La puissance aérienne du Canada dans les opérations de soutien de la paix : Vers une nouvelle définition de la puissance aérienne dans la doctrine de l’Aviation royale canadienne (a Revue de l'ARC - AUTOMNE 2015 - Volume 4, Numéro 4)

Table des matières

 

par le sous-lieutenant Andrew D. McNaughton.

Depuis plusieurs années, la collectivité de la puissance aérienne examine le rôle de l’aviation dans les opérations de contre-insurrection. Il ne faut pas s’en étonner puisque, au cours de la dernière décennie, de nombreux pays occidentaux ont dû prendre part au combat dans le cadre de telles opérations au Moyen‑Orient. Même s’il est important, ce rôle est seulement une part d’un plus large éventail d’opérations de soutien de la paix. Lors de ces opérations, nombre de pays ont déployé des aéronefs à l’appui de l’Organisation des Nations Unies (ONU) ou d’autres organisations, mais ce rôle n’a pas fait couler beaucoup d’encre ni obtenu une juste reconnaissance des forces aériennes et des milieux universitaires. Depuis cinquante ans, la Force aérienne du Canada joue un rôle essentiel à la politique étrangère du pays, comme en témoigne sa participation aux missions de l’ONU et à d’autres missions de soutien de la paix, alors que les gouvernements hésitaient à envoyer des troupes sur le terrain et demandaient l’aide de l’Aviation royale canadienne (ARC).

Ce rôle est si important pour le Canada qu’il devrait être compris dans la doctrine opérationnelle courante de l’ARC. Il ne faut pas oublier que la puissance aérienne ne se définit pas seulement comme les simples capacités offensives ou défensives d’une force aérienne, mais plutôt comme un élément englobant des services de transport par voie aérienne, de renseignement, surveillance et reconnaissance, d’évacuation sanitaire et de contrôle de la circulation aérienne, pour n’en nommer que quelques-uns. Ces rôles, comme les conflits dans lesquels ils sont exercés, reposent sur un spectre des conflits. Ce spectre des opérations de soutien de la paix (figure 1[1]) comprend toutes les opérations : du rétablissement de la paix à la guerre.   

La figure 1 montre le spectre de soutien de la paix. Les opérations de paix sont présentées de la gauche vers la droite, alors que le rétablissement de la paix se trouve complètement à gauche du schéma et le potentiel de violence complètement à droite de celui-ci. Entre ceux-ci, dans le même ordre, on retrouve la consolidation de la paix, l’aide humanitaire et tout juste avant la guerre, les opérations traditionnelles de maintien de la paix. Sous le spectre, une flèche à double pointe indique les missions qui se sont déroulées et la place qu’elles occupent dans le spectre. Une flèche plus petite, à l’intérieur de la première, indique que la puissance aérienne peut être utilisée dans toute sorte de missions de soutien de la paix. Les missions, présentées de la gauche vers la droite, ont eu lieu en Haïti, en Inde et au Pakistan, au Congo ainsi que dans les Balkans et en Afghanistan. Fin de la Figure 1.

Figure 1. Puissance aérienne dans le spectre des opérations de soutien de la paix

 

Haut de la page

Dans ce contexte, l’ARC a besoin de nuancer davantage sa définition de puissance aérienne afin de tenir compte du spectre des opérations de soutien de la paix. Le présent article atteste du précédent historique voulant que la puissance aérienne ait déjà été utilisée dans le cadre d’opérations canadiennes de soutien de la paix. Il examine ensuite la doctrine actuelle des Forces armées canadiennes (FAC) et de l’ARC en vue de démontrer que la définition courante de puissance aérienne de l’ARC est trop limitée pour englober l’ensemble des opérations de soutien de la paix. Enfin, le présent article fait valoir que, avec le temps, la complexité des opérations de soutien de la paix s’est accrue, et que cette tendance se poursuivra dans les années à venir. La récente participation de l’ARC en Afghanistan peut servir de modèle dans l’avenir, lorsque tous les aspects de la puissance aérienne seront une fois de plus appelés à jouer des rôles importants.

La puissance aérienne du Canada dans les opérations de soutien de la paix, 1960–2004

Pendant la période qui a suivi la Deuxième Guerre mondiale, l’histoire de l’ARC a été indiscutablement marquée par de nouvelles capacités, ses aéronefs et la prolifération globale des armes de la guerre froide. Même si l’ARC a joué un rôle de premier plan dans la défense de l’Amérique du Nord et les mesures de dissuasion nucléaire en Europe, la puissance aérienne du Canada a aussi eu une grande incidence sur les missions de soutien de la paix partout dans le monde. Bien que les exemples abondent, on se penche ici sur quatre missions qui ont favorisé l’émergence de la puissance aérienne du Canada, à savoir les missions de l’ONU au Congo, en Inde et au Pakistan, dans les Balkans et en Haïti.

Congo

La participation de la puissance aérienne dans les opérations de soutien de la paix a sans contredit commencé lors de la mission de l’ONU au Congo (mieux connu par son nom français officiel d’Opération des Nations Unies au Congo ou ONUC), ce qui est particulièrement vrai dans le cas de l’ARC. Avant 1960, le Congo était une colonie belge. Le pays sombre dans le désordre lorsqu’il obtient son indépendance le 30 juin 1960, et la Belgique déploie ses forces militaires pour rétablir la loi et l’ordre, mais sans l’accord du nouveau gouvernement congolais[2]. C’est à ce moment-là que l’Organisation des Nations Unies intervient. Même si ce n’était pas la première fois que l’ONU avait recours au transport par voie aérienne durant une mission de maintien de la paix, c’était pourtant la première fois que la puissance aérienne était déployée à grande échelle. Les éléments de transport de la United States Air Force (USAF) et de l’ARC ont facilité une première insertion de 14 000 soldats et de matériel de soutien au Congo, en juillet 1960[3]. Les aéronefs de transport constituaient seulement une part de la mission, puisque cette dernière comprenait aussi de nombreuses autres formes de puissance aérienne, comme des hélicoptères, des éléments de soutien à des fins de transport par voie aérienne à l’échelle nationale et du personnel pour assurer le contrôle de la navigation aérienne et de la circulation aérienne du pays.

La mission de l’ONU au Congo nécessitait une logistique complexe à laquelle personne n’était préparé. Bon nombre des aéronefs affectés à la mission provenaient de la réserve de guerre de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) de l’Europe; ils étaient vétustes et, pire encore, souvent pilotés par un équipage navigant sous-qualifié fourni par d’autres pays contributeurs[4]. Comme première contribution à la mission, le Canada a dépêché treize avions de transport North Star afin d’assurer le transport par voie aérienne vers l’extérieur comme à l’intérieur du pays. Le transport par voie aérienne était un facteur important pour permettre aux ONUC de mener à bien la mission rapidement, en raison du manque d’infrastructure de transport au Congo[5]. La capacité de l’ARC dans ce secteur était inégalée. D’ailleurs, l’USAF de l’époque louangeait les opérations de l’ARC, car il considérait celle-ci comme le meilleur transporteur aérien militaire au monde[6]. Malheureusement, en raison de préoccupations économiques au Canada et de l’augmentation de la violence de la mission, le gouvernement de Diefenbaker décide de retirer cet important élément de la puissance aérienne canadienne des ONUC à l’automne 1962[7]. Même si les avions North Star ont alors été rapatriés, le personnel de l’ARC a continué de servir dans les ONUC pour exécuter de nombreuses autres tâches essentielles, comme le contrôle de la circulation aérienne, ainsi que des fonctions de commandement et de contrôle de la force internationale restante qui était chargée du transport aérien.

Haut de la page

Inde et Pakistan

La puissance aérienne du Canada dans les opérations de soutien de la paix a pris de l’essor au cours des années 60. Après l’indépendance de l’Inde et du Pakistan en 1947, la région du Cachemire est libre de se joindre à l’un ou l’autre pays, ce qui a rapidement créé un problème. L’ONU est entrée en jeu, envoyant une mission d’observation sur place et, en 1964, le Canada y participait en déployant des observateurs militaires. Les postes d’observation étaient répartis le long de la ligne de contrôle[8] dans la région litigieuse, et ils étaient difficiles d’accès. On a donc fait appel à l’ARC pour atténuer le problème[9]. L’ARC a amorcé sa participation avec un seul avion Caribou et du personnel de soutien, mais, après la deuxième guerre indo-pakistanaise de 1965, la force (117e Unité de transport aérien) a pris en charge un deuxième avion Caribou et deux avions CC123 Otter. L’avion Caribou devait assurer le transport par voie aérienne interne, tandis que les avions Otter effectuaient des missions de reconnaissance[10]. L’ARC a joué un rôle important pendant la mission, mais elle a subi des pertes. En effet, en 1964, l’ARC a perdu un avion Caribou lors d’un raid aérien pakistanais contre un aérodrome indien[11].

La mission a pris fin, tout comme le rôle de l’ARC[12], lorsque l’Inde et le Pakistan n’ont plus consenti à ce que l’ONU soit présente. Même si elle avait été minimale, la contribution canadienne avait été essentielle. La mission n’aurait pas pu être menée comme elle l’avait été sans les capacités de transport aérien, de reconnaissance et de communication que les aéronefs et le personnel de l’ARC avaient fournis.

Les Balkans

La participation canadienne aux missions de maintien de la paix s’est atténuée au cours des années 70 et 80[13]. Par la suite, la chute de l’Union soviétique a donné lieu à une ère nouvelle de missions de maintien de la paix, auxquelles le Canada a participé. Les grandes missions canadiennes de cette période sont, sans l’ombre d’un doute, celles des Balkans. La dissolution de la Yougoslavie a engendré de nombreux conflits. De 1992 à 2001, le Canada a participé à 18 missions distinctes de l’ONU, dont plusieurs comprenaient un élément aérien[14]. La plupart d’entre nous se souviendront de la campagne de bombardement que l’OTAN a menée en 1999, qui ressemblait davantage à une opération de guerre qu’à une opération de soutien de la paix. C’est à cette période que la définition de maintien de la paix s’est transformée pour aboutir au spectre des opérations de soutien de la paix. La Force aérienne canadienne a d’ailleurs participé à divers aspects des missions dans les Balkans : du transport au bombardement.

Comme premier rôle dans les Balkans, la Force aérienne canadienne a établi un pont aérien à destination de Sarajevo, tandis qu’un avion CC130 Hercules atterrissait trois fois par jour dans cette ville, transportant près de 16 000 kilogrammes (kg) de vivres et autre matériel de secours par vol[15]. La Force de stabilisation de l’ONU a été mise sur pieds par la suite, et davantage de flottes d’aéronefs ont participé à la mission, notamment celles du chasseur CF188 Hornet et du nouvel hélicoptère CH146 Griffon. Les chasseurs Hornet étaient surtout utilisés à des fins de bombardement air-sol, mais ils servaient également à mener des patrouilles aériennes de combat. La maniabilité des chasseurs comme l’adresse de leurs pilotes canadiens ne passaient pas inaperçues parmi les commandants de la campagne aérienne[16]. Quant aux hélicoptères Griffon, ils jouaient divers rôles, notamment des missions de commandement et de liaison, de transport de passagers et de fret, de reconnaissance et photo ainsi que de survol pour affirmer leur présence[17]. L’opération MARITIME GUARD se déroulait parallèlement à ces missions, alors que des aéronefs canadiens CP140 Aurora et CH124 Sea King aidaient à faire respecter l’embargo commercial. De nombreuses ressources de la Force aérienne ont pris part à cette opération, et même la campagne aérienne du Kosovo s’intégrait au spectre des opérations de soutien de la paix, bien qu’elle se situait à l’extrême droite du spectre, très près d’une guerre ouverte[18].

Haut de la page

Haïti

Ces opérations de soutien de la paix n’étaient pas limitées aux régions situées à l’autre bout du monde, puisque certaines se trouvaient aux portes de l’Amérique-du-Nord. Le Canada s’est souvent largement investi à Haïti. Ce pays a connu de nombreuses périodes agitées après le départ de Jean-Claude Duvalier en 1986, alors qu’il était aux prises avec des troubles civils et la dictature de Raoul Cedras. L’ONU est entrée en jeu pour moderniser les forces armées et créer une nouvelle force policière, entre autres tâches. Du point de vue de la puissance aérienne, quatre grandes opérations ont nécessité le déploiement des ressources aériennes canadiennes. La première s’est tenue en 1995, dans le cadre de la Mission des Nations Unies en Haïti (MINUHA). Au mois de mars de cette année-là, le Canada a déployé un contingent : l’opération PIVOT[19]. Ce contingent comprenait du personnel de la Force aérienne chargé du soutien à la construction et logistique de la mission. L’année suivante, la mission avait été élargie et rebaptisée opération STANDARD. En plus de nouvelles unités de l’Armée pour remplacer le personnel de la Force aérienne, le 408e Escadron tactique d’hélicoptères et ses appareils CH135 Twin Huey ont été déployés. Ces hélicoptères ont grandement aidé le contingent canadien grâce à leurs capacités de transport, de reconnaissance et d’évacuation[20]. En 1997, la situation au sol avait tellement changé que l’ONU a mis fin à la MINUAH pour mettre sur pied une nouvelle mission de transition en Haïti. Cette dernière a donné lieu au remplacement du 408e Escadron par le 430e Escadron et ses nouveaux hélicoptères CH146 Griffon qui continuaient d’assumer le même rôle[21]. Cette dernière mission a pris fin en novembre 1997. De 1997 à 2000, l’ONU a mis en place une mission policière civile à laquelle la Force aérienne n’a pas participé. Toutefois, cette dernière a de nouveau apporté son aide à la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti en 2004. Cette mission estivale a nécessité le déploiement de six hélicoptères Griffon provenant du 430e Escadron, afin d’assurer des capacités de transport et de reconnaissance auprès du contingent de l’Armée canadienne. La contribution canadienne a cessé au mois d’août.

Sommaire

Cet aperçu des missions canadiennes a permis de mettre en lumière la puissance aérienne comme étant un précieux outil pour tout commandant opérationnel de soutien de la paix. Ces missions se sont déroulées dans divers pays, à divers moments et surtout avec l’aide de divers aéronefs, mais de nombreux rôles étaient les mêmes. Le transport est et sera toujours essentiel; le transport aérien interne et extérieur est un élément essentiel à la plupart des contingents canadiens. Des aéronefs canadiens ont fourni une reconnaissance et des renseignements photographiques dans le cadre de nombreuses missions. En outre, dans les Balkans, on a eu recours à la puissance aérienne du Canada lorsque les CF188 ont été appelés au combat. Comme en témoignent les quatre missions mentionnées précédemment, les rôles de la puissance aérienne du Canada ont changé au fil du temps. En somme, la puissance aérienne du Canada revêt une importance à l’échelle du spectre des opérations de soutien de la paix, et bon nombre de leçons ont ainsi été apprises.

Le spectre des opérations de soutien de la paix (figure 1) se veut une échelle mobile qui s’adapte au fur et à mesure que les missions et les situations changent au sol. À gauche de l’échelle, on constate les différends réglés à l’amiable, alors que la collectivité internationale entre en jeu pour faciliter un règlement pacifique. Le potentiel de violence augmente au fur et à mesure que l’on se déplace vers la droite du spectre. Les missions traditionnelles de maintien de la paix, c’est-à-dire les forces militaires d’interposition, se trouvent au centre du spectre. Les missions d’imposition de la paix, comme celle des Balkans, se trouvent plus à droite du spectre. Les opérations situées à l’extrême droite du spectre relèvent de la guerre ouverte. En tout temps, tous les conflits et toutes les missions de soutien de la paix trouvent leur place dans le spectre. Ce dernier permet également de démontrer comment la puissance aérienne peut servir dans tous les cas, comme en témoignent les exemples historiques. Il est important de souligner que la définition de puissance aérienne ne doit pas se limiter aux capacités individuelles, comme l’ont démontré les missions de transport par voie aérienne ou d’aviation tactique, mais elle doit plutôt comprendre de telles capacités et beaucoup plus. Notre expérience historique découle de ces autres opérations, qui n’ont aucun point commun avec les opérations nationales et de combat traditionnelles, et au cours desquelles l’ARC a recours à diverses ressources de puissance aérienne réparties selon diverses combinaisons, ce que la doctrine actuelle de l’ARC ne reflète pas.

Haut de la page

Doctrine actuelle des FAC et de l’ARC

Malgré l’importance de l’ARC durant la guerre froide, peu de membres de la Force aérienne et d’universitaires ont abordé la question de la doctrine de puissance aérienne[22]. Ceux qui l’ont fait axaient évidemment leur travail sur les rôles défensifs et offensifs des aéronefs dans le cadre d’une guerre nucléaire contre l’Union soviétique. De nos jours, l’ARC a élaboré une telle doctrine dans son propre établissement, le Centre de guerre aérospatiale des Forces canadiennes (CGAFC) situé à Trenton (Ontario). Le CGAFC est le point de convergence pour la doctrine de puissance aérospatiale au Canada, les leçons retenues et la Revue de l’Aviation royale canadienne. À ce jour, le CGAFC a produit dix documents sur la doctrine : du document-cadre de niveau stratégique aux capacités opérationnelles spécifiques. Toutefois, aucun document ne définit clairement les rôles de l’ARC en fonction de l’échelle du spectre des opérations de soutien de la paix. La doctrine actuelle est fondée sur la perspective offensive traditionnelle de la Force aérienne voulant que les chasseurs soient appuyés par d’autres capacités de puissance aérienne.

Le document de base B-GA-400-000/FP-000, Doctrine aérospatiale des Forces canadiennes[23] traite d’abord de l’histoire de la Force aérienne canadienne, qui a connu de nombreux changements organisationnels. Toutefois, il omet entièrement le rôle considérable que la puissance aérienne du Canada a joué dans les opérations de soutien de la paix. Le document définit de façon plus approfondie la structure sur laquelle repose la doctrine aérospatiale, selon le modèle établi pour l’ensemble des documents sur la doctrine militaire des Forces canadiennes[24]. Situées sous cette publication-cadre dans la hiérarchie des documents opérationnels, les publications subordonnées « décrivent l’organisation de ces forces et encadrent leur emploi dans un contexte de grands secteurs fonctionnels, d’objectifs précis, de capacités des forces et d’environnements opérationnels[25]. » C’est à ce niveau qu’un document consacré aux opérations de soutien de la paix serait valable. Actuellement, le problème global de la doctrine n’est pas tant le fait qu’il manque de documents sur le soutien de la paix (même si cela serait avantageux), mais plutôt que la définition de puissance aérienne est trop axée sur les rôles offensifs et défensifs. Cette orientation de chasse se rapproche du processus cognitif de Maslow voulant que, ayant un marteau pour seul outil, tout ressemble à un clou[26]. Comme nous le savons, historiquement, cette orientation ne représente pas la réalité de la Force aérienne canadienne, et elle ne devrait pas se trouver dans sa doctrine. On y mentionne très peu les rôles des nombreuses flottes d’aéronefs, autres que ceux qu’elles peuvent jouer dans les opérations de guerre ou nationales. Il faut élargir ceux-ci pour y ajouter les nombreux rôles que peut assumer la puissance aérienne du Canada, et non seulement les aéronefs, dans les divers scénarios du spectre des opérations de soutien de la paix.

Une tendance historique se dégage des opérations de soutien de la paix examinées dans le cadre du spectre. Avec le temps, ces missions sont devenues plus complexes. En outre, les FAC continuent de participer aux missions de soutien de la paix sanctionnées par l’ONU couvrant l’ensemble du spectre des opérations (comme les missions de patrouille frontalière, de surveillance de cessez-le-feu et de zone tampon, etc.)[27], ce qui est mentionné dans la doctrine-cadre des FAC. Ce document de niveau stratégique définit le rôle que l’ensemble des FAC peut jouer dans ces opérations. Toutefois, la doctrine-cadre de l’ARC, la Doctrine aérospatiale des Forces canadiennes, ne comprend pas cet important élément de soutien de la paix.

La Force aérienne du Canada a mené des missions simples et complexes et appris plusieurs leçons concernant l’organisation et l’utilisation de l’élément aérien dans diverses situations. Cette tendance se poursuivra sans l’ombre d’un doute dans l’avenir. Pour renforcer ce point, une brève étude de cas de l’ARC en Afghanistan est présentée ci-après.

Haut de la page

Afghanistan et la nécessité de changer la doctrine

À la suite des attaques terroristes aux États-Unis en 2001, l’Occident s’est engagé dans une guerre idéologique. Le conflit en Afghanistan était complexe. Les plus récents écrits universitaires traitant de la puissance aérienne se trouvent dans des livres et des articles portant sur la contre-insurrection et le rôle que les aéronefs peuvent jouer dans ce type de conflits. Ce qui manque, toutefois, est l’incidence globale que la puissance aérienne peut avoir sur une opération complexe de soutien de la paix comme celle menée en Afghanistan. Pour la puissance aérienne du Canada, l’Afghanistan a été l’élément déclencheur qui a mené à la modernisation de la Force aérienne. L’ARC s’est procuré de nouvelles capacités de transport par voie aérienne stratégique, des hélicoptères de transport moyen à lourd ainsi que des dispositifs améliorés aux fins de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (RSR), comme l’utilisation de véhicules aériens sans pilote (UAV). Cette mission a redéfini les opérations de soutien de la paix pour le Canada, alors que le pays a eu recours à presque tous les rôles de puissance aérienne possibles.

La mission en Afghanistan a commencé en 2001 avec le déploiement du Navire canadien de Sa Majesté HALIFAX et de son hélicoptère Sea King embarqué. Peu après, le Canada s’est engagé à envoyer un avion de transport CC150 Polaris et deux avions CP140 Aurora pour offrir à la mission une capacité de RSR à l’appui des forces maritimes de la Coalition. En 2002, la Force aérienne a déployé trois avions CC130 pour assurer le transport aérien extérieur, du Camp Mirage à l’Afghanistan. En 2006, il est devenu évident qu’il fallait ravitailler par voie aérienne les avant-postes situés dans les provinces d’Helmand, de Zabul, d’Oruzgan et de Kandahar. C’est ainsi qu’a commencé le premier réapprovisionnement aérien, à l’intention des troupes assiégées, mis en place par la Force aérienne depuis la guerre de Corée[28]. Au cours des huit années qu’a durée leur intervention, ces aéronefs ont transporté 78 000 000 livres [35 380 000 kg] de fret, déplacé plus de 244 000 passagers et effectué plus 4 500 vols totalisant plus de 22 000 heures de vol[29].

À la fin de 2008, même si elle avait déjà affecté trois types d’aéronefs à la mission, l’ARC constatait que la puissance aérienne devait être améliorée, ce qui a mené à la mise sur pied de l’Escadre aérienne de la Force opérationnelle interarmées en Afghanistan (FOI‑Afg). L’Escadre aérienne contrôlait tous les vols de l’ARC en provenance ou à destination du théâtre des opérations et surveillait le déploiement des aéronefs de l’ARC dans les rôles de soutien au combat aérien, de RSR ainsi que de transport par voie aérienne stratégique et tactique. Non seulement les ressources de puissance aérienne en place jouaient un rôle considérable dans la mission, mais l’ARC avait également élargi ses capacités pour faire valoir encore davantage la puissance aérienne. L’opération afghane a incité l’ARC à se procurer des UAV Sperwer, des hélicoptères Chinook, modèle D, usagés des États-Unis et quatre avions CC177 Globemaster pour améliorer sa capacité de transport par voie aérienne stratégique. Elle a également mené à l’affrètement d’UAV Heron et d’hélicoptère de transport moyen MI-8. Comme l’a indiqué le lieutenant‑général Yvan Blondin, commandant de l’ARC :

La création de l’Escadre aérienne de la FOI-Afg a marqué l’arrivée d’une nouvelle ère en ce qui a trait aux opérations aériennes militaires canadiennes et a souligné l’importance d’avoir une force aérienne agile et expéditionnaire. Elle a également mis en relief l’importance de posséder le bon équipement pour accomplir la tâche [...]

L’ARC a présenté une situation globale essentielle et exhaustive aux commandants de l’Armée de terre sur le terrain, et a contribué à la protection de la vie des soldats contre les dispositifs explosifs de circonstance (IED), les mines terrestres et les embuscades en diminuant leur recours au transport terrestre pour déplacer le personnel et la cargaison[30].

L’Escadre aérienne comme telle était une entreprise d’envergure comprenant trois de ses propres sous-unités : la Force d’hélicoptères du Canada en Afghanistan exploitant les hélicoptères Chinook, Griffon et MI-8; le Détachement canadien de véhicules aériens sans pilote (UAV) Heron et l’Unité de transport par voie aérienne tactique exploitant les CC130 qui assuraient le transport aérien intérieur. L’Escadre aérienne a bien fait son travail qui consistait à sauver des vies[31]. Comme elle pouvait déplacer les troupes et l’approvisionnement par voie aérienne, la menace pesant sur la police ainsi que sur les troupes canadiennes, afghanes et de la coalition était grandement atténuée. Les forces canadiennes et alliées bénéficiaient ainsi d’un avantage dans la région, ce qui permettait d’affecter d’autres ressources au développement de la province de Kandahar[32].

Haut de la page

Conclusion

La mission en Afghanistan était un projet d’envergure. Le fait d’affirmer qu’il faut porter une plus grande attention au rôle que l’ARC a joué dans ce conflit relève de l’euphémisme. Maintenant que la mission a pris fin, le milieu universitaire et la Force aérienne doivent analyser les leçons apprises pour améliorer la façon dont l’ARC mène ses missions dans le cadre du spectre des opérations de soutien de la paix. Un sommaire des missions antérieures de soutien de la paix démontre clairement que la puissance aérienne a joué un rôle important. En outre, ce rôle s’est intensifié, car les missions devenaient de plus en plus complexes. L’avenir nous réserve beaucoup d’autres opérations de soutien de la paix et certaines d’entre elles seront complexes, comme la mission canadienne en Afghanistan. L’ARC doit nuancer sa définition de puissance aérienne pour y ajouter les nombreux rôles que celle-ci peut jouer dans des opérations de soutien de la paix. La définition sur laquelle la doctrine est actuellement fondée est trop étroite et se limite au rôle offensif et aux capacités de soutien, ce qui ne veut pas dire qu’il faut sous-estimer l’importance du rôle offensif de la puissance aérienne. Une nouvelle définition de puissance aérienne engloberait les opérations de soutien de la paix afin d’aider l’ARC dans l’avenir, alors que cette dernière devra déployer ses ressources à maintes reprises dans diverses régions, dans le cadre de situations complexes. L’ARC sera sollicitée pour participer à des missions qui s’intègreront d’un extrême à l’autre du spectre des opérations de soutien de la paix : des missions humanitaires d’un côté de la planète aux missions de soutien au combat à l’autre bout du monde. Par conséquent, il est impératif que l’ARC s’assure qu’elle est non seulement préparée aux opérations futures, qui seront menées à l’aide de ses nouvelles capacités, mais qu’elle a aussi systématisé les leçons déjà apprises.


Le sous-lieutenant Andrew McNaughton est originaire de Winnipeg (Manitoba). Il a récemment obtenu son diplôme en études militaires et stratégiques du Collège militaire royal du Canada. Il suit actuellement une formation de pilote au sein de l’ARC.

 Haut de la page

Abréviations

ARC―Aviation royale canadienne
CGAFC―Centre de guerre aérospatiale des Forces canadiennes
FAC―Forces armées canadiennes
FOI-Afg―Forces opérationnelles interarmées en Afghanistan
IED―dispositif explosif de circonstance
kg―kilogramme
MDN―ministère de la Défense nationale
MINUHA―Mission des Nations Unies en Haïti
ONU―Organisation des Nations Unies
ONUC―Opération des Nations Unies au Congo
OTAN―Organisation du traité de l’Atlantique Nord
RSR―renseignement, surveillance et reconnaissance
UAV―véhicule aérien sans pilote
USAF―United States Air Force (Force aérienne des États-Unis)

Notes

[1]. La figure est l’adaptation d’une des diapositives de la présentation PowerPoint portant sur la nature changeante des opérations de la paix depuis 1990, produite par le Centre de formation pour le soutien de la paix du Canada et présentée dans le cadre du cours donné par le colonel H. G. Coombs (à la retraite) en septembre 2014, au Collège royal militaire du Canada.  (retourner)

[2]. Renseignements contextuels sur les Opération des Nations unies au Congo, « Republic of the Congo – ONUC Background », publiés sur le site de United Nations Peacekeeping (en anglais seulement), http://www.un.org/en/peacekeeping/missions/past/onucB.htm (consulté le 24 mars 2015). (retourner)

[3]. William K. Carr, « Planning, Organizing, and Commanding the Air Operation in the Congo », Air Power in UN Operations, publié sous la direction de A. Walter Dorn, Surrey (Angleterre), Ashgate Publishing Limited, 2014, p. 42. (retourner)

[4]. William K. Carr, « Planning, Organizing, and Commanding the Air Operation in the Congo », Air Power in UN Operations, publié sous la direction de A. Walter Dorn, Surrey (Angleterre), Ashgate Publishing Limited, 2014, p. 45. (retourner)

[5]. Kevin A. Spooner, « A Fine Line : Use of Force, the Cold War, and Canada’s Air Support for the UN Organization in the Congo », Air Power in UN Operations, publié sous la direction de A. Walter Dorn, Surrey (Angleterre), Ashgate Publishing Limited, 2014, p. 82. (retourner)

[6]. Kevin A. Spooner, « A Fine Line : Use of Force, the Cold War, and Canada’s Air Support for the UN Organization in the Congo », Air Power in UN Operations, publié sous la direction de A. Walter Dorn, Surrey (Angleterre), Ashgate Publishing Limited, 2014, p. 52. (retourner)

[7]. Kevin A. Spooner, « A Fine Line : Use of Force, the Cold War, and Canada’s Air Support for the UN Organization in the Congo », Air Power in UN Operations, publié sous la direction de A. Walter Dorn, Surrey (Angleterre), Ashgate Publishing Limited, 2014, p. 82. (retourner)

[8]. « En juillet 1972, l'Inde et le Pakistan signèrent un accord définissant une ligne de contrôle », Groupe d’observateurs militaires des Nations Unies dans l’Inde et le Pakistan, site Internet de l’Organisation des Nations Unies, http://www.un.org/fr/peacekeeping/missions/unmogip/background.shtml (consulté le 24 mars 2015). (retourner)

[9]. Matthew Trudgen, « Above the Rooftop of the World: Canadian Air Operations in Kashmir and Along the India-Pakistan Border », Air Power in UN Operations, publié sous la direction de A. Walter Dorn, Surrey (Angleterre), Ashgate Publishing Limited, 2014, p. 101. (retourner)

[10]. Matthew Trudgen, « Above the Rooftop of the World: Canadian Air Operations in Kashmir and Along the India-Pakistan Border », Air Power in UN Operations, publié sous la direction de A. Walter Dorn, Surrey (Angleterre), Ashgate Publishing Limited, 2014, p. 105. (retourner)

Haut de la page

[11]. Matthew Trudgen, « Above the Rooftop of the World: Canadian Air Operations in Kashmir and Along the India-Pakistan Border », Air Power in UN Operations, publié sous la direction de A. Walter Dorn, Surrey (Angleterre), Ashgate Publishing Limited, 2014, p. 109. (retourner)

[12]. Sean M. Maloney, Canada and UN Peacekeeping: Cold War by Other Means, 1945‑1970, St. Catharines (Ontario), Vanwell Publishing Limited, 2002, p. 227. (retourner)

[13]. Sean M. Maloney, Canada and UN Peacekeeping: Cold War by Other Means, 1945‑1970, St. Catharines (Ontario), Vanwell Publishing Limited, 2002, p. 241. (retourner)

[14]. « Base de données des opérations », Direction – Histoire et patrimoine, Défense nationale et les Forces canadiennes (MDN), 9201974_001_FR_Canadian Air Power in Peace-support Operations 150911.docx (consulté le 24 mars 2015). (retourner)

[15]. Matthew Trudgen, « L’opération AIR BRIDGE : la contributin du Canada au pont aérien de Sarajevo », La Revue de l’Aviation royale canadienne, vol. 2, no 2, 2013, p. 35. (retourner)

[16]. Dwight Davies et coll., « Prêt pour la mission : le rôle du Canada dans la campagne aérienne du Kosovo », Revue militaire canadienne, vol. 1, no 1, 2000, p. 57. (retourner)

[17]. Lt Oystein Paulsen, SFOR Informer Online # 73, 472 Tactical Helicopter Squadron, 25 novembre 1999, http://www.nato.int/sfor/sfor-at-work/velika/t991115b.htm (consulté le 24 mars 2015). (retourner)

[18]. « Renseignement/information pour l’opération des Forces canadiennes (FC) MARITIME GUARD », Direction – Histoire et patrimoine, MDN, http://www.cmp-cpm.forces.gc.ca/dhh-dhp/od-bdo/di-ri-fra.asp?intlopid=189&cdnopid=229 (consulté le 24 mars 2015). Cette opération faisait partie de l’opération SHARP GUARD, de plus grande envergure, menée par l’OTAN. (retourner)

[19]. « Renseignement/information pour l’opération des Forces canadiennes (FC) CAULDRON », Direction – Histoire et patrimoine, MDN, http://www.cmp-cpm.forces.gc.ca/dhh-dhp/od-bdo/di-ri-fra.asp?intlopid=287&cdnopid=345 (consulté le 24 mars 2015). (retourner)

[20]. « Renseignement/information pour l’opération des Forces canadiennes (FC) CAULDRON », Direction – Histoire et patrimoine, MDN, http://www.cmp-cpm.forces.gc.ca/dhh-dhp/od-bdo/di-ri-fra.asp?intlopid=287&cdnopid=345 (consulté le 24 mars 2015). (retourner)

Haut de la page

[21]. « Renseignement/information pour l’opération des Forces canadiennes (FC) CONSTABLE », Direction – Histoire et patrimoine, MDN, http://www.cmp-cpm.forces.gc.ca/dhh-dhp/od-bdo/di-ri-fra.asp?intlopid=309&cdnopid=379 (consulté le 24 mars 2015). (retourner)

[22]. Richard Goette, « Aperçu des écrits sur la puissance aérienne et la doctrine du Canada rédigés au sein de l’ARC au début de la guerre froide », La Revue de l’Aviation royale canadienne, vol. 1, no 1, 2012, p. 55. (retourner)

[23]. Canada, MDN, Doctrine aérospatiale des Forces canadiennes, B-GA-400-000/FP-000, 2e édition, Centre de guerre aérospatiale des Forces canadiennes, Trenton, (Ontario), décembre 2010, http://rcaf-arc.forces.gc.ca/fr/centre-guerre-aerospatiale-fc/doctrine/b-ga-400-000-fp-000.page (consulté le 24 mars 2015). (retourner)

[24]. Canada, MDN, Publication interarmées des Forces canadiennes 01 (PIFC 01), Doctrine militaire canadienne, Ottawa, ministère de la Défense nationale, 2009. (retourner)

[25]. Canada, MDN, Doctrine aérospatiale des Forces canadiennes, B-GA-400-000/FP-000, 2e édition, Centre de guerre aérospatiale des Forces canadiennes, Trenton, (Ontario), décembre 2010, http://rcaf-arc.forces.gc.ca/fr/centre-guerre-aerospatiale-fc/doctrine/b-ga-400-000-fp-000.page (consulté le 24 mars 2015), p. 4. (retourner)

[26]. Abraham H. Maslow, The Psychology of Science: A Reconnaissance, New York (États-Unis), Joanna Cotler Books, 1966, p. 15. M. Maslow, psychologue du 20e siècle, est surtout connu pour l’établissement de la hiérarchie des besoins. (retourner)

[27]. Canada, MDN, Publication interarmées des Forces canadiennes 01 (PIFC 01), Doctrine militaire canadienne, Ottawa, ministère de la Défense nationale, 2009, p. 6-9. (retourner)

[28]. Lieutenant-général Yvan Blondin, « L’ARC en Afghanistan : À pleins gaz dans une nouvelle ère », Article de nouvelles de l’Aviation royale canadienne, MDN, publié le 9 mai 2014, http://www.rcaf-arc.forces.gc.ca/fr/nouvelles-modele-standard.page?doc=l-arc-en-afghanistan-a-pleins-gaz-dans-une-nouvelle-ere/huz805ja (consulté le 24 mars 2015). (retourner)

[29]. Lieutenant-général Yvan Blondin, « L’ARC en Afghanistan : À pleins gaz dans une nouvelle ère », Article de nouvelles de l’Aviation royale canadienne, MDN, publié le 9 mai 2014, http://www.rcaf-arc.forces.gc.ca/fr/nouvelles-modele-standard.page?doc=l-arc-en-afghanistan-a-pleins-gaz-dans-une-nouvelle-ere/huz805ja (consulté le 24 mars 2015). (retourner)

[30]. Lieutenant-général Yvan Blondin, « L’ARC en Afghanistan : À pleins gaz dans une nouvelle ère », Article de nouvelles de l’Aviation royale canadienne, MDN, publié le 9 mai 2014, http://www.rcaf-arc.forces.gc.ca/fr/nouvelles-modele-standard.page?doc=l-arc-en-afghanistan-a-pleins-gaz-dans-une-nouvelle-ere/huz805ja (consulté le 24 mars 2015). (retourner)

[31]. « Escadre aérienne de la Force opérationnelle interarmées en Afghanistan », Forces armées canadiennes, MDN, http://www.forces.gc.ca/en/operations-abroad-past/op-athena-jtfaaw.page (consulté le 24 mars 2015). (retourner)

[32]. « Escadre aérienne de la Force opérationnelle interarmées en Afghanistan », Forces armées canadiennes, MDN, http://www.forces.gc.ca/en/operations-abroad-past/op-athena-jtfaaw.page (consulté le 24 mars 2015). (retourner

Haut de la page

Table des matières

Date de modification :