spatiales], la Cellule des opérations spatiales canadiennes, le directeur des forces spatiales de la force opérationnelle interarmées, l’équipe de soutien du projet spatial conjoint ainsi que l’état major responsable de l’espace des commandants de composante sont des ressources spatiales. Le commandant du Joint Space Component Command (directeur général – Espace) est une organisation interarmées qui mène des opérations spatiales. Toutes les autres entités figurant dans l’organigramme sont des ressources interarmées. Les deux notes précisent ce qui suit : 1. Si la « space coordination authority » est déléguée au commandant de la force opérationnelle interarmées, cette délégation ne s’applique qu’à la zone de responsabilité du commandant de la force opérationnelle interarmées. 2. Des renforts de l’équipe de soutien du projet spatial conjoint peuvent s’ajouter à l’état major responsable de l’espace. Fin de la figure 4.

Figure 4. La force opérationnelle interarmées des FAC mène ses opérations de façon indépendante.

Notes: 1. Si la « space coordination authority » est déléguée au commandant de la force opérationnelle interarmées, cette délégation ne s’applique qu’à la zone de responsabilité du commandant de la force opérationnelle interarmées.
2. Des renforts de l’équipe de soutien du projet spatial conjoint peuvent s’ajouter à l’état‑major responsable de l’espace.

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Conclusion

Les ESPSC représentent la prochaine étape dans le développement de l’expertise en matière d’espace qui peut être intégrée dans les opérations des FAC. Ce modèle, et ses trois niveaux d’intégration, fournit le cadre en matière d’espace des FAC ainsi qu’un guide pour cette prochaine étape. Au fur et à mesure que la CANSpOC et ses ESPSC continueront de développer le soutien et l’expertise qu’elles fournissent, l’intégration dans les quartiers généraux de niveau opérationnel menant des opérations revêtira une importance croissante.

Il est impératif que la CANSpOC, les membres de l’ESPSC et les états-majors des quartiers généraux mettent à profit l’expérience de nos alliés américains à mesure que nous poursuivrons ces efforts de développement en vue de trouver les meilleures pratiques et d’éviter de répéter les mêmes erreurs. Selon la doctrine de l’USAF, un DIRSPACEFOR et l’état-major sont la preuve que le cadre en matière d’espace des FAC devrait être adopté lors de son intégration au quartier général opérationnel, quel que soit le rythme des opérations. C’est le DIRSPACEFOR qui représente le mieux l’état-major du CFI et qui s’assure que les effets et le soutien de l’espace sont intégrés adéquatement aux phases de planification et d’exécution de la campagne du CFI.


Le capitaine Richard Moulton est un officier du contrôle aérospatial au sein de l’ARC actuellement affecté à la CANSpOC, à Ottawa, à titre d’officier des normes et de l’instruction. En août 2014, il s’est vu offrir l’occasion d’être déployé à titre de renfort au 607e COA à Osan, dans la République de Corée, en vue de participer à l’exercice ULCHI FREEDOM GUARDIAN 2014.

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Abréviations

AFI13-1AOCV3―Air Force Instruction 13-1 AOC, Volume 3, Operational Procedures – Air Operations Centre (AOC)

ARC―Aviation royale canadienne

C2―commandement et contrôle

CANSpOC

CEMD―Cellule des opérations spatiales canadiennes

chef d’état-major de la défense

CCA―commandant de la composante aérienne

CCAFI―commandant de la composante aérienne de la force interarmées

CCAFM―Commandant de la composante aérienne de la Force multinationale

CCM―commandant de la composante maritime

CCT―commandant de la composante terrestre

CDF―chef – Développement des Forces

CFI―commandant de forces interarmées

cmdt―commandant

COA―centre d’opérations aériennes

COIC―Commandement des opérations interarmées du Canada

DG Espace―directeur général – Espace

DIRSPACEFOR―director of space forces (US)

DMA―division de la mobilité aérienne

DOC―division d’opérations de combat

DPC―division de plans de combat

DRSR―Division du renseignement, de la surveillance et de la reconnaissance

DSOR―directeur – Disponibilité opérationnelle (Opérations spatiales)

É.-U.―États-Unis

EM―expert en la matière

ESPSC―Équipe de soutien du projet spatial conjoint

FAC―Forces armées canadiennes

FO―force opérationnelle

FOI―force opérationnelle interarmées

FOS―forces d’opérations spéciales

GCC―geographic combatant command (US)

GSCA―global space coordination authority (US)

JFCC Space―Joint Functional Component Command for Space (US)

JSCC―Joint Space Component Command (US)

JSpOC―Joint Space Operations Center (US)

SCA―space coordination authority (US)

SOCC―commandant de la composante des opérations spéciales

USAF―United States Air Force

VCEMD―vice-chef d’état-major de la défense

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Notes

[1]. United States (US), Joint Chiefs of Staff, Joint Publication 3‑14, Space Operations, Arlington County (VA), Joint Chiefs of Staff, 29 mai 2013, p. III‑2, http://cfd.mil.ca/sites/intranet­eng.aspx?page=16937 (consulté le 16 décembre 2014).  (retourner)

[2]. United States (US), Joint Chiefs of Staff, Joint Publication 3‑14, Space Operations, Arlington County (VA), Joint Chiefs of Staff, 29 mai 2013, p. III‑3, http://cfd.mil.ca/sites/intranet­eng.aspx?page=16937 (consulté le 16 décembre 2014). (retourner)

[3]. États‑Unis, Department of the Air Force, Air Force Instruction 13­1 AOC, Volume 3 (AFI13­1AOCV3), Operational Procedures – Air Operations Center (AOC), Arlington County, VA: Department of the Air Force, modification effectuée le 18 mai 2012, p. 102, http://static.e­publishing.af.mil/production/1/af_a3_5/publication/afi13­1aocv3/afi13­1aocv3.pdf  (consulté le 16 décembre 2014). (retourner)

[4]. États‑Unis, Department of the Air Force, Air Force Instruction 13­1 AOC, Volume 3 (AFI13­1AOCV3), Operational Procedures – Air Operations Center (AOC), Arlington County, VA: Department of the Air Force, modification effectuée le 18 mai 2012, p. 102, http://static.e­publishing.af.mil/production/1/af_a3_5/publication/afi13­1aocv3/afi13­1aocv3.pdf (consulté le 16 décembre 2014). (retourner)

[5]. États‑Unis, Department of the Air Force, Air Force Instruction 13­1 AOC, Volume 3 (AFI13­1AOCV3), Operational Procedures – Air Operations Center (AOC), Arlington County, VA: Department of the Air Force, modification effectuée le 18 mai 2012, p. 88, http://static.e­publishing.af.mil/production/1/af_a3_5/publication/afi13­1aocv3/afi13­1aocv3.pdf (consulté le 16 décembre 2014). (retourner)

[6]. États‑Unis, Department of the Air Force, Air Force Instruction 13­1 AOC, Volume 3 (AFI13­1AOCV3), Operational Procedures – Air Operations Center (AOC), Arlington County, VA: Department of the Air Force, modification effectuée le 18 mai 2012, p. 23 à 28, http://static.e­publishing.af.mil/production/1/af_a3_5/publication/afi13­1aocv3/afi13­1aocv3.pdf (consulté le 16 décembre 2014). (retourner)

[7]. États‑Unis, Department of the Air Force, Air Force Instruction 13­1 AOC, Volume 3 (AFI13­1AOCV3), Operational Procedures – Air Operations Center (AOC), Arlington County, VA: Department of the Air Force, modification effectuée le 18 mai 2012, p. 30 à 35, http://static.e­publishing.af.mil/production/1/af_a3_5/publication/afi13­1aocv3/afi13­1aocv3.pdf (consulté le 16 décembre 2014). (retourner)

[8]. États‑Unis, Department of the Air Force, Air Force Instruction 13­1 AOC, Volume 3 (AFI13­1AOCV3), Operational Procedures – Air Operations Center (AOC), Arlington County, VA: Department of the Air Force, modification effectuée le 18 mai 2012, p. 37 à 46, http://static.e­publishing.af.mil/production/1/af_a3_5/publication/afi13­1aocv3/afi13­1aocv3.pdf (consulté le 16 décembre 2014). (retourner)

[9]. États‑Unis, Department of the Air Force, Air Force Instruction 13­1 AOC, Volume 3 (AFI13­1AOCV3), Operational Procedures – Air Operations Center (AOC), Arlington County, VA: Department of the Air Force, modification effectuée le 18 mai 2012, p. 47 à 70, http://static.e­publishing.af.mil/production/1/af_a3_5/publication/afi13­1aocv3/afi13­1aocv3.pdf (consulté le 16 décembre 2014). (retourner)

[10]. États‑Unis, Department of the Air Force, Air Force Instruction 13­1 AOC, Volume 3 (AFI13­1AOCV3), Operational Procedures – Air Operations Center (AOC), Arlington County, VA: Department of the Air Force, modification effectuée le 18 mai 2012, p. 71 à 80, http://static.e­publishing.af.mil/production/1/af_a3_5/publication/afi13­1aocv3/afi13­1aocv3.pdf (consulté le 16 décembre 2014). (retourner)

[11]. États‑Unis, Department of the Air Force, Air Force Instruction 13­1 AOC, Volume 3 (AFI13­1AOCV3), Operational Procedures – Air Operations Center (AOC), Arlington County, VA: Department of the Air Force, modification effectuée le 18 mai 2012, p. 81 et 82, http://static.e­publishing.af.mil/production/1/af_a3_5/publication/afi13­1aocv3/afi13­1aocv3.pdf (consulté le 16 décembre 2014). (retourner)

[12]. États‑Unis, Department of the Air Force, Air Force Instruction 13­1 AOC, Volume 3 (AFI13­1AOCV3), Operational Procedures – Air Operations Center (AOC), Arlington County, VA: Department of the Air Force, modification effectuée le 18 mai 2012, p. 82, http://static.e­publishing.af.mil/production/1/af_a3_5/publication/afi13­1aocv3/afi13­1aocv3.pdf (consulté le 16 décembre 2014). (retourner)

[13]. États‑Unis, Department of the Air Force, Air Force Instruction 13­1 AOC, Volume 3 (AFI13­1AOCV3), Operational Procedures – Air Operations Center (AOC), Arlington County, VA: Department of the Air Force, modification effectuée le 18 mai 2012, p. 7, http://static.e­publishing.af.mil/production/1/af_a3_5/publication/afi13­1aocv3/afi13­1aocv3.pdf (consulté le 16 décembre 2014). (retourner)

[14]. Canada, ministère de la Défense nationale, B­GA­400­000/FP­000, Doctrine aérospatiale des Forces canadiennes, 2e édition, Trenton (Ont.), Centre de guerre aérospatiale des Forces canadiennes, 2010, p. 62, http://www.rcaf­arc.forces.gc.ca/fr/centre­guerre­aerospatiale­fc/doctrine­aerospatiale.page (consulté le 16 décembre 2014). (retourner)

[15]. Canada, ministère de la Défense nationale, B­GA­400­000/FP­000, Doctrine aérospatiale des Forces canadiennes, 2e édition, Trenton (Ont.), Centre de guerre aérospatiale des Forces canadiennes, 2010, p. 26 et 27, http://www.rcaf­arc.forces.gc.ca/fr/centre­guerre­aerospatiale­fc/doctrine­aerospatiale.page (consulté le 16 décembre 2014). (retourner)

[16]. 14th Air Force, 14th Air Force Public Affairs, Vandenberg Air Force Base, http://www.vandenberg.af.mil/library/factsheets/factsheet.asp?id=4684 (consulté le 16 décembre 2014). (retourner)

[17]. 14th Air Force, 14th Air Force Public Affairs, Vandenberg Air Force Base, http://www.vandenberg.af.mil/library/factsheets/factsheet.asp?id=4684 (consulté le 16 décembre 2014). (retourner)

[18]. Canada, ministère de la Défense nationale, B­GJ­005­300/FP­001, Publication interarmées des Forces canadiennes 3.0, Opérations, Ottawa, Centre d’expérimentation des Forces canadiennes, septembre 2011, p. 4‑1 à 4‑7, http://cjoc­coic.mil.ca/sites/intranet­eng.aspx?page=3560 (Réseau étendu de la Défense seulement – consulté le 16 décembre 2014). (retourner)

[19]. Joint Functional Component Command for Space (JFCC Space), United States Strategic Command, http://www.stratcom.mil/factsheets/7/JFCC_Space/ (consulté le 16 décembre 2014). (retourner)

[20]. US, Department of the Air Force, AFI13­1AOCV3, p. 7. (retourner)

[21]. Commandement des opérations interarmées du Canada, Concept d’opération du COIC, http://cjoc­coic.mil.ca/sites/intranet­eng.aspx?page=14540 (Réseau étendu de la Défense seulement – consulté le 16 décembre 2014). (retourner)

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