Chapitre 5 : Fonctions de la Force aérienne du Canada (B-GA-400-000/FP-000, Doctrine aérospatiale des Forces canadiennes)

Doctrine aérospatiale

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La seule sécurité sur laquelle miseront des principes militaires sains est la maîtrise de son propre espace aérien.

- Winston Churchill

Fonctions de la force aérienne

Les forces aériennes servent à faire la démonstration de la puissance aérienne d’un État, ce qui est réussi surtout par l’exploitation de l’environnement aérien et spatial pour atteindre les objectifs visés. Un siècle de guerre aérienne[1] a réussi à démontrer que toute force aérienne efficace, qu’elle soit imposante ou plus modeste, est capable d’accomplir un certain nombre de fonctions bien précises. Elles sont influencées par les possibilités matérielles et les limites imposées par les éléments et par chacune des fonctions. Une fonction ne peut fonctionner avec efficience ni efficacité sans l’autre. Toutefois, ce sont les capacités uniques de chaque fonction qui, une fois qu’elles ont été intégrées aux autres fonctions, garantissent une application adéquate de la puissance aérospatiale. En conformité avec la doctrine des Forces Canadiennes (FC), la doctrine aérospatiale canadienne consiste en six fonctions (voir ci-dessous).

La figure 5-1 montre les rapports existant entre les six fonctions de l’Aviation royale canadienne : Commandement; Action, comprenant deux sous-fonctions (Acquisition de l’avantage et Projection); Détection; Protection; Montée en puissance; Maintien en puissance. Sur un anneau extérieur, les fonctions dynamisantes (Protection, Montée en puissance et Maintien en puissance) sont séparées les unes des autres par un espace égal. À l’intérieur de l’anneau extérieur, les fonctions fondamentales (Commandement, Action et Détection) sont inscrites dans leur propre rectangle et forment une pyramide. La fonction Commandement est au centre, en haut; la fonction Action (Projection et Acquisition de l’avantage), en bas, à droite, et la fonction Détection, en bas, à gauche. Une flèche va du bas du rectangle Action jusqu’à un cercle contenant le mot « Effets ». Une autre flèche part de ce cercle pour aller toucher le bas du rectangle Détection. Le mot « Évaluer » figure là où les fonctions Détection et Commandement se chevauchent, et le mot « Planifier » est inscrit là où les fonctions Commandement et Action se recoupent. Dans le rectangle Commandement, une flèche descendante va du mot « Commandement » jusqu’à un petit cercle contenant le mot « Décider ». Une flèche au-dessus de laquelle sont inscrits les mots « État actuel » va du mot « Évaluer » (chevauchement des fonctions Détection et Commandement) jusqu’au mot « Décider ». Une autre flèche tracée sous le mot « Diriger » relie le mot « Décider » au mot « Planifier » (chevauchement entre les fonctions Commandement et Action). Fin de la figure 5-1.

Figure 5-1. Les fonctions de la Force aérienne

    

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Il importe de préciser que la fonction Action englobe les deux sous fonctions: Acquisition de l’avantage et Projection[2].

Afin de réaliser les opérations et les activités aérospatiales, les fonctions essentielles Commandement, Action et Détection[3] se succèdent selon un cycle continu d’activités. On évalue les produits des activités de Détection dans le cadre des activités de Commandement, afin de déterminer l’état actuel. Après avoir évalué l’état actuel et l’état visé, les activités de Commandement dirigent et planifient les actions. Les activités de la fonction Action produisent des effets qui vont permettre de mettre en place l’état visé. Les activités de Détection évaluent les résultats de ces effets, puis le cycle recommence. En outre, ce cycle d’activités influe sur, ou peut être influencé par, les activités habilitantes des fonctions de Maintien en puissance, de Protection et de Montée en puissance.

On doit exécuter continuellement les activités de Maintien en puissance, de Protection et de Montée en puissance afin de maintenir, protéger et développer les ressources et les capacités de la Force aérienne. Sans les activités de ces fonctions, les activités de Commandement, d’Action et de Détection seraient compromises ou même éliminées. Par conséquent, une faiblesse ou un échec d’une fonction a une incidence négative non seulement sur les cinq autres fonctions, mais également sur la capacité de la force d’atteindre l’état visé.

Commandement

Le Commandement est la fonction globale et motrice qui intègre toutes les fonctions en un seul concept exhaustif de niveau stratégique, opérationnel ou tactique. Parmi les six fonctions, on reconnaît d’emblée que le Commandement revêt une importance capitale pour l’art militaire[4]. En effet, cette fonction assure une intégration verticale et horizontale par le « commandement » et le « contrôle » des forces militaires et des autres éléments affectés, de même que par l’entremise des activités de commandement et de contrôle (C2) précisées au tableau 5-1.

 

Tableau 5-1. Commandement, contrôle et C2
COMMANDEMENTCONTRÔLE
constitue l'autorité officielle provient d’une délégation du commandement

assure la supervision, réunissant toute l’action

appuie le commandement de manière détaillée

est ciblé sur l’établissement de l’intention commune

est axé sur les détails de l’exécution
De concert, à titre de «C2», les cinq activités suivantes sont exécutées :
SUIVI - ÉVALUATION - PLANIFICATION - DIRECTION - COORDINATION

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Le commandement comprend l’intégration d’un système de systèmes(procédures, structures organisationnelles, personnel, matériel, information et communications) destiné à permettre à un commandant d’exercer l’autorité et le pouvoir dans tout le spectre du conflit. Les commandants font en général appel à des spécialistes, notamment des officiers des affaires publiques, des conseillers politiques et des conseillers juridiques, et ils prennent également en compte ces aspects dans toutes les opérations.

Pour plus de détails sur le commandement, le contrôle et le C2 de la Force aérienne, se reporter au chapitre 6.

Détection

La Détection fournit des connaissances au commandant[5]. Elle comprend toutes les capacités qui recueillent des données et les traitent. La Détection a pour but de permettre aux décideurs de disposer d’une supériorité en matière de décision. Cette supériorité consiste en l’avantage concurrentiel découlant d’une connaissance constante de la situation qui garantit la mise en œuvre d’actions plus efficaces que celles de l’adversaire. Essentiellement, la Détection donne à un commandant un aperçu de « l’état du monde », afin que celui-ci puisse prendre des décisions et optimiser les autres fonctions. En fin de compte, la Détection fournit aux commandants les connaissances nécessaires pour diriger leurs forces dans le but de produire l’effet le plus adéquat dans l’environnement opérationnel.

Tous les systèmes d’armes qui contribuent à la création d’un tableau opérationnel commun font partie de l’entreprise de Détection globale des FC. Dans le contexte de la Force aérienne, les détecteurs terrestres, aériens et spatiaux recueillent des données afin de contribuer au domaine de Détection des FC. Les données recueillies par les divers systèmes sont traitées par le personnel, qui reçoit souvent à cet égard l’aide de technologies informatisées, en vue de la constitution de connaissances utilisables.

Les forces militaires d’aujourd’hui tirent profit des capacités spatiales et les forces aériennes ne font pas exception à cette règle. Les capacités spatiales fournissent une surveillance, une reconnaissance, des communications ainsi que de l’information de navigation et météorologique. Les capacités spatiales ont une importance capitale pour les FC et elles sont de plus en plus intégrées à tous les aspects de la planification et des opérations des forces. La population restreinte du Canada et le territoire vaste et souvent éloigné du pays, qui comporte des zones océaniques adjacentes, y compris l’Arctique, présentent des problèmes uniques sur le plan de l’exercice du contrôle et de la connaissance de la situation des approches terrestres, aériennes et maritimes. Ainsi, les systèmes spatiaux sont cruciaux, car ils aident les forces militaires à exécuter la fonction de Détection. De plus, étant donné que la Détection fournit des connaissances de la situation et offre une supériorité au chapitre des décisions, les connaissances spatiales doivent absolument être également intégrées à la Détection.

La raison d’être de la Détection a trait à l’offre, aux décideurs, d’un aperçu de l’environnement opérationnel. Pour y parvenir, la Détection a pour but de recueillir des données sur les points indiqués ci-après et de faire rapport à ce sujet :

  • éléments de l’environnement opérationnel que le commandant ne contrôle pas, par exemple les adversaires réels ou éventuels, les éléments neutres et les questions environnementales, notamment les conditions météorologiques et le terrain;
  • éléments de l’environnement opérationnel que le commandant contrôle, par exemple les dispositions de ses propres forces ou des forces alliées par l’intermédiaire de rapports et de comptes rendus de subalternes, de certaines applications de détection spécialisées, y compris Blue Force Tracker, et des liaisons avec d’autres forces, d’autres ministères du gouvernement et des organisations internationales et non gouvernementales.

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Action

L’Action comprend la manœuvre[6], la puissance de feu[7] et les opérations d’information pour produire les effets souhaités. Au sein de la Force aérienne, la fonction d’Action « acquiert l’avantage » dans l’espace de combat à l’aide d’actions cinétiques et non cinétiques et « projette »rapidement le personnel et le matériel à l’intérieur et entre les zones de responsabilités (ZResp). Ces actions correspondent respectivement aux deux sous-fonctions d’Acquisition de l’avantage et de Projection.

L’Action comprend en outre la capacité de la projection de force, qui est le déploiement en temps opportun de forces militaires, afin d’assurer une présence ou une influence relativement à une opération, à l’endroit et au moment nécessaires. Grâce à la portée de la puissance aérospatiale, la projection de forces peut être effectuée au-delà de bases et d’installations fixes. Ainsi, l’influence du Canada peut être projetée dans les régions les plus éloignées du pays ainsi qu’à l’extérieur de ses propres limites territoriales au moyen de sa capacité mondiale et expéditionnaire.

La projection de force est réalisée par l’établissement rapide de bases d’opération à l’aide d’unités dé ployables et à disponibilité opérationnelle élevée, par des bases aériennes préétablies, mais sans pilote, ou par la négociation de l’utilisation de l’infrastructure existante d’autres pays. L’offre d’un ravitaillement air-air[8] rehausse encore davantage cette capacité en allongeant la distance de vol et le vol d’attente de l’aéronef récepteur, réduisant ainsi le nombre d’escales, la maintenance nécessaire et, en fin de compte, le délai de réponse.

Acquisition de l’avantage

L’Acquisition de l’avantage optimise les manœuvres habiles et les opérations d’information intégrées dans l’emploi d’une puissance aérospatiale cinétique et non cinétique afin d’obtenir les effets souhaités. L’Acquisition de l’avantage dans l’espace de combat par les forces aériennes est en général réalisée par l’utilisation, ou la menace d’utilisation, de la force pour produire des effets dans les domaines physique et moral. Dans le domaine physique, les actions visent les capacités matérielles de l’adversaire. Ces actions ont pour but :

  • d’empêcher l’ennemi de choisir une stratégie;
  • de créer des circonstances favorables dans lesquelles employer la stratégie retenue;
  • de réduire le besoin de forces de surface amies;
  • de réduire les risques, les pertes et les coûts[9].

Les actions s’attaquant au domaine psychologique visent quant à elles la volonté et la cohésion des troupes. Elles supposent l’utilisation ou la menace de l’utilisation de la force ainsi que des mesures incitatives ou des récompenses afin d’amener un groupe à maintenir le comportement actuel ou à le modifier pour atteindre le résultat visé.

Les actions de la Force aérienne qui sont exécutées pour acquérir un avantage dans l’espace de combat peuvent être de nature offensive ou défensive et elles peuvent être exercées directement ou indirectement en vue de l’atteinte des objectifs fixés. Les forces aériennes assurent un avantage dans l’espace de combat en établissant le contrôle des airs, en produisant un effet stratégique, en appuyant les forces terrestres et maritimes et en coordonnant les opérations d’information.

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Maîtrise de l’espace aérien

La maîtrise suffisante de l’espace aérien est une exigence essentielle propre à l’ensemble de la gamme des conflits. Elle permet de conserver sa souveraineté en temps de paix, contrôle l’accès au territoire en temps de tension, et assure une protection contre les attaques aériennes ennemies en temps de guerre. Qui plus est, la maîtrise de l’espace aérien permet aux forces amies de mener des opérations en toute liberté, au moment et au lieu choisis, sans intervention ennemie. Par conséquent, la maîtrise de l’espace aérien constitue normalement l’élément prioritaire de toute opération militaire. Selon la situation et les capacités de l’adversaire, le contrôle de l’espace aérien peut être établi rapidement et maintenu sans trop d’efforts. Cependant, contre un adversaire bien préparé et équipé, la maîtrise absolue d’un espace aérien peut être une tâche d’une telle ampleur qu’elle nécessite une quantité excessive de ressources. Dans de tels cas, il est essentiel pour les commandants de comparer les coûts liés à la maîtrise absolue de l’espace aérien aux risques engendrés par une maîtrise insuffisante. Ainsi, un commandant doit évaluer le niveau de maîtrise de l’espace aérien requis pour mener à bien la mission qui lui a été confiée[10]. Selon la situation, les actions nécessaires pour maîtriser un espace aérien peuvent être temporaires et viser un endroit précis, ou peuvent nécessiter des opérations continues dans l’ensemble de l’espace de combat.

Le fait de garantir l’accès à l’espace et de préserver une utilisation libre des capacités spatiales est essentiel pour toutes les opérations militaires. À cet égard, on doit exécuter des opérations qui protègent les ressources spatiales et l’infrastructure terrestre associée. De plus, on peut devoir réaliser des opérations destinées à prévenir une utilisation hostile par l’adversaire des capacités spatiales ou des effets spatiaux par le recours à des mesures d’interdiction d’accès, de déception, de perturbation, de détérioration ou de destruction, selon le cas.

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Effet stratégique

Les capacités aérospatiales qui sont destinées à produire un effet stratégique visent à menacer, perturber ou détruire le centre de gravité stratégique de l’adversaire[11]. Ces opérations peuvent comprendre des actions destructives, des actions non destructives ou les deux, afin de produire des effets qui entraînent directement ou indirectement la perturbation ou la destruction de la cohésion, de la volonté ou de la capacité de l’adversaire de partir au combat. Si une force aérienne est en mesure de réaliser des opérations de la sorte, elle peut dissuader les actes d’agression, indiquer la détermination et rassurer les alliés. Lorsque la volonté de réaliser des opérations aériennes pour produire un effet stratégique est indiquée par une présence ou une démonstration de force, ces effets dissuasifs et rassurants sont multipliés. Par exemple, les forces aériennes peuvent exercer une force d’une manière contrôlée et graduelle afin de convaincre un agresseur de cesser un comportement indésirable. En revanche, en dernier recours, les forces aériennes peuvent réaliser des attaques pratiquement simultanées contre une foule d’objectifs, afin de nuire considérablement à la capacité de l’adversaire de composer avec l’envergure et le rythme des attaques, produisant ainsi un type de paralysie de la prise de décisions stratégiques[12]. Ces activités minent, perturbent ou détruisent la volonté ou la capacité de l’adversaire à combattre.

En fin de compte, on doit sélectionner minutieusement les objectifs afin de garantir une influence directe sur le centre de gravité stratégique de l’adversaire. Ainsi, on favorise la prise en compte efficace du ou des objectifs nationaux souhaités et on atteint l’état visé.

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Appui aux forces terrestres et maritimes

Les opérations aérospatiales réalisées en appui aux forces terrestres visent des forces ennemies particulières de surface et les infrastructures de soutien de ces forces. Ces opérations produisent directement des effets stratégiques en empêchant l’adversaire d’exécuter une campagne terrestre cohérente. L’appui aux forces terrestres est très souvent associé à l’appui direct offert par la force aérienne aux forces amies de surface. L’appui aux opérations des forces terrestres peut également être offert de manière indépendante des objectifs de la force de surface ou dans les cas où aucune force amie n’est présente.

Les opérations aérospatiales réalisées en appui aux forces maritimes visent à produire et à maintenir le degré voulu de supériorité maritime par la destruction, la perturbation, le retardement, le déroutement ou toute autre forme de neutralisation des menaces dans l’environnement maritime. Ces opérations font appel aux forces aériennes pour contrer les menaces aériennes, de surface et sous-marines de l’adversaire, dans le but d’améliorer le schème de manœuvre maritime.

Lorsqu’elles sont intégrées à une force interarmées, les forces aériennes, spatiales et de surface réunissent leurs caractéristiques de manière complémentaire et synergique. De par leur nature, les opérations d’acquisition d’un avantage contribuent aux tirs interarmées, elles manipulent l’espace de combat afin de favoriser l’atteinte des objectifs militaires et elles sont normalement associées aux aspects opérationnels et tactiques de la guerre. En général, les fonctions d’appui terrestre et maritime des forces aériennes ont pour but :

  • de réduire l’entrave produite par les forces terrestres et maritimes ennemies;
  • d’empêcher l’ennemi de manoeuver;
  • d’empêcher l’ennemi de concentrer ses forces;
  • de perturber les capacités de commandement, de contrôle et de communication de l’ennemi[13].

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La figure 5-2 montre un espace de bataille avec des effectifs de la Force aérienne, de l’Armée et de la Marine. Les objectifs militaires sont atteints grâce aux opérations d’Acquisition de l’avantage alors que l’attaque interarmées est fournie par tous les effectifs. De plus, les effectifs de la Force aérienne, de l’Armée et de la Marine peuvent communiquer entre elles. Fin de la figure 5-2.

Gracieuseté de General Dynamics Canada

Figure 5-2. Appui aux forces terrestres et maritimes

   

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Opérations d’information

Les opérations d’information consistent en un processus intégré plutôt qu’en une capacité à part entière[14]. Si les commandants comprennent ce processus, ils peuvent estimer et cerner les effets possibles de leurs actions et la façon de les utiliser pour façonner le domaine de l’information afin d’obtenir ou de conserver un avantage opérationnel.

Le processus d’opérations d’information porte sur la coordination dans tout le domaine de l’information, y compris l’intégration transparente des capacités et des activités d’opérations d’information de la Force aérienne au plan de campagne global. En obtenant le contrôle du domaine de l’information, on est en mesure d’influencer la volonté et le comportement de l’adversaire tout en défendant sa propre volonté et son propre comportement. On peut produire des effets dans le domaine de l’information à l’aide de tout un éventail d’activités militaires, notamment les opérations psychologiques, les opérations de réseau d’ordinateurs ou la guerre électronique[15], dont l’étroite coordination contribue à l’atteinte de l’objectif global. Les opérations d’information comprennent trois aspects d’activité interdépendants : les activités d’influence, les activités de contre-commandement et les activités de Protection de l’information[16]. En fin de compte, les opérations d’information favorisent l’atteinte des objectifs stratégiques et elles contribuent à assurer un avantage opérationnel militaire.

Projection

La Projection exploite toute la portée et la vitesse de la puissance aérospatiale pour déployer et mettre en position rapidement le personnel et le matériel afin d’obtenir les effets souhaités. À titre de capacité aérospatiale cruciale, on a recours aux activités de Projection dans le spectre du conflit, avec ou sans obstacle découlant d’obstructions naturelles ou artificielles. Deux capacités sont associées à cette fonction : la mobilité aérienne et la récupération de personnel (RP).

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Mobilité aérienne

La mobilité aérienne est la capacité de transporter du personnel ou du matériel par la voie des airs et d’effectuer un ravitaillement air-air. La composante de Projection de la puissance aérospatiale s’articule autour de la portée, de la rapidité, de la souplesse et de la polyvalence de la mobilité aérienne.

Transport par voie aérienne

Le transport par voie aérienne est l’action de transporter et d’acheminer du personnel ou du matériel par voie des airs pour favoriser la réalisation d’objectifs stratégiques, opérationnels ou tactiques. Il offre au commandant militaire la capacité de déployer, d’employer et de redéployer les forces et l’équipement rapidement et à de grandes distances, de même que d’offrir un soutien aux forces ainsi déployées depuis leurs bases principales d’opérations (BPO).

Le transport par voie aérienne peut être effectué à l’échelle mondiale et il peut être stratégique ou tactique, ou les deux, selon la nature de la mission en cause. La catégorisation retenue se fonde sur les missions confiées et sur le contexte dans lequel ces missions sont réalisées. Les opérations de transport par voie aérienne stratégique servent à déplacer du personnel et du matériel entre les théâtres d’opérations[17]. Les opérations de transport par voie aérienne tactique offrent aux commandants la capacité de mettre en position leurs forces et l’équipement dans une ZResp ou une zone d’opérations (ZO), tout en fournissant à celles-ci tout le soutien logistique nécessaire.

Ravitaillement air-air

Le ravitaillement air-air (RAA) consiste en le réapprovisionnement en carburant d’un aéronef en vol par un avion ravitailleur également en vol. Nous avons indiqué plus haut qu’il s’agit de l’une des principales tâches de la projection de force. L’offre d’un service de ravitaillement air-air accroît la distance de vol de l’aéronef récepteur, ce qui réduit le nombre d’escales, la maintenance nécessaire et, en fin de compte, le délai de réponse en vue de l’atteinte de la ZO. En outre, le ravitaillement air-air permet à l’aéronef récepteur de transporter une charge plus grande au départ et de réaliser plusieurs missions au besoin. Le ravitaillement air-air constitue donc un catalyseur de force ou un multiplicateur de force, ou les deux, selon la mission qui est réalisée.

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Récupération de personnel

La récupération de personnel (RP) est utilisée dans tout le spectre du conflit. Elle fait appel à une méthode complète qui intègre les efforts militaires, diplomatiques et civils afin de récupérer le personnel isolé. Les rôles associés à la RP comprennent la recherche et le sauvetage (SAR), la récupération au combat (RC), le SAR de combat (RESCO) et la récupération assistée non classique (RANC). Le rôle de RP est choisi en fonction de l’ampleur des hostilités et de l’entraînement individuel de la ou des personnes isolées.

En temps de paix, les unités SAR des forces aériennes ont pour mandat de rechercher et de sauver les personnes en détresse dans les airs, sur terre ou en mer. Durant les conflits et les guerres, les forces aériennes peuvent également réaliser des opérations de RC, de RESCO ou de RANC, qui consistent à rechercher et à récupérer le personnel en territoire hostile. La RC consiste en la récupération de personnel isolé d’un environnement hostile où on risque de retrouver des entraves. Dans les opérations de RC, la force de récupération ou le personnel isolé, ou les deux, n’ont pas reçu l’entraînement et ne disposent pas de l’équipement relatifs au tactiques, techniques et procédures (TTP) de RESCO. La RESCO est l’application de forces spécialisées et entraînées en vue de la récupération d’un personnel isolé qui est entraîné et correctement équipé pour recevoir cet appui et qui se trouve dans une situation où des entraves hostiles risquent de se présenter. À l’heure actuelle, les FC ne disposent pas d’une capacité de RESCO et, par conséquent, elles font appel aux partenaires de la coalition pour assurer cette capacité « dans le théâtre d’opérations ». La RANC peut exiger l’aide de forces non conventionnelles ou d’autres types d’assistance dans les cas où les moyens conventionnels ne conviennent pas. Ces récupérations ont recours à des forces d’opérations spéciales ou à d’autres forces déléguées/locales qui sont entraînées pour aider à déplacer un personnel isolé par l’entremise d’un réseau qui les achemine en toute sécurité jusqu’aux positions des forces alliées.

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Protection

Cette fonction permet d’assurer la protection d’une force, de ses capacités et de sa liberté d’action. Elle permet à d’autres fonctions de s’acquitter de leur rôle respectif dans le cadre des opérations. Tous les niveaux de commandement doivent avoir une compréhension approfondie de la Protection, notamment au sujet de la protection de force, des risques pour la sécurité, des cybermenaces et des problèmes pour la santé pour que le commandant puisse s’attaquer aux risques actuels et futurs, permettant ainsi l’atténuation de ces risques à un degré acceptable. Outre son utilisation pendant un conflit, on doit exécuter la Protection en rapport avec la prévention de conflit, l’atténuation et les opérations après le conflit, notamment la reconstruction et le développement du pays.

Les forces aériennes qui prennent part à la Protection agissent en général en rapport avec la protection contre les attaques visant les ressources vitales situées dans les bases aériennes et la réduction au minimum des pertes opérationnelles par l’élaboration de stratégies et l’emploi de personnel et d’autres ressources afin de contrecarrer les menaces connues. Ces menaces ne sont pas constantes, car certaines d’entre elles évoluent et s’adaptent sans cesse. Les principales questions concernant les menaces sont de nature chimique, biologique, radiologique et nucléaire (CBRN). Ces événements tels les menaces aériennes, psychologiques, cinétiques et les cybermenaces peuvent être délibérés et accidentels.

La Protection doit également tenir compte des non-combattants, des civils de l’endroit et des personnes à leur charge, y compris des gens qui se trouvent à proximité des bases d’opérations principales et des bases d’opérations de déploiement. Si la protection de la population de l’endroit n’est pas prise en compte, on peut assister à une aliénation de cette population. Ces questions peuvent être réparties entre les domaines physique, moral et informationnel.

Le domaine physique comprend la prise en compte de tous les aspects cinétiques dans tout le spectre du conflit. Le domaine moral a trait aux menaces psychologiques, au moral et à la cohésion de l’unité, aux règles d’engagement, à la légitimité de la mission, aux attaques contre des intérêts canadiens et aux interactions avec la population locale. Le domaine informationnel englobe le contrôle de l’accès et la protection des systèmes et de l’information.

La planification efficace de la Protection et une compréhension de toutes les questions permettront de s’assurer que des mesures et des contremesures adéquates sont en place pour atténuer l’efficacité des efforts et des attaques de l’adversaire tout en offrant à l’opération un degré de sécurité considérable et la possibilité de réaliser la mission.

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Maintien en puissance

Le Maintien en puissance permet de régénérer et de maintenir les capacités nécessaires au soutien des opérations. Toute lacune du processus de Maintien en puissance risque d’avoir des incidences néfastes sur la réussite de l’exécution des missions confiées. Le Maintien en puissance est axé sur le maintien et la remise sur pied de quatre composantes : le personnel, le matériel, l’infrastructure et les services, qui contribuent à l’efficacité opérationnelle constante de la puissance aérospatiale. En fin de compte, on vise à s’assurer que des ressources suffisantes sont disponibles au bon moment et à l’endroit qui convient.

Personnel

La disponibilité et l’emploi de personnel entraîné, en nombre suffisant et au bon endroit, sont cruciaux pour garantir la réussite opérationnelle. En raison de la nature hautement technique et complexe des opérations aérospatiales, le personnel militaire, civil et contractuel doit disposer de toutes les connaissances à jour qui sont nécessaires pour s’acquitter des fonctions attribuées. Les différentes tâches doivent être exécutées correctement, et on doit à cet égard tenir dûment compte de l’économie et de la sécurité. Cet aspect est crucial lorsqu’on doit composer avec un aéronef pour lequel une erreur mineure en apparence peut entraîner rapidement la perte de vie ou d’une ressource de grande valeur.

La Force aérienne doit réaliser les opérations aérospatiales en vertu d’un leadership militaire et de manière disciplinée. On accorde ainsi l’importance à certaines qualités du personnel, par exemple l’esprit combattif[18], la compétence professionnelle et l’aptitude au service. Ces qualités désignent les militaires professionnels et elles favorisent la capacité à diriger et donc de fournir un maintien en puissance agile, fiable et robuste.

Matériel

Le matériel comprend les systèmes, les véhicules, les aéronefs, les armes, les pièces et les matériaux utilisés pour appuyer et maintenir en puissance les opérations aérospatiales. Dans le cadre du Maintien en puissance, le matériel est attribué et distribué d’après les besoins qui découlent d’exigences opérationnelles, économiques ou politiques et il est en général indiqué dans des documents comme les énoncés des besoins opérationnels, les comptes rendus d’opérations, les rapports d’état non satisfaisant, les cas exigeant une action et les analyses de rentabilisation. Un défi de taille à relever a trait aux mesures destinées à veiller à ce que tout le matériel soit disponible, visible et comptabilisé.

La gestion du cycle de vie (acquisition, utilisation et élimination) du matériel qui est associé directement aux aéronefs est soumise à des normes plus élevées et à des degrés de contrôle supérieurs à ceux imposés pour la plupart des autres équipements. La visibilité, la responsabilité, le contrôle, la projection et la livraison du matériel, ainsi qu’une compréhension de l’intensité de l’opération, représentent des tâches et des questions majeures pour le personnel de soutien de la mission.

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Infrastructure

L’infrastructure a trait à toutes les installations fixes et non permanentes qui servent au soutien et au contrôle des forces militaires. Elle comprend les pistes, les routes, les réseaux de télécommunication et tous les types de services publics, notamment la production d’énergie et la distribution d’électricité, les conduits de télécommunication, les réseaux de gaz naturel, les réseaux d’alimentation en eau et d’égout et les camps temporaires relogeables. La maintenance de l’infrastructure et des BPO existants de la Force aérienne représente une activité majeure et permanente de Maintien en puissance, qui comprend notamment la mise à jour et la modernisation à cet égard, conformément aux exigences opérationnelles. À l’instar du matériel, le concept de durée de vie est pris en compte afin qu’on puisse élaborer des plans de démolition et que les activités de construction et de maintenance puissent être correctement mises en séquence.

Les problèmes du maintien en puissance de l’infrastructure sont en général plus difficiles à régler dans le cas d’opérations à court terme réalisées dans des environnements éloignés et austères. En raison de la dépendance des aéronefs à voilure fixe qui se trouvent sur les pistes et des autres installations de soutien, on doit fournir un certain degré d’infrastructure afin de permettre l’exécution de l’opération militaire, mais il est plus difficile de déterminer les besoins en matière de logement, d’alimentation, d’entreposage, de routes et de services publics dans les cas où l’ampleur, la portée et la durée de l’opération sont incertaines. Dans ces cas, les solutions de Maintien en puissance sont en général axées sur des installations temporaires qu’on peut transporter, installer, démonter et réutiliser.

Services

Le Maintien en puissance fournit des services des domaines généraux du génie, de la santé et du bien-être, de la logistique, de la fonction de contrôle et de l’entretien et l’ingénierie des aéronefs. Dans certains cas, par exemple pour le génie de construction, le génie électrique et mécanique et la logistique, les services réunissent les trois autres composantes du maintien en puissance au bon endroit et au bon moment. Peu importe la situation, le problème consiste à déterminer les meilleures façons d’offrir tous les services sans interruption lorsque la situation et le rythme opérationnels, ainsi que la probabilité d’actes hostiles, fluctuent constamment. Par conséquent, une prestation de services optimale exige des efforts de coordination considérables ainsi que la possibilité de réagir aux changements importants qui surviennent rapidement quant à la situation d’intervention opérationnelle.

Il est crucial de tenir sans cesse compte du processus complet de maintien en puissance lorsqu’on envisage d’apporter des changements à des éléments uniques de la prestation de services. Bien que les différents changements puissent être logiques si on les examine séparément, ils peuvent avoir des conséquences radicales s’ils influent sur les relations à long terme et/ou les responsabilités dans le cadre du processus global de maintien en puissance. La gestion des processus à l’aide desquels un changement est apporté à la prestation de services est donc aussi importante que la justification d’un changement de prime abord.

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Montée en puissance

La Montée en puissance développe et prépare une force aérospatiale pour qu’elle réponde aux exigences de son emploi. Cette fonction offre les capacités nécessaires à la mise en oeuvre des cinq autres fonctions. La Montée en puissance de forces afin d’offrir une puissance aérospatiale est une activité permanente qui comprend trois éléments principaux : le développement des capacités de force nécessaires, l’exécution des activités de préparation des forces et l’établissement de programmes destinés à prévenir la perte accidentelle ou la détérioration de ces capacités.

Développement des forces

Le processus de développement d’une force détermine les capacités dont la Force aérienne a besoin pour se conformer aux besoins de défense du Canada, tant au pays qu’à l’étranger. Différents facteurs, par exemple la politique gouvernementale, les changements apportés à la doctrine, les leçons retenues[19] des opérations, les nouvelles technologies et l’environnement de sécurité futur, jouent tous un rôle dans la définition des exigences futures quant à la capacité de la force. On devra également faire l’essai des concepts qui découlent de la mise en place de nouveaux systèmes d’armes et de l’apport de changements quant à l’utilisation de ces systèmes. On devra en outre élaborer des politiques et une doctrine qui régiront l’emploi de ceux-ci. Une fois que les capacités nécessaires auront été déterminées, on doit assurer la montée en puissance des forces. Il s’agit à cet égard de réunir, d’entraîner, d’équiper et de structurer les forces afin qu’elles puissent exécuter efficacement les tâches de défense qui leur sont confiées.

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Préparation de la force[20]

Les activités de préparation de la force préparent la force afin qu’elle puisse répondre aux directives du gouvernement. Elles englobent les ressources nécessaires à la maintenance de l’équipement, à l’instruction et à la préparation des unités en vue de l’emploi de la force. Elle comprend en outre le recrutement, l’instruction et le perfectionnement du personnel, ainsi que l’acquisition de l’équipement nécessaire pour exécuter les tâches de la Force aérienne.

Recrutement, éducation et instruction

Une des composantes essentielles de la mise sur pied d’une force est le recrutement, l’éducation et l’instruction du personnel. Cette composante doit être permanente, afin de s’assurer que la Force aérienne est toujours alimentée en troupes bien éduquées et bien instruites. La politique gouvernementale, les contraintes financières, les changements technologiques et la culture canadienne ont, à un moment ou à un autre, tous eu une incidence sur la taille, la structure et la composition de la Force aérienne. Toutefois, un aspect est demeuré constant : la nécessité, pour les membres d’une force aérienne et les civils de relever les défis actuels et futurs[21].

Équipement

L’équipement permet aux forces aériennes de s’assurer d’avoir les bons outils au bon moment pour accomplir les tâches qui leur sont dévolues. Étant donné que l’interopérabilité avec nos partenaires de la défense et nos alliés est essentielle à notre Force aérienne, ces processus d’acquisition exigent que le nouveau matériel tienne compte de la nature interarmées et interalliées des capacités de défense. Ces processus comprennent l’emploi de nouvelles technologies et de nouveaux concepts dans le but d’optimiser l’avantage par l’intégration de la recherche et du développement, de la modélisation et de la simulation, de l’essai et de l’évaluation et de l’achat de nouveaux systèmes conformes aux besoins en équipement de la Force aérienne.

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Programmes de prévention des pertes

La Montée en puissance et l’emploi de ressources de la Force aérienne comprennent un certain degré de risque qui peut entraîner des décès, des blessures graves, la perte d’équipement, la détérioration de la capacité ou encore des dommages à l’environnement. On a donc prévu des programmes de prévention des pertes et on doit tenir compte de ceux-ci pendant tout le cycle de vie d’un système d’arme ou d’une autre pièce de matériel, de sa mise en service jusqu’à son emploi, son maintien en puissance et, en fin de compte, de son élimination. Deux éléments principaux qui servent à prévenir ces pertes et ces dommages : les programmes de sécurité du ministère de la Défense nationale (MDN) et des FC et le programme de gérance de l’environnement de la Force aérienne.

 

Programmes de sécurité

Des situations à risque élevé se présenteront durant des exercices d’entraînement normaux, ainsi que dans le cadre des missions de combat. On a mis en place divers programmes de prévention des pertes pour le MDN et les FC afin de s’assurer que les ressources restreintes ne sont pas perdues inutilement. Ainsi, les programmes de navigabilité, de sécurité des vols et de sécurité générale contribuent tous à atténuer la perte accidentelle de ressources de la Force aérienne pendant tout le cycle de vie d’un système. Ces programmes permettent la montée en puissance et l’emploi de capacités opérationnelles, tout en réduisant l’érosion accidentelle du personnel et du matériel.

Gérance de l’environnement

En raison de la possibilité d’incidence négative sur l’environnement physique pendant l’entraînement et les opérations de la Force aérienne, on a pris des mesures afin de réduire au minimum la détérioration de l’environnement. La vision et la stratégie environnementales du Chef d’état-major de la Force aérienne (CEMFA) pour la Force aérienne a pour but d’atténuer les répercussions des opérations et des activités de la Force aérienne sur l’environnement. Cette initiative est axée sur le règlement des problèmes environnementaux hérités, en garantissant le respect des lois environnementales, au pays et à l’étranger, et en réduisant l’empreinte écologique de la Force aérienne par l’examen et la mise en oeuvre de nouvelles pratiques de protection et de gestion de l’environnement.  

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Notes

1. Dans le climat opérationnel d’aujourd’hui, la Force aérienne doit pouvoir réaliser en même temps des opérations traditionnelles et irrégulières dans n’importe quel conflit.  (retourner)

2. Pour une discussion plus poussée sur les fonctions de la Force aérienne et de ses deux sous-fonctions, se reporter aux sept manuels clés de la doctrine. (retourner)

3. Les activités d’Action et de Détection sont sans doute la raison d’être des forces aériennes. Leur développement conceptuel s’inspire de celui de l’évolution de la puissance aérospatiale elle-même. On a conçu les aéronefs en vue d’une détection, d’une acquisition de l’avantage puis d’une projection. Cette évolution se fondait sur les progrès technologiques et sur la volonté de tirer parti de ces progrès. Les pays ont en fin de compte mis sur pied des forces aériennes afin d’exécuter une ou plusieurs des activités en question (Détection, Acquisition de l’avantage et Projection). (retourner)

4. Il importe de préciser que le leadership est essentiel à une application efficace du commandement : tous les commandants doivent être des chefs. Bien que le présent manuel n’aborde pas directement le leadership, on doit toujours tenir compte du fait que les opérations militaires exigent un leadership et que ce leadership est indispensable au commandement. Pour plus de détails sur le leadership, se reporter notamment au document A-PA-005-000/AP-003, Le leadership dans les Forces canadiennes, Ottawa, ministère de la Défense nationale, 2005; et Sic Itur Ad Astra : Études sur la puissance aérospatiale canadienne, Volume 1, Aspects historiques du leadership dans la Force aérienne, Ottawa, ministère de la Défense nationale, 2009. (retourner)

5. De plus, la Détection fournit des connaissances à chaque décideur. (retourner)

6. La manoeuvre consiste en un déplacement des capacités des forces aériennes à une position avantageuse par rapport à un adversaire. La puissance aérospatiale peut manoeuvrer afin de surmonter les limites traditionnelles des forces terrestres liées au terrain, aux conditions météorologiques et à la portée; elle peut en outre s’adapter aux priorités et objectifs changeants. (retourner)

7. La puissance de feu est l’emploi des capacités de la force aérienne en vue de la destruction, de la neutralisation, de la suppression ou du harcèlement d’un adversaire. (retourner)

8. Du point de vue de la doctrine, le ravitaillement air-air est l’une des deux tâches de la mobilité aérienne et fait partie de la Projection. Toutefois, le ravitaillement air-air fait également office de catalyseur crucial de la capacité de projection de force du Canada. (retourner)

9. Vice-maréchal de l’Air Tony Mason, « The Future of Air Power: Concepts of Operations », Royal Air Force Air Power Review, Vol. 1, no 1, 1998, p. 36. (retourner)

10. Le contrôle de l’environnement aérien empêche l’ennemi d’utiliser la puissance aérienne de manière efficace contre les forces amies tout en permettant à celles-ci de s’en servir contre l’ennemi. Retarder, perturber ou détruire les forces aériennes ennemies permet de prendre le contrôle des airs, ce que l’on appelle généralement supériorité aérienne ou maîtrise de l’air. Veuillez consulter le glossaire pour une définition plus détaillée de ces deux termes. (retourner)

11. Le concept de centre de gravité (COG) provient des écrits de Clausewitz, qui le décrit comme étant « le centre de toute puissance ou de tout mouvement, sur lequel s’appuie tout le reste [Traduction]. C’est sur ce point que devraient se concentrer toutes nos énergies. » Voir, Carl von Clausewitz, On War, revu et traduit par Michael Howard et Peter Paret, Princeton, New Jersey, Princeton University Press, 1984, pp. 595‑596. Même de nos jours, le débat demeure quant à la manière de traduire et d’interpréter le concept de Clausewitz. Pour un exemple de ce débat, veuillez consulter Antulio J. Echivarria, Clausewitz’s Center of Gravity: Changing Our Warfighting Doctrine – Again!, Carlyle, Pa, Strategic Studies Institute, septembre 2002. (retourner)

12. Bien que cette idée ait été exprimée dès 1954 (voir États-Unis, Department of the Air Force, AFM 1-8 Strategic Air Operations, 1er mai 1954, p. 5), la compréhension du concept d’attaques parallèles tel que nous le connaissons de nos jours est fondée sur les travaux du Colonel John Warden. Pour plus de renseignements, veuillez consulter, John A. Warden III, « The Enemy as a System », Airpower Journal, Vol. 9, n° 2, printemps 1995. (retourner)

13. Mason, p. 37. (retourner)

14. États-Unis, Department of the Army: Military Strategy, Planning, and Operations, Information Operations Planner, novembre 2006, édition AY07, Carlisle, PA, U.S. Army War College, 22 novembre 2006, p. 1. (retourner)

15. Pour de plus amples renseignements, se reporter au manuel B-GA-403-002/FP-001, Doctrine aérospatiale pour la guerre électronique (Ottawa, ministère de la Défense nationale, version provisoire). (retourner)

16. AJP 3-10 Doctrine des opérations d’information de l’OTAN, 2008, RD1, p. 1-7. (retourner)

17. Certains théâtres d’opérations (par exemple le Canada) sont d’une taille telle qu’on peut utiliser un profil de vol « stratégique » au lieu d’un profil de vol « tactique », même si le transport par voie aérienne a lieu dans le même théâtre d’opérations. Par conséquent, les termes « inter-théâtre » et « intra-théâtre » ne conviennent pas au contexte canadien. (retourner)

18. L’esprit combatif est la volonté de chaque militaire de faire tout ce qui est en son pouvoir, dans le respect des principes éthiques et des valeurs de la profession militaire, pour accomplir la mission qui lui est assignée avec enthousiasme, précision et abnégation, conformément à la définition de la Banque de terminologie de la Défense (BTD), fiche 37287, http://terminologie.mil.ca/term-fra.asp (consulté le 28 octobre 2010). (retourner)

19. B-GA-005-780-AG-001, Plan de campagne des leçons retenues de la Force aérienne, 3000-1 (cmdt CGAFC), 7 juillet 2009, http://trenton.mil.ca/lodger/CFAWC/AF_LL/documents/Air_Force_Lessons_Learned_Campaign_Plan.pdf (consulté le 28 octobre 2010). (retourner)

20. Il s’agit de l’état de préparation permettant de donner suite à une directive du gouvernement, conformément à la définition de la BTD, fiche 34053, http://terminologie.mil.ca/term-fra.asp (consulté le 28 octobre 2010). (retourner)

21. Pour de plus amples renseignements sur la façon d’utiliser le système de gestion du personnel de la Force aérienne pour définir et gérer toutes les spécialités de la Force aérienne, reportez-vous au document B-GA-407-001/FP-001 – Doctrine du personnel de la Force aérienne (Ottawa, ministère de la Défense nationale, 2010), http://trenton.mil.ca/lodger/CFAWC/CDD/Doctrine/Pubs/Operational/407_Series/B-GA-407-001-FP-001.pdf (consulté le 28 octobre 2010). (retourner)

 

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