Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp (La Revue de l'ARC - HIVER 2015 - Volume 4, Numéro 1)

Couverture de Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp

Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp

Par le Lieut. Pat O’Brien

New York, Harper & Brothers Publishers, 1918
297 pages
http://www.gutenberg.org/files/42490/42490-h/42490-h.htm

Compte rendu de Daniel J. Demers

Photographie du lieutenant Pat O’Brien dans son uniforme de la Royal Air Force.

Un pilote américain dans le Royal Flying Corps

Nombre de sites Web ont vu le jour pour offrir des versions numérisées gratuites des livres et des articles du domaine public. Le plus ancien de ces sites, le Project Gutenberg, a vu le jour en 1971, et constitue un effort d’archivage majoritairement bénévole qui dépend des dons et des contributions pour fonctionner. Ce site et d’autres du même genre renferment des trésors inespérés de matériel source original pour les historiens militaires. Dans le cadre du Project Gutenberg, 47 542 livres ont été numérisés, auxquels s’ajoutent 50 nouveaux livres par semaine. L’une des perles de ce site est le livre à succès de 1918, Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp (Déjouer les Boches : Mon évasion d’un camp de prisonniers allemand), du lieutenant Pat O’Brien.

En août 1917, O’Brien, un pilote américain qui s’est joint au Royal Flying Corps (RFC) britannique, a été abattu au-dessus de la Belgique. Dans ses mots, une balle allemande « a traversé ma lèvre supérieure, est sortie de mon palais et s’est logée dans ma gorge [ndlt : toutes les citations sont traduites de l’original][1] ». Alors que son avion pique en vrille vers le sol, il se rappelle s’être répété à lui-même : « Je suis mort, je suis mort[2] ».

Au terme d’une convalescence dans un hôpital de campagne, les Allemands le font monter dans un train en route vers un camp de prisonniers de guerre en Allemagne. Alors que le train traverse l’Allemagne, O’Brien se jette d’une fenêtre et atterrit sur le ballast, où il subit plusieurs blessures. « Mon œil gauche est bouché, je me suis éraflé les mains et les tibias, et j’ai perdu connaissance[3] », décrit-il.

Saignant abondamment de ses blessures, il commence un périple de 73 jours vers la liberté. O’Brien se cache le jour et marche la nuit — et traverse de nombreux fossés, rivières, canaux et ruisseaux, à la nage ou à gué. Affamé, il subsiste de choux, de betteraves à sucre et de carottes qu’il déterre dans les champs pendant ses marches de nuit. De retour en Belgique après avoir traversé le Luxembourg, il visite des fermes en quête de nourriture. Les fermiers le nourrissent à grand risque : s’ils sont découverts, ils seront exécutés pour avoir aidé un prisonnier évadé[4].

O’Brien commence à piloter en 1912 — dans l’un des premiers « coucou ». Pendant un moment, il pilote dans la United States Army’s Air Corp durant les incursions de Poncho Villa de l’autre côté de la frontière mexicaine. Frustré par la répugnance des États-Unis à se joindre à la Grande-Bretagne et à la France dans les premiers jours de la Première Guerre mondiale, il déménage au Canada et se porte volontaire pour la RFC. En mai 1917, aux côtés de 17 autres pilotes, dont neuf de citoyenneté américaine comme lui, il est envoyé en Angleterre.

Un mois plus tard, il est assigné au « Pool Pilots’ Mess», situé en Flandres, en Belgique. « Chaque fois qu’un pilote était abattu ou tué, on avisait le “Pool Pilots’ Mess” d’envoyer un autre pilote pour le remplacer[5] », écrit O’Brien. Bientôt, le pilote de 27 ans reçoit l’avis de se rapporter pour un poste vacant de pilote éclaireur. Son nouvel escadron est situé à 18 miles [30 kilomètres] derrière la ligne d’Ypres. Les pilotes éclaireurs n’avaient pas de but précis autre que de voler mille pieds [305 mètres] plus haut que les « lâcheurs de bombes » et de les protéger. Son devoir, explique-t-il, était de « juste me battre, ou comme le citait l’ordre qui m’avait été donné : “Vous devez provoquer les batailles et ne pas attendre qu’elles viennent à vous”[6] ». La routine ordinaire de l’escadron est d’envoyer en l’air les avions deux fois par jour, pendant deux heures.

Le 17 août 1917, O’Brien abat deux avions allemands et se fait lui-même descendre par des tirs antiaériens. Il atterrit en toute sécurité près de son aérodrome, mais les tirs d’artillerie, commandés à partir de dirigeables d’observation allemands, démolissent complètement son avion pendant qu’il se cache dans un trou d’obus. Il est secouru, conduit jusqu’à son quartier général puis assigné à un nouvel appareil. Le soir même, il est de retour en patrouille, mais se fait descendre une deuxième fois. Il se réveille dans un hôpital de campagne allemand le matin suivant. O’Brien n’est pas seulement touché à la bouche : « Je souffrais d’une enflure du front jusqu’à l’arrière de la tête... Je ne pouvais pas bouger d’un poil sans sentir de douleurs intenses[7]... » Les officiers allemands racontent à O’Brien que son appareil a piqué « dans une spirale entre huit et neuf mille pieds [2 438,4 et 2 743,2 m]. Ils ont été très surpris de découvrir que je n’avais pas été réduit en pièces. Pour me sortir de l’appareil, il a fallu le découper à la scie...[8] » Le jour suivant, plusieurs pilotes allemands lui rendent visite et le « traitent avec grands égards[9] » se rappelle-t-il. Ils lui présentent le chapeau rouge du pilote bavarois qu’il a descendu, et en retour, O’Brien cède à leur demande de leur remettre comme souvenirs l’une de ses épaulettes arborant l’étoile de son grade ainsi que ses insignes de la RFC[10].

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Photographie du biplan dans un champ à découvert et de trois aviateurs.

L’avion [Sopwith Pup] que le lieutenant O’Brien a utilisé pour sa dernière bataille avec les Boches quand il a été abattu et fait prisonnier.

Après plusieurs semaines à l’hôpital, il est transféré à un camp de prisonniers allemand à Courtrai, en Belgique, où il reste pendant trois semaines. Le 9 septembre, il est mis dans un train qui devait l’amener au camp de prisonniers de guerre à Strasbourg, en Allemagne.

Le wagon à bestiaux, rempli de fumée de cigarette, lui donne une raison de simuler une quinte de toux. Il ouvre la fenêtre pour évacuer la fumée, pendant que le train circule à une vitesse entre « trente et trente-cinq miles à l’heure [48,3 et 56,3 kilomètres de l’heure]… cahotant sur les traverses[11] », écrit-il. O’Brien se lève sur son banc. Il explique : « Comme si j’allais mettre mon sac sur le porte-bagages supérieur, j’ai empoigné le porte-bagages de la main gauche, et de la main droite, une courroie qui pendait du plafond. Je me suis hissé, j’ai poussé mes pieds et mes jambes hors de la fenêtre avant de tout lâcher[12]! » Quand il retrouve ses esprits, il a la réflexion suivante : « J’étais libre, et il n’en tenait qu’à moi de profiter de cette liberté[13] ».

Saignant abondamment des blessures qu’il s’est infligées dans sa chute du train, il commence son long périple vers la liberté. Il calcule qu’il a mis neuf jours entiers pour traverser l’Allemagne avant d’entrer au Luxembourg. Et encore neuf autres jours avant d’entrer en Belgique. Quand il arrive en Belgique sous l’occupation allemande, il est « très affaibli ». Il arrive à peine à « couvrir plus de cinq miles [8 km] dans une nuit[14] ». À une occasion, alors qu’il traverse une rivière à la nage, il se souvient de s’être étouffé et d’avoir cherché de l’air. « Mes bras et mes jambes étaient complètement épuisés. J’ai prié pour avoir la force d’arriver de l’autre côté... J’ai enfin senti la boue accueillante du fond... » O’Brien se traîne jusqu’à la berge, en se tenant aux herbes. « Je parvenais à peine à m’agripper. J’avais peur de m’évanouir... Je continuais à tirer et à ramper... et j’ai finalement réussi. » Là, sur la berge, pour la première fois de sa vie, il s’évanouit d’épuisement[15].

O’Brien met encore deux mois avant de rencontrer des résistants belges qui le cachent dans une maison abandonnée, dans une ville non précisée, avec un passeport forgé. Ils finissent par l’abandonner après son refus de payer pour leur aide, le laissant à lui-même. La nuit, il cherche de la nourriture : « Je quittais sans bruit la maison pour voir ce que je pouvais me trouver pour me nourrir... j’arpentais les rues, les ruelles et les boulevards pour des restants de tables[16]... ». À une occasion, il vole un morceau de lapin en ragoût d’un chat en vadrouille. Mourant d’ennui, il trouve un vieil exemplaire du New York Herald.  « J’ai lu et relu ce journal de la première à la dernière page[17]. » Pendant le jour, il s’occupe à attraper des mouches et à les suspendre à la toile d’une araignée. « J’allais sauver la mouche juste avant que l’araignée ne s’en empare[18]. » 

Une nuit, il entend des pas de soldats qui se dirigent vers sa maison. Ils entrent. O’Brien se cache dans la cave à vin. « J’ai trouvé une cachette des plus satisfaisantes tout au fond de la cave[19] », entre deux grosses caisses de bouteilles. La cave contient 1 800 bouteilles de bon vin. O’Brien écrit : « les rats et les souris courent en tous sens sur le plancher [20]. [...] Certains sont montés sur moi[21] ». Debout dans le noir, armé d’une bouteille dans chaque main, il se prépare à se défendre contre les Allemands qui « bousculent tout à l’étage dans un bruit d’enfer » pour le trouver[22].

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À l’instant même où les soldats parviennent au seuil de la porte de la cave à vin, il entend « Halte! » Les soldats font « demi-tour[23] » et s’en vont. Lorsqu’O’Brien trouve le courage de se glisser jusqu’en haut, il découvre : « les robinets...  les tuyaux d’eau... tout ce qui était fait de cuivre ou de laiton... avait été arraché. Les canalisations du gaz, les chaudrons... [tout ce qui  était en métal] et dont les Allemands avaient gravement besoin [pour leur effort de guerre] avait été emporté de la cuisine[24]. » Les Allemands n’étaient pas à sa recherche; ils cherchaient plutôt des matériaux de guerre dont ils avaient besoin. O’Brien demeure dans la maison encore cinq jours avant de reprendre sa marche vers la frontière néerlandaise et la liberté.

Ayant enfin rejoint la frontière néerlandaise, O’Brien est confronté à une clôture électrique de neuf pieds [2,7 m]. « Je me sens comme un animal sauvage en cage[25]. » Il envisage de sauter la clôture à la perche ou de se construire une paire d’échasses. Il se rabat sur deux pins abattus. Il enlève les branches et s’en sert comme barreaux. « J’ai attaché les barreaux avec des herbes et des bouts de mon mouchoir et de ma chemise, du mieux que j’ai pu[26]. » Il appuie l’échelle improvisée contre un poteau de clôture en bois, et commence l’ascension. Malheureusement, l’échelle glisse et touche aux fils. « J’ai vu un éclair bleu... puis je suis tombé au sol inconscient[27]! »

Quand il revient à lui, il décide de creuser un tunnel à mains nues sous la clôture, une épreuve de trois heures, pendant laquelle il doit continuellement éviter les sentinelles allemandes. Il parvient à se glisser sous la clôture. Il est enfin libre en Hollande. Une semaine avant Noël, il est de retour à Londres, où il est présenté au roi George V à grands battements de tambours. Il devient un héros allié; son histoire est diffusée partout au monde. Le roi passe trois heures en compagnie d’O’Brien et le questionne sur son « incroyable fuite[28] ». Le jeune aviateur décrit le roi anglais : « Il est très intéressé par tout... et il est un souverain sympathique, gracieux et alerte[29]. » O’Brien dit au roi qu’il a hâte de retourner à son unité, mais le roi lui répond : « Il est hors de question que vous retourniez dans votre unité... si vous aviez le malheur d’être capturé de nouveau par les Allemands, ils vous fusilleraient sans aucun doute... Je crois que vous en avez fait assez[30]. » Sans boussole et avec seule l’étoile polaire pour le guider (quand elle était visible), O’Brien estime qu’il a parcouru 250 miles [402,3 km] pendant sa fuite, même si « la distance réelle entre le point de départ [en Allemagne] et l’arrivée en Hollande... [était] seulement de 72 miles [115,9 km][31]. » Il a dédicacé son livre à l’étoile polaire.

En janvier 1918, O’Brien est libéré honorablement de l’armée et retourne à la maison, à Momence, en Illinois. La même année, il écrit un livre à succès, qui est repris en feuilleton dans de nombreux journaux partout au monde. De plus, il fait une tournée nationale de conférences. En 1919, il est un homme riche. Il déménage à Hollywood, où il écrit et réalise un film dans lequel il partage la vedette avec Virginia Allen. Celle-ci devient également sa femme. Son film sur la menace jaune est un échec autant sur le plan financier qu’auprès de la critique. Son mariage s’effondre. À 30 ans, une semaine avant Noël 1920, sans le sou et incapable de se réconcilier avec Virginia, le lieutenant Pat O’Brien s’enlève la vie d’une balle.

Le livre d’O’Brien est une histoire palpitante et pleine de rebondissements sur une expérience réelle en temps de guerre. En un sens, il constitue un guide de survie qui devrait être lu par tous les aviateurs susceptibles d’être abattus derrière les lignes ennemies ou en territoire hostile. Les historiens et les académiciens y trouveront un exemple véritable des difficultés et des privations que les civils ont vécues pendant cet horrible conflit qui a coûté d’innombrables pertes de vies, tant civiles que militaires. Le livre d’O’Brien figurait parmi les livres les plus vendus en 1918. Bien que l’histoire a presque 100 ans, elle est encore pertinente aujourd’hui et d’une lecture très agréable.

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Une photographie d’un groupe de prisonniers alliés assis et debout autour d’un garde allemand.

Un groupe de prisonniers de guerre dans le camp des prisonniers à Courtrai, en Belgique. Le lieutenant O’Brien, dans son habit de vol de la RFC, se tient debout au centre derrière le garde allemand assis à la table. Cette photographie a été prise par l’un des gardes allemands et vendue au lieutenant O’Brien pour un mark.

  

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Daniel Demers est un homme d’affaires semi-retraité dont le passe-temps est de mener des recherches sur les événements et les personnalités historiques du XIXe et du XXe siècles. Il est titulaire d’un baccalauréat en histoire de la George Washington University et d’une maîtrise en administration des affaires de la Chapman University.

Abréviations

km―kilomètre

m―mètre

RFC―Royal Flying Corps

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Notes

[1]. Lieut. Pat O’Brien, Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp, New York, Harper and Brothers, 1918, p. 33, http://www.gutenberg.org/files/42490/42490-h/42490-h.htm (consulté le 17 décembre 2014).  (retouner)

[2]. « Flier O’Brien Safe at Home, Potsdam Papers Please Copy », New York Tribune, 21 janvier 1918, http://chroniclingamerica.loc.gov/lccn/sn83030214/1918-01-21/ed-1/seq-12/#date1=1836&index=8&rows=20&words=Canadian+Corps+Flying+Royal&searchType=basic&sequence=0&state=&date2=1922&proxtext=Royal+Canadian+flying+corps&y=0&x=0&dateFilterType=yearRange&page=1 (consulté le 17 décembre 2014).  (retourner)

[3]. O’Brien, Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp, p. 86. (retourner)

[4]. O’Brien, Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp, p. 124, p. 142. (retourner)

[5]. O’Brien, Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp, p. 9. (retourner)

[6]. O’Brien, Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp, p. 12. (retourner)

[7]. O’Brien, Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp, p. 35. (retourner)

[8]. O’Brien, Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp, p. 36. (retourner)

[9]. O’Brien, Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp, p. 37. (retourner)

[10]. O’Brien, Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp, p. 37–38. (retourner)

[11]. O’Brien, Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp, p. 85. (retourner)

[12]. O’Brien, Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp, p. 85. (retourner)

[13]. O’Brien, Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp, p. 87. (retourner)

[14]. O’Brien, Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp, p. 113. (retourner)

[15]. O’Brien, Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp, p. 115. (retourner)

[16]. O’Brien, Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp, p. 187–88. (retourner)

[17]. O’Brien, Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp, p. 194. (retourner)

[18]. O’Brien, Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp, p. 194. (retourner)

[19]. O’Brien, Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp, p. 197. (retourner)

[20]. O’Brien, Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp, p. 198. (retourner)

[21]. O’Brien, Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp, p. 199. (retourner)

[22]. O’Brien, Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp, p. 199. (retourner)

[23]. O’Brien, Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp, p. 200. (retourner)

[24]. O’Brien, Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp, p. 201. (retourner)

[25]. O’Brien, Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp, p. 239. (retourner)

[26]. O’Brien, Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp, p. 240. (retourner)

[27]. O’Brien, Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp, p. 242. (retourner)

[28]. O’Brien, Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp, p. 277. (retourner)

[29]. O’Brien, Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp, 278. (retourner)

[30]. O’Brien, Outwitting the Hun: My Escape from a German Prison Camp, p. 279. (retourner)

[31]. « Flier O’Brien Safe at Home. » (retourner)

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