L’ARC célèbre le centenaire du premier cours de pilotage militaire au Canada

Article de nouvelles / Le 29 mars 2017

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Par Joanna Calder

En 2017, l’Aviation royale canadienne marquera le 100e anniversaire du premier programme de formation de pilotes militaires au Canada.

Le Royal Flying Corps Canada (RFCC) voit le jour à la fin de janvier 1917. Grâce à lui, on souhaite recruter des Canadiens et les préparer à leur service dans le Royal Flying Corps (RFC) pendant la Première Guerre mondiale. Un aérodrome militaire, le premier et le plus grand à être conçu à cette fin, est construit au camp Borden, près de Barrie, en Ontario, en à peine plus de deux mois. Les premiers cadets y amorcent leur formation le 28 mars 1917, et un premier vol y a lieu le 30 mars 1917.

La commémoration du Royal Flying Corps Canada et de la Royal Air Force Canada se déroulera principalement à la 16e Escadre Borden, en Ontario. Les activités comprendront un service commémoratif qui se tiendra le 7 avril, à Dorchester, en Ontario, en l’honneur du premier cadet tué pendant un entraînement au camp Borden ainsi que la ré-inauguration d’un monument et une activité portes ouvertes à Borden le 2-3 juin. D’autres informations sur ces activités seront publiées ultérieurement.

Le RFCC donne le tout premier cours de pilotage militaire au Canada. Avant la création du RFCC, les Canadiens qui voulaient se joindre au RFC devaient passer par l’Armée ou obtenir un certificat de pilotage de base d’une entreprise privée et se rendre en Grande-Bretagne en espérant être retenus. De même, les Canadiens qui souhaitaient s’enrôler dans le Royal Naval Air Service (RNAS) devaient suivre leur formation de pilote avant de s’enrôler.

Bien que des militaires britanniques dirigent le programme, au moment de la signature de l’Armistice, le 11 novembre 1918, il est en tout point canadien, à l’exception de son nom. On estime que 70 p. 100 des instructeurs et qu’un haut pourcentage du personnel au sol sont d’origine canadienne. De plus, l’avion JN-4, construit au Canada par Canadian Aeroplanes Limited et équipé d’un moteur fabriqué aux États-Unis, sert d’aéronef d’entraînement dans le cadre du programme.

De plus, le programme influe sur l’établissement du Programme d’entraînement aérien du Commonwealth britannique (PEACB), sans doute la plus grande contribution du Canada à la Seconde Guerre mondiale. Toutefois, le PEACB, contrairement à son pendant de la Première Guerre mondiale, sera créé, administré et dirigé uniquement par des Canadiens.

« Le Royal Flying Corps du Canada, établi seulement huit ans après le premier vol canadien d’un appareil motorisé manœuvrable plus lourd que l’air, à Baddeck, en Nouvelle-Écosse, a eu un effet puissant sur la « mentalité aéronautique » au Canada. Des membres d’équipages et du personnel de piste de partout au Canada se sont rassemblés lorsque notre pays a entrepris, pour la première fois dans son histoire, un projet d’aviation complexe comprenant les aspects de la fabrication et de l’instruction », a dit le lieutenant-général Michael Hood, commandant de l’Aviation royale canadienne.

 « À l’occasion du centenaire de ce programme, nous rendons hommage au service et au sacrifice des pilotes canadiens dont les compétences les ont menés en Europe, puis à la victoire, ainsi qu’au service des hommes et des femmes qui ont travaillé comme instructeurs, membres du personnel au sol et membres du personnel de soutien dans le cadre de ce programme révolutionnaire. »

Le Royal Flying Corps Canada, qui devient la Royal Air Force Canada le 1er avril 1918, quand le Royal Flying Corps et le Royal Naval Air Service fusionnent pour former la Royal Air Force, est établi dans le sud de l’Ontario en raison du climat, qui y est relativement doux. Trois escadres de vol s’occupaient de l’instruction intermédiaire et avancée : le camp Borden (la plus grande installation d’instruction et la seule qui ait conservé sa vocation militaire), Deseronto (doté de deux terrains d’aviation, au camp Mohawk et au camp Rathbun), Nord de Toronto (doté de deux terrains d’aviation, à Leaside et à Armour Heights). Les autres emplacements comprenaient Toronto (dépôt de recrutement et École d’aéronautique), Long Branch (Escadre des cadets), Hamilton (École d’armement), et Beamsville (École du combat aérien).

À la fin de la guerre, 9 200 cadets s’étaient enrôlés et 3 135 avaient obtenu leur diplôme. De ce nombre, environ 2 500 se trouvaient à l’étranger, et 300 autres étaient prêts à partir lorsque les combats se sont terminés. De plus, 187 observateurs avaient suivi leur formation, dont 85 étaient partis en Europe. Plus de 7 400 avaient reçu une formation de « mécanicien » (personnel de piste) pour appuyer les pilotes stagiaires. On avait recruté plus de 1 000 femmes et des milliers de personnes avaient été embauchées à l’usine de fabrication de l’avion d’entraînement JN-4, à Toronto.

Le Royal Flying Corps Canada a fait figure de pionnier dans l’emploi des femmes. Il a permis d’embaucher plus de 1 000 civiles, qui ont travaillé principalement comme mécaniciennes et conductrices.

En plus de former des Canadiens, le Royal Flying Corps Canada (RFCC) et la Royal Air Force Canada ont formé quelque 400 pilotes et 1 600 membres du personnel de piste des forces des États-Unis. En échange, le RFCC tenait son entraînement hivernal à Fort Worth, au Texas. Plus de 22 000 Canadiens ont servi dans le Royal Flying Corps, la Royal Air Force et le Royal Naval Air Service pendant la Première Guerre mondiale, et plus des deux tiers d’entre avaient obtenu un diplôme dans le cadre du programme d’instruction canadien.

Pendant que deux des escadres du RFCC s’entraînaient au Texas à l’hiver de 1917-1918, la troisième escadre, restée au Canada, expérimentait le pilotage d’hiver et l’utilisation d’avions munis de skis. Ces pionniers ont prouvé, pour la première fois, qu’il était possible de s’entraîner dans les conditions hivernales du Canada.

« L’exposition [des pilotes et des hommes de métier] à l’aviation et leur connaissance du domaine ont imprégné la conscience publique pendant l’entre-deux-guerres et contribué à un climat favorable au rôle des avions dans le développement du Canada et ses communications. », a dit M. S.F. Wise, historien et auteur de Les aviateurs canadiens dans la Première Guerre mondiale : histoire officielle de l’Aviation royale du Canada, vol. I.

« II est à peine exagéré de dire que [le Royal Flying Corps Canada a] constitué le facteur unique le plus puissant qui a contribué à instaurer l'ère de l'avion au Canada. »

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