Chapitre 1 : Définition du commandement (B-GA-401-000/FP-001, Doctrine aérospatiale des Forces canadiennes commandement)

Cette figure représente les rapports existant entre les six fonctions de l’Aviation royale canadienne : Commandement; Action, comprenant deux sous-fonctions (Acquisition de l’avantage et Projection); Détection; Protection; Montée en puissance et Maintien en puissance. Sur un anneau extérieur, les fonctions dynamisantes (Protection, Montée en puissance et Maintien en puissance) sont séparées les unes des autres par un espace égal. À l’intérieur de l’anneau extérieur, les fonctions fondamentales (Commandement, Action et Détection) sont inscrites dans leur propre rectangle et forment une pyramide. La fonction Commandement est au centre, en haut; la fonction Action (Projection et Acquisition de l’avantage), en bas, à droite, et la fonction Détection, en bas, à gauche. Le mot « Évaluer » figure là où les fonctions Détection et Commandement se chevauchent, et le mot « Planifier » est inscrit là où les fonctions Commandement et Action se recoupent. Dans le rectangle Commandement, une flèche descendante va du mot « Commandement » jusqu’à un petit cercle contenant le mot « Décider ». Une flèche au-dessus de laquelle sont inscrits les mots « État actuel » va du mot « Évaluer » (chevauchement des fonctions Détection et Commandement) jusqu’au mot « Décider ». Une autre flèche tracée sous le mot « Diriger » relie le mot « Décider » au mot « Planifier » (chevauchement entre les fonctions Commandement et Action). Une flèche va du bas du rectangle Action jusqu’à un cercle contenant le mot « Effets ». Une autre flèche part de ce cercle pour aller toucher le bas du rectangle Détection. Fin de la figure.

Figure 1‑1. Les fonctions de l’Aviations royale canadienne

La conquête de l’espace aérien mène à la victoire, et la perte d’une bataille aérienne mène à la défaite et par conséquent à l’acceptation des conditions imposées par l’ennemi. [Traduction]

- Giulio Douhet

Introduction

Les forces aériennes ont pour raison d’être l’exercice de la puissance aérospatiale au nom du pays auquel elles appartiennent. Elles s’acquittent de cette mission surtout en exploitant les environnements aérien et spatial de manière à réaliser les objectifs dont on les a chargées. Un siècle de guerre aérienne a démontré que toutes les forces aériennes efficaces, qu’elles soient grandes ou petites, sont capables d’exercer un certain nombre de fonctions données. Ces fonctions subissent l’influence des possibilités et limites physiques de leurs environnements et des autres fonctions. L’une ne peut fonctionner avec efficience ni efficacité sans l’autre; ce sont toutefois les capacités exclusives à chaque fonction qui, une fois intégrées à celles des autres fonctions, garantissent l’application adéquate de la puissance aérospatiale. Conforme à la doctrine des Forces canadiennes (FC)[1], la doctrine aérospatiale canadienne se constitue des six fonctions suivantes [2], [3] :

Dans l’exécution d’opérations et d’activités aérospatiales, les fonctions essentielles Commandement, Action et Détection se succèdent selon un cycle continu d’activités. Les produits des activités de la fonction Détection sont évalués lors des activités de la fonction Commandement; elles permettent d’établir l’état actuel. Après l’évaluation des états actuel et visé, les activités de la fonction Commandement ordonnent et planifient les actions. Les activités de la fonction Action créent des effets dont résulte l’état visé. Les activités de la fonction Détection évaluent les résultats de ces effets et le cycle reprend. Ce cycle d’activités influence les activités d’habilitation en cours des fonctions Maintien en puissance, Protection et Montée en puissance, ou il en subit l’influence.

Les activités des fonctions Maintien en puissance, Protection et Montée en puissance doivent être exécutées en continu afin de maintenir en puissance, de protéger et de développer en continu les moyens et capacités des forces aérospatiales des Forces canadiennes. Les activités des fonctions Commandement, Action et Détection, si elles sont privées des activités des fonctions Maintien en puissance, Protection et Montée en puissance, risquent d’être compromises, voire éliminées. On le voit, la faiblesse ou l’échec de l’une des fonctions a des effets négatifs non seulement sur les cinq autres fonctions, mais aussi sur la capacité de la force d’atteindre l’état visé.

 La philosophie de commandement des FC exige que les dirigeants et leurs subordonnés respectent les normes d’excellence en matière de direction, de doctrine, d’instruction, de prise de décision efficace et de confiance mutuelle. Pour être efficace, le commandement doit en règle générale être le plus décentralisé possible afin de pouvoir affronter l’incertitude, le désordre, la complexité et la confusion qui règnent habituellement sur le plan tactique. Les opérations aérospatiales, qui présentent des défis différents de ceux des environnements terrestre et maritime à bien des égards, requièrent une structure physique et opérationnelle qui permet au commandement et au contrôle de fonctionner de manière efficace. Nous devons nous rappeler ces principes lorsque nous nous pencherons sur le commandement dans le domaine aérospatial.

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Principes de commandement

D’expérience, certains principes fondamentaux de commandement au sein des forces s’imposent comme principes officiels de commandement. Ces principes sont présentés dans le tableau 1‑1.

 

Tableau 1‑1. Principes de commandement
PrincipeApplication
Unité de commandement

Un seul commandant, nomme de façon claire est autorisé à commander chaque opération. Il a la responsabilité de planifier et diriger les opérations et de rendre compte du succès ou de l’échec d’une mission.

Portée du contrôle

La quantité de ressources et d’activités assignées à une formation ou à une unité doit être telle qu’elle puisse être commandée et contrôlée par une seule personne.

Chaîne de commandement

Le processus de commandement et de contrôle est constitué suivant une structure hiérarchique et doit être respecte. Sauf en des circonstances hautement exceptionnelles, nul n’est autorisé a court‑circuiter les niveaux de commandement.

Délégation de pouvoir

Les commandants doivent faire preuve de clarté lors de la délégation intégrale ou en partie du pouvoir.

Liberté d’action

Une fois la tache ou la mission établie et les ordres nécessaires transmis, les commandants subordonnes doivent pouvoir jouir d’un maximum de liberté pour prendre l’initiative, exercer leur savoir‑faire et mettre en application leur connaissance de la situation locale dans le cadre de la planification et de la conduite d’une opération.

Continuité of Command

Les commandants doivent établir une procédure claire pour assurer la suite du commandement.

 

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Définitions du commandement et du contrôle

Le déploiement efficace et efficient de la puissance aérospatiale permet à une force aérienne de fournir des effets aérospatiaux. L’établissement d’une structure de commandement et de contrôle bien définie est fondamental au succès de ce processus. Le personnel de tous les niveaux doit comprendre les principes essentiels auxquels renvoient les termes de commandement, de contrôle et de commandement et contrôle (voir le tableau 1‑2).

  1. Le commandement est l’« autorité conférée à un militaire pour diriger, coordonner et contrôler des forces militaires[4]. » Cette autorité peut être déléguée en tout ou en partie.
  2. Le contrôle est l’« autorité, impliquant la responsabilité de l’exécution des ordres et directives, exercée par un commandant sur une partie des activités d’organisations subordonnées, ou d’autres organisations qui ne sont pas normalement sous son commandement. Ce contrôle peut être transféré ou délégué en tout ou en partie[5]. » Le contrôle offre un moyen d’exercer un commandement efficace.
  3. Le commandement et contrôle est l’« exercice de l’autorité d’un commandant sur les forces affectées, allouées ou attachées pour la conduite d’une mission, et la direction de ces forces[6]. » Dans la pratique, le processus de commandement et contrôle (C2) s’enclenche par le biais d’arrangements en matière de personnel, d’équipements, de communications, d’installations et de procédures qu’utilise un commandant pour planifier, diriger, coordonner et contrôler les forces et les opérations en vue de mener à bien la mission qui lui est confiée.

Le commandement représente la fonction prédominante la plus importante qui intègre l’ensemble des fonctions opérationnelles en un « seul concept exhaustif de niveau stratégique, opérationnel ou tactique[7]. » Parmi l’ensemble de ces six fonctions, on reconnaît unanimement le caractère fondamental et l’importance considérable du commandement pour l’art militaire. En effet, le commandement assure une intégration verticale et horizontale des forces et des activités afin de mener à bien la mission.

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Tableau 1‑2. Commandement, contrôle et C2
COMMANDEMENTCONTRÔLE
constitue l’autorité officielle découle de la délégation du commandement

exerce la surveillance, unifiant l’ensemble des actions

soutient le commandement à tous points de vue

se concentre sur l’établissement de l’intention commune

est axé sur les détails de l’exécution
Considérées dans leur ensemble comme « C2 », les cinq activités suivantes sont exécutées :
SURVEILLANCE - ÉVALUATION -PLANIFICATION - DIRECTION - COORDINATION

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Activités de commandement et de contrôle

Un C2 efficace requiert la coordination constante à la fois des activités poursuivies sans interruption et des activités exécutives.

  1. Les activités poursuivies sans interruption doivent se poursuivre tout au long de l’exécution des opérations aérospatiales. Elles comprennent les activités suivantes :
    1. Surveillance : les processus d’observation et de compte rendu de la gamme complète des facteurs de l’espace opérationnel, afin de fournir une connaissance de la situation précise;
    2. Évaluation : le processus d’évaluation des capacités et du rendement des organisations, des personnes, du matériel ou des systèmes, afin de fournir des conseils au commandant;
    3. Planification : le processus logique sous‑jacent à la prise de décisions du commandement.
  2. Les activités exécutives s’effectuent régulièrement pendant l’exécution des opérations aérospatiales. Elles comprennent les activités suivantes :
    1. Direction : l’exercice de l’autorité de commandement qui donne des instructions spécifiques aux subordonnés et aux unités de soutien. Les commandants doivent fournir tous les conseils pertinents afin d’optimiser l’efficience et l’efficacité et de minimiser l’incertitude par rapport à la gamme des conflits. La direction devrait également veiller à ce que les commandants subordonnés aient la possibilité d’exercer leur esprit d’initiative afin de tirer parti des occasions qui s’offrent en fonction des conditions tactiques.
    2. Coordination : le partage d’information en vue d’atteindre un consensus et d’organiser des activités. Une coordination efficace devrait permettre d’intégrer, de synchroniser et d’harmoniser les opérations des organisations distinctes. Généralement, les commandants de tous les niveaux délèguent des pouvoirs considérables à leurs   états‑majors pour leur permettre de réaliser la coordination des opérations aérospatiales.

Autorités et rapports

Chaque commandant (cmdt) de la force aérienne exerce le commandement intégral de sa formation ou de son unité afin de réaliser les activités quotidiennes de mise sur pied d’une force (MPF). Les rapports de commandement et de contrôle peuvent varier considérablement lorsque les forces passent des opérations de MPF à celles de l’emploi d’une force (EF). Pendant les opérations EF, des pouvoirs de C2 sont délégués aux commandants selon leur affectation dans la chaîne de commandement expéditionnaire. Voir le tableau 1‑3.

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Tableau 1‑3. Rapports de commandement et de contrôle
 

Commandement
Intégral

OPCOMOPCONTACOMTACON

Assigner des
tâches distinctes à
des composantes
d’unités ou de
formations

X X      

Assigner des missions

X X X  

Assigner des taches

X X X X  
Déléguer l’OPCOM X X X
Déléguer le TACOM X X X
Déléguer l’OPCON X X X
Déléguer le TACON X X X X X

Coordonner le
positionnement
et le mouvement
tactique, les
mouvements à
l’échelle locale
et la défence des
installations

X X X X X

Planifier et
coordonner

X X X X X

Responsabilité
administrative

X    

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Le commandement peut s’exercer à trois niveaux : intégral, opérationnel et tactique.

  1. Le commandement intégral est le « pouvoir militaire et responsabilité dont un commandant est investi pour donner des ordres à des subordonnés. Il couvre tous les aspects des opérations et de l’administration militaires et n’existe que dans les armées nationales [8]. » Il s’applique à tous les niveaux depuis le Chef d’état‑major de la Défense (CEMD) jusqu’aux commandants d’unité. Toutefois, le commandement intégral n’étant applicable qu’aux armées nationales, les commandants d’alliance ou de coalition ne peuvent, par conséquent, l’exercer sur les forces d’autres nations.
  2. Le commandement opérationnel (OPCOM) est « le pouvoir conféré à un commandant d’assigner des missions ou des tâches à des commandants subordonnées, de déployer des unités, de réattribuer des forces et de conserver ou déléguer le contrôle » [9] opérationnel (OPCON), le commandement tactique (TACOM) ou le contrôle tactique (TACON) si nécessaire. Ce pouvoir ne comprend pas de responsabilités administratives. L’OPCOM permet à un commandant d’utiliser séparément les composantes des unités affectées, mais il ne l’autorise pas à bousculer l’organisation de base d’une unité au point où celle‑ci ne puisse pas facilement se voir assigner une nouvelle tâche ou être redéployée. Un commandant exercera généralement l’OPCOM par l’intermédiaire de commandants de composantes subordonnées d’une force opérationnelle (FO).
  3. Le commandement tactique (TACOM) est l’« autorité déléguée à un commandant pour attribuer des tâches aux forces placées sous son commandement, en vue de l’accomplissement de la mission ordonnée par l’autorité supérieure [10]. » TACOM a une portée moins grande que l’OPCOM, mais il comprend le pouvoir de déléguer ou de conserver le TACOM/TACON.

Le contrôle peut être exercé aux niveaux opérationnel, tactique ou administratif.

  1. Le contrôle opérationnel (OPCON) est le « pouvoir délégué à un commandant de diriger les forces attribuées de manière à pouvoir accomplir des missions ou des tâches particulières habituellement limitées de par leur nature, quant au lieu ou dans le temps; de déployer lesdites unités et de conserver ou déléguer le contrôle tactique de ces unités[11]. » Les commandants peuvent déléguer à leur tour l’OPCON et le TACON des forces affectées. L’OPCON permet aux commandants de bénéficier de l’emploi immédiat des forces affectées sans avoir à obtenir l’assentiment d’une autorité supérieure.
  2. Le contrôle tactique (TACON) est la « direction et contrôle détaillés des mouvements ou manoeuvres nécessaires pour exécuter les missions ou les tâches assignées[12]. » En général, le TACON n’est délégué que dans les cas où deux ou plusieurs unités, qui ne sont pas placées sous le même OPCON, sont réunies en une unité tactique cohésive pour une période particulière. 
  3. Le contrôle administratif (ADCON) est la « direction ou autorité exercée sur des formations subordonnées ou autres en ce qui concerne les questions administratives telles que l’administration du personnel, les ravitaillements, les services et autres problèmes ne faisant pas partie des missions opérationnelles de ces formations subordonnées ou autres[13]. »

L’autorité de planification signifie l’autorité accompagnée d’un rapport éventuel futur de commandement. Elle est conférée aux unités et aux formations afin qu’elles communiquent directement entre elles à des fins de planification, mais elle ne constitue pas un changement de commandement ou de contrôle dans les unités et les formations.

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Commandants en appui et commandants appuyés

Le soutien est l’ « action d’un groupement ou d’un détachement qui aide, couvre, élargit ou soutien la manoeuvre d’un autre élément[14]. » Il existe quatre catégories de soutien : général, direct, réciproque et rapproché.

  1. L’appui général est l’action « donnée à l’ensemble d’une force bénéficiaire plutôt qu’à un seul de ses éléments[15]. »
  2. L’appui direct est l’ « appui fourni par une unité qui n’est ni affectée à l’unité ou à la formation appuyée, ni sous ses ordres, mais qui doit donner priorité à l’appui demandé par cette unité ou formation[16]. »
  3. L’appui réciproque est l’action « que des unités se donnent mutuellement contre l’ennemi en raison des tâches qui leur sont assignées, de leurs positions respectives et par rapport à l’ennemi, et de leurs possibilités intrinsèques[17]. »
  4. L’appui rapproché est l’ « action menée par les formations d’appui contre des objectifs situés suffisamment près des formations appuyées pour nécessiter une intégration ou une coordination jusqu’aux plus petits échelons, des interventions réciproques de l’ensemble de ces formations, par le feu, le mouvement ou selon toutes autres modalités[18]. »

Rapports de soutien : Un rapport de soutien est établi par un commandant auprès de commandants subordonnés lorsqu’une organisation doit aider, protéger, fournir des effectifs supplémentaires ou soutenir une autre force. La désignation de rapports en appui est importante, car elle dicte les priorités aux commandants et aux états‑majors chargés de planifier ou d’exécuter les opérations. Le rapport de commandement qui en résulte est, par nature, un arrangement non structuré, mais souple. Les commandants appuyés ou en appui et leurs commandements se définissent comme suit :

  1. Le commandement appuyé est un « commandement qui reçoit des forces ou d’autres formes d’appui d’un autre commandement et assume la responsabilité principale à l’égard de tous les aspects d’une tâche assignée[19]. »
  2. Le commandant appuyé est responsable au premier chef de tous les aspects d’une tâche assignée soit par le commandement de niveau stratégique, soit par le commandement de niveau opérationnel.[20]
  3. Le commandement en appui est le « commandement qui fournit des forces ou d’autres formes d’appui à un autre commandement[21]. »
    Note : Les commandants ou commandements subordonnés ne sont pas considérés comme étant en appui aux commandants ou commandements auxquels ils sont subordonnés.
  4. Le commandant en appui fournit des forces ou des capacités à un commandant appuyé.[22] Le commandant en appui peut assumer cette fonction quel que soit son grade par rapport au commandant appuyé. À titre d’exemple, le major‑general (mgén), commandant de la composante aérienne de la force interarmées (CCAFI) peut être en appui d’un commandent de force interarmées (JFC) qui peut être d’un grade inférieur.

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Responsabilités de soutien. Le commandant supérieur commun est responsable d’assurer que le commandant appuyé et le commandant en appui comprennent le niveau d’autorité qui a été accordé au commandant appuyé. Le commandant peut établir des rapports de commandement appuyés ou en appui pendant n’importe quelle phase d’une opération pour ordonner aux unités de travailler ensemble sans avoir à transférer l’autorité de commandement ou à assigner formellement un autre rapport de commandement. Ce rapport se définit plus précisément comme suit :

  1. Commandant appuyé. Le commandant appuyé devrait s’assurer que les commandants en appui comprennent bien l’aide requise. La responsabilité lui revient de veiller à ce que l’intention et les besoins soient clairement communiqués aux commandants en appui et à ce que ces derniers soient consultés dans le cadre de l’élaboration du plan. Un plan clairement défini, qui a de meilleures chances d’être couronné de succès, pourra ainsi être établi.
  2. Commandant en appui. Le commandant en appui détermine les forces, tactiques, méthodes, procédures et communications requises pour fournir ce soutien, lequel repose sur un processus de consultation avec le commandant appuyé et les autres commandants en appui. Le commandant en appui consultera le commandant appuyé et se coordonnera avec lui sur les questions concernant l’emploi et les limitations (p. ex. logistique) de ce soutien, aidera à la planification pour l’intégration du soutien dans l’effort d’ensemble du commandant appuyé, et assurera que les besoins en matière de soutien sont adéquatement communiqués au sein de l’organisation du commandant en appui. Un rapport en appui n’entraîne pas de subordination au commandant appuyé. Lorsqu’un commandant en appui ne peut pas répondre aux besoins d’un commandant appuyé, le commandant supérieur sera informé soit par un commandant appuyé, soit par le commandant en appui. Le commandant supérieur est responsable de trouver une solution. 

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Mission et tâche

Mission. Dans sa forme la plus simple, une mission représente toute activité confiée à une personne, unité, formation ou force. Dans les opérations aérospatiales, une mission est généralement assignée par une autorité qui détient le commandement intégral, l’OPCOM ou l’OPCON. La mission peut être assignée par l’intermédiaire d’un ordre d’attribution de mission aérienne (ATO)[23] ou par un autre ordre similaire afin d’assurer qu’elle soit planifiée et mise au point au moyen d’un processus reconnu et coordonnée avec d’autres missions au cours d’une période donnée et dans un lieu géographique précis.

Tache. Une tâche est définie comme étant une « activité qui contribue à la réalisation d’une mission[24]. » Dans les opérations aérospatiales, une tâche peut être assignée par des commandants de tout niveau et peut être directe ou implicite.

Sommaire

Il est fondamental de comprendre les principes, les définitions et les relations associés au commandement et au contrôle des forces aérospatiales. Lorsque les commandants et les états‑majors de tous les échelons mesurent l’importance des concepts de commandement, de contrôle et de soutien, ils peuvent exercer efficacement leurs rôles et leurs responsabilités au sein de la structure organisationnelle de l’ARC et des FC, optimisant ainsi l’emploi de la puissance aérospatiale dans un contexte d’opération interarmées.

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Notes

1.  Voir B‑GJ‑005‑000/FP‑002, Publication interarmées des Forces canadiennes, PIFC 01 Doctrine militaire canadienne, avril 2009, (ci-après PIFC 01), http://cfd.mil.ca/cfwc-cgfc/Index/JD/CFJP%20-%20PDF/CFJP%2001/CFJP-01_Cdn_Mil_Doctrine_FR_2011_09.pdf (consulté le 9 février 2012).  (retourner)

2. La fonction Action se divise en deux sous-fonctions : Acquisition de l’avantage et Projection. (retourner)

3. Se reporter aux manuels clés de la doctrine aérospatiale des opérations, qui contiennent des examens détaillés des autres fonctions et sous‑fonctions de l’ARC. (retourner)

4 BTD fiche 27866. (retourner)

5 BTD fiche 375. (retourner)

6 BTD fiche 5950. (retourner)

7 BTD fiche 26166. (retourner)

8 BTD fiche 4340. Voir aussi B‑GJ‑005‑300/FP‑002, Publication interarmées des Forces canadiennes, PIFC 3.0, Les opérations, septembre 2011, ( ci-après PIFC 3.0), http://cfd.mil.ca/cfwc-cgfc/Index/JD/CFJP%20-%20PDF/CFJP%203-0/CFJP_3_0_Ops_Updated_FR_2011_09.pdf (consulté le 9 février 2012). (retourner)

9 BTD fiche 19477. (retourner)

10 BTD fiche 5491. (retourner)

11 BTD fiche 1056. (retourner)

12 BTD fiche 5493. (retourner)

13 BTD fiche 3289. (retourner)

14 BTD fiche 1362. (retourner)

15 BTD fiche 657. (retourner)

16 BTD fiche 483. (retourner)

17 BTD fiche 4835. (retourner)

18 BTD fiche 406. Voir aussi United States Marine Corps (USMC), Aviation Operations (MCWP 3‑2), http://www.fs.fed.us/fire/doctrine/genesis_and_evolution/source_materials/MCWP-3-2_aviation_operations.pdf (consulté le 9 février 2012). (retourner)

19 BTD fiche 32319. (retourner)

20 Voir BTD fiche 37280. (retourner)

21 BTD fiche 32320. (retourner)

22 Voir BTD fiche 37281. (retourner)

23 L’ATO comporte des décisions de commandement qui requièrent un contrôle centralisé, mais à la fois décentralisé afin que les opérateurs puissent l’exécuter de manière efficace. Il permet au commandant aérospatial de contrôler les forces aérospatiales dans l’ensemble du théâtre d’opérations et de s’assurer que l’intention du commandant de la Force opérationnelle interarmées est respectée. L’ATO fait en sorte d’intégrer les opérations aérospatiales dans l’ensemble du théâtre afin que les forces soient déployées au moment et à l’endroit que le commandant aura choisis. La planification et la préparation de l’ATO s’exécutent de manière centralisée au niveau opérationnel, mais son exécution est décentralisée vers le commandement subordonné et les noeuds de contrôle, ainsi que vers les unités au niveau tactique. (retourner)

24 BTD fiche 20312. (retourner)