Chapitre 1 : Acquisition de l’avantage – Principes fondamentaux (B-GA-403-000/FP-001, Doctrine aérospatiale des Forces canadiennes Acquisition de l'avantage)

INTRODUCTION

L’Acquisition de l’avantage optimise les manoeuvres habiles et les opérations d’information intégrées dans l’emploi d’une puissance aérospatiale cinétique et non cinétique afin d’obtenir les effets souhaités[1].

Les forces aérospatiales ont pour raison d’être d’appliquer la puissance aérospatiale au nom du pays. Elles y parviennent grâce au contrôle et à l’exploitation des domaines aérien et spatial pour atteindre les objectifs fixés et produire ainsi le résultat final souhaité par le commandant. Un siècle de guerre aérienne a montré que toutes les forces aériennes bel et bien constituées, qu’elles soient petites ou grandes, peuvent remplir un certain nombre de fonctions données. Celles-ci dépendent des possibilités et des limites physiques imposées par les domaines et par les fonctions les unes aux autres. Les unes ne peuvent pas être efficientes ou efficaces sans les autres; toutefois, ce sont les capacités propres à chaque fonction qui, quand elles sont intégrées, garantissent la bonne application de la puissance aérospatiale. Harmonisée avec la doctrine interarmées des Forces canadiennes (FC)[2], la doctrine aérospatiale canadienne comporte les six fonctions suivantes :[3]

La figure 1-1 montre les rapports existant entre les six fonctions de l’Aviation royale canadienne : Commandement; Action, comprenant deux sous-fonctions (Acquisition de l’avantage et Projection); Détection; Protection; Montée en puissance; Maintien en puissance. Sur un anneau extérieur, les fonctions dynamisantes (Protection, Montée en puissance et Maintien en puissance) sont séparées les unes des autres par un espace égal. À l’intérieur de l’anneau extérieur, les fonctions fondamentales (Commandement, Action et Détection) sont inscrites dans leur propre rectangle et forment une pyramide. La fonction Commandement est au centre, en haut; la fonction Action (Projection et Acquisition de l’avantage), en bas, à droite, et la fonction Détection, en bas, à gauche. Une flèche va du bas du rectangle Action jusqu’à un cercle contenant le mot « Effets ». Une autre flèche part de ce cercle pour aller toucher le bas du rectangle Détection. Le mot « Évaluer » figure là où les fonctions Détection et Commandement se chevauchent, et le mot « Planifier » est inscrit là où les fonctions Commandement et Action se recoupent. Dans le rectangle Commandement, une flèche descendante va du mot « Commandement » jusqu’à un petit cercle contenant le mot « Décider ». Une flèche au-dessus de laquelle sont inscrits les mots « État actuel » va du mot « Évaluer » (chevauchement des fonctions Détection et Commandement) jusqu’au mot « Décider ». Une autre flèche tracée sous le mot « Diriger » relie le mot « Décider » au mot « Planifier » (chevauchement entre les fonctions Commandement et Action).

Figure 1 1. Les fonctions de l’Aviation royale canadienne

   

Afin d’exécuter les opérations aérospatiales, on remplit les fonctions centrales (Commandement, Action et Détection) au sein d’un cycle d’activités continu. On évalue les résultats des activités de la fonction Détection pour définir l’état actuel. Une fois évalués les états actuel et visé, on dirige et planifie, au moyen des activités de Commandement, les actions envisagées. Ensuite, avec les activités de la fonction Action, on crée des effets qui produiront l’état visé. Par les activités de Détection, on évalue les résultats de ces effets, et le cycle recommence. Ce cycle d’activités influe sur les fonctions dynamisantes (Maintien en puissance, Protection et Montée en puissance) ou est influencé par elles.

Il faut exécuter continuellement les activités propres aux fonctions Maintien en puissance, Protection et Montée en puissance afin de bien conserver, protéger et perfectionner les ressources et les capacités de l’Aviation royale canadienne (ARC). Sans les activités inhérentes à ces fonctions, celles qui sont propres aux fonctions Commandement, Action et Détection risquent d’être compromises, voire d’être éliminées. Par conséquent, une faiblesse dans une fonction, ou l’échec de celle-ci, nuira non seulement aux cinq autres fonctions, mais aussi à la capacité de la force de produire l’état visé.

Dans l’ARC, les entités chargées de la fonction Action traduisent les directives et les volontés opérationnelles du commandant en des effets. Elles intègrent les manoeuvres agiles, la puissance de feu et les opérations d’information[4] pour produire les effets souhaités. La fonction Action se subdivise en deux sous-fonctions, à savoir l’Acquisition de l’avantage et la Projection. La seconde exploite la portée mondiale et la vitesse des atouts aérospatiaux pour déployer et mettre en position rapidement du personnel et du matériel; on en parle en détail dans la publication B-GA- 404-000/FP-001, Doctrine aérospatiale des Forces canadiennes – Projection. Avec la fonction Acquisition de l’avantage, on optimise les manoeuvres agiles et les opérations d’information intégrées pour appliquer la puissance aérospatiale cinétique et non cinétique et influer sur l’espace de combat de manière à produire des effets militaires conformes à l’intention et au plan de campagne du commandant. La fonction Acquisition de l’avantage influe sur les domaines physique, moral et informationnel[5] grâce à l’application de la force et aux opérations d’information.

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APPLICATION DE LA FORCE

Les opérations d’application de la force ont principalement lieu dans le domaine physique. On parle ici de l’espace de combat concret où toutes les forces militaires exécutent leurs manoeuvres. On pourrait définir en gros l’acquisition de l’avantage aérospatial dans le domaine physique comme étant l’application de la force militaire par des ressources aérospatiales contre des cibles aériennes, de surface et sous-marines. L’application de la force n’aboutit pas nécessairement à la destruction de la cible; on cherche plutôt à user sélectivement d’une force proportionnelle voulue pour produire l’effet souhaité. Ce peut être une force cinétique ou non, directe ou non et meurtrière ou non. L’application de la force a lieu dans toute la gamme des conflits[6] (depuis l’état de paix jusqu’à l’état de guerre) : elle peut aller, en fait, de la simple présence au recours à la force meurtrière. Les missions aérospatiales d’application de la force peuvent se produire exclusivement dans le contexte aérospatial (par exemple, quand on intercepte des aéronefs étrangers dans l’espace aérien national du Canada), être exécutées indépendamment dans le domaine terrestre ou maritime (un attaque contre un emplacement stratégique ou un navire), ou être totalement intégrées dans les actions des forces terrestres, maritimes ou d’opérations spéciales (une mission d’appui aérien rapproché).

Voici des exemples de l’application de la force pour créer des effets physiques :

  1. des avions de chasse armés qui interceptent des avions à long rayon d’action dans les régions éloignées ou arctiques du Canada;
  2. des missions d’escorte de convoi menées par des hélicoptères tactiques armés et des aéronefs à voilure fixe assurant une surveillance aérienne au-dessus de véhicules d’une force terrestre;
  3. des unités aérospatiales maritimes attaquant un sous-marin qui menace des navires de guerre amis;
  4. des avions de chasse armés ou des systèmes d’armes anti-aériennes prenant à partie des aéronefs ennemis (chasseurs, bombardiers ou appareils de reconnaissance);
  5. le bombardement aérien d’ouvrages d’infrastructure tels que des ponts, des stations électriques ou des carrefours logistiques de l’adversaire;
  6. une mission aérienne d’appui-feu exécutée par des chasseurs, des aéronefs armés sans pilote (ASP) et des hélicoptères au profit de forces de surface amies se trouvant à proximité immédiate d’un adversaire.

Les opérations d’application de la force peuvent aussi avoir des effets dans les domaines moral et informationnel. Ces domaines existent dans l’esprit des groupes amis, adverses et neutres/non engagés ainsi que dans les systèmes informationnels qui soutiennent leurs activités et favorisent la compréhension de leur environnement. L’application réussie de la force peut engendrer des effets d’ordre primaire et secondaire, miner les capacités de l’adversaire, l’empêcher de comprendre la situation, gêner ses comportements et favoriser la réalisation des objectifs des forces amies.

Voici des exemples de l’application de la force pour créer des effets dans les domaines moral et informationnel :

  1. des attaques à grande distance contre les centres de gravité (CG) stratégiques de l’adversaire[7];
  2. une démonstration de force à basse altitude par des aéronefs militaires au-dessus des forces adverses;
  3. des vols de surveillance et de patrouille dans l’espace aérien des pays alliés ou neutres;
  4. des attaques cinétiques contre l’infrastructure informatique de l’adversaire.

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OPÉRATIONS D’INFORMATION

Les opérations d’information[8] (info ops)[9] visent à façonner les domaines physique, moral et informationnel en mettant l’accent sur des sous-domaines particuliers dans chacun d’eux, notamment les sous-domaines électromagnétique, psychologique, conatif (volonté) et cognitif (compréhension), le sous-domaine de l’information et le cyberdomaine. L’objectif consiste ici à modifier le comportement du groupe visé en influant sur sa volonté, ses perceptions et sa capacité de traiter l’information et de communiquer. Les info ops exploitent tous les leviers cognitifs, émotionnels, moraux et culturels susceptibles de favoriser les objectifs des forces amies. Afin de réussir dans ce contexte, les planificateurs doivent comprendre à fond le groupe visé; ils ne doivent pas supposer que les actions non cinétiques qui ont influencé une population donnée auront le même effet sur une autre. Par ailleurs, chaque opération d’information correspond à un processus itératif synchronisé qui nécessite d’habitude du temps pour mettre à profit des leviers d’influence successifs. Par conséquent, ces opérations connaissent le plus grand succès quand on les entreprend au tout début d’une campagne opérationnelle et qu’elles sont soigneusement conçues pour appuyer des objectifs opérationnels. Si elles sont bien exécutées, elles peuvent produire un effet au niveau stratégique et réduire le besoin de recourir à des interventions cinétiques. Dans le cas contraire, elles risquent d’avoir des effets négatifs qui, dans le contexte moderne, peuvent éclipser toutes les autres activités et tous les autres succès militaires.

Il faut comprendre que, dans le contexte interarmées, le domaine des opérations d’information est principalement une discipline de synchronisation; il ne s’agit pas vraiment d’une capacité distincte. Pour le commandant opérationnel, les opérations d’information interarmées tirent leur valeur militaire particulière du fait qu’elles servent à coordonner d’une façon synergique les actions d’un certain nombre de composantes, dont les plus courantes sont les suivantes : la guerre électronique (GE), les opérations psychologiques (OPSPSY), la sécurité des opérations (SECOP), les opérations des réseaux informatiques (CNO), la déception militaire, les affaires publiques (AP) et la coopération civilo-militaire (COCIM). Dans le présent manuel, les composantes des info ops interarmées qui sont utilisées aux fins des opérations aérospatiales d’Acquisition de l’avantage sont regroupées dans une capacité appelée « opérations d’information aérospatiales ».

La plupart des info ops ne sont pas cinétiques, mais si le motif sous-jacent d’une action cinétique particulière est l’effet psychologique qu’elle aura sur des groupes neutres ou ennemis, une attaque physique peut aussi faire partie du plan global d’une opération d’information. Des effets physiques considérables peuvent aussi aller de pair avec d’autres techniques propres aux opérations d’information, par exemple une attaque électronique (AE) ou une attaque contre les réseaux informatiques (CNA). Une telle attaque a été utilisée très efficacement par les créateurs du virus informatique Stuxnet qui a paralysé une partie importante de l’infrastructure iranienne d’enrichissement de l’uranium en 2010, en reprogrammant les paramètres de contrôle de l’équipement, ce qui a, à toutes fins utiles, amené les machines à s’autodétruire.

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POURQUOI LA SOUS-FONCTION ACQUISITION DE L’AVANTAGE DANS L’ARC?

L’espace de manoeuvre et de combat dans les airs, contrairement à ce qui est le cas sur terre ou sur mer, est illimité à toutes fins pratiques, et [...] quel que soit leur nombre, les aéronefs adoptant une position défensive réussiront rarement à arrêter un ennemi déterminé à percer leurs lignes. Par conséquent, l’avion était et demeure essentiellement un instrument d’attaque, et non de défense [...]. La meilleure défense, c’est l’attaque[10].

– Vice-maréchal de l’air J. E. (Johnnie) Johnson

La mission de l’ARC, en tant qu’élément intégré des FC, consiste à procurer au gouvernement du Canada (GC) un instrument aérospatial utile, efficace et adapté aux circonstances pour affirmer sa puissance nationale. En raison de l’engagement que le Canada a pris d’assurer la sécurité et la défense nationales et internationales, il lui faut une force solide, agile, souple et interopérable munie d’atouts aérospatiaux cinétiques et non cinétiques optimisant à la fois les manoeuvres agiles et les opérations d’information intégrées. Bien que les forces aérospatiales puissent viser à produire ces effets strictement dans le domaine aérien, elles peuvent aussi les produire à la surface en appuyant des forces maritimes, terrestres et d’opérations spéciales. Une fois acquis la maîtrise de l’espace aérien, les forces de surface amies bénéficient d’une liberté d’action sensiblement accrue pour poursuivre leurs objectifs. L’ARC a défini une sous-fonction Acquisition de l’avantage parce que les ressources aériennes peuvent façonner l’espace de combat sur les plans tactique, opérationnel et stratégique du conflit d’une manière qui n’est pas à la portée des forces de surface.

En général, une force terrestre qui attaque des positions défensives retranchées a besoin de forces supérieures pour s’en emparer. Les armées de l’ère de Clausewitz recherchaient à la fois la supériorité militaire et la capacité de mener des manoeuvres offensives afin de remporter la victoire. À forces égales, les défenseurs avaient l’avantage sur les attaquants. La puissance aérospatiale a changé cette dynamique.

Un attaquant aérien peut frapper depuis à peu près n’importe quelle direction, tandis qu’une attaque déclenchée par des forces de surface risque souvent de subir des contraintes le long d’un itinéraire prévisible. Les attaquants aériens peuvent profiter des possibilités de dissimulation offertes par le terrain et recourir à des contre-mesures électroniques, à la sélection judicieuse de l’itinéraire et aux technologies furtives pour compliquer encore plus la tâche au défenseur cherchant à prévoir les paramètres d’une attaque aérienne et à s’y préparer. Contrairement au défenseur faisant face à une attaque strictement de surface, celui qui s’attend à une attaque aérienne n’a aucun avantage implicite. L’attaquant utilisant les airs n’a pas nécessairement besoin des forces supérieures qu’il faut à celui qui mène un assaut en surface. En fait, l’entité qui se défend contre une attaque aérienne risque souvent d’avoir besoin de forces supérieures à celles de l’attaquant, ce qui est à l’opposé de la situation où le défenseur et l’attaquant sont tous deux au sol. Par conséquent, l’avantage de la puissance aérospatiale réside dans l’utilisation offensive du domaine aérospatial.

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PUISSANCE AÉROSPATIALE

La puissance aérospatiale apporte aux opérations militaires des capacités uniques en leur genre. Celles-ci sont différentes des capacités d’autres armes, tout en leur faisant complément. Il est essentiel de se servir de ces capacités en tenant bien compte des principes de la guerre[11] et des caractéristiques et doctrines précises qui en régissent l’utilisation, et de trouver un juste équilibre entre les effets obtenus en atteignant les objectifs et les risques connexes pour les forces amies ou neutres. Ces principes de la guerre qui régissent au premier chef l’emploi des ressources servant à l’Acquisition de l’avantage sont les suivants : le choix et le respect du but, l’action offensive, la sécurité, la surprise, la concentration de la force, l’économie d’efforts, la souplesse et la coopération.

La sous-fonction Acquisition de l’avantage est le volet de la puissance aérienne qui exploite les avantages offensifs des forces aériennes, principalement en appliquant les principes de la concentration de la force, de la souplesse et de la coopération afin de diriger des ressources limitées sur des points critiques bien définis dans l’ensemble de l’espace de combat. Les paramètres de la puissance aérospatiale qui concrétisent ces avantages inhérents sont l’altitude, la portée, la charge utile, la précision et la vitesse.

On mesure la portée comme une distance – en centaines, voire en milliers de kilomètres – et la vitesse, comme le temps – en minutes ou en heures; ensemble, ces deux paramètres démontrent l’adaptabilité de la puissance aérospatiale et ils en représentent l’atout le plus grand : ils lui procurent la capacité de harceler un adversaire en l’exposant constamment au risque d’être attaqué à un lieu et à un moment choisis par les forces amies, tout en le privant de la même capacité. L’entité aérospatiale peut profiter de la liberté d’action qui en résulte pour attaquer toute une gamme de cibles de surface mobiles et fixes dans de nombreux théâtres, et elle peut contrôler l’espace aérien ou même frapper au coeur de l’appareil stratégique de l’adversaire.

Les paramètres de la puissance aérospatiale sont les fondements des opérations aérospatiales et ils facilitent l’emploi optimum des ressources aérospatiales. Ceux qui s’appliquent à la sous-fonction Acquisition de l’avantage comprennent : le contrôle centralisé et l’exécution décentralisée, la souplesse et la polyvalence ainsi que la synergie, la persistance, la concentration, la priorité et l’équilibre.

La souplesse et la polyvalence sont des paramètres clés de la puissance aérospatiale. Les ressources aérospatiales intrinsèquement souples et particulièrement polyvalentes peuvent être détournées rapidement et de façon décisive d’un objectif vers un autre dans une gamme immense, aux niveaux stratégique, opérationnel ou tactique du conflit[12]. Par exemple, les bombardiers à long rayon d’action conçus à l’origine pour les attaques stratégiques peuvent aussi exécuter des missions d’appui aérien rapproché (AAR) dans l’espace de combat tactique. De même, les avions de chasse ou les hélicoptères d’attaque utilisés depuis toujours à des fins tactiques peuvent produire des effets stratégiques s’ils s’en prennent aux CG de l’adversaire.

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EFFET STRATÉGIQUE DE LA PUISSANCE AÉROSPATIALE

Les forces aérospatiales sont souples, polyvalentes et meurtrières, et l’on peut y recourir rapidement. Pour ces raisons, une attaque exécutée par elles est souvent considérée comme étant « l’intervention de premier recours ». Les sanctions économiques et politiques sont souvent inefficaces et touchent de façon disproportionnée les pauvres et les plus vulnérables. Les armes stratégiques de dissuasion ou les armes de destruction massive frappent au hasard, sont inacceptables aux yeux de la société et ont des effets durables (outre qu’elles sont contraires au droit international). Les forces terrestres suffisamment massives pour être dignes de mention mettent souvent du temps à se mobiliser et présentent des risques élevés pour un État « répugnant à subir des pertes ». Par conséquent, une capacité aérospatiale crédible d’acquisition de l’avantage peut constituer un outil stratégique et un atout diplomatique.

Il faut réfléchir soigneusement à la question de savoir comment les capacités aérospatiales d’acquisition de l’avantage peuvent contribuer à la réalisation du but stratégique. Quel qu’en soit le genre, les capacités susmentionnées, bien qu’il ne s’agisse pas d’atouts stratégiques comme tels, peuvent traduire l’intention stratégique et, par association, avoir un effet stratégique leur étant propre. On pourrait voir là l’expression de la nature coercitive de la puissance aérospatiale. Bien que cet effet augmente avec l’accroissement des capacités aérospatiales d’acquisition de l’avantage (cela est particulièrement vrai des technologies furtives et des armes spéciales telles que les armes antiblockhaus et les missiles de précision d’attaque terrestre), l’effet stratégique de la puissance aérospatiale ne dépend pas exclusivement du recours à des moyens évolués. Les forces aérospatiales employées pour attaquer le coeur de l’appareil stratégique de l’adversaire sont dynamiques et adaptées à la situation. En fait, la simple présence non contestée de ces forces dans l’espace de combat de l’adversaire peut suffire pour influer sur la situation en faveur des objectifs des forces amies et empêcher l’adversaire de prendre des décisions cohérentes et stratégiques : c’est ce que l’on appelle la paralysie stratégique[13].

On peut produire un effet stratégique voulu aussi facilement en menant une petite opération qu’avec une grande faisant intervenir des forces importantes. Le raid Doolittle contre Tokyo (voir la vignette 1), qui fut en grande partie un échec tactique si on le compare au bombardement stratégique massif de l’Allemagne, a contribué beaucoup plus à façonner l’espace de combat principalement psychologique en faveur des objectifs alliés. L’effet stratégique ne doit donc pas être mesuré en fonction de la cible ou de la ressource utilisée pour la frapper, mais plutôt en fonction de ses conséquences, voulues ou non.

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Vignette 1: Valeur stratégique ajoutée. Le raid Doolittle (surnommé par les Japonais « do-nothing raid ») a été une attaque contre le Japon qui a eu lieu en avril 1942 et a été la première jamais exécutée par les forces américaines contre le territoire national nippon pendant la Seconde Guerre mondiale. Les objectifs comprenaient 13 complexes industriels et militaires différents dans Tokyo et les environs. Seize bombardiers B-25 ayant décollé du porte-avions USS Hornet ont effectué le raid; vu la grande distance que les avions devaient franchir, chacun d’eux n’a emporté que le tiers de sa charge de bombes normale.

Le raid avait deux objectifs : nuire à la production industrielle japonaise (plus précisément, aux raffineries de pétrole) et manifester la détermination des États-Unis à attaquer et leur capacité de le faire. Les dommages matériels ont été insignifiants; les seuls dommages dignes de mention, du point de vue militaire ont été infligés au porte-avions léger Ryūhō qui était en cale sèche : les dégâts causés par les bombes en ont retardé le lancement de six mois. Toutefois, les effets sur le moral ont été considérables, tout comme les conséquences stratégiques :

  • Le raid a torpillé la conviction qui existait jusque-là selon laquelle l’archipel nippon était imprenable; par la suite, des forces navales, terrestres et aériennes japonaises ont été rappelées de leurs lieux de déploiement pour venir assurer la défense de la mère patrie :
    • La flotte de porte-avions hauturiers de la Marine impériale japonaise (MIJ) a été retirée de l’océan Indien, même si elle était sur le point d’y vaincre la Royal Navy. Ce retrait a permis aux Britanniques de reprendre la maîtrise des routes maritimes dans cet océan et de renforcer leurs réseaux de ravitaillement, tout en empêchant les Allemands et les Japonais de faire de même de leur côté.
    • Une partie de la flotte nippone de sous-marins, déjà à bout de souffle, a été rappelée pour patrouiller autour des îles nationales. Cela a beaucoup réduit la collecte de renseignements sur les activités américaines et gêné les opérations d’interdiction maritime dont l’objet était d’isoler l’Australie.
    • Le Japon a réduit ses effectifs aériens en Chine, en en retirant des avions de chasse mais aussi des avions de transport moyen dont le rôle a désormais consisté à évacuer rapidement les hauts dirigeants militaires et politiques, dans la mère patrie. Cela a réduit les moyens de mobilité aérienne en Chine, ce qui y a ralenti la cadence opérationnelle.
    • Les divisions d’infanterie du Japon, qui devaient servir à envahir la Nouvelle-Guinée puis l’Australie, ont été rappelées. Cela a rendu l’invasion de l’Australie impossible à moins de dégager tout d’abord des unités basées en Chine (c’était encore loin d’être possible). L’invasion de l’Australie aurait certainement eu pour effet d’attirer des troupes du Commonwealth et sans doute des É.-U. dans ce théâtre, ce qui aurait réduit les forces alliées à même de combattre en Afrique du Nord et dans le Sud de l’Europe et aurait prolongé la guerre là-bas ou en aurait peut-être même changé le cours.
  • Des unités japonaises du renseignement ont dû cesser leurs activités pour se mettre à analyser l’attaque. On dit que l’évaluation (erronée) selon laquelle les bombardiers avaient décollé de Midway a confirmé de façon fondamentale la détermination opiniâtre de Yamamoto à capturer Midway et à déclencher contre les îles l’attaque qui s’est soldée par un échec cuisant.
  • Les relations des É.-U. avec d’autres pays alliés (la Russie, notamment) se sont grandement améliorées, et le moral du peuple américain, encore ébranlé par l’attaque contre Pearl Harbor, a remonté considérablement.[14]

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Dans certains cas, le résultat ou les incidences stratégiques d’une opération ne sont ni planifiés ni intentionnels. Le bombardement des villes britanniques par les Allemands (y compris les édifices royaux) était censé amener la population du pays à négocier une fin au conflit avec l’Allemagne (en effet, la population était peu favorable à la poursuite de la guerre contre les Allemands). Cependant, la campagne allemande a eu un effet opposé marqué : l’appui des citoyens britanniques en faveur du conflit a pris des proportions immenses, et le sentiment anti-nazi a alors atteint son comble; il n’était dès lors plus réaliste pour l’Allemagne d’aspirer à une paix négociée. En Afghanistan et en Iraq, les missions des forces aérospatiales, en particulier les missions d’appui aérien rapproché (AAR), revêtaient une importance primordiale aux fins de l’effort de combat. Toutefois, les bombes tombées, sans qu’on l’ait voulu, dans des quartiers urbains risquaient de causer des dommages collatéraux considérables, et l’ont effectivement fait. Ceux-ci minent sensiblement l’appui des populations locales pour les opérations alliées. Par conséquent, on a imposé des règles rigoureuses quant à l’utilisation des forces aérospatiales, notamment en ce qui concernait l’AAR dans les espaces urbains, et cela a rendu ces dernières inefficaces sur le plan tactique, dans certains cas.

Au niveau national, la menace du recours à la puissance aérospatiale, ou l’application éventuelle de celle-ci, peut servir à envoyer des signaux politiques et constituer un instrument souple et adapté aux circonstances pour gérer les crises. On peut employer la force aérospatiale pour punir un agresseur, dissuader un adversaire de se porter à l’attaque, exprimer sa détermination, menacer de provoquer l’escalade du conflit et manifester une capacité. De tels effets stratégiques vont souvent de pair avec les CG, mais ils n’y sont pas limités. Attaquer les points vitaux d’un adversaire ou agir de façon à modifier le comportement de ses forces au niveau stratégique, c’est produire un effet stratégique. Au cours d’une campagne, les opérations aérospatiales visant à susciter un effet stratégique sont utilisées judicieusement avec les activités tactiques et opérationnelles nécessaires pour garantir le succès global de la mission.

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CAPACITÉS ET RÔLES DE LA SOUS-FONCTION ACQUISITION DE L’AVANTAGE

Avec la sous-fonction aérospatiale Acquisition de l’avantage, on cherche à influer sur l’espace de combat pour créer des circonstances favorables aux forces amies et défavorables à l’adversaire. On peut concentrer de tels efforts sur les niveaux stratégique, opérationnel et tactique. Les forces aériennes façonnent les domaines physique, moral et informationnel en appliquant les capacités suivantes : la maîtrise de l’espace aérien, l’attaque aérienne[15] et les opérations d’information aérospatiales. Les opérations aérospatiales visant à acquérir l’avantage peuvent être offensives ou défensives, et l’on peut les appliquer directement ou non. La figure 1-2[16] présente les trois capacités susmentionnées et leurs rôles aérospatiaux subordonnés, qui seront expliqués dans les chapitres ultérieurs.

La figure 1-2 illustre les capacités et les rôles de la sous-fonction Acquisition de l’avantage. La sous-fonction Acquisition de l’avantage va de pair avec trois capacités : la maîtrise de l’espace aérien; l’attaque aérienne; les opérations d’information aérospatiales. À chaque capacité correspondent des rôles. Les deux rôles associés à la maîtrise de l’espace aérien sont : les opérations offensives contre le potentiel aérien; les opérations défensives contre le potentiel aérien. Les quatre rôles associés à l’attaque aérienne sont : les opérations de supériorité maritime; les opérations de supériorité terrestre; les opérations aériennes spéciales; l’attaque stratégique. Les deux rôles associés aux opérations d’information aérospatiales sont : les opérations d’influence; la guerre électronique.

Figure 1 2. La sous-fonction Acquisition de l’avantage de l’ARC

   

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ACQUISITION DE L’AVANTAGE ET FONCTION DÉTECTION

L’activité aérospatiale des services de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (RSR)[17] est décrite principalement du point de vue du renseignement dans la publication B-GA-402-000/FP-001, Doctrine aérospatiale des Forces canadiennes – Détection. Aux fins de l’acquisition de l’avantage, il importe de faire la différence entre l’activité globale de renseignement, surveillance et reconnaissance (RSR)[18] et ses parties constituantes; chacune des trois parties peut être définie individuellement et est distincte des autres. Réunies dans l’activité de RSR, elles forment une capacité de collecte plus complète qui, à la faveur du cycle du renseignement et de principes bien définis de gestion de la collecte, procure au combattant une supériorité au chapitre de la prise de décisions. Il est essentiel de disposer à point nommé de renseignements exacts pour maximiser les avantages offensifs intrinsèques de la puissance aérospatiale.

Bien que l’effort des services de renseignement soit la pierre angulaire des opérations aérospatiales efficaces d’acquisition de l’avantage, celles-ci peuvent aussi contribuer sensiblement à cet effort. Les séquences vidéos transmises par un ASP effectuant un vol de surveillance au-dessus d’un convoi et un aéronef muni de mesures de soutien de guerre électronique (MSGE) qui situe par triangulation la position d’un emplacement ennemi de défense aérienne, voilà deux exemples de renseignements bruts de combat que peuvent fournir des ressources exécutant des opérations aérospatiales aux fins de l’acquisition de l’avantage. Un aspect commun de bon nombre de ces contributions réside dans le fait qu’elles procurent des informations en temps réel ou quasi réel au commandant. C’est sur ce plan que les capacités particulières d’une plate-forme de détection créent un chevauchement entre les fonctions Acquisition de l’avantage et Détection. Une plate-forme qui peut à la fois recueillir les données brutes et agir en fonction de ces dernières fait le pont entre la collecte de renseignements et les opérations, ce qui met en lumière la souplesse, la polyvalence et la réactivité de la puissance aérospatiale.

En raison de cette fusion des limites entre les activités de RSR et les opérations auxquelles celles-ci sont sous-jacentes, l’acronyme « RSR » est appliqué aux opérations mêmes, ce qui suscite une certaine confusion mais est compréhensible néanmoins. Au sein de la sous-fonction Acquisition de l’avantage, le RSR n’est pas présenté comme étant une capacité, un rôle ou une mission unique en son genre. Les capacités de RSR inhérentes aux capteurs et aux plates-formes aérospatiales modernes sont des éléments habilitants; elles permettent à l’aéronef et à l’équipage de repérer, d’identifier[19], de poursuivre et de cibler, autant d’éléments clés pour mener avec succès une mission d’acquisition de l’avantage. Cela dit, la mission de surveillance du haut des airs mentionnée un peu plus tôt peut être considérée comme étant une mission de RSR, tout comme une mission fournissant une vidéo en temps réel sur les activités quotidiennes d’un groupe à une équipe d’attaque faisant partie d’une force d’opérations spéciales (FOS). Dans le contexte maritime, l’élaboration du tableau de la situation maritime (RMP) ou la poursuite d’un sous-marin (lutte anti-sous-marine [LASM]) peuvent être considérées comme étant des opérations de RSR. L’aspect Acquisition de l’avantage de ces efforts de RSR réside dans leur utilité immédiate pour le combattant et l’exécution de la mission. Le cycle du renseignement et la hiérarchie cognitive définissant la sous-fonction Acquisition de l’avantage sont accélérés, et ils sont même parfois le fait d’une seule plate-forme aérospatiale et de son équipage.

Ce chevauchement entre les opérations de collecte et les opérations mêmes engendre des défis pour les responsables du commandement et du contrôle. Vu l’importance du produit et la rareté des ressources disponibles, il faut une répartition, une attribution et une priorisation judicieuses au niveau du commandement. Les ressources aérospatiales de RSR – que ce soit des aéronefs à voilure fixe ou tournante ou des véhicules aériens sans pilote à bord – deviennent rapidement les atouts habilitants les plus recherchés dans l’espace de combat. La gestion éclairée de ces ressources et leur utilisation efficace constituent des exigences clés de la sous-fonction Acquisition de l’avantage.

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SOMMAIRE

La sous-fonction Acquisition de l’avantage fait partie de la fonction Action. Par définition, elle optimise les manoeuvres agiles et les opérations d’information dans l’application de la puissance aérospatiale cinétique et non cinétique. Les unités aérospatiales influent sur l’espace de combat en recourant à la force ou en menaçant d’y recourir et aussi en appliquant la force et en menant des opérations d’information.

Les opérations d’application de la force ont principalement lieu dans le domaine physique. On parle ici de l’espace de combat concret où toutes les forces militaires exécutent leurs manoeuvres. On pourrait définir en gros l’acquisition de l’avantage aérospatial dans le domaine physique comme étant l’application de la force militaire par des ressources aérospatiales contre des cibles aériennes, de surface et sous-marines. L’application de la force n’aboutit pas nécessairement à la destruction de la cible; on cherche plutôt à user sélectivement d’une force proportionnelle voulue pour produire l’effet souhaité. Ce peut être une force cinétique ou non, directe ou non et meurtrière ou non. Les opérations de ce genre peuvent aussi avoir des effets sur les domaines moral et informationnel. Si la force est appliquée avec succès, elle aura un effet évident dans ces domaines et minera le leadership et le moral de l’adversaire.

Les opérations d’information visent à façonner les domaines physique, moral et informationnel en mettant l’accent sur des sous-domaines particuliers dans chacun d’eux. Les opérations d’information, qui sont une série de processus et de technologies intégrés dans la planification des campagnes d’application de la force, influent sur la perception de l’adversaire et sur sa capacité de prendre et de transmettre des décisions ainsi que sur la volonté de la population adverse, tout en protégeant les capacités des services d’information amis.

L’ARC a défini une sous-fonction Acquisition de l’avantage parce que les ressources aériennes peuvent façonner l’espace de combat sur les plans tactique, opérationnel et stratégique du conflit d’une manière qui n’est pas à la portée des forces de surface. En raison de l’engagement que le Canada a pris d’assurer la sécurité et la défense nationales et internationales, il lui faut une force solide, agile, souple et interopérable munie d’atouts aérospatiaux cinétiques et non cinétiques optimisant à la fois les manoeuvres agiles et les opérations d’information intégrées.

La puissance aérospatiale influe sur l’espace de combat à partir de sa force aérienne, en exploitant les avantages offensifs lui étant inhérents. Ses caractéristiques que sont la portée, la vitesse et l’altitude contribuent à cette application supérieure de la force, mais elles supposent aussi la nécessité d’une planification et d’une exécution spécialisées. Les forces aérospatiales employées pour attaquer le coeur de l’appareil stratégique d’un adversaire sont dynamiques et adaptées à la situation. La simple présence non contestée de ces forces dans l’espace de combat de l’adversaire peut suffire pour influer sur la situation en faveur des objectifs des forces amies et empêcher l’adversaire de prendre des décisions cohérentes ou d’agir avec efficacité. Une cible stratégique peut revêtir une importance militaire, politique ou économique et être choisie expressément parce que l’on veut par là atteindre des objectifs stratégiques militaires.

Avec la sous-fonction aérospatiale Acquisition de l’avantage, on cherche à influer sur l’espace de combat pour créer des circonstances favorables aux forces amies et défavorables à l’adversaire. Les forces aériennes façonnent les domaines physique, moral et informationnel en appliquant les capacités suivantes : la maîtrise de l’espace aérien, l’attaque aérienne et les opérations d’information aérospatiales.

L’activité aérospatiale de RSR procure au combattant une supériorité au chapitre de la prise de décisions. Les capacités de RSR inhérentes aux capteurs et aux plates-formes aérospatiales modernes sont des éléments habilitants; elles permettent à l’aéronef et à l’équipage de repérer, d’identifier, de poursuivre et de cibler, autant d’éléments clés pour mener avec succès une mission d’acquisition de l’avantage. Une plate-forme qui peut à la fois recueillir les données brutes et agir en fonction de ces dernières fait le pont entre la collecte de renseignements (Détection) et les opérations (Acquisition de l’avantage), ce qui met en lumière la souplesse, la polyvalence et la réactivité de la puissance aérospatiale.

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Notes

1. B-GA-400-000/FP-000, Doctrine aérospatiale des Forces canadiennes, 2e éd., décembre 2010, p. 42. (retourner)

2. Extrait de la publication B-GJ-005-000/FP-002, Publication interarmées des Forces canadiennes (PIFC) 01, Doctrine militaire canadienne, septembre 2011, p. 2-8. (retourner)

3. La série des publications B-GA-400 sur la doctrine aérospatiale au niveau opérationnel aborde chaque fonction en détail. (retourner)

4. Les « opérations d’information » sont incluses dans la fonction Action de l’ARC, comme on le lit dans la publication B-GA-400-000/FP-000, Doctrine aérospatiale des Forces canadiennes, à la page 41. Cependant, il s’agit à tout le moins d’une activité interarmées qui fait intervenir tous les secteurs de l’appareil militaire (ce n’est pas limité à la puissance aérospatiale) pour dominer le domaine informationnel. Idéalement, les opérations d’information sont également coordonnées et synchronisées avec les partenaires de la coalition, avec d’autres ministères fédéraux (ex. : le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international) et avec des organisations non gouvernementales (ONG) consentantes. (retourner)

5. Le concept des domaines continue d’évoluer dans le contexte de la doctrine des FC et de l’ARC. Pour l’ARC et aux fins du présent manuel, le domaine physique comprend les sous-domaines aérien, maritime, terrestre, spatial et électromagnétique. Le domaine moral comprend les sous-domaines psychologique, conatif (volonté), cognitif (compréhension) et éthique. Le domaine informationnel regroupe le sous-domaine de l’information et le cyberdomaine. (retourner)

6. Conformément à la définition donnée par le lieutenant-colonel Bernd Horn dans son article « La complexité au carré : les opérations dans le futur espace de combat », paru dans la Revue militaire canadienne, vol. 4, no 3, automne 2003, (consulté le 20 août 2013). (retourner)

7. Afin de lire une explication de l’expression « centre de gravité », veuillez vous reporter à la section intitulée « Attaque stratégique » du chapitre 3 du présent manuel et à la note de bas de page connexe (note 45). (retourner)

8. Là où les expressions « opérations d’information » et « info op » sont employées, il faut comprendre qu’elles désignent les opérations d’information interarmées. La contribution des forces aérospatiales à ces opérations est abordée dans la présente section et plus tard dans la figure 4-2 comme étant la capacité que représentent les opérations d’information aérospatiales. (retourner)

9. Banque de terminologie de la Défense (BTD) fiche 31721. L’abréviation « info ops » est acceptée par les FC dans les deux langues officielles, mais l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) lui préfère « Info Ops »; par ailleurs, les forces américaines emploient plutôt IO (OI en français). Dans la doctrine de l’OTAN, l’abréviation OI désigne les organisations internationales (IO en anglais). (retourner)

10. United States Air Force, Air Force Doctrine Document (AFDD) 3-01, Counterair Operations (PDF, 2.30 MB) (anglais seulement), 1 octobre 2008, p. 22. (consulté le 20 août 2013). (retourner)

11. Voir la publication B-GA-400-000/FP-000, Doctrine aérospatiale des Forces canadiennes, p. 25 et 72. (retourner)

12. B-GA-400-000/FP-000, Doctrine aérospatiale des Forces canadiennes, p. 30. (retourner)

13. On peut trouver un exposé sur la notion de paralysie stratégique dans la philosophie militaire contemporaine dans les théories de John Boyd et de John Warden. Boyd met l’accent sur l’isolement psychologique du processus décisionnel de l’adversaire, et Warden, sur une attaque incessante contre les fondements de la capacité de l’adversaire de combattre (le leadership, en particulier). Les deux stratégies sont complémentaires, les deux nécessitent le façonnage de l’espace de combat psychologique et physique, et le but est le même dans les deux cas : la paralysie stratégique de l’adversaire. Voir Frans P. B. Osinga, Science, Strategy and War: The Strategic Theory of John Boyd, New York, Routledge, 2007, et John A. Warden III, « The Enemy as a System », Airpower Journal, vol. 9, no 2, printemps 1995. (retourner)

14. Afin d’en savoir plus sur le raid Doolittle, voir Clayton Chun, Le Raid de Doolittle : le premier bombardement américain du Japon : avril 1942, Barcelone, RBA imp., 2010. (retourner)

15. On a choisi l’expression « attaque aérienne » pour caractériser une capacité d’acquisition de l’avantage de l’ARC, car elle est plus descriptive que l’expression « appui aux forces terrestres et maritimes », que l’on trouve dans la publication B-GA-400-000/FP-000, Doctrine aérospatiale des Forces canadiennes (p. 44). Par ailleurs, l’expression « attaque aérienne » va davantage dans le sens de la terminologie de l’OTAN et des principaux alliés des FC (la Royal Air Force emploie le mot « attaque », et la Royal Australian Air Force, le terme « frappe »). (retourner)

16. L’endroit où se situe une capacité ou un rôle dans le présent schéma ne correspond pas à son importance; on vise plutôt par là à en montrer la relation avec d’autres capacités et rôles. (retourner)

17. Dans Vecteurs de la Force aérienne (PDF, 3.45 MB), guide stratégique de l’ARC, publié en 2012, l’activité de RSR est présentée comme étant la capacité de la puissance aérienne en matière de surveillance et de reconnaissance. Le débat se poursuivra sur la question de savoir si le RSR est une capacité ou une activité, mais l’issue de ce débat n’est pas essentielle pour comprendre les renseignements contenus dans le présent manuel. À mesure que le concept de RSR sera étoffé davantage par les experts du renseignement et par ceux des opérations, il sera exposé comme il se doit au sein de la doctrine opérationnelle. (consulté le 20 août 2013). (retourner)

18. Dans sa doctrine, l’Armée canadienne emploie aussi les mots « renseignement, surveillance, acquisition d’objectifs et reconnaissance » (ISTAR) pour décrire cette activité. Voir la BTD fiche 35628. (retourner)

19. Là où le mot « identifier » est employé dans ce contexte, il englobe un certain nombre d’exigences bien précises. Les règles d’engagement (RE) dans le théâtre définissent le degré auquel une identification formelle (PID) doit avoir lieu dans diverses circonstances, surtout quand il faut prendre une cible à partie plutôt que la suivre tout simplement. Dans les conflits modernes, la nécessité d’éviter de frapper par erreur un non-combattant l’emporte souvent sur toute autre considération militaire. (retourner)

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