Révéler les véritables répercussions de l'éducation à distance (et les mesures qui devraient être prises) (La Revue de l'ARC - ÉTÉ 2015 - Volume 4, Numéro 3)

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par le Major bernie thorne, CD, M.Sc.

Réimpression tirée de La Revue de l’Aviation royale canadienne, vol. 4, no 3, été 2011

L’article suivant est influencé par la thèse de maîtrise de l’auteur. Dans cette thèse, l’auteur a cherché à déterminer pourquoi certains militaires réussissent à étudier à temps partiel alors que d’autres n’y parviennent pas. Fait paradoxal, dans sa thèse, l’auteur soutient que les personnes les plus dynamiques et les plus motivées étaient celles qui avaient tendance à ne pas terminer leurs études. Lorsqu’une charge de travail complète, une vie de famille, des activités personnelles et des études sont en concurrence pour l’attention et les efforts de personnes très motivées, ces dernières peuvent s’épuiser si elles n’ont pas réduit leur charge de travail et que leur programme d’études se révèle plus long que leur endurance. Le militaire qui chemine vers l’épuisement s’expose à des coûts, tant pour lui que pour l’organisation. Cet article aurait pu avoir été rédigé pour mettre les étudiants en garde contre les dangers de l’épuisement et exposer les compétences ou mesures d’appui susceptibles de les prévenir; toutefois, à la suite d’une discussion avec le rédacteur, il est évident que cet article vise à informer les responsables des orientations politiques des effets préjudiciables des programmes à temps partiel d’apprentissage à distance et des façons de les améliorer.

Introduction

Les Forces canadiennes (FC) ne cessent d’exiger un niveau d’instruction de plus en plus élevé. Dès nos débuts en tant que militaires de profession, la nécessité de former un bassin d’officiers ayant reçu une éducation libérale était généralement admise. En raison de l’évolution croissante de la technologie, les FC sont tributaires de l’enseignement supérieur si elles veulent avoir accès à des compétences spécialisées. Quant à la complexité grandissante des mécanismes de contrôle bureaucratique, elle exige une connaissance approfondie des théories de base, la mise en œuvre et le respect des contrôles ainsi que la conception de mécanismes, au besoin. Le public cible, qui ne se limite plus au corps des officiers, comprend les FC en entier. En englobant les FC dans leur ensemble, il s’est élargi de façon à inclure une gamme de programmes qui ne sont normalement pas offerts par le système d’instruction militaire.

Les FC aident et encouragent leurs membres à entreprendre des programmes d’études. Une profusion de programmes d’aide financière aux études supérieures ont été mis sur pied, notamment le programme de poursuite des études supérieures et le Programme scolaire des réservistes. De plus, des initiatives ont été lancées afin de relever le caractère officiel de l’instruction militaire de haut niveau de telle sorte qu’elle soit équivalente à la formation dispensée par les universités civiles, dans la mesure du possible. Les programmes tels que le Programme d’études militaires professionnelles pour les officiers, qui accorde des crédits universitaires, et le Collège d’état-major, qui permet de décrocher une maîtrise à vocation professionnelle par le moyen d’une charge de travail accrue, sont populaires.

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Par ailleurs, comme une importance croissante est accordée aux compétences avancées dans le cadre de certains postes, métiers et grades, les militaires accordent une certaine valeur au diplôme d’études. L’évaluation de l’éducation par les conseils de promotion aux fins de l’avancement professionnel, des affectations et de l’accès à des cours très recherchés se répand à un rythme lent, mais constant. Les effectifs civils accordent aussi de l’importance aux titres de compétence, et la possibilité d’entamer une deuxième carrière satisfaisante compte souvent parmi les motivations, tout comme le désir de faire ses preuves ou de s’améliorer.

Puisque les FC ne permettent pas à tous leurs membres d’atteindre le niveau d’instruction qu’ils souhaitent pendant les heures de travail, plusieurs programmes ont été créés pour parrainer en partie les militaires qui souhaitent entreprendre des études pendant leur temps libre. Par exemple, j’ai obtenu ma maîtrise dans le cadre du programme de poursuite des études supérieures. Un programme plus récent, le Programme scolaire des réservistes, est maintenant en place. Ces programmes offrent de l’aide financière aux participants qui poursuivent leurs études pendant leur temps libre tout en continuant à travailler. Dans un milieu où les affectations et les missions surviennent presque sans préavis, de nombreux militaires optent pour la méthode de l’apprentissage à distance afin d’avoir la chance de terminer leur programme d’étude.

Risques

L’éducation est un désir partagé à la fois par les FC en tant qu’organisation et les militaires qui souhaitent y avoir accès. En temps normal, disputé par un grand nombre de militaires, l’accès aux programmes entièrement financés (temps et frais) fait l’objet d’une chaude lutte. Les militaires retenus mettent leur travail de côté pendant un an ou deux pour se concentrer sur leurs études. En général, on s’attend à ce qu’ils mettent en pratique les connaissances et les compétences acquises dès leur retour au travail. En raison du rythme des opérations actuel et des pénuries continues de personnel, il est difficile d’accorder aux militaires la période de congés dont ils ont besoin pour « retourner sur les bancs d’école ». Le soutien financier, à lui seul, est beaucoup plus facile à obtenir, mais la poursuite d’études supérieures par l’apprentissage à distance, parallèlement à une carrière et à une vie familiale, représente une entreprise tellement dangereuse que les risques et les contrecoups doivent être pris en considération avant de se lancer.

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Le risque d’abandon du programme d’études est beaucoup plus élevé pour l’apprentissage à distance que les cours en salle de classe. D’après l’analyse de certains ouvrages, les résultats les plus optimistes montrent un taux d’attrition supérieur de 10 à 20 p. 100 seulement à celui de l’enseignement en classe traditionnel.[1] Cependant, la plupart des études présentent des perspectives plus pessimistes. Sparks et Simonson indiquent des taux d’attrition de 40 à 50 p. 100 plus élevés.[2] Quant à Menager-Beeley, il estime que le taux d’attrition est de 20 p. 100 pour l’enseignement traditionnel, comparativement à 50 p. 100 pour l’apprentissage à distance.[3] L’étude la plus accablante fait état d’un taux de passage de seulement 44,2 p. 100 pour l’apprentissage à distance.[4] Combinés, ces résultats suggèrent que le taux d’abandon se situe entre 20 et 50 p. 100 pour l’apprentissage à distance, lequel est beaucoup plus élevé que celui de l’enseignement en classe traditionnel.

Malheureusement, aucune des études susmentionnées ne tient compte d’un facteur déterminant dans cette discussion : la différence entre les professionnels qui continuent à travailler et qui étudient pendant leur temps libre seulement et les personnes qui ne travaillent pas du tout ou qui travaillent à temps partiel tout en allant à l’école. La seule étude ayant pris en considération ce facteur a révélé que 68 p. 100 des professionnels qui étudient le soir ou la fin de semaine sont beaucoup plus à risque d’abandonner leur programme d’études, contre 18 p. 100  des étudiants qui travaillent seulement pour payer leurs études.[5] Les personnes menant une carrière courent 3,8 fois plus de risques d’échouer que les simples étudiants. La synthèse des résultats de ces études dresse un portrait sombre de la situation : le taux d’abandon total d’un programme générique d’apprentissage à distance est de 20 à 50 p. 100, et le professionnel en emploi est 3 à 4 fois plus susceptible de compter parmi les étudiants qui échouent. Ainsi, les membres des FC qui travaillent et qui s’inscrivent à un programme d’apprentissage à distance sont très à risque de ne pas terminer ce dernier.

Les frais engagés par les militaires qui participent à un programme d’apprentissage à distance tout en conservant leur emploi sont considérables. Dans l’éventualité d’un échec, ils pourraient être obligés de rembourser le financement octroyé (jusqu’à 25 000 $). Le service obligatoire est imposé dans certains programmes, indépendamment de la réussite ou de l’échec du militaire. Les étudiants des FC que j’ai interviewés trouvent tous du temps pour étudier d’une façon similaire. C’est tout d’abord leur temps libre (consacré à la pratique de leurs passe-temps, à la détente, à l’exercice physique et au sommeil) qui est grugé, suivi du temps passé en famille. Dans plusieurs cas, ce « vol de temps » est tellement grave et préjudiciable qu’ils le qualifient d’« empiétement ». Comme ces programmes durent normalement de deux à cinq ans, les militaires doivent souvent composer en même temps avec des affectations, des promotions, des missions et l’arrivée de nouveaux membres de leur famille. Le stress qui en découle, s’il se prolonge pendant des années, risque d’entraîner des effets à long terme sur la motivation et même la santé.

« La plupart du temps, je faisais mes travaux scolaires une fois qu’ils étaient couchés [...] Je travaillais de 23 à 2 h ou même de 23 à 3 h du matin, puis je me levais à 6 ou à 7 h pour aller travailler le lendemain [...] Le fait de ne pas avoir terminé [mon programme] me pèse tous les jours. Cela me fait littéralement souffrir tous les jours. »[6]

Même s’il est rare que des heures de travail soient consacrées à l’étude, il n’est pas déraisonnable de supposer que le degré de stress physiologique et psychologique réduit le rendement au travail (bien que cette mesure ne soit pas prise en considération par la présente étude). Comme les militaires s’aperçoivent du prix qu’eux et leurs familles doivent payer, il est raisonnable de s’attendre à du ressentiment envers les FC. Maintenu pendant des années, ce degré de stress peut entraîner un épuisement professionnel qui ne se soigne pas à court terme, même lorsqu’il est reconnu, et une quantité d’effets néfastes sur le rendement.

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Étude

Contexte

La présente étude s’efforce de dégager ce qui permet à certains adultes actifs de terminer des programmes d’apprentissage à distance de niveau supérieur, contrairement à d’autres. Il a été déterminé que les adultes actifs qui décident d’entreprendre un programme d’études sont très à risque de l’abandonner. Donc, l’importance de cette étude est évidente pour ces adultes. Toutefois, les FC et les établissements d’enseignement devraient manifester un vif intérêt pour cette question. Outre leur préoccupation morale à l’égard de l’être humain, les FC ont tout intérêt à ce que leurs membres acquièrent des compétences et des qualifications poussées. Un grand nombre de motivations (le sentiment de compétence, par exemple), qui sont susceptibles d’être transposées à toutes les activités et à tous les objectifs de la personne, peuvent améliorer (ou altérer) le rendement au travail. Quant aux établissements d’enseignement, ils cherchent à améliorer leur réputation et, conséquemment, recrutent et forment plus d’étudiants. La présente thèse pose la question suivante : qu’est-ce qui permet à certains adultes actifs de terminer un programme d’apprentissage à distance de niveau supérieur, contrairement à d’autres?

En ce qui concerne la théorie de la motivation, il existe deux principales écoles de pensée. Les théories des besoins (ou du contenu) mettent l’accent sur les désirs et les besoins qui motivent l’humain. Le modèle hiérarchique des besoins de Maslow en est un exemple connu. Les théories cognitives (ou relatives au processus) forment l’autre école de pensée majeure, qui tente d’expliquer comment nous pensons, décidons, agissons, réagissons, changeons, etc. Afin de dresser un portrait complet de la motivation, les deux écoles de pensée doivent être étudiées. Chacune des centaines de théories de la motivation contient une part de vérité, mais nous devons trouver celle qui convient le mieux afin d’expliquer ce qui arrive aux étudiants et comment améliorer les résultats.

Méthodologie

Pour répondre à la question que pose l’étude, nous devions trouver laquelle des théories de la motivation expliquait le mieux la voie du succès ou de l’échec pour pouvoir déterminer quand, où et comment intervenir pour offrir la meilleure chance de réussite. Compte tenu des centaines de théories et de sous-théories qui appartiennent à ces écoles, la tâche de limiter ces théories ou d’en choisir une à des fins d’analyse pourrait sembler impossible.

Heureusement, la majorité des théories sont similaires. Elles expliquent essentiellement les mêmes éléments, qui interagissent de façon légèrement différente, ou mettent l’accent sur un aspect plutôt qu’un autre. Une étude qui se penche sur tous les éléments possibles et leur interaction dans le cas de chaque sujet à l’aide d’entretiens approfondis devrait nous permettre de nous limiter à quelques théories expliquant bien la clé du succès dans ce groupe particulier.

Pour étudier la motivation, il est préférable d’effectuer un échantillonnage aléatoire, c’est-à-dire de choisir au hasard des personnes dans un groupe d’étude ciblé. Pourquoi? Les personnes les plus démotivées sont beaucoup moins enclines à se porter volontaires. Il a été nécessaire d’obtenir l’approbation du comité d’examen des sciences sociales pour mener une étude parmi les membres des FC, et des questions liées à la protection des renseignements personnels nous ont empêchés d’avoir directement accès aux dossiers et aux personnes. Le personnel de l’Académie canadienne de la Défense a gentiment contribué à l’étude en envoyant des demandes à environ 200 étudiants dans le but de recruter des volontaires. Sur la quarantaine d’employés qui se sont proposés, 13 étaient des sujets acceptables. Comme il a fallu renoncer à un échantillonnage au hasard, il est important de prendre note que les pires cas n’ont probablement pas été entendus.

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Résultats

La prédiction selon laquelle de nombreux éléments de motivation étaient sapés et menaient à l’abandon des programmes d’études s’est révélée fausse. Les besoins (les avantages, les compétences et la reconnaissance) des personnes ayant échoué étaient toujours présents et les aspects des processus mentaux, ou cognitifs, les plus importants pour la motivation (le sentiment de compétence, le contrôle, etc.) demeuraient vigoureux.

Les membres du groupe sujet se sentaient extrêmement efficaces et compétents, et même l’échec à l’issue de plusieurs années d’étude n’avait pas amoindri ce sentiment. La maîtrise du processus d’apprentissage s’est manifestement avérée un avantage motivationnel, mais le groupe n’a pas cité le manque de contrôle du processus d’apprentissage comme un détracteur majeur de la motivation. L’incapacité à maintenir un équilibre entre des objectifs a été mentionnée comme l’un des principaux motifs de perte de contrôle. Les membres ont évoqué leur engagement à l’égard de leur objectif scolaire, lequel découlait de leurs besoins, compte tenu des coûts et des avantages. Les changements de vie qu’ils ont subis de façon rapide et inattendue ont accru leur difficulté à maintenir l’équilibre souhaité entre le travail, les études et la famille. Ces changements de vie n’ont cependant pas été cités comme principal motif de leur perte d’équilibre.

Plus intéressant encore, certains d’entre eux étaient très désireux d’atteindre leur objectif en matière d’éducation et semblaient ressentir le besoin d’exceller bien au-delà du niveau requis pour se réaliser. Ils se sont exposés à des répercussions seulement pour combler leur désir de faire leurs preuves. Peu importe la raison, une partie du groupe sujet risquait de déployer tellement d’efforts et d’accepter tellement de stress pendant des périodes prolongées que je me suis vu contraint de considérer l’« épuisement professionnel » comme étant la cause de leur manque de persévérance.

L’évaluation de tous les éléments de la motivation a permis de dégager provisoirement les facteurs qui engendraient le plus de risque d’épuisement professionnel. L’orientation vers un but d’accomplissement, qui renvoie à la tendance naturelle de l’humain à poursuivre les buts qu’il s’est fixés, est un trait extrêmement stable. Les trois types d’orientation sont les suivants : l’apprentissage, le sentiment de compétence et la peur de l’incompétence. Les orientations de l’apprentissage et du sentiment de compétence peuvent être adoptées simultanément à différents degrés. L’orientation de l’apprentissage amène une personne à chercher des occasions de se perfectionner et de s’épanouir. Comme on pouvait s’y attendre, tous les sujets qui ont entrepris volontairement un programme d’études étaient très orientés vers l’apprentissage. Les orientations du sentiment de compétence et de la peur de l’incompétence ont trait à la motivation de la personne au regard des autres. La peur de l’incompétence pousse une personne à éviter les situations où elle pourrait être comparée défavorablement ou qui comportent un risque. Naturellement, les sujets ne montraient aucun signe de cette orientation. Cependant, l’orientation du sentiment de compétence était la seule caractéristique variable.

« Je savais qu’en m’inscrivant à un programme d’études supérieures à temps plein, je n’aurais aucune chance d’être promu pendant un certain temps. Probablement que ma promotion au grade de major aurait été retardée [...] On veut obtenir les meilleures notes possible, pour ne pas que ce soit de l’énergie gaspillée. Les regards étaient braqués sur moi. J’ai fini premier dans la cohorte des 9 000 étudiants à la maîtrise à l’AMU. »[7]

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Une orientation marquée vers le sentiment de compétence incite une personne à chercher des occasions stimulantes de se mesurer aux autres et de démontrer sa compétence ainsi qu’un sentiment d’accomplissement. En théorie, la combinaison qui stimule le plus l’excellence et l’accomplissement est formée du désir ardent d’apprendre et de prouver sa compétence. Les personnes orientées vers ces buts possèdent des traits qui les poussent à s’imposer des tâches ardues et risquées au travail. Néanmoins, la présente étude révèle que cette combinaison les a menées à se fixer des objectifs professionnels et scolaires ambitieux et à refuser de renoncer, même lorsque ces derniers perturbaient gravement leur vie pendant plusieurs années.

Épuisement professionnel

L’épuisement professionnel est causé par une forte motivation et l’accomplissement d’efforts considérables dans le but de répondre à des besoins cruciaux. Nous souhaitons être stimulés et trouver un exutoire utile pour nos capacités et notre énergie. Si nous rentrions à la maison après avoir seulement fait ce que l’on nous demande au travail, l’épuisement professionnel n’existerait pas. L’épuisement professionnel peut perpétuer un cercle vicieux. Le détachement cynique éprouvé à l’égard des buts et des activités ainsi que la fatigue chronique empêchent presque la personne de se rétablir, puisque les ressources dont elle a besoin pour se dégager disparaissent sans que les conditions ayant causé l’épuisement professionnel changent.[8]

« Avec du recul, je n’arrive pas à croire que je m’en suis sorti. Physiquement, j’étais sur les genoux, je dois dire. Je suis tombé malade à un moment donné. »[9]

Burisch a décrit de façon détaillée un modèle d’épuisement professionnel comprenant une unité d’analyse de base, appelée un « épisode d’action ». L’épisode d’action pourrait être considéré comme une action particulière qui a un but, un début et une fin. La durée de l’épisode d’action n’est pas précisée, mais, en pratique, elle va de quelques minutes à des dizaines d’années. Les épisodes d’action peuvent s’emboîter de façon hiérarchique, et la plupart des personnes vivent plusieurs épisodes d’action à un moment donné. L’épisode d’action débute lorsque la perception d’une situation suscite des motivations et se traduit par la prise d’un engagement à l’égard d’un avantage ou d’un but. L’acteur planifie et se crée des attentes quant aux besoins, au temps, aux ressources, aux avantages possibles et aux risques d’effets secondaires négatifs. Si l’action est concluante et que la personne obtient l’avantage désiré ou atteint son but sans y consacrer plus de ressources que prévu, l’épisode d’action est considéré comme étant non perturbé, ce qui est improbable pour l’ensemble des avantages, à l’exception des plus simples.[10]

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Lorsque les choses ne se déroulent pas comme prévu, l’épisode d’action est perturbé. Il se peut que le but soit bloqué (motivations contrecarrées), que des difficultés imprévues exigent un investissement plus grand que ce à quoi l’on s’attendait (obstruction du but), que le but soit atteint sans que les résultats soient à la hauteur des attentes (récompense insuffisante) ou que des résultats négatifs inattendus annulent une partie ou la totalité des avantages (effets secondaires négatifs et inattendus). Ces perturbations provoquent un stress que Burisch qualifie de « premier ordre » ou de « deuxième ordre ». Lorsqu’un épisode d’action est perturbé, le stress de premier ordre se fait sentir initialement, et l’acteur tente de remédier à la situation. Peuvent ensuite venir le stress de deuxième ordre et l’épuisement professionnel si les nombreuses tentatives faites pour corriger la situation sont infructueuses. Il n’existe plus de portes de sortie ni de filets de protection. En règle générale, le stress de deuxième ordre cause un sentiment de perte de maîtrise. Dans certains cas, lorsque sa vision du monde ne correspond pas à la réalité, l’acteur peut améliorer ses compétences une fois qu’il l’a intériorisée. La tentative d’adaptation, si elle se solde par un échec, peut entraîner l’épuisement professionnel. Par ailleurs, une incapacité à s’adapter peut modifier considérablement les motivations, ce qui pourrait avoir les résultats suivants : la planification est excessivement perfectionniste, la panique rend la planification inadéquate, une réaction remplace la planification et les aspirations diminuent. L’acteur risque de perdre son sentiment d’être efficace. Certaines personnes sont prédisposées à l’épuisement professionnel, et il est possible qu’elles surestiment systématiquement leurs capacités ou la joie engendrée par des épisodes d’action satisfaisants, tout en sous-estimant ou négligeant les répercussions négatives.[11]

Autant Grasha que Savickas établissent une distinction entre les mécanismes de défense (frustration ou mécanisme mésadapté) et d’ajustement (constructifs ou adaptatifs) en ce qui concerne le stress.[12] Ils considèrent que les mécanismes de défense, notamment la régression, la fixation ou le repli sur soi-même, comprennent toujours un certain niveau de déformation ou d’aveuglement et sont malsains à long terme. Les mécanismes d’adaptation englobent les actions suivantes : obtenir de l’information, demander de l’aide, résoudre un problème, reconnaître ses propres sentiments et fixer de nouveaux buts. Ces mécanismes et ces stratégies peuvent s’apprendre et, par conséquent, ils permettent d’intervenir de façon efficace.[13]

Lorsqu’elle se trouve dans une situation qui pourrait aboutir à l’épuisement professionnel, la personne doit utiliser des outils d’adaptation efficaces dès le départ. Malheureusement, un grand nombre de programmes d’apprentissage à distance n’offrent pas les relations ni les réseaux de soutien nécessaires pour demander de l’aide. En outre, la personne est généralement beaucoup plus avancée (dans le domaine d’études donné) que ceux qui l’entourent. Le seul mécanisme d’adaptation efficace à la portée d’une personne autonome consiste à reconnaître la situation réelle et à se fixer des buts raisonnables (au lieu d’être aveuglée ou de faire une fixation). L’orientation du sentiment de compétence, si elle est marquée, réduit la disposition du sujet à demander des jours de congé ou un volume de travail moindre parce qu’il est porté à prouver qu’il est à la hauteur du défi. Il est très regrettable que les personnes les plus enclines à se fixer des buts nombreux et ambitieux sont les moins disposées à avoir recours à des méthodes d’adaptation efficaces. À la place, la fixation s’impose comme norme, et l’atteinte des buts est une question d’endurance.

« Mon épouse a vraiment essayé de m’offrir du soutien, mais, au fond, j’ai abandonné ma famille pendant deux ans. C’était terrible et je ne le referais jamais. »[14]

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Ceux qui empruntent cette voie et qui sont atteints d’une pathologie afférente à l’épuisement professionnel souffrent cruellement. Les effets néfastes que subissent le respect de soi, la qualité de vie ainsi que la volonté ou la capacité de faire des efforts supplémentaires pour les FC sont terribles chez les personnes les plus motivées. Plusieurs sujets avaient commencé à songer à quitter les FC ou y songeaient sérieusement. La majorité des sujets avaient établi comment ils allaient restaurer l’équilibre relativement à leur famille et à leur personne. Ces derniers étaient beaucoup moins susceptibles d’accepter de nouvelles exigences professionnelles importantes. Ce problème est aussi grave pour les FC que la personne même. Heureusement, des mesures peuvent être prises pour réduire l’épuisement professionnel. Il a été prouvé qu’il est possible d’apprendre à s’adapter efficacement, et la politique en matière d’éducation peut être révisée de façon à aider à offrir les services de soutien les plus cruciaux.

En aparté, je suis parti en mission à Kandahar pendant six mois, période pendant laquelle j’ai interrompu mes études. Malgré les difficultés que posait la mission, le relâchement du stress et de la pression m’a relativement donné l’impression d’être en vacances, une excellente occasion de faire le plein d’énergie. Les FC se soucient de la qualité de vie et ne permettent pas à leurs membres d’enfiler successivement les missions sans passer suffisamment de « temps à la maison ». À temps partiel, les études supérieures peuvent durer de deux à sept ans sans interruption. Par bien des côtés, elles sont aussi néfastes que les missions, voire pires, pour le militaire et sa famille. Pourtant, le militaire qui poursuit ses études ne bénéficie d’aucune surveillance ou protection.

Recommandations

Il est crucial que les décideurs comprennent la menace qui plane sur les militaires et les FC lorsqu’ils les encouragent à entreprendre des études poussées tout en continuant à travailler. Il est difficile d’en évaluer les répercussions, puisque le militaire change graduellement pendant plusieurs années. Néanmoins, les changements sont considérables. L’adoption des recommandations ci-dessous devrait réduire l’incidence et la gravité de l’épuisement professionnel, sans toutefois le prévenir dans tous les cas. Le programme doit convenir autant aux militaires qu’à l’organisation pour que les risques soient justifiés.

L’utilité du programme, s’il porte explicitement sur le travail du militaire, est évidente, et l’éducation s’en voit grandement améliorée. Selon les principes de l’éducation des adultes, il est important d’appliquer la théorie dès que possible. Un milieu de travail en harmonie totale avec un domaine d’études offre des expériences riches qui renforcent la formation et permettent aux étudiants de discuter de l’apprentissage avec leurs pairs, ce qui peut améliorer le milieu de travail. Un réseau de soutien (élément important d’un mécanisme d’adaptation efficace) est très susceptible de se créer.

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Formation au début du programme d’études

La formation des étudiants potentiels avant et pendant leurs études est peut-être l’élément le plus déterminant dans la prévention de l’épuisement professionnel. Dans chaque région, des conférences éducatives sont présentées et des relations sont établies avec un officier de sélection du personnel, qui est indispensable à la réalisation de plans d’apprentissage personnalisés et aux procédures d’inscription à divers programmes. Il est possible de mettre à profit ces conférences et ces relations pour donner une formation essentielle et offrir une occasion aux diplômés de dresser un compte rendu de leur travail et aux étudiants de chercher ou d’examiner des suggestions de thèse, etc. Si les conférences ne relèvent pas du domaine de l’officier de sélection du personnel, il est probable que les étudiants soient prêts à en organiser à l’échelle régionale, s’ils y sont autorisés.

La plupart des sujets ayant participé à l’étude ont mal évalué les efforts et le temps qu’ils devraient consacrer à leurs études ainsi que les répercussions sur eux-mêmes et leur famille. Cette sous-évaluation est probablement en partie attribuable à la déficience de leur capacité à prendre des décisions, mais aussi à la désinformation. Le nombre d’écoles qui soutiennent qu’une charge de travail de dix heures par semaine pendant deux ans permet d’obtenir un diplôme de maîtrise est étonnant! Les écoles doivent faire la promotion de leur « produit ». La majorité des étudiants à temps plein qui n’ont aucune distraction et qui ont les ressources et le soutien requis à portée de main doivent consacrer de 40 à 60 heures par semaine à leurs études pendant plusieurs années. Les récits des anciens étudiants et, en particulier, les témoignages des diplômés récents aideraient à clarifier les inconvénients probables et à encourager la prise de décisions plus éclairées.

La plupart des bases offrent déjà des cours tels que la lecture rapide et la rédaction. Le fait de ne pas avoir fréquenté le monde scolaire pendant un certain nombre d’années pose un obstacle initial majeur à ceux qui retournent aux études. Les anciennes habitudes et aptitudes sont rouillées ou perdues, mais un grand nombre d’entre elles sont aussi désuètes. Tous ceux qui ont fait de la recherche universitaire pour la dernière fois au moyen de classeurs de fiches et de microfiches auront toute une surprise! Par conséquent, il est important d’encourager les futurs étudiants à avoir recours à des moyens de rafraîchir ou d’acquérir des compétences essentielles et à suivre un cours ou deux à l’université pour s’« échauffer » avant de sauter à pieds joints dans un programme d’études.

Créer une communauté dont les membres se trouvent tous dans la même situation procure non seulement un réseau de soutien social, mais aussi un bassin de personnes qui ont fait face ou risquent de faire face à des difficultés similaires. Tous les étudiants apprennent à surmonter des problèmes particuliers et, à leur tour, leurs problèmes deviennent un moyen d’apprentissage pour les autres. Un officier de sélection du personnel local qui fait office de facilitateur permet de dégager les lacunes des politiques, des écoles, des programmes ou des unités. La détermination des lacunes constitue la première étape d’un processus d’amélioration continue.

La formation qui est peut-être la plus importante consiste à encourager l’adoption de méthodes d’adaptation efficaces qui aident à corriger les situations auxquelles les étudiants devront probablement faire face et à reconnaître celles qui risquent d’être délicates. Les méthodes d’adaptation comprennent les suivantes : demander de l’aide (prendre des jours de congé, demander à quelqu’un de passer du temps avec les enfants, etc.) et revoir les buts établis (accepter des normes de travail inférieures et reporter un projet ou une session). Il serait important d’utiliser des exemples réels pour faire comprendre aux personnes qui n’ont pas encore été exposées à ces facteurs de stress le danger des comportements inefficaces comme faire une fixation (accroître le niveau d’effort en réduisant le nombre d’heures consacrées au sommeil ou à la vie de famille et planifier de façon obsessive), avoir une réaction qui remplace la maîtrise de soi et fuir l’activité pratiquée sans prendre consciemment la décision de changer de buts. La mesure du degré d’orientation vers l’accomplissement permettrait à certains étudiants de comprendre pourquoi ils sont prédisposés à l’épuisement professionnel et à mieux les préparer à réagir de manière efficace.

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Mesures de soutien prévues par la politique en matière d’éducation

Certaines parties de la politique en matière d’éducation sont actuellement plutôt inéquitables. Aucun financement n’est prévu pour les exigences relatives aux internats, notamment les frais de déplacement ou de subsistance, ce qui limite le choix de programmes pour ceux qui ne souhaitent pas assumer personnellement les coûts afférents. En outre, par suite d’une affectation, il arrive que des étudiants engagent des dépenses imprévues s’ils sont obligés de retourner à ce qui était une école locale. Certains commandants reconnaissent cet inconvénient et leur accordent un service temporaire de façon à ce que les frais de déplacement et de subsistance des étudiants soient pris en charge et à ce que ces derniers ne prennent pas de congé ou prennent des congés en combinaison avec des déplacements défrayés. Un montant d’aide financière équitable pour les internats devrait être établi et octroyé à tout le personnel de la même façon. 

De plus, les commandants sont libres de décider s’ils accordent des congés d’étude ou non au cours d’une année donnée. Annuellement, le nombre de jours maximal permis est de 20, mais certains commandants accordent plus de temps encore, comme un jour par semaine pour étudier pendant toute l’année. La formation d’état-major dans le cadre d’un programme d’apprentissage à distance est un exemple courant de certains commandants qui accordent beaucoup de congés, tandis que d’autres n’en accordent aucun. Ceux qui occupent les postes les plus chargés et qui ont le plus besoin de soutien sont peu susceptibles d’obtenir des jours de congé. En outre, les affectations annulent un grand nombre d’ententes prises avec les commandants. Un niveau de soutien équitable doit être établi afin de rendre les étudiants admissibles à des congés d’étude et au financement de leur internat. Comme le congé de maternité, il ne serait pas obligatoire de prendre tous les jours de congé prévus, mais ces congés ne devraient pas être refusés. De surcroît, le congé d’étude doit peut-être être encouragé, puisque les personnes les plus désireuses de faire leurs preuves et les plus prédisposées à l’épuisement professionnel sont les personnes les moins susceptibles de demander des jours de congé.

Le fait que les programmes ont différentes exigences en matière de grade représente un autre aspect injuste de la politique. Le programme de poursuite des études supérieures, par exemple, s’adressait seulement aux officiers. Si elles souhaitent vraiment être une organisation apprenante et être composées de militaires qui apprendront pendant toute leur vie, les FC doivent examiner ou réexaminer quelques aspects de leur politique. Les adultes recherchent la formation dont ils ont besoin pour s’épanouir et être compétents. Le blocage de l’accès à une formation désirée est un facteur de démotivation majeur pour des effectifs axés sur le savoir. Les connaissances spécialisées enseignées dans le cadre de programmes d’études supérieures sont de plus en plus requises à tous les échelons. Enfin, comme le marché de l’emploi externe deviendra plus rigoureux au cours des prochaines années, il sera utile aux FC d’apprendre à mieux perfectionner et à faire progresser à l’interne ses militaires les plus méritants et brillants.

Les règles sur la libération restreinte et le remboursement de certains programmes de financement sont assez déséquilibrées. La libération restreinte d’un mois pour chaque tranche de 2 000 $ est plutôt normale; toutefois, la libération restreinte n’est pas permise avant l’obtention d’un diplôme dans certains programmes. Par exemple, la libération restreinte peut débuter de deux à sept ans après le début d’études à temps partiel. Les FC profitent de l’avantage apporté par les compétences nouvellement acquises, tandis que les militaires sacrifient essentiellement leur temps libre et le temps qu’ils consacraient à leur famille pour étudier. Cette injustice a été reconnue. Certains programmes, comme le Programme scolaire des réservistes, n’imposent aucune condition relativement à la libération restreinte. C’est un pas dans la bonne direction, mais les divers programmes doivent être équitables dans l’ensemble. Je me suis entretenu avec certaines personnes qui n’avaient pas terminé leurs études et qui étaient certaines de ne jamais les terminer, même après des années d’étude et de travail. À ce stade, elles envisageaient d’annuler leur inscription afin d’être en mesure d’accomplir leur service obligatoire et de prendre leur retraite. Il est dommage que tout le travail accompli et les compétences acquises soient gaspillés au moment de la retraite.

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La vie militaire est caractérisée par des affectations à de nouveaux postes (dont certains sont beaucoup plus exigeants que d’autres), des promotions à des postes comportant de nouveaux niveaux de responsabilité, des départs à la guerre ou des missions de maintien de la paix, des périodes de travail intense, etc. Ces changements de vie peuvent entraîner l’interruption des études entreprises. Dans la plupart des programmes d’apprentissage à distance, les étudiants bénéficient d’une certaine latitude quant à l’achèvement des études. La perte de leur vitesse de croisière est la principale difficulté qui se pose pour eux. S’ils souffrent d’épuisement professionnel et ne réussissent pas à atteindre leur objectif en matière d’éducation pour des raisons militaires, ils risquent d’abandonner leur programme d’études de façon subconsciente sans l’avouer consciemment ou annuler leur programme. À cause du stress supplémentaire causé par le remboursement de l’aide financière, les règles sur la libération restreinte, l’impression d’être vu comme un raté, etc., il est très facile de fermer les yeux sur le problème. Cependant, ce n’est pas une méthode de gestion du stress efficace. Cette « boule d’inquiétude » persiste, volant une partie de l’étudiant à sa famille, aux FC et à lui-même. Les FC devraient être prêtes à accepter des retards dans l’achèvement des programmes et des annulations. L’obligation de rembourser l’aide financière et les périodes de libération restreinte devraient être abolies pour les programmes d’apprentissage à temps partiel. En outre, l’administrateur du programme d’aide financière devrait effectuer le suivi de façon active des retards par rapport au programme. Permettre à un militaire de mettre de côté son programme pendant un an ou plus ne l’aide en rien. Une intervention est nécessaire, qu’elle vise à le sortir de son inertie ou à lui recommander de revoir ses buts, normalement afin qu’il abandonne ses études.

Conclusion

Les militaires qui entreprennent un programme d’études supérieures à distance tout en continuant à travailler sont très à risque de causer des préjudices à leur famille et à leur personne. Les FC courent le risque que les militaires qui sont les plus motivés et qui incarnent les valeurs qu’elles défendent souffrent d’épuisement professionnel. À une époque où l’organisation et les militaires nécessitent de plus en plus de qualifications officielles, nous continuerons probablement à encourager nos membres à poursuivre leurs études. Les quelques élus recevront une aide financière pour leur formation entière, qu’ils suivront pendant les heures de travail, tandis que les autres sacrifieront le temps qu’ils passaient habituellement en famille pour étudier.

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De bonnes études aident un militaire à s’épanouir parallèlement à son cheminement de carrière et accroissent les possibilités d’occuper un emploi satisfaisant au sein des FC et après sa libération. En outre, elles permettent au militaire d’offrir un meilleur rendement dans le cadre de son emploi actuel ou futur, renforcent le cadre régissant les postes supérieurs et montrent à l’ensemble de la population canadienne que les FC sont un excellent endroit pour apprendre et s’épanouir. Notre défi consiste à offrir la meilleure éducation possible, et ce, d’une manière exemplaire. Une combinaison de mesures de soutien destinées à l’apprentissage et prévues par la politique en matière d’éducation peut lever certaines des pires barrières qui bloquent la voie de l’éducation permanente. Les principaux aspects à améliorer comprennent les suivants : aider les étudiants à développer leur capacité à prendre des décisions et leur faculté d’adaptation en offrant des conférences et de la formation à l’échelle de la base ou de l’escadre et niveler les programmes pour s’assurer qu’ils sont équitables, particulièrement en ce qui concerne les périodes d’étude pour ceux qui en ont le plus besoin. Il n’y a probablement rien de pire que de confier aux commandants le pouvoir discrétionnaire d’accorder des congés d’étude.

Les études à temps partiel demeureront des entreprises ardues et continueront de poser un risque considérable pour la qualité de vie. Lorsque les familles en payent le prix, il est très important que les étudiants sachent qu’ils sont traités de la même façon que les autres étudiants des FC à temps partiel. Les militaires auront beaucoup de difficulté à trouver un juste équilibre entre leurs buts et leurs responsabilités, mais avec un peu de chance, ils seront bientôt mieux armés pour faire face à ces défis. Une fois trouvé, l’équilibre permettra et favorisera leur épanouissement permanent.

Si vous avez des questions ou si vous souhaitez lire cette thèse, vous pouvez envoyer un courriel à l’auteur à l’adresse bernie_thorne@yahoo.com.


Le Major Bernie Thorne, qui est originaire de Terre‑Neuve‑et‑Labrador, s’est joint aux Forces canadiennes en 1987. Après avoir obtenu un baccalauréat en sciences du Collège militaire royal du Canada à Saint‑Jean, au Québec, en 1992, il a suivi l’instruction de navigateur aérien à Winnipeg, au Manitoba. Affecté à la base des Forces canadiennes Greenwood pour faire partie de l’équipage d’un CP140 Aurora, il a occupé tous les sièges de navigateur (désormais « officier des systèmes de combat aérien ») pour finir son affectation à titre de navigateur tactique et chef d’équipage. Après avoir été attaché au vol opérationnel pendant six ans au sein du 405e Escadron de patrouille maritime, avoir suivi cinq ans d’instruction au sein du 404e Escadron de patrouille et d’entraînement maritime et passé quatre ans dans le domaine des essais opérationnels et de l’évaluation au sein de l’Unité maritime d’essais et d’évaluation, il a participé au soutien d’aviation de nombreux autres ministères, notamment dans le cadre de grandes catastrophes. Pendant une affectation à l’aérodrome de Kandahar, il a été informé de son affectation actuelle à la tête du Centre d’expérimentation de la Force aérienne, une section du Centre de guerre aérospatiale des Forces canadiennes, où l’équipe travaille à déterminer, à évaluer et à promouvoir le potentiel de technologies nouvelles aptes à améliorer l’efficacité ou l’efficience de la mission de la Force aérienne. Il a obtenu dernièrement une maîtrise en sciences de Leicester, au Royaume‑Uni, grâce au programme de poursuite des études supérieures.

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Abréviation

FC―Forces canadiennes

Notes

[1]. M. Herbert, Staying the Course: A Study in Online Student Satisfaction and Retention, Online Journal of Distance Learning Administration, vol. 9, n° 4, hiver 2006, [http://www.westga.edu/~distance/ojdla/winter94/herbert94.htm] (consulté en anglais le 3 juin 2011).  (retourner)

[2]. Sous la direction de K. Sparks et de M. Simonson, « Annual Proceedings of Selected Research and Development Papers » (Présenté lors du congrès national de l’Association for Educational Communications and Technology [AECT] 22nd, Long Beach, Californie, 16 au 20 février 2000, district de Columbia, Association for Educational Communications and Technology, 2000, 213). (retourner)

[3]. R. Menager-Beeley, « Student Success in Web Based Distance Learning: Measuring Motivation to Identify at Risk Students and Improve Retention in On-Line Classes » dans Webnet 2001, World Conference on the WWW and Internet Proceeding, Orlando, Floride, 23 au 27 octobre 2001, p. 1. (retourner)

[4]. G. Lauri, « Barriers to Learners’ Successful Completion of VET Flexible Delivery Programmes » dans Research to Reality: Putting VET Research to Work (compte-rendu de la quatrième conférence de l’Australian Vocational Education and Training Research Association (AVETRA), Adelaïde, Australie, 28 au 30 mars 2001), [http://www.avetra.org.au/PAPERS%202001/grace.pdf, 4.] (lien maintenant inactif). (retourner)

[5]. A. Berker et autres, « Work First, Study Second: Adult Undergraduates Who Combine Employment and Postsecondary Enrolment » (U.S. Department of Education, Institute of Education Sciences, National Center for Education Statistics), [http://nces.ed.gov/pubs2003/2003167.pdf ] (consulté en anglais le 3 juin 2011). (retourner)

[6]. Membre des FC, entretien anonyme avec l’auteur, sans lieu, sans date. (retourner)

[7]. Sous la direction de Wilmar B. Schaufeli, de Christian Maslach et de Tadeusz Marck. Professional Burnout: Recent Developments in Theory & Research, Philadelphia, PA: Taylor & Francois, 1996. (retourner)

[8]. C. Maslach, et M. Leiter, The Truth About Burnout: How Organizations Cause Personal Stress and What to do About It, San Francisco, Jossey-Bass Publishers, 1997. (retourner)

[9]. Membre des FC, entretien anonyme avec l’auteur, sans lieu, sans date. (retourner)

[10]. Sous la direction de Wilmar B. Schaufeli, de Christian Maslach et de Tadeusz Marck. Professional Burnout: Recent Developments in Theory & Research, Philadelphia, PA: Taylor & Francois, 1996. (retourner)

[11]. Sous la direction de Wilmar B. Schaufeli, de Christian Maslach et de Tadeusz Marck. Professional Burnout: Recent Developments in Theory & Research, Philadelphia, PA: Taylor & Francois, 1996. (retourner)

[12]. University of Leicester: Centre for Labour Market Studies (CLMS), « Stress » dans CLMS, MSc in Training, version 9.2, module 1, unité 3, p. 15-25. (retourner)

[13]. L. J. Mullins, « The Nature of Work Motivation » dans CLMS, MSc in Training, version 9, pages 355 et 421. (retourner)

[14]. Membre des FC, entretien anonyme avec l’auteur, sans lieu, sans date. (retourner)

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