Critique de livre - Why Air Forces Fail: The Anatomy of Defeat (La Revue de l'ARC - ÉTÉ 2016 - Volume 5, Numéro 3)

Cover of Why Air Forces Fail

Why Air Forces Fail: The Anatomy of Defeat

Édité par Robin Higham and Stephen J. Harris

Lexington: University Press of Kentucky, 2006
382 pages
978-08-1312-374-5

Compte rendu du  major Jennifer Foote, CD, MPA

Savoir tirer des leçons est essentiel au succès futur de l’Aviation royale canadienne (ARC) et fait partie intégrante de l’ensemble de nos opérations, de nos exercices et de nos activités quotidiennes. Analyser une situation, cerner ses lacunes et recommander des correctifs sont les fondements de l’amélioration; ces capacités nous donnent le potentiel de donner une valeur ajoutée au savoir collectif de notre force aérienne. Le recueil examiné, Why Air Forces Fail: The Anatomy of Defeat, trouvera sa place dans toute bibliothèque de puissance aérienne, car on y décrit de nombreuses dynamiques causales qui ont influé sur l’issue d’importantes batailles aériennes. Cette étude bien étayée des facteurs complexes qui sous-tendent certains échecs de forces aériennes survenus au cours du XXe siècle donne une vue d’ensemble raisonnablement large de certaines batailles aériennes propres à nous enseigner de nombreuses leçons. Les éditeurs ont regroupé les échecs présentés en trois catégories : les forces aériennes qui n’ont jamais eu de chance de gagner, comme celles de la Pologne et de la France; les forces aériennes qui étaient victorieuses au départ, mais ont ensuite été défaites, comme celles de l’Allemagne et du Japon; enfin, les forces aériennes qui étaient en difficulté au départ, mais qui ont fini par triompher, comme celles des États-Unis et de la Grande-Bretagne. Dans chacun des cas, les auteurs se sont penchés sur tous les facteurs contributifs possibles, tels que la géographie, la politique, la technologie, l’instruction et le temps.

Onze cas sont étudiés, dont ceux de l’aviation militaire de la Pologne en 1939, de la défaite graduelle des Forces aériennes françaises entre 1933 et 1940, et de la réussite limitée des forces aériennes arabes. Ces trois cas sont curieusement regroupés dans cet ouvrage, même si les pays en question n’étaient pas tous alliés. Il est aussi question de l’échec de la force aérienne allemande au cours des deux guerres mondiales, ainsi que de la défaite des forces d’Italie et d’Argentine. Un texte traite de la victoire surprenante du Japon, puis d’autres encore des désastres des forces aériennes de la Russie, des États-Unis et de la Grande-Bretagne. Cet ouvrage ne se veut pas un recensement complet des insuccès de forces aériennes, mais on y trouve à coup sûr les batailles les plus marquantes, dont les auteurs tirent des conclusions utiles.

Cette étude des facteurs influant sur l’issue de l’application de la puissance aérienne porte sur un large éventail d’éléments : on y traite non seulement des facteurs évidents comme la supériorité numérique et technologique des ressources aériennes, mais également de la doctrine sur laquelle reposent les tactiques et du climat géopolitique de l’époque. Les textes choisis remettent en question l’efficacité du commandement et du leadership, en plus de montrer que les lacunes du renseignement poussent à agir selon des hypothèses erronées aux conséquences funestes. Les chapitres sont denses et riches en faits, et leur lecture suppose dans la plupart des cas une certaine connaissance de l’histoire de la puissance aérienne militaire. Why Air Forces Fail n’est pas un recueil exhaustif, mais plutôt une édifiante introduction à une série de récits militaires et politiques complexes s’achevant tous par une évaluation des facteurs qui ont donné à la bataille en question l’issue qu’elle a connue. Ces vignettes historiques sont suivies de suggestions de recherche et de recommandations de lectures qui invitent le lecteur à étudier plus en profondeur les batailles aériennes et les leçons qu’elles nous ont apprises. J’ai l’impression, à présent, d’avoir plus de questions que de réponses sur la véritable nature de l’échec d’une force aérienne, mais ce recueil m’a fourni un point de départ et une feuille de route qui orientera ma démarche et m’aidera à en apprendre davantage sur la puissance aérienne et l’influence qu’elle exerce aujourd’hui sur l’Aviation royale canadienne et qu’elle aura à l’avenir.


Le major Jennifer Foote, officier du génie électronique et des communications (Air), est responsable technique de l’environnement synthétique aérien au Centre de guerre aérospatiale des Forces canadiennes. Auparavant, elle a assumé les rôles de commandant adjoint du Centre de recrutement des Forces canadiennes Winnipeg, d’officier de gestion de l’information de l’état-major aérien et de planificateur de l’ARC pour les Olympiques de 2010 et le Sommet du G8. Elle est diplômée du cours sur les systèmes aérospatiaux de l’École d’études aérospatiales des Forces canadiennes, détient une maîtrise en administration publique de l’Université du Manitoba et participe actuellement au Programme de commandement et d’état-major interarmées du Collège des Forces canadiennes.

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