Chapitre 2 : Commandement dans le domaine aérospatiale (Doctrine aérospatiale des Forces canadiennes commandement)

La puissance aérienne est devenue prédominante, à la fois comme moyen de dissuasion à la guerre et, dans l’éventualité d’une guerre, comme force dévastatrice pour détruire le potentiel de l’ennemi et miner fatalement sa volonté de partir au combat. [Traduction]

- Général Omar Bradley

Le regroupement des unités en fonction des relations fonctionnelles améliore grandement l’effet du commandement et du contrôle dans le domaine aérospatial. La compréhension, à la fois de la chaîne de commandement et de la fonction des commandants aux différents niveaux, représente un élément critique du succès de la mission. C’est grâce à cette structure que les commandants exercent le commandement et le contrôle d’opérations aérospatiales complexes.

Organisation de l’aviation royale canadienne

Afin d’assurer l’unité du commandement, une structure organisationnelle doit adopter une chaîne de commandement clairement définie et logique. La structure organisationnelle des forces aérospatiales des Forces canadiennes (FC) s’établit de la façon suivante :

Aviation royale canadienne (ARC). Un environnement homogène et unifié des FC qui assure la mobilisation des forces aériennes et spatiales.

Division aérienne (DA). Une division aérienne est une formation de forces aérospatiales regroupées sous l’autorité d’un commandant de niveau opérationnel. Généralement, une division aérienne comprend deux escadres ou plus.

Escadre (ere). Une escadre est une formation de forces aérospatiales de niveau tactique qui conduit des opérations aérospatiales. Une escadre regroupe des escadrons, des unités, des sous‑unités et des états‑majors qui réalisent les activités aérospatiales de commandement, les opérations aérospatiales, le soutien des opérations et le soutien de mission. Une escadre peut être établie sur une base d’opérations principale (BOP) ou peut s’articuler selon des relations fonctionnelles avec un quartier général (QG) et des unités dispersées. Une escadre déployée est appelée escadre expéditionnaire de la Force aérienne (EEFA).

Escadron (esc) ou unité. Un escadron est une unité de niveau tactique de forces aérospatiales mise sur pied pour la conduite d’opérations et d’activités aérospatiales. L’ARC prévoit l’organisation d’autres unités (écoles, centres, établissements, etc.) pour exécuter des fonctions telles que l’entraînement, l’instruction et la recherche. Un esc ou une unité nécessite le soutien d’une escadre pour fonctionner pleinement, qu’il se situe sur une BOP ou une autre base, ou lors de son déploiement. Un escadron ou une unité se compose de sous‑unités, appelées escadrilles, qui exécutent des tâches spécifiques de soutien de l’escadron ou de l’unité.

Escadrille (ele). Une escadrille est une sous‑unité de niveau tactique des forces aérospatiales mise sur pied pour la conduite d’opérations et d’activités aérospatiales. Une escadrille est généralement une sous‑unité d’escadron ou d’unité établie pour une fonction précise du type opérations, maintenance, normes, entraînement ou soutien.

Sous‑escadrille. Une sous‑escadrille est une sous‑sous‑unité de niveau tactique des forces aérospatiales mise sur pied pour la conduite d’opérations et d’activités aérospatiales. Une sous‑escadrille constitue l’élément de plus petite taille de l’ARC et réalise généralement des missions et des tâches pendant l’application de la puissance aérospatiale. Une sous‑escadrille peut le plus souvent être désignée comme équipage, section, équipe ou autre appellation similaire.

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La figure 2-1 est la structure organisationnelle des forces aérospatiales des Forces canadiennes, qui se divise en trois paliers : commandement, formation et unité. Le palier du commandement un niveau de commandement stratégique. L’Aviation royale canadienne se retrouve à ce palier. Le palier de la formation est composé de la formation opérationnelle et la formation tactique. La division aérienne se retrouve au niveau opérationnel et l’escadre au niveau tactique. L’escadre au niveau tactique peut être une base d’opérations principale ou des unités dispersées. Le palier de l’unité est composé du niveau de l’unité et du niveau de la sous-unité. Les équipages, les sections, les équipes, etc. se retrouvent dans les escadrilles. Fin de la figure 2-1.

Figure 2-1. Organisation hiérarchique des forces aérospatiales

Organisation des forces aérospatiales par activité

Activités. Les forces aérospatiales peuvent être organisées en fonction de l’une des quatre activités qu’elles réalisent.

  1. Le commandement est à la fois une fonction et une activité de l’ARC. Les activités de commandement comprennent la surveillance, l’évaluation, la planification, la direction et la coordination de l’ensemble des autres fonctions aérospatiales afin de mener à bien les missions assignées. L’activité de Commandement représente un domaine primordial d’activité.
  2. Opération aérospatiale signifie une « activité ou série d’activités liées à la planification et à l’emploi de la puissance aérospatiale en vue d’atteindre des objectifs fixés[1]. » Les opérations aérospatiales comportent de façon générale plusieurs missions ou types de missions. Elles comprennent, mais sans s’y limiter :
    1. attaque stratégique;
    2. supériorité aérienne offensive et défensive;
    3. défense aérienne active et passive;
    4. espace offensif et défensif;
    5. interdiction aérienne;
    6. appui aérien rapproché;
    7. lutte antinavire et anti‑sous‑marine;
    8. transport par voie aérienne;
    9. ravitaillement air-air;
    10. guerre électronique;
    11. opérations de collecte d’information;
    12. recherche et sauvetage.

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  1. Le soutien opérationnel est une activité qui inclut l’« aide fournie en appui direct aux opérations aérospatiales[2]. » Ce soutien comprend, mais sans s’y limiter :
    1. planification et coordination d’opérations;
    2. renseignement;
    3. gestion aérospatiale et services de contrôle;
    4. météorologie;
    5. maintenance des aéronefs;
    6. protection de la force;
    7. services de police et de sécurité; 
    8.  détection chimique, biologique, radiologique et nucléaire;
    9. neutralisation des explosifs et munitions, neutralisation des engins explosifs improvisés.
  2. Le soutien de mission est une activité offrant le « soutien logistique, technique et administratif aux opérations[3]. » Ce soutien comprend, mais sans s’y limiter :
    1. génie construction;
    2. système de communications et d’information;
    3. approvisionnement;
    4. transport;
    5. génie électrique et mécanique;
    6. services d’alimentation;
    7. humaines;
    8. services relatifs aux finances.

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Organisation des forces aérospatiales selon leur activité. Ce regroupement en quatre secteurs d’activités offre la souplesse nécessaire aux forces aériennes et établit un principe d’organisation cohérent. Il est évolutif et peut être adapté tant à des BOP de grande taille qu’à un petit détachement. Ce regroupement sert de principe organisationnel à différents niveaux de la façon suivante :

  1. Quartier général supérieur. Ces mêmes catégories peuvent être utilisées par le QG supérieur pour organiser des effectifs nombreux. À titre d’exemple, un commandant peut décider de nommer un commandant adjoint ou un chef d’état‑major pour les catégories d’emploi d’une force (d'EF), de soutien des opérations et de soutien de mission.
  2. Bases d’opérations principales. L’organisation d’une escadre au sein d’une BOP reflétera de façon générale ce regroupement comme suit :
    1. Commandement. Dans une BOP, l’élément de commandement comprend les commandants d’escadres (cmdt Ere), leurs subordonnés immédiats, ainsi que les dirigeants des branches et le personnel clé des escadres que les commandants emploient comme conseillers et comme membres de leur personnel. Les cmdt Ere peuvent utiliser les services des centres des opérations d’escadre (COE) afin d’exercer un commandement et contrôle (C2) efficace sur les forces qui leur sont assignées.
    2. Opérations aérospatiales. Les escadrons et les unités chargés des opérations aérospatiales forment ce regroupement au sein d’une escadre.
    3. Soutien des opérations. Dans une BOP, la fonction de soutien des opérations est assurée par la branche des opérations de l’escadre et par un escadron de maintenance (Air).
    4. Soutien de mission. Dans une BOP, la fonction de soutien de mission est réalisée par la branche administrative et par la branche logistique et génie de l’escadre.

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  1. Opérations expéditionnaires. Une EEFA fait appel à la même structure qu’une BOP. La composition d’une EEFA varie suivant les besoins d’une opération donnée.
    1. Commandement. Un cmdt EEFA emploie le personnel d’escadre et le COE pour commander les forces affectées.
    2. Opérations aérospatiales. Les escadrons, unités, détachements et sous‑unités chargés des opérations aérospatiales forment ce regroupement au sein d’une EEFA.
    3. Soutien des opérations. Une escadrille de soutien aux opérations sera constituée afin d’assumer l’ensemble des fonctions essentielles du soutien des opérations.
    4. Soutien de mission. Une escadrille de soutien de mission sera constituée afin d’assumer l’ensemble des fonctions essentielles du soutien de mission.
  2. Détachements. Regroupements temporaires de taille réduite de niveau tactique des forces aérospatiales déployées pouvant inclure aéronefs, C2, ainsi que personnel et équipement de soutien mis en place pour réaliser des opérations aérospatiales. Ces détachements sont généralement mis sur pied dans des emplacements aménagés qui bénéficient d’un soutien important, lorsque la portée de l’opération ne justifie pas le déploiement d’une EEFA. Les détachements peuvent être élémentaires (p. ex. 2 CC130 qui mènent des opérations à partir d’un aérodrome militaire des forces alliées) ou complexes pour comprendre le soutien de plusieurs escadres qui présentent différents types d’aéronefs et de besoins en matière de soutien. Un détachement est commandé par un commandant de détachement (cmdt dét), lequel est soutenu par un personnel approprié aux tâches requises.

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Commandement au sein de l’aviation royale canadienne

Le Commandant de l’Aviation royale canadienne (Cmdt ARC), qui occupe également le poste de chef d’état‑major de la Force aérienne, commande l’ARC et lui donne son orientation stratégique. À titre d’officier supérieur de l’ARC des FC, le Cmdt ARC relève directement du Chef d’état‑major de la Défense (CEMD) et agit en qualité de conseiller relativement aux questions stratégiques concernant la Force aérienne. Le Cmdt ARC est également chargé d’assurer la mise sur pied et le maintien d’une force aérienne polyvalente et apte au combat en vue de satisfaire aux objectifs de défense du Canada. Il exerce le commandement intégral de l’ARC. Deux commandants relèvent du Cmdt ARC, à savoir le Commandant de la 1re Division aérienne du Canada (Cmdt 1 DAC) et le Commandant de la 2e Division aérienne du Canada (Cmdt 2 DAC), Division de la doctrine et de l’instruction de la Force aérienne (Div DIFA).

Le Commandant de la 1re Division aérienne du Canada (Cmdt 1 DAC) relève du Cmdt ARC et exerce le commandement intégral de la plupart des formations et unités de l’ARC. Le Cmdt 1 DAC conserve son autorité résiduelle, notamment en matière de navigabilité opérationnelle et de sécurité des vols de l’ensemble des forces aérospatiales des FC. La mise sur pied d’une force (MPF) pour l’emploi opérationnel immédiat, y compris l’unité d’entraînement opérationnel, la supervision des vols et l’instruction collective, demeure sous la responsabilité du Cmdt 1 DAC. Ce dernier assume également la fonction de commandant de la composante aérienne de la force interarmées (CCAFI) pour les opérations des FC et exerce le contrôle opérationnel des opérations aérospatiales des FC. Le CCAFI relève du commandant de l’emploi de la force (cmdt E) appuyé désigné pour ce qui concerne l’EF des forces aérospatiales. Le Cmdt 1 DAC est également Commandant de la Région canadienne du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD) (Cmdt RC NORAD) et relève du Commandant du NORAD (Cmdt NORAD) pour exercer le contrôle opérationnel de l’ensemble des forces allouées ou mises à disposition pour la défense aérienne dans la région.

Le Commandant de la 2e Division aérienne du Canada (Cmdt 2 DAC)/ Division de la doctrine et de l’instruction de la Force aérienne (Div DIFA) relève du Cmdt ARC et supervise l’entraînement et l’instruction individuelle au sein de l’ARC, afin d’assurer que la plupart des postes occupés au sein de l’ARC bénéficient d’une instruction initiale, de cours de perfectionnement de base de l’ARC et de soutien connexe. La 2 DAC/Div DIFA est un QG de niveau opérationnel de l’ARC qui a été mis sur pied pour réduire l’étendue des responsabilités du Cmdt 1 DAC et qui se concentre sur la doctrine, l’entraînement et l’instruction. La 2 DAC/ QG Div DIFA et le Centre de guerre aérospatiale des Forces canadiennes (CGAFC) soutiennent l’ensemble de la gestion de l’entraînement de l’ARC et de l’élaboration de la doctrine.

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Commandement et contrôle de la force aérienne

Le « contrôle centralisé et l’exécution décentralisée » représentent le principe fondamental de la puissance aérospatiale en ce qui concerne le C2. Les forces aérospatiales sont organisées suivant des principes solides de commandement et de contrôle afin d’atteindre l’efficacité opérationnelle dans toute la gamme des conflits. Le contrôle centralisé est nécessaire pour assurer l’utilisation la plus efficiente de ressources aérospatiales restreintes.

Afin d’accomplir au mieux l’ensemble des objectifs, les forces aérospatiales sont coordonnées et dirigées au niveau opérationnel par un seul commandant de l’air. Le contrôle centralisé permet également de recadrer rapidement les activités aérospatiales afin d’exploiter les occasions uniques, de répondre aux exigences en constante évolution de la situation opérationnelle et de centrer les efforts sur l’endroit et le moment critiques pour obtenir des résultats décisifs. L’exécution décentralisée favorise l’initiative et la réactivité, et permet aux commandants subordonnés de faire appel à leur expertise et à leur compréhension des conditions locales afin d’accomplir la mission dans le respect des lignes directrices et de l’intention générale du commandant.

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Contrôle centralisé et exécution décentralisée

Le contrôle centralisé assure la cohérence, la direction et l’organisation de l’emploi de la puissance aérospatiale. Un seul commandant aérospatial, désigné du nom de commandant de la composante aérienne (CCA)[4], exerce ce contrôle. Grâce à l’information qu’il détient de l’ensemble du théâtre, il assigne les ressources disponibles afin d’atteindre le mieux possible les objectifs. Le CCA est chargé du contrôle de toutes les ressources aérospatiales en matière de planification, direction, établissement des priorités, attribution, synchronisation, intégration et l’harmonisation.

L’exercice d’un contrôle centralisé permet une utilisation optimale de ressources aérospatiales restreintes et fait en sorte qu’un seul commandant confirme, assigne ou réassigne des forces à des missions particulières, selon l’évolution des circonstances et des priorités. L’exécution décentralisée, soit la délégation de pouvoir aux commandants subordonnés pour exécuter les missions assignées découle de l’intention du commandant, des règles d’engagement et d’autres paramètres établis par le commandement supérieur. Avant tout, l’exécution décentralisée permet aux commandants de tous les niveaux de faire appel à leur expertise et à leur compréhension des conditions locales essentielles à l’accomplissement de la mission, tout en favorisant l’initiative et la réactivité dans un environnement dynamique.

Un CCA doit établir deux facteurs à la fois liés et distincts : le niveau de centralisation ou de décentralisation du contrôle et le niveau de centralisation ou de décentralisation de l’exécution.

  1. Contrôle. Le contrôle centralisé signifie que le CCA conserve le contrôle des effectifs aérospatiaux mis à disposition dans la zone de responsabilité (ZResp) et que l’assignation des tâches se fait au niveau du commandement du CCA. Le contrôle décentralisé signifie que le CCA délègue des forces aux commandants subordonnés, au moyen d’un rapport de commandement modifié. L’assignation des missions et des tâches revient ainsi à ces commandants subordonnés au lieu de faire partie des responsabilités du CCA.
  2. Exécution. L’exécution centralisée signifie que les décisions liées à l’exécution tactique de missions sont prises au niveau du commandement du CCA. L’exécution décentralisée peut être assurée en donnant des directives générales aux commandants tactiques, ce qui leur permet ensuite de planifier et d’exécuter leurs missions au niveau tactique.

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Facteurs d’influence sur le contrôle centralisé

Une force militaire peut utiliser une gamme de styles de contrôle, allant de la centralisation à la décentralisation. Un commandant doit tenir compte de divers facteurs pour décider du niveau de centralisation ou de décentralisation du contrôle. Ces facteurs sont les suivants :

  1. Unité de commandement. Selon ce principe de commandement, il est toujours souhaitable d’atteindre le niveau optimal d’unité des efforts par l’intermédiaire de l’unité de commandement.
  2. Concentration de la force. Selon ce principe de guerre, il est souhaitable d’axer ses efforts sur des points décisifs, plutôt que de disperser les ressources à mauvais escient. La centralisation du contrôle facilite l’application de ce principe.
  3. Économie d’efforts. Ce principe de guerre est un corollaire à la concentration de la force. Si on doit concentrer la force aux points décisifs, on doit appliquer l’économie d’efforts dans d’autres emplacements.
  4. Portée. Puisque les aéronefs disposent d’un large rayon d’action dans un théâtre donné au cours d’une même mission, ils apportent de la flexibilité à l’application de la puissance aérospatiale. Afin d’optimiser l’emploi des forces aérospatiales, le contrôle centralisé peut permettre l’exécution des missions à des distances considérables des bases d’opérations.
  5. Vitesse. La haute vitesse typique de la plupart des aéronefs leur permet d’atteindre dans un délai relativement court un point donné dans un théâtre d’opérations ou entre des théâtres. La centralisation du contrôle accroît la capacité des commandants à exploiter la vitesse des forces aérospatiales en assurant que les opérations interarmées sont coordonnées convenablement.
  6. Nature provisoire. Cette caractéristique de la puissance aérospatiale exerce une très forte influence sur le niveau de centralisation possible. La plupart des aéronefs ne peuvent rester dans un emplacement local, à la disposition d’un commandant local, pour des périodes prolongées. Ils doivent retourner à leurs bases pour se ravitailler et se recharger, ce qui joue en faveur de la centralisation de leur contrôle. Toutefois, certains types d’aéronefs, notamment les voilures tournantes, peuvent opérer de manière efficace à partir d’emplacements dispersés avancés, ce qui permet une plus grande décentralisation de leur contrôle.
  7. Étendue du contrôle. Ce principe de commandement exerce une influence sur le nombre de forces qui peuvent être regroupées de manière efficace sous le contrôle d’un commandant ou d’une agence. Les commandants doivent examiner soigneusement le nombre de forces qu’ils peuvent contrôler efficacement compte tenu de leur capacité en matière de communication, planification, coordination, harmonisation et évaluation du succès de la mission à partir de leur emplacement. Par exemple, lorsqu’un CCA est appuyé par un centre d’opérations aériennes (COA) pour réaliser ces fonctions, l’étendue des responsabilités du CCA peut englober l’ensemble du théâtre.

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Facteurs d’influence sur l’exécution décentralisée

De la même manière, les facteurs critiques qui exercent une influence sur le niveau de centralisation ou de décentralisation de l’exécution dans le domaine aérospatial sont les suivants :

  1. Liberté d’action. Ce principe de commandement plaide contre une structure de contrôle trop centralisée. Il est souhaitable de décentraliser le plus possible l’exécution des opérations afin d’optimiser la souplesse et de favoriser la prise d’initiative de la part des commandants tactiques.
  2. Souplesse. Ce principe de guerre tend à plaider contre la centralisation, puisque l’on peut améliorer la rapidité de la réaction aux circonstances locales et aux occasions uniques en déléguant de l’autorité aux commandants locaux.
  3. Commandement de mission. La philosophie des FC relativement au commandement de mission, qui met l’accent sur le fait que seulement le niveau de contrôle nécessaire doit être délégué aux subordonnés, favorise de façon générale une décentralisation accrue de l’exécution.[5]

Les commandants doivent analyser la situation en prenant en considération les facteurs précisés ci‑dessus pour ensuite adopter des mesures de contrôle centralisées ou décentralisées adaptées aux circonstances. Les principes de commandement et de guerre, ainsi que les caractéristiques de la puissance aérospatiale, jouent en faveur du contrôle centralisé et de l’exécution décentralisée.

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Cmdt 2 DAC
La figure 2-2 représente le spectre du contrôle comme une ligne horizontale. Le contrôle fortement centralisé se trouve à gauche et fortement décentralisé à droite. Les facteurs d’influence sur la centralisation sont : 1. la portée; 2. la vitesse; 3. la nature provisoire; 4. l’étendue du contrôle. Les facteurs en faveur de la centralisation sont : 1. l’unité de commandement; 2. la concentration de la force; 3. l’économie d’efforts. Les facteurs en faveur de la décentralisation sont : 1. la liberté d’action; 2. la souplesse; 3. le commandement de mission. Les deux énoncés situés au bas de l’image sont les suivants : 1. Les opérations aériennes sous le contrôle d’un centre d’opérations aériennes tendent généralement vers la centralisation. 2. Les autres opérations de la force aérienne, notamment les activités sur un aérodrome, tendent généralement vers la décentralisation. Fin de la figure 2-2.

Figure 2 2. Modes de centralisation et de décentralisation du C2

Système de contrôle aérien de théâtre

Les opérations aériennes sont contrôlées au moyen d’un système global de contrôle aérien de théâtre (TACS). Dans la doctrine de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (l'OTAN), ce système est connu sous la désignation de système de commandement et de contrôle aériens (ACCS). Le TACS est situé sur le Centre multinational d’opérations aérospatiales (CMOA) et comprend les organisations, unités, personnel, équipement et procédures nécessaires à la planification, la direction et le contrôle des opérations aériennes, ainsi qu’à la coordination de celles‑ci avec d’autres composantes dans un environnement interarmées. Le TACS canadien comprend les éléments suivants de la chaîne du C2 aérien qui fournit le C2 opérationnel et tactique pour les forces exécutant des missions aérospatiales.

  1. Le Centre multinational d’opérations aérospatiales (CMOA) est le principal centre duquel les opérations aériennes sont dirigées, surveillées, contrôlées et coordonnées avec les autres composantes. Au Canada, le CMOA joue également le rôle de QG Région canadienne du NORAD (QG RC NORAD). Il est coimplanté avec le QG 1 DAC sur la 17 Ere.[6]
  2. Le quartier général de la composante aérienne (QGCA) est l’élément de niveau opérationnel qui soutient un CCA qui n’est pas situé physiquement dans le CMOA. Le QGCA fournit au CCA la connaissance de la situation et assure la coordination et la planification entre le CCA, le QG de forces opérationnelles interarmées (QG FOI) et le CMOA à l’aide d’un lien arrière. Le QGCA est un élément critique pour permettre au CCA d’intégrer des effets aériens dans des opérations interarmées.
  3. Le centre de détection et de contrôle (CDC) est un élément de C2 intégré et basé au sol qui peut être statique, mobile ou déployable. Le CDC gère toutes les activités aériennes défensives, offensives et de gestion de l’espace aérien dans une zone assignée au moyen de la surveillance, de l’identification, du contrôle des armes, du contrôle de l’espace aérien positif et procédural et de la gestion de liaison. Le CDC produit une situation aérienne générale (RAP) qui contribue à l’image commune de la situation opérationnelle (ICSO) dans son ensemble. Un CDC peut déléguer le contrôle, la surveillance et la gestion des batailles à une unité subordonnée capable d’une meilleure interopérabilité, ainsi que de couverture radar et radio pour inclure une unité de contrôle radar tactique et un système aéroporté d’alerte et de contrôle (AWACS). Au Canada, la fonction du CDC est réalisée par le Secteur de la Défense aérospatiale du Canada (SDAC), situé sur la 22 Ere.

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  1. Le Centre des opérations d’escadre (COE) assure une coordination constante entre l’escadre et le CMOA, ainsi qu’entre l’escadre et les escadrons subordonnés. La faisabilité des missions et des tâches assignées est vérifiée par le COE. Celles‑ci sont ensuite assignées à des escadrons individuels. Le COE surveille et assure la communication des résultats de la mission et fournit au CMOA un état de la situation quasi en temps réel.
  2. Le Centre d’opérations de l’escadron (SQOC) assure une coordination constante avec le COE pour la préparation de la mission. Le SQOC est chargé de la préparation des missions et des tâches assignées, de leur exécution en temps opportun et de la communication des résultats de la mission au CMOA par l’intermédiaire du COE.
  3. Le centre des opérations de combat (COC) remplit le rôle de liaison du C2 entre le CDC et le Commandant de la force en alerte ou le cmdt dét pour les opérations du NORAD. Le COC fournit au CDC des rapports et des états suivis sur les ressources assignées par le NORAD, tout en proposant au cmdt EF ou au cmdt dét des mises à jour sur la connaissance de la situation et des moyens de connectivité sécurisée. Le COC représente le dernier lien vital dans la chaîne du C2 entre les commandants d’aéronef assignés par le CCAFI et le NORAD avant le décollage. Au Canada, les COC sont situés sur les 3 et 4 Ere et de façon générale à des emplacements où des ressources assignées du NORAD sont déployées.
  4. L’officier de liaison (OL) est un officier de niveau tactique assigné à une unité ou un QG afin d’assurer la coordination des questions opérationnelles tactiques et d’offrir des conseils sur celles‑ci. Tout commandant de l’ARC de niveau tactique peut déployer un OL dans une unité tactique ou opérationnelle ou dans un QG pour faciliter l’intégration des effets aériens.

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  1. Le centre d’opérations d’appui aérien (COAA) est l’élément de liaison Air coimplanté avec la formation terrestre supérieure en service (généralement un corps ou une division). Le COAA coordonne avec le CMOA et les éléments de contrôle aérien tactique (ECAT) subordonnés les missions assignées dans sa zone de contrôle assignée. Le CCA peut déléguer une part restreinte de l’contrôle opérationnel (l'OPCON) des forces affectées au directeur du COAA afin que les ordre d’attribution de mission aérienne (ATO) puissent être réattribués sur le plan tactique, selon le besoin, pour répondre aux exigences de la force terrestre dans une situation de bataille fluide.
  2. L’élément de contrôle aérien tactique (ECAT) est le principal élément de liaison et de contrôle aligné sur les unités de manoeuvre de la force terrestre, depuis les bataillons jusqu’aux corps. La principale mission d’un ECAT est d’informer les commandants terrestres respectifs des capacités et des limitations de la puissance aérienne et d’assister le commandant terrestre dans la planification, la demande, la coordination et le contrôle des effets aériens. L’ECAT est conçu pour tirer l’effet cumulatif optimal de la capacité aérospatiale, tout en réduisant le plus possible les restrictions pouvant affecter la liberté d’action des ressources organiques d’appui‑feu du commandant. De plus, le plan doit permettre l’intégration potentielle d’armes tirées à distance de sécurité et de missiles guidés.
  3. Le contrôleur aérien avancé (CAA) est un « spécialiste dirigeant, d’une position avancée au sol ou dans les airs, l’action des aéronefs de combat engagés dans l’appui aérien rapproché des forces terrestres[7]. » Un CAA qui mène des opérations à partir d’une plateforme aéroportée est appelé un CAA(A).

Les forces aérospatiales des FC sont organisées selon le système TACS. Cette structure est décrite dans le tableau 2‑1.

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Chaque commandant d’unité et de formation dispose du commandement intégral des forces affectées, conformément à la Publication interarmées des Forces canadiennes (PIFC) 3.0, puisqu’il est chargé de la MPF. Ce tableau décrit le modèle de l’emploi de la force.

 

Tableau 2‑1. Structure de C2 des forces aérospatiales des FC
AffectationRapport C2

État-major de soutien

Liaison/coordinationPoint de mire

CCAFI ou CCA

OPCON
(Le CCAFI peut faire la demande de l’OPCOM des forces aérospatiales spécifiques auprès du cmdt EF)

CMOA ou QGCA

Envoyer l’ECCA

Recevoir les éléments de liaison

  • Guerre opérationnelle et planification de campagne
  • Assigner les missions et les tâches

Cmdt-Ere ou cmdt-EEFA

TACOM et ADCON

COE

Officier(s) de liaison

OL

  • Guerre opérationnelle et planification de mission assignée
  • Exécuter la mission

Unités chargées du contrôle tactique CDC
COAA
ECAT

TACON

Personnel d’unité

OL
  • Coordonner le positionnement tactique et la circulation, le mouvement local et la défense dans les installations

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Définitions, rôles et responsabilités

Les commandants des FC de tous les niveaux ont la responsabilité inhérente de diriger efficacement les forces qui leur sont assignées et de mener à bien leurs missions. La compréhension des définitions qui s’appliquent aux commandants des niveaux opérationnel et tactique, de même que de leurs rôles et de la façon dont leurs efforts s’intègrent, aide à définir leurs responsabilités.

  1. Commandant de l’emploi de la force (cmdt EF). Le cmdt EF est le commandant de niveau opérationnel désigné qui organise les forces affectées ou détachées afin qu’elles accomplissent au mieux la mission en fonction de leur vision et de leur concept de l’opération (CONOPS). Un cmdt FE exerce généralement l’commandement opérationnel (l'OPCOM) des forces affectées. Le cmdt EF donne des instructions et des conseils sur les rapports de commandement et de contrôle. Le cmdt EF délègue de façon générale l’autorité au CCAFI afin d’accomplir les missions et les tâches assignées, y compris l’OPCON des forces affectées et le contrôle tactique (TACON) d’autres forces mises à disposition. Habituellement, le CCAFI emploie un élément de coordination de composante aérienne (ECCA) afin que ce dernier facilite la coordination et la planification opérationnelles avec le cmdt EF.
  2. Commandant de la composante aérienne de la force interarmées (CCAFI). Le CCAFI est le commandant désigné qui est chargé de faire des recommandations au cmdt EF sur l’emploi approprié de l’ensemble des forces aérospatiales affectées, détachées et mises à disposition. Un CCAFI exerce généralement l’OPCON des forces affectées. Le CCAFI est responsable de tous les aspects de la conduite de la campagne aérienne, y compris de l’exercice du commandement et des fonctions d’état-major, de la planification liée à la force interarmées et à la composante, de l’assignation, de l’exécution et de la supervision des opérations aérospatiales interarmées et de l’évaluation de leur efficacité et de leurs effets. Afin de remplir ses responsabilités, le CCAFI est appuyé par le CMOA. Selon l’envergure d’une opération donnée, le CCAFI recommandera au cmdt EF que le C2 des forces aérospatiales demeure entre les mains du CCAFI ou qu’il soit délégué à un CCA indépendant ou à un autre commandant de composante (p. ex., l’OPCON des hélicoptères maritimes sera confié au commandant de composante maritime [MCC] ou celui des hélicoptères tactiques, au commandant de composante terrestre [LCC]) sous le commandement d’un commandant de forces opérationnelles interarmées (CFOI). Le CCAFI peut déployer un ECCA pour représenter le CCAFI auprès du QG FOI, du MCC, du LCC ou du commandant de composante Opérations spéciales (SOCC). Au Canada, le CCAFI assume également la fonction de cmdt RC NORAD. Il relève du commandant du NORAD pour exercer le C2 de l’ensemble des forces affectées ou mises à disposition aux fins d’une mission du NORAD menée dans la région.

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  1. Commandant de composante aérienne (CCA). Un CCA est le commandant désigné responsable de faire des recommandations au CFOI sur l’emploi approprié de toutes les forces aérospatiales affectées, détachées et mises à disposition. Un CCA exerce généralement l’OPCON des forces affectées. Le CCA est responsable de tous les aspects de la conduite de la campagne aérienne, y compris de l’exercice du commandement et des fonctions d’état-major, de la planification liée à la force interarmées et à la composante, de l’assignation, de l’exécution et de la supervision des opérations aérospatiales interarmées et de l’évaluation de leur efficacité et de leurs effets. Afin de remplir ses responsabilités, un CCA est appuyé par un QGCA et par un CMOA (directement ou par l’intermédiaire d’un lien arrière lorsque le CCA est déployé en avant avec le QGCA). Un QGCA est composé d’un groupe relativement petit de personnel clé qui assiste le CCA dans la coordination, la planification et le maintien de la liaison avec le CMOA. Un CCA peut déployer un ECCA pour le représenter auprès du QG FOI, du MCC, du LCC ou du SOCC en cas d’absence de proximité.
  2. 2 Élément de coordination de composante aérienne (2 ECCA). Le 2 ECCA est l’organisation de liaison et de coordination qui met sur pied la capacité qui appuiera le CCAFI, le CCA ou le Commandant national canadien (CNC) en assurant la coordination et la planification opérationnelles sur les lieux d’un déploiement. Le 2 ECCA déploie un ECCA, dirigé par un directeur d’ECCA, (désigné par le CCAFI) afin d’appuyer, au besoin, le CCAFI, le CCA ou le CNC. Le Cmdt 2 DAC recommande au CCAFI la composition de chaque ECCA, en fonction des besoins opérationnels. Le 2 ECCA, qui constitue une capacité déployable unique au sein de l’ARC, soutient la mission expéditionnaire.
  3. Élément de coordination de composante aérienne (ECCA). Un ECCA est une équipe de liaison et de coordination assignée par un CCAFI ou un CCA à l’appui de différents commandants, capable d’assurer la coordination et la planification opérationnelles et de tirer parti des capacités d’un CMOA afin d’intégrer les effets aériens aux opérations interarmées. Le déploiement d’un ECCA représente une option lorsque le CCAFI, le CCA ou le CNC ne sont pas sur place au CMOA, au COA ou au quartier général interarmées. Le CCAFI ou le CCA définissent et assignent l’autorité et les responsabilités à l’ECCA, dont la taille et la fonction évoluent. Un ECCA assure la coordination et la planification opérationnelles dans trois situations précises aux emplacements suivants :
    1. QG FOI. Lorsque le CCAFI ou le CCA demeurent au CMOA à Winnipeg, un ECCA est déployé au QG FOI afin d’assurer la liaison avec le CFOI et d’autres commandants de composantes selon le besoin;
    2. QGCA. Un ECCA est déployé au QGCA afin d’appuyer un CCA en déploiement;
    3. CMOA allié ou de coalition et élément de commandement national (NCE). Un ECCA est déployé dans un CMOA allié ou de coalition et au NCE du Canada pour appuyer le CNC en déploiement.

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  1. Directeur ECCA. Un ECCA est dirigé par un directeur ECCA, dont le rôle est de représenter le CCAFI, le CCA ou le CNC tout au long de la planification et de l’exécution des opérations interarmées. Le directeur de l’ECCA a le pouvoir délégué pour recommander les plans d’action et s’assurer que les forces aérospatiales assignées sont employées efficacement, conformément aux directives du CCAFI, du CCA ou du CNC. Le directeur de l’ECCA exerce également la fonction de représentant national au CMOA allié ou de coalition, au nom du CNC. Le CCAFI, le CCA ou le CNC fournissent au directeur de l’élément de coordination de la composante aérienne (ACCE) des directives précises et des attentes claires et lui expliquent les limites de ses responsabilités. Si cela s’avère nécessaire pour assurer l’affectation en temps opportun des forces assignées, le CCAFI ou le CCA pourraient déléguer l’OPCON des forces assignées au directeur de l’ECCA.
  2. Commandant d’escadre (cmdt Ere). Commandant de niveau tactique, le cmdt Ere est subordonné au CCAFI et des forces lui sont confiées afin de permettre l’exécution des missions et des tâches assignées. Un cmdt Ere exerce généralement le commandement tactique (TACOM) des forces affectées. Le cmdt Ere est chargé de la coordination entre les forces affectées et le CMOA, de l’adaptation des missions et des tâches de concert avec le CMOA et de l’assignation des tâches aux forces affectées pour soutenir les missions selon le besoin. Le cmdt Ere est appuyé par un COE.
  3. Commandant d’escadre expéditionnaire de la Force aérienne (cmdt EEFA). Lorsqu’elle est déployée dans le cadre d’une opération expéditionnaire, une formation est commandée par un cmdt EEFA. Commandant du niveau tactique, le cmdt EEFA est subordonné au CCAFI, à un CCA, au CNC ou au CFOI et se voit assigner des forces pour permettre l’exécution de missions et de tâches assignées. Un cmdt EEFA exerce généralement le TACOM des forces affectées. Le cmdt EEFA est chargé de la coordination entre les forces affectées et le CMOA, de l’adaptation des missions et des tâches de concert avec le CMOA et de l’assignation des tâches aux forces affectées pour soutenir les missions selon le besoin. Le cmdt EEFA est appuyé par un COE.
  4. Commandant d’escadron (cmdt esc). Commandant de niveau tactique, subordonné au cmdt Ere ou au cmdt EEFA, le cmdt esc commande les forces affectées, planifie et exécute les missions et les tâches assignées. De façon générale, un cmdt esc exerce le TACOM des forces affectées pendant des opérations d’emploi de la force.
  5. Commandant d’escadrille (cmdt ele). Commandant de niveau tactique, subordonné au cmdt esc, le cmdt ele commande les forces affectées, planifie et exécute les missions et les tâches assignées. Les pouvoirs et les responsabilités exercés par les cmdt ele sont à la discrétion du cmdt esc.
  6. Commandant de sous‑escadrille. Dans les opérations aérospatiales, une sous‑escadrille est généralement désignée comme section, équipe, équipage ou autre appellation similaire. Commandant de niveau tactique, subordonné au cmdt ele, le cmdt de sous‑escadrille commande les forces affectées, planifie et exécute les missions et les tâches assignées. Les pouvoirs et les responsabilités exercés par les cmdt de sous‑escadrille sont à la discrétion du cmdt esc.
  7. Commandant de détachement (cmdt dét). Commandant de niveau tactique qui commande un détachement. Un cmdt dét exerce normalement le TACOM des forces affectées. Un cmdt dét est subordonné à un CCAFI ou CCA ou au CNC, au CFOI ou bien à un cmdt Ere ou cmdt EEFA. Un cmdt dét est appuyé par le personnel nécessaire afin d’assurer la coordination entre les forces affectées et le CMOA, QGCA ou COE aux fins de l’exécution de la mission assignée.

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Points à examiner. Les facteurs suivants doivent être judicieusement analysés pour établir le concept de C2 pour une opération désignée.

  1. Besoins aérospatiaux du cmdt EF ou du CFOI. En tout temps, le CCAFI a la responsabilité de recommander l’organisation la plus appropriée des forces aérospatiales afin de répondre aux priorités du commandant appuyé en optimisant les effets aérospatiaux, tout en respectant les principes de la puissance aérospatiale et ceux de la guerre.
  2. Étendue du contrôle. La capacité de gérer de manière efficace les actions des subordonnés dépend du nombre de ces subordonnés, du nombre d’activités, de la portée des systèmes d’armes et de la taille ou de la complexité de la ZResp.
  3. Expertise. La disponibilité à la fois de l’expertise du personnel et de l’équipement et des processus de C2 essentiels pour planifier et poursuivre la campagne aérospatiale. Ce facteur comprend le besoin de déployer l’expertise aérospatiale dans la zone d’opérations.
  4. Complexité et portée des opérations. On doit rechercher un équilibre entre l’objectif global de la campagne et la direction des opérations aériennes en fonction de la complexité et de la portée des opérations aérospatiales interarmées.
  5. Rapports entre l’autorité, la responsabilité, la responsabilisation et le C2. Les pouvoirs, les responsabilités et le cadre de responsabilisation assignés des commandants doivent être clairement définis. La clarté doit prédominer à tous les niveaux de commandement, et tous les commandants doivent la promouvoir dans le cadre de leur direction des commandants subordonnés. À tous les niveaux, on doit viser à optimiser l’emploi efficace des forces et des capacités aérospatiales disponibles et assignées. Le CCAFI conserve ultimement l’autorité de recommander la meilleure application des forces aérospatiales compte tenu du type de mission, des opérations interarmées et du rapport de C2 particulier qui peut être nécessaire.
  6. Capacité de recourir à un lien arrière. Selon l’envergure d’une opération, il peut s’avérer peu pratique de déployer un COA avec le CCA. Le lien arrière permet de tirer parti des capacités du COA ou CMOA afin d’appuyer le CCA. Un CCA ou autre commandant déployé recourt au concept de lien arrière lorsqu’il dépend d’un COA ou CMOA pour soutenir certains aspects de la conduite de la campagne aérienne. Le soutien assuré par le lien arrière peut comprendre l’exécution des fonctions d’etat‑major, la planification de la force interarmées et de la composante, l’assignation, l’exécution et la supervision d’opérations aérospatiales interarmées et l’évaluation de l’efficacité des opérations et des effets.
  7. Durée. La durée des opérations est un facteur important pour maintenir des engagements visant la MPF.

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Tableau 2-2. Structure de C2 des forces aérospatiale des FC dans le cadre d'emploi de forces interarmées
Affectation

Autorité C2

État-major de soutien

LiaisonPoint de mire
Cmdt-FOI OPCOM

État-major de la FOI

Coordonner l’ensemble du théâtre
Recevoir l’ECCA/OL

  • Commander la force interarmées
  • Planification opérationnelle des effets interarmées
CCAFI ou CCA

OPCON
(Le CCAFI peut faire la demande de l’OPCOM des forces aérospatiales spéifciques auprès du cmdt EF.)

CMOA ou COA

Déployer l’ECCA/OL

Recevoir les OL

  • Commander la composante aérienne
  • Intégration opérationnelle des effets aériens dans une guerre interarmées
  • Assigner les missions et les tâches
Directeur ECCA

OPCON seulement si délégué par le CCAFI ou CCA

ECCA ou appui de l’extérieur du CMOA/COA

Agir comme liaison pour le CCAFI et le CCA

  • Intégration opérationnelle des effets aériens dans un théâtre déni de guerre interarmées
  • Assigner les missions et les tâches

Cmdt-Ere / Cmdt-EEFA /DETCO

TACOM COE OL
  • Commander les forces affectées
  • Planification et exécution tactiques des missions et des tâches

Commandant d’escadron

TACOM

Personnel de l’unité

OL
  • Commander une unité
  • Planifnication et exécution tactiques des missions et des tâches assignées

Commandant d’unité de TACON

TACON

Personnel de l’unité

OL
  • Guerre tactique
  • Contrôler les forces affectées
  • Coordonner l’espace de combat

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Structure de commandement et de contrôle de l’ARC

Les cmdt EF organisent les forces pour qu’elles accomplissent la mission en fonction de leur vision et de leur concept de l’opération (CONOPS). Ils donnent également des instructions et des conseils sur les rapports de commandement. Les forces aérospatiales devraient être organisées de telle sorte qu’elles puissent coordonner leurs actions selon les meilleures pratiques de C2 des forces aériennes reconnues sur le plan international, ainsi que s’harmoniser aux principes de commandement des FC et à ceux de la puissance aérospatiale des FC.

Le cmdt EF peut choisir l’une ou l’autre des deux structures organisationnelles de base pour atteindre les effets optimaux de la puissance aérospatiale, tout en continuant à respecter le principe fondamental de la doctrine aérospatiale préconisant le contrôle centralisé et l’exécution décentralisée. Dans le cadre des deux options qui lui sont offertes, le Cmdt 1 DAC conserve son autorité résiduelle, notamment la navigabilité opérationnelle et la sécurité des vols. À titre de CCAFI, le Cmdt 1 DAC recommande au cmdt EF la structure de C2 aérien à adopter pour les opérations des FC. Sur le plan tactique, on remarque que chacun des deux concepts requiert de créer une formation dont le mandat consiste à se concentrer sur le niveau tactique de la conduite de la guerre, ce qui représente l’exécution des tâches assignées. Par conséquent, le TACOM des forces assignées revient au cmdt Ere, au cmdt EEFA ou au cmdt dét.

L’OPCOM des ressources à forte demande et à faible densité, comme la mobilité aérienne inter‑théâtre et le renseignement, surveillance et reconnaissance (RSR) stratégiques, ainsi que les ressources assignées pour assurer la souveraineté aérienne est habituellement délégué au CCAFI. Dans le cas de ces ressources, on établit des rapports spécifiques selon le besoin avec le cmdt EF et, ultimement avec le CFOI. À titre d’exemple, le TACOM de ressources à forte demande et à faible densité peut transiter du CCAFI au CFOI par l’intermédiaire du CCA ou du directeur de l’ECCA. Le CCAFI peut également déléguer son autorité de commandement et de contrôle aux commandants de composantes terrestre et maritime, si cela s’avère plus pratique.

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Chacune de ces structures fait l’objet d’une description ci‑dessous quant aux rapports entre les autorités organisatrices, l’architecture de C2 et la force subordonnée de C2.

  1. Délégation des rôles et responsabilités du CCAFI à un CCA déployé. La première option consiste à attribuer les rôles et les responsabilités de l’élaboration du plan opérationnel (plan de campagne aérienne) à un CCA affecté à un CFOI. Le CCA affecté à un CFOI exerce le C2 sur le plan opérationnel.
    1. Autorité organisatrice. À l’intérieur des paramètres établis par le CEMD, le Cmdt ARC transfère l’OPCOM des forces au cmdt EF, qui nomme ensuite un CCA. Dans ce cas, le CCAFI recommande au cmdt EF de nommer un CCA responsable de la planification et l’assignation des missions et des tâches, ainsi que de l’exécution, de la surveillance et de l’évaluation des opérations aériennes.
    2. Architecture de C2. Cette structure de C2 sera déterminée par le cmdt EF à partir des conseils donnés par le CCAFI. Dans cette structure de C2, le CCA relève directement du CFOI. Le CCA est appuyé par le CMOA directement (CCA installé dans le CMOA) ou au moyen d’un lien arrière (CCA déployé en avant). Le CCA peut recourir, selon le besoin, à un lien arrière pour accéder à la gamme complète de capacités associées au CMOA. Afin de mieux intégrer les effets aériens à l’opération dans son ensemble, le CCA devrait transférer, selon le besoin, les ECCA vers d’autres QG, y compris le QG FOI et ceux du MCC, LCC, SOCC et le commandant de la composante de soutien. Un CCA déployé qui recourt à un lien arrière sera appuyé par un QGCA.
    3. Rapports de C2 avec la force subordonnée. L’autorité du CCA exerce normalement l’OPCON des forces aérospatiales affectées.

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La figure 2-3 représente la structure du commandement et du contrôle avec un commandant de composante aérienne et un commandant de la composante aérienne de la force interarmées. Le Commandant de l’Aviation royale canadienne et le commandant de l’emploi de la force sont au même niveau. Il y a coordination entre ces deux commandants. Le Commandant de la 1re Division aérienne du Canada, qui est également le commandant de la composante aérienne de la force interarmées, relève du Commandant de l’Aviation royale canadienne. Le Commandant de la 1re Division aérienne du Canada exerce le commandement résiduel auprès du commandant de la composante aérienne dans le contexte de la force opérationnelle interarmées. Le commandant de la composante aérienne de la force interarmées exerce l’autorité de commandement/contrôle auprès de l’élément de coordination de composante aérienne. Cet élément de coordination de composante aérienne coordonne avec le commandant de l’emploi de la force. Le commandant de l’emploi de la force exerce le commandement opérationnel auprès du commandant de la force opérationnelle interarmées. Le commandant de la force opérationnelle interarmées exerce le commandement opérationnel auprès du commandant de la composante aérienne, du commandant de la composante terrestre, du commandant de la composante maritime, du commandant de la composante de la force d’opérations spéciales et du commandant de la composante de soutien. Le commandant de la composante aérienne exerce l’autorité de commandement/contrôle auprès d’un deuxième élément de coordination de composante aérienne. Cet élément de coordination de composante aérienne coordonne avec le commandant de la force opérationnelle interarmées. Le commandant de la composante aérienne exerce le contrôle opérationnel auprès du commandant de l’escadre/escadre expéditionnaire aérienne qui à son tour exerce le commandement tactique auprès des commandants de détachements. Fin de la figure 2-3.

Figure 2 3. Structure du C2 avec un commandant de composante aérienne

Figure 2‑3. Structure du C2 avec un commandant de composante aérienne[8],[9],[10]

  1. Exercice des rôles et responsabilités du CCA par le CCAFI. Afin de mieux intégrer les effets aériens dans l’ensemble des opérations, le CCAFI doit envoyer des ACCE à d’autres QG au besoin, ce qui comprend le QG FOI et ceux du MCC, du LCC du SOCC et de la composante de soutien. Le CCAFI exerce le C2 sur le plan opérationnel en appui à un commandant appuyé.
    1. Autorité organisatrice. À l’intérieur des paramètres établis par le CEMD, le Cmdt ARC transfère l’OPCOM des forces au cmdt EF. Dans ce cas, le CCAFI recommande au cmdt EF de nommer un CCAFI responsable de la planification et l’assignation des missions et des tâches, ainsi que de l’exécution, de la surveillance et de l’évaluation des opérations aériennes.
    2. Architecture de C2. Le CCAFI devrait établir un ou plusieurs ECCA dans les autres QG des commandants afin d’assurer une meilleure intégration des opérations aérospatiales avec les opérations interarmées. Bien que le CCAFI relève toujours du cmdt EF pour l’ensemble des opérations aérospatiales canadiennes (nationales ou expéditionnaires), on lui confère, dans le cadre de ce concept, un rôle de soutien au commandant appuyé. Il doit ainsi s’assurer que le plan de campagne aérienne est non seulement coordonné, mais qu’il sert de complément à celui du commandant appuyé. Le recours à un lien arrière du CMOA est un élément critique, car le C2 des forces aérospatiales est exécuté à partir d’un lieu géographiquement distinct.
    3. Rapport de C2 avec la force subordonnée. Le CCAFI exerce normalement l’OPCON de toutes les forces aérospatiales. Le CCAFI définit les responsabilités de l’ECCA en fonction des besoins du CFOI et du niveau de pouvoirs de C2, le cas échéant. Le cmdt Ere ou le cmdt EEFA sont chargés des missions et des tâches affectées par le CCAFI.

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La figure 2-4 illustre la structure du commandement et contrôle lorsque commandant de la composante aérienne de la force interarmées agit en tant que commandant de la composante aérienne. Le Commandant de l’Aviation royale canadienne et le commandant de l’emploi de la force sont au même niveau. Il y a coordination entre ces deux commandants. Le Commandant de la 1re Division aérienne du Canada qui est aussi commandant de la composante aérienne de la force interarmées relève du Commandant de l’Aviation royale canadienne. Le commandant de la composante aérienne de la force interarmées exerce l’autorité de commandement/contrôle auprès de l’élément de coordination de composante aérienne. Cet élément de coordination de composante aérienne assure la coordination avec le commandant de l’emploi de la force. Le commandant de l’emploi de la force assure le commandement opérationnel auprès du commandant de la force opérationnelle interarmées. Le commandant de la force opérationnelle interarmées exerce le commandement opérationnel auprès du commandant de la composante aérienne de la force interarmées, du commandant de la composante terrestre, du commandant de la composante maritime, du commandant de la composante d’opérations spéciales et du commandant de la composante de soutien. Le commandant de la composante aérienne de la force interarmées exerce l’autorité de commandement/contrôle auprès d’un deuxième élément de coordination de composante aérienne. Cet élément de coordination de composante aérienne assure la coordination avec le commandant de la force opérationnelle interarmées. Le commandant de la composante aérienne de la force interarmées exerce le contrôle opérationnel auprès du commandant d’escadre/escadre expéditionnaire aérienne qui, à son tour, exerce le commandement tactique auprès des commandants de détachements. Fin de la figure 2-4.

Figure 2 4. Structure de C2 pour l’emploi du CCAFI

Figure 2‑4. Structure de C2 pour l’emploi du CCAFI[11],[12],[13],[14]

Commandement et contrôle de l’ARC dans un environnement multinational d’opérations expéditionnaires

Les forces aérospatiales canadiennes fournissent la souplesse opérationnelle nécessaire à l’accomplissement de missions dans un large éventail d’opérations militaires expéditionnaires. La souplesse étend la portée opérationnelle du cmdt EF et permet la réalisation d’objectifs opérationnels définis pour répondre à des buts stratégiques. Les forces aérospatiales canadiennes facilitent l’intégration du commandement et du contrôle (fonction de Commandement); fournissent des tirs (Acquisition de l’avantage); améliorent la mobilité et les manoeuvres (Projection); fournissent la surveillance, la reconnaissance et la collecte de renseignements, le traitement et la diffusion (Détection), la protection de force (Protection) et le soutien et réapprovisionnement (Maintien en puissance). Les forces aérospatiales canadiennes sont mises sur pied sous forme de corps expéditionnaire conçu pour conduire des opérations aérospatiales loin des BOP et pour fonctionner efficacement dans un environnement intégré au sein de structures de forces nationales, alliées ou coalisées.

Les opérations aérospatiales des FC assurent aux commandants déployés une capacité et une souplesse importantes pendant les opérations expéditionnaires. La structure organisationnelle de C2, qui assure l’accomplissement de mission dans un large éventail d’opérations expéditionnaires, est conforme au modèle de la doctrine de C2 des FC. Cette structure de C2 et les rapports qui y sont établis sont semblables à ceux de nos alliés traditionnels, à savoir les États‑Unis et les pays membres de l’OTAN. La contribution des FC aux opérations expéditionnaires s’effectue à partir de deux concepts différents : opérations interalliées et opérations coalisées.

  1. Les opérations interalliées consistent généralement en des opérations interarmées multinationales qui reposent sur des ententes officielles,[15] des procédures et des normes dûment établies. Les opérations qui font partie de cette catégorie sont conduites par l’OTAN, les États‑Unis, l’Australie et la Nouvelle‑Zélande. L’opération Allied Force est un exemple d’opération interalliée.
  2. Les opérations coalisées sont normalement des opérations interarmées, « multinationales fondées sur des ententes, normes et procédures ad hoc[16]. » La Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) est un exemple d’opération coalisée.

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Forces aérospatiales canadiennes en tant que membres d’une composante aérienne dans un théâtre d’opérations interalliées ou coalisées

Le concept de force opérationnelle (FO) selon la PIFC 3.0[17] correspond à un groupement temporaire d’unités placé sous l’autorité d’un même commandant et constitué pour exécuter une opération, une mission ou une tâche déterminée. Selon ce concept, le CEMD délègue l’autorité de commandement national canadien au cmdt EF, qui délègue normalement l’OPCOM de toutes les forces aérospatiales, terrestres, maritimes et des opérations spéciales des FC affectées au CNC ou au CFOI. Le CNC ou le CFOI est appuyé par un NCE qui comprend habituellement un ACCE, lequel donnera des conseils sur toutes les opérations aérospatiales des FC. Le CNC ou le CFOI délègue l’OPCON des forces aérospatiales, terrestres, maritimes et des opérations spéciales des FC affectées au commandant des forces interarmées alliées ou coalisées. Le CCAFI au Canada conserve le rôle de conseiller aérien supérieur auprès du cmdt EF. Le Cmdt 1 DAC conserve les autorités résiduelles, dont celles se rattachant à la navigabilité opérationnelle et à la sécurité des vols, pour toutes les forces aérospatiales des FC.

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La figure 2-5 illustre les relations du commandement et contrôle lorsque les forces aérospatiales canadiennes font partie de la composante aérienne dans un théâtre d’opérations interalliées ou coalisées. Le Chef d’état-major de la défense et le quartier général interallié ou coalisé sont au même niveau. Il y a coordination entre le Chef d’état-major de la défense et ce quartier général. Le Chef d’état-major de la défense exerce le commandement national / commandement intégral auprès du Commandant de l’Aviation royale canadienne et du commandant de l’emploi de la force. Le Commandant de l’Aviation royale canadienne exerce le commandement national / commandement intégral auprès de la 1re Division aérienne du Canada. Le commandant de la composante aérienne de la force interarmées fait partie de cette division. La 1re Division aérienne du Canada exerce l’autorité résiduelle auprès de la force opérationnelle aérienne du Canada dans le cadre de la force opérationnelle interarmées multinationale. Le commandant de l’emploi de la force exerce le commandement national auprès du commandant de la composante aérienne de la force interarmées. Le commandant de l’emploi de la force exerce le commandement national / commandement opérationnel auprès du commandant national du Canada / commandant de la force opérationnelle interarmées. Le commandant national du Canada / commandant de la force opérationnelle interarmées exerce le commandement national / commandement opérationnel auprès de la composante en appui (ne faisant pas partie de la force opérationnelle interarmées multinationale) et auprès de toutes les forces opérationnelles du Canada (aérienne, terrestre, maritime et d’opérations spéciales) dans le cadre de la force opérationnelle interarmées multinationale. Le quartier général interallié / coalisé exerce le commandement et contrôle auprès du quartier général de la force opérationnelle interarmées multinationale. La force opérationnelle interarmées multinationale exerce le commandement et contrôle auprès du commandant de la composante aérienne de la force interarmées interalliée/coalisée, le commandant de la composante maritime de la force interarmées interalliée/coalisée et le commandant de la composante d’opérations spéciales de la force interarmées interalliée/coalisée. Le commandant de la composante aérienne de la force interarmées interalliée/coalisée exerce le contrôle opérationnel auprès des forces opérationnelles aériennes (canadiennes, américaines, britanniques, etcetera). Le commandant de la composante terrestre de la force interarmées interalliée/coalisée exerce le contrôle opérationnel auprès des forces opérationnelles terrestres (canadiennes, américaines, britanniques, etcetera). Le commandant de la composante maritime de la force interarmées interalliée/coalisée exerce le contrôle opérationnel auprès des forces opérationnelles maritimes (canadiennes, américaines, britanniques, etcetera). Le commandant de la composante d’opérations spéciales de la force interarmées interalliée/coalisée exerce le contrôle opérationnel auprès des forces opérationnelles d’opérations spéciales (canadiennes, américaines, britanniques, etcetera). Fin de la figure 2-5.

Figure 2 5. Forces aérospatiales canadiennes en tant que membres d’une composante aérienne dans un théâtre d’opérations interalliées ou coalisées

Forces aérospatiales canadiennes en tant que composante d’une force opérationnelle interarmées canadienne

La structure de C2 de la FOI canadienne doit être conçue en fonction de l’opération. Habituellement, le cmdt EF délègue l’OPCOM aux forces confiées au CNC ou au CFOI, qui déléguera l’OPCON des forces aérospatiales au CCAFI ou au CCA au moyen de la méthode de commandement des composantes illustrées dans les figures 2‑3 et 2‑4. Le cmdt EF peut par ailleurs choisir d’employer la méthode de commandement direct, auquel cas le CNC ou le CFOI conserve à la fois l’OPCOM et l’OPCON des forces affectées. Selon ce concept, un ACCE mis sur pied par le CCAFI se chargera de l’intégration des effets aériens dans l’environnement interarmées.

Selon la méthode de commandement direct, le CNC ou le CFOI exerce l’OPCOM de l’ACCE. Le directeur de l’ACCE conseille le CNC ou le CFOI quant au meilleur emploi des forces aérospatiales assignées pour accomplir la mission ou la tâche confiée. L’équipe de l’ACCE appuiera des missions ou des tâches confiées au directeur de l’ACCE dans quatre rôles distincts, selon le cas : planification et coordination de l’emploi des forces aérospatiales assignées; liaison avec le centre multinational d'opérations aériennes (CAOC) canadien en faisant appel au lien arrière; liaison avec le CAOC allié ou coalisé pour assurer la coordination des missions ou des tâches du Canada dans le théâtre d’opérations; liaison et coordination avec les commandants subordonnés au niveau tactique (par exemple le cmdt EEFA ou le cmdt dét) de sorte qu’ils comprennent bien les missions ou les tâches assignées.

Le NORAD et le commandement et le contrôle des forces aérospatiales

De plus, les FC dirigent la planification opérationnelle et exécutent des opérations continentales de concert avec les États‑Unis par l’intermédiaire du NORAD. Le C2 des forces aérospatiales assignées à la mission du NORAD s’effectue par le truchement d’ententes et de procédures distinctes. Le cmdt NORAD est sous l’autorité directe à la fois du président des États‑Unis et du premier ministre du Canada. Il exerce son commandement et son contrôle sur le QG NORAD et sur les trois régions du NORAD.

À titre de cmdt RC NORAD, le Cmdt 1 DAC relève du cmdt NORAD pour exercer un contrôle opérationnel sur l’ensemble des forces assignées à la défense aérienne dans la région ou mises à la disposition de cette dernière. Le cmdt RC NORAD exerce le contrôle des forces aérospatiales assignées par l’intermédiaire du CMOA de la 17e Escadre Winnipeg et du SDAC de la 22e Escadre North Bay.

La figure 2-6 illustre la relation de commandement et contrôle lorsque les forces aérospatiales canadiennes font partie du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord. Le président des États-Unis et le premier ministre du Canada sont au même niveau. Le président exerce son commandement auprès du secrétaire américain de la Défense qui à son tour exerce son commandement auprès du United States Northern Command. Le président exerce son commandement auprès du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord par l’entremise du secrétaire américain de la Défense. Il y a coordination entre le secrétaire américain de la Défense et le Chef de l’état-major interarmées et de même, entre le Chef de l’état-major interarmées et le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord. Le premier ministre exerce son commandement auprès du ministre de la Défense qui à son tour exerce son commandement auprès du chef d’état-major de la Défense. Le chef d’état-major de la Défense exerce son commandement sur le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord. Le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord exerce son commandement sur les trois régions du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord : région alaskienne, région canadienne, région américaine continentale. Chacune des trois régions du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord exerce son commandement sur un secteur de défense aérienne. Des sites d’alertes situés partout aux États-Unis et au Canada offrent un appui à chaque secteur de défense aérienne. Fin de la figure 2-6.

Figure 2 6. Forces aérospatiales canadiennes en tant que membre du NORAD

Chaîne de commandement

La chaîne de commandement détient l’absolue priorité et, à titre d’unique source d’autorité de commandement, elle constitue la seule chaîne hiérarchique qui peut porter l’appellation de « chaîne de commandement ».

  1. Chaîne de commandement opérationnel. La chaîne de commandement aux fins de l’EF est décrite aux figures 2‑3, 2‑4 et 2‑5 ci‑dessus. Dans tous les cas, le CEMD ordonne que les forces aérospatiales soient assignées au cmdt EF pour leur emploi opérationnel. Le Cmdt ARC ordonne au Cmdt 1 DAC de transférer l’OPCOM de forces particulières au cmdt EF. Le CCAFI assure continuellement un soutien au cmdt EF en agissant comme conseiller supérieur pour l’emploi des forces aérospatiales. De plus :
    1. Opérations nationales. Le CCAFI (ou le CCA) exercera l’OPCON de l’ensemble des forces aérospatiales des FC assignées pendant des opérations EF nationales menées en appui aux objectifs du CFOI.
    2. Opérations coalisées. Lorsque l’ARC mène des opérations dans le cadre d’une coalition multinationale, elle se soumettra à deux rapports de commandement distincts. En tout temps, le personnel de l’ARC est soumis à l’OPCOM du CNC. Quant à l’OPCON, il sera exercé sur le personnel de l’ARC par la personne désignée au titre de commandement de composante aérienne de forces interarmées ou coalisées (CCAFIC) de la coalition.
  2. Chaîne de commandement institutionnelle. Cette chaîne de commandement est similaire à la chaîne de commandement opérationnelle, mais utilisée pour la MPF. La principale différence entre les deux chaînes de commandement se situe au niveau des QG supérieurs, où le Cmdt 1 DAC relève du Cmdt ARC en ce qui a trait à la MPF. De plus, un cmdt EEFA n’est pas autorisé à effectuer une MPF.
  3. Chaîne de commandement du NORAD. L’Accord du NORAD stipule que le cmdt NORAD est sous l’autorité du gouvernement des États‑Unis, avec lequel il communique par l’intermédiaire du Chairman of the Joint Chiefs of Staff (chef de l’état‑major interarmées) américain; il est sous l’autorité du gouvernement du Canada avec lequel il communique par l’intermédiaire du CEMD.[18] Comme nous l’avons mentionné précédemment, le Cmdt 1 DAC agit également comme cmdt RC NORAD et il relève du cmdt NORAD pour exercer son contrôle opérationnel sur l’ensemble des forces assignées à la défense aérienne dans la région ou mises à la disposition de cette dernière.

 Sommaire

La manière de regrouper les forces aérospatiales et, en particulier, l’organisation des rapports entre elles, influence considérablement l’opération de C2. Les rapports de commandement doivent être clairement établis et suivis afin de réglementer les interactions de l’ensemble des entités faisant partie du système. De la même manière, les différents rôles et responsabilités des chaînes hiérarchiques doivent être bien compris afin de ne pas brouiller les rapports de commandement.

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Notes

1. BTD fiche 37248.  (retourner)

2. BTD fiche 34914. (retourner)

3. BTD fiche 34911. (retourner)

4. Le terme « commandant de composante aérienne (CCA) » peut s’appliquer à différentes situations de commandement. Dans le cadre d’opérations interarmées, les tâches et responsabilités d’un CCA sont le plus souvent assumées par un CCAFI. Dans le cas d’une opération multinationale, un commandant de la composante aérienne de la Force multinationale (CCAFM) est généralement désigné. Ultimement, un CCAFI multinationales pourrait être désigné. Dans tous les cas, ces commandants assument minimalement les mêmes responsabilités qu’un CCA. (retourner)

5. Voir PIFC 01. (retourner)

6. Le terme « centre d’opérations aériennes (COA) » peut s’appliquer à différentes situations opérationnelles. Dans le cadre d’opérations interarmées, les tâches et responsabilités d’un COA peuvent être assumées par un centre d’opérations aériennes interarmées (COA interarmées) dirigé par un CCAFI. Dans le cadre d’une opération multinationale, un CMOA, dirigé par un CCAFM est généralement désigné. Ultimement, un COA interarmées multinationales, dirigé par un commandant CCAFI peut être désigné. Au Canada, le COA a été désigné comme étant un CMOA afin de reconnaître la nature multinationale de l’Accord binational du NORAD, puisque le CMOA sert également le QG de la Région canadienne du NORAD. Ce CMOA est dirigé par un CCAFI, un titre qui reconnaît à cet officier de l’ARC la responsabilité des forces aérospatiales qui soutiennent l’ensemble des opérations interarmées des FC. Dans tous les cas, ces centres d’opérations assument minimalement les mêmes responsabilités qu’un COA. (retourner)

7. BTD fiche 552. (retourner)

8. Le CCA est chargé de planifier, d’assigner, d’exécuter, de contrôler et d’évaluer les opérations aérospatiales. Il relève directement du CFOI. (retourner)

9. Le cmdt EF délègue, à partir des recommandations du CCAFI, l’autorité de commandement et de contrôle aux commandants des composantes, selon le besoin (p. ex. l’OPCON des hélicoptères maritimes au MCC ou à l’élément de mission maritime, ou l’OPCON des hélicoptères tactiques au LCC ou à l’élément de mission terrestre). (retourner)

10. Dans le cadre de certains arrangements de C2 recommandés par le CCAFI et approuvés par le cmdt EF, un cmdt dét peut relever directement du CCAFI ou CCA. Une telle situation peut se produire lorsque (1) un cmdt dét exécute une fonction de C2 pour le compte du CCAFI ou CCA et n’est pas subordonné à un cmdt Ere ou cmdt EEFA, ou (2) un cmdt EEFA n’est pas déployé et un cmdt dét assume le TACOM des forces affectées. (retourner)

11. Le CCAFI et toutes les forces aérospatiales établissent un rapport de soutien avec le commandant appuyé. (retourner)

12. Le CCAFI définit les responsabilités de l’ECCA afin de répondre aux exigences du commandant appuyé (p. ex. niveau d’autorités de C2). (retourner)

13. Le cmdt EF délègue, à partir des recommandations du CCAFI, l’autorité de commandement et de contrôle aux commandants des composantes, selon le besoin (p. ex. l’OPCON des hélicoptères maritimes au MCC ou l’OPCON des hélicoptères tactiques au LCC). (retourner)

14. Voir la note de bas de page 10 (figure 2‑3). (retourner)

15. Voir BTD fiche 35677. (retourner)

16. BTD fiche 35678. (retourner)

17. PIFC 3.0. (retourner)

18. Chef d’etat‑ajor de la Défense, « Directives intérimaires sur le commandement et le contrôle des FC et la délégation des pouvoirs liés à l’mploi de la force », 9 juillet 2009, http://vcds.mil.ca/cas/dmcs2005/FilesO/DMCS-22197.pdf (consulté le 9 février 2012). (retourner)

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