L’ENTRE-DEUX-GUERRES DE LA FORCE AÉRIENNE (1918-1939)

L’entraînement des pilotes se poursuit grâce aux aéroclubs civils

Le col avn George Howsam, directeur de l’instruction pendant la Seconde Guerre mondiale.

Dix ans après la fin de la Première Guerre mondiale, l’aviation civile et militaire est dans un piteux état. Les pilotes sont rares, et les écoles de pilotage sont quasi inexistantes. Le gouvernement et l’Aviation royal canadienne (ARC) décident de remédier à ces pénuries en permettant aux aviateurs (et non pas seulement aux diplômés des collèges militaires) de poser leur candidature pour devenir pilotes. Ils aménagent plus d’aérodromes et fondent des aéroclubs civils.

Le programme des aéroclubs est lancé en 1927 afin de stimuler l’intérêt pour l’aviation, d’entraîner des pilotes civils et de créer une réserve partiellement formée pour l’ARC. En échange, celle-ci appuie les clubs, notamment en leur prêtant des aéronefs, tels que des Havilland Moth et des Curtiss-Reid Rambler, et en aidant à former des instructeurs.

En 1939, les aéroclubs civils commencent à entraîner le personnel de l’ARC, car cette dernière n’en a tout simplement pas la capacité. Lorsque la guerre éclate, ils contribuent fondamentalement au succès en fournissant des instructeurs et en devenant la base des écoles élémentaires de pilotage. Le Plan d’entraînement aérien du Commonwealth britannique (PEACB) est alors rendu possible grâce aux aéroclubs qui sont prêts et disposés à participer.

Le lieutenant-colonel d’aviation (devenu plus tard vice-maréchal de l’Air) George R. Howsam, chef de l’entraînement au sein de l’ARC, dit des aéroclubs qu’ils sont « l’as par excellence dans l’armurerie de l’ARC », car ils appliquent des normes élevées. Il souligne que le travail des clubs permet aux officiers de l’ARC de se concentrer sur l’entraînement d’autres instructeurs, ce qui accroît la capacité du PEACB de former des navigants.

De 1949 à 1958, pendant la guerre froide, les aéroclubs se montrent de nouveau à la hauteur en fournissant un recyclage professionnel aux pilotes de la réserve aérienne au moyen d’avions de Havilland Chipmunk.

Un Curtiss-Reid Rambler.

PLEINS FUEX SUR… LES PIGEONS

On est en train de préparer ces pigeons en vue d’une patrouille à bord d’un avion Canso, en 1942

Pendant un quart de siècle, l’Aviation royal canadienne (ARC) a recours à des pigeons. Vous avez bien lu : des pigeons, de véritables pigeons voyageurs!

Les pigeons voyageurs sont introduits dans les forces armées en 1920 et, en 1929, l’ARC en possède huit colombiers. Ces oiseaux servent à demander des secours quand un aéronef s’est écrasé et à informer les quartiers généraux sur les feux de forêt. Ils sont beaucoup plus petits et fiables que les radios de l’époque! La Seconde Guerre mondiale ayant éclaté, l’ARC a besoin de plus de pigeons et de préposés aux colombiers. Le service colombophile finira par comprendre 30 colombiers et un personnel de 103 membres qui donnent aussi des cours à la Marine royale canadienne et à l’Armée canadienne.

Le perfectionnement de la technologie de la radio rend finalement le service désuet, et il est dissous en mai 1946.